dimanche 5 avril 2026

HAÏKU DE MAUX

Douleur : Souffrance qui n’est pas au bout de ses peines.

UN JOUR, NOTRE TERRE…

Un jour, notre terre sera la boule vide
Qu’est cette lune que tant l’on convoite. Avides.
Tournant pour rien dans le néant de son passé,
On l’aura tous rendue aveugle et empoissée.

Un jour, notre terre ne sera plus un monde ;
Enfer ou paradis, finie la mappemonde.
Dans un brouillard épais de tenaces vapeurs,
L’éther pleurera son azur dans sa torpeur.

Un jour, cette terre assoiffée où l’on créchait
Sera pluies acides et océans asséchés.
Plus de plaines verdies ou de blanches montagnes
Pour témoigner qu’elles étaient belles ses campagnes…

samedi 4 avril 2026

HAÏKU DE THÉÂTRE

Ces marionnettes qui se disent « humains » n’oscillent qu’entre mélodrames du quotidien, comédie du pouvoir et tragédies de la guerre ?

UN ANGE PASSE

Suspension momentanée du temps

Interruption de la vacuité verbale

Libération d’esprit végétant

Entre fiel et miel et las qui bringuebale

Non ce n’est pause qui contre nous cabale

Contrarie des propos palpitants

Et encore bien moins sa pierre tombale


vendredi 3 avril 2026

HAÏKU TENTANT

Ce serait du gâchis qu’un fêtard finisse tôt, non ? !

TA MER L'HIVER

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau en Nouvelle-Ecosse

Ta mer écume, corne à plein volume
Dans des embruns froids, son glacial costume
De bleus pâlęs et de gris, disant l’hiver
Aux ciels moins avenants, aux blancs couverts.

Les vents et les frimas pleins d’amertume
Ont à peine leurs bras nus entrouvert
Qu’ils nous gèlent à travers nos pull-overs.
Ta mer écume.

Le rivage semble attendre des brumes
Qui pèseront sur lui comme une enclume,
Ravissant lors à nos yeux entrouverts
Les charmes « d’en face » teintés de verts.
C’est ainsi quand, las, Chionée nous consume :
Ta mer écume.



jeudi 2 avril 2026

HAÏKU À LOUER

L’appartement d’un célibataire est un écrin sans bijou.

LUNE OCÉANE

Quand Lune navigue en nuit,
Elle s’effeuille en paillettes
De jour, lueurs faites miettes,
Sur la mer morte d’ennui.

Le ciel n’est plus dai de suie
Si la brise chante ariette
D’été, les nues, prudes, fuient
Voir ailleurs œil qui s’inquiète.

Quittant ses effets sans bruit,
Elle agite d’historiettes
Le Ciel qui d’étoiles luit,
Qu’au jour l’écume feuillette ;
À peine vues ; déjà enfuies.

L’eau qui goûte peu ces fruits
Redevient gouffre, oubliettes,…
Elle qui a tant d’hommes nuit,
Aventuriers ou mauviettes..

Elle perd sa perle qui luit
À l’heure où enfin nue, quiète,
Elle plonge comme caillette.
Fini le charme gratuit
Quand Lune navigue hors nuit.

mercredi 1 avril 2026

HAÏKU À BOIRE

Un bar vide finira rempli de gens pleins !

DEHORS !

Le chant de philomèle aux bourgeons qui reviennent,
Le frisson du buisson sont mes antiennes…
Je ne suis pas le poète des fleurs
Je suis le rimeur d’un monde qui meurt
Qui aux blancs nuages arracha les ailes,
Mit notre Eden en voies et venelles
Pour, sans vergogne, les veines lui vider
Et son sang, sans répit, dilapider.

On vit une époque de catastrophes,
Je vis, les joues toutes gonflées de strophes,
La plume toujours encombrée de vers
Pour chanter vert et vents mis en hiver,
Une nature qu’on ne sait qu’écrire
- Quand le temps est, las, à la circonscrire -
Pour en louer les ultimes beautés
Simples et sublimes… ou les ressusciter.

Pour un filet d’eau vive resté libre,
Un pré oublié je me sens félibre
Devrais-je dès lors rester coi ? muet ?
Le parfum des violettes, le bleuet
Tout en nuances méritent un hommage
Mon rôle est de colorer leur image
De leur redonner la parole un peu
Quand Vanité et Vain ont libre jeu.

Je prends du champ comme d’autres la mouche,
Au milieu des forêts aux feuilles farouches,
Sans fin, me douche aux rayons du soleil
Et me lave de pluie dès leur réveil,
Vous ne me jetterez jamais, gens prestes,
Dehors : j’y suis !… Et, malgré vous, j’y reste !
Pour amasser des plaisirs, des émois,…
Qui ne resteront pas longtemps en moi…