Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 30 avril 2023

« K » C’EST L’HAÏKU’ILLE !

Le « Critique » professionnel et le « Politique » qui en vit sont gens qui ont cela en commun que leur dénomination s’achève par le nom d’un parasite qui résume et leur fonction et leur utilité en ce bas-monde… donc il convient de les considérer et de les traiter en conséquence. Ni plus ni moins !

samedi 29 avril 2023

HAÏKU VERT QULE !

Beaucoup trop croient encore qu’on ne peut s’élever qu’en couchant ou en se couchant…

LA CRÈCHE POUR MODÈLE

Petite fable affable

Dans une grande étable dévastée,
Le Messie vint au monde, en Galilée,
Dans la rudesse de temps en allés
Et la misère des siens, las, restée.

Il n’avait lors pour naître à ce bas monde,
Qu’étoiles au ciel obscur en semis,
Des parents à la foi la plus profonde,
Un bœuf et un âne pour seuls amis,
Et pâtres venus des prés à la ronde
Avec, à la ceinture, une fronde.

En souvenir de cet humble moment,
Les premiers gardiens de son temple, au temps
Où vint enfin leur splendeur, insistants,
Se dirent « pasteurs », fort modestement,
Et pour servir ce fils de Dieu tout neuf
Menèrent en hommage au bovidé,
Une vie de castrat, de plaisir veufs,
Puis pour saluer le pauvre baudet,
Saintement, nous voulurent ignorants.
Tout ça pour honorer les Cieux,
Mener à eux les moins dévotieux,
Parlant Sagesse et Amour, l’an durant…

vendredi 28 avril 2023

jeudi 27 avril 2023

HAÏKU DU BOULANGER

Qui sort du pétrin n’est pas toujours cuit !

LES DEUX ÉVENTAILS

Petite fable affable d’après Les deux éventails de J.-F. Guichard
(Contes & fables…, tome 1, 1808,V-6)

Dans l’univers feutré de ces galants salons
Où un geste ou un mot peuvent en dire long,
Deux éventails sont posés sur un guéridon.
Ils jasent à l’envie.

L’un, brillant et poli, semble n’avoir, pardon,
Au grand jamais servi.
L’autre à la triste figure, à demi cassé,
Aurait donc trop servi,
Froissé un peu et, aussi, déchiré assez.
Ainsi va notre vie !

« Ta maîtresse est vieille, Ami, et peu fortunée,
Dit le tout premier.

- Non elle est jeune et fraîche. Toujours bien lunée,
Fait lors sans sourciller
L’autre. Mais elle est, las, tellement courtisée 
Qu’il lui faut les galants
Battre pour préserver sa vertu si prisée.

- J’en reste, Ami, ballant :
C’est là façon de coquette ! dit notre intact.
Maîtresse, d’un regard
Les éconduit avec le plus courtois des tacts
Sans un mot, sans égard
Car elle sait qu’il est des dénégations
Qui éventent explicites invitations ! »

mercredi 26 avril 2023

mardi 25 avril 2023

HAÏKU LITTÉRAIRE

Qui s’encroûte, sera toujours un pain perdu, même s’il lit « La mie retrouvée » !

LE FRUIT DE LA CONFESSION

Petite fable affable d'après un conte de J.-F. Guichard (1731-1811)

Un jouvenceau, novice en galanterie,
À son confesseur avoue, hélas, au prix
D’une cruelle inquisition du prêtre
Avoir péché. Par la chair. Scène champêtre.
Il a arraché à une pucelle un baiser.
Elle fut de prime rétive. Il a osé.
Notre Jeannot sent bien que bout de colère
L’abbé. Or celui-là est atrabilaire.

« Où ? fit, l’oreille aux aguets, notre curé.

- Ben, je vous l’ai dit Mon Père : dans les prés.

- Où le baiser, niais ?!… 

- Dans cou, Mazette !
- Et ?… 

- Et… sur la joue de cette Louisette.

- Et ? 

- C’est tout. Point ailleurs, petit garnement ?

- Nenni !… 

- Pas sur la bouche, vil sacripant ?!

- Oh non, Dieu : quelle horreur !…

- C’est donc peccadille.
Je vais purger ta conscience de drille :
Un cierge, deux Pater et trois Ave
Suffiront, pour cette fois, à la laver. »

Péché véniel. Il l’a échappée belle.
Mais pourquoi donc si douce absolution
Lui valut-elle pareille Question ?

Pénitence en poche, le gars à sa Belle
Retourne et à ses petits jeux de goujat.
 Il goûte alors à ses lèvres et si, déjà
Le cou et la joue étaient de purs délices,
La bouche le fit se pâmer. Sans malice.
Grâce soit rendue à la hiérarchie
Des péchés. Ça aurait été un gâchis
D’ignorer longtemps cette béatitude
Qui, de fil en aiguille, à des altitudes
Autres, les mena. Ils les ont conservées,
Bénissant ce curé coincé dans sa boîte.

À vouloir prévenir un mal, s’en préserver,
Par un mot malheureux souvent on le hâte.

dimanche 23 avril 2023

HAÏKU DE SUPÉRIORITÉ

Ceux qui se croient au-dessus de vous sont souvent au-dessous de tout !

L’ESSIEU QUI PLEURE

Petite fable affable d’après Les bœufs & l’essieu d’Ésope

Matin, par une pente abrupte et pierreuse
Deux buffles s’échinaient
À tirer un char lourd que poussait leur meneuse
Parce qu’un tantinet
Alléger leur faix était, ici, nécessaire.
Sincère bonté n'a pas besoin d'émissaire !

Dans la pénible montée, l’essieu se lamente
Et grince, quoique graissé,
Se plaint d’un labeur qui par trop le tourmente,
Dit qu’il va tout laisser.

« Quelles épaules tractent donc toute la charge,
Dit l’un des animaux.
À nous le travail dont rien ne nous décharge
Et à toi tous les maux ?
Tu as le temps de te plaindre, nous pas. Quelle veine !
Dans le commun effort,
C’est souvent celui qui prend le moins peine
Qui, las, geint le plus fort… »

vendredi 21 avril 2023

LOUÉ POUR L’HAÏKU

La talent n’a pas besoin de ce que la médiocrité appelle de ses vœux.

N’EN RAJOUTEZ PAS SUR NOS JOUTES

Petite fable affable

« Quand vous voulez, hélas je ne peux pas, Ma Chère,
Et quand je peux, vous ne voulez plus !… D’où la jachère 
Que sont nos nuits depuis nos noces !

- Mon Ami,
Sûr, ça tient de la risée ou de l’infamie :
Où sont les promesses faites à votre conquête,
Les joies promises qui font rougir les coquettes,… ?!

- Que vous êtes restée !… Or, j’en suis convaincu,
Les coquettes ne sont qu’épouses de cocus ?

- Ah, Monsieur, c’est là dans la nature des choses :
Pas d’affolant parfum sans épines aux vraies roses ;
Si une femme varie - bien fol qui s’y fie ! -
C’est qu’à un époux bien mol, marrie, elle se lie ! »

mercredi 19 avril 2023

HAÏKU SUR LES DOIGTS

À quoi sert de tendre la main si on garde le poing fermé ?

UN BEAU MÂTIN DE BON MATIN

Petite fable affable d’après Le taureau & le mâtin de J.-F. Guichard
(Contes & fables…, tome 1, 1808, fable IV-11)


De bon matin, un beau mâtin, la tête
À la guerre et la rage au cœur s’embête.
Il erre. L’hiver de batailles point
Donc, pour lui, c’est ennui et embonpoint.

Œil étincelant, de bave il écume ;
Muscles bandés, son esprit est sans brume :
Il a soif de sang et a faim de chair.
Se battre à mort est son vœu le plus cher
Et comme d’autres chercheraient fortune
Il court la querelle jusqu’à la brune.

En passant par un pré où pait en paix
Un taureau une idée l’a attrapé :
Il pense avoir trouvé son aventure
Et, mieux, un adversaire à sa pointure.

Il harcèle le placide brouteur,
Il l’insulte. L’autre ignore les heurts :
Il pâture dans l’ombre d’un vieil arbre
Restant, aux mots et aux assauts, de marbre.

Quand le molosse se jette sur lui,
Il baisse humblement la tête et s’ensuit
Un carnage : une corne qui se lève,
Qui éventre la bête. Un corps s’élève
Dans les airs puis retombe, inerte, au sol.

Le bovin n’eut point mal sans plus de dol.

C’est souvent de la fureur qui est nôtre
Qu’on périt et non de celle des autres !

mardi 18 avril 2023

lundi 17 avril 2023

ETROIT HAÏKU ?

Scandale chez les reines de beautés :

Miss-St Trop’(83) est en fait de Molières (82) !

ÇA NE CADRE PAS !

Petite fable affable d’après Le tableau & la bordure de J.-F. Guichard
(Contes & fables…, tome 1, 1808, fable IV-8)

Dans une brocante, on trouve de tout,
Même des amateurs et, surtout,
D’aucuns qui fins connaisseurs se disent
Évaluant d’un coup sûr marchandise
Et prix sans manière ni façon.
Ce sont gens à faire la leçon
Mais, hélas, pas à en recevoir des autres

Or, l’un de ces cuistres si bons apôtres
Pour qui l’apparence fait la valeur,
Mise de mylord, mine de voleur
Achète un tableau au cadre sculpté
De bois couvert d’or, sans difficulté,
À cette seule bordure, prolixe,
Un coût exorbitant un prix lui fixe.

Acheteur content et vendeur ravi.
Cette croûte sans plus de préavis,
Un peintre la voit ; toile ne le berne :
Sujet sans attrait ni intérêt, terne
Et fade pour la lumière, trait
Incertain et palette sans attrait.
Ça ne vaut pas, Tudieu des clopinettes !

L’enchérisseur vexé non d’avoir pépettes
Dépensées mais d’être désavoué
Par un disert que n’a amadoué
Le travail du bois ni celui, Mazette,
De l’or comme un vil pédant de gazette.
Verra-t-il que riches bordures avant
Tout ne cachent, las, qu’ordure et que vent ?

dimanche 16 avril 2023

samedi 15 avril 2023

GROS HAÏKU

Chez moi on saute tout… y compris l’obstacle mais jamais un repas !

P'TIT BILLET D’ÉTÉ 40

Avec un peu d'avance… ou beaucoup de retard !

Jean-François*, toi le poète de bonne terre,
Qui affirmait en un siècle commençant :
« Le divorce est le sacrement de l’adultère »,
Je salue ton œuvre haïe des bien pensants
Et des ignorants qui te font encore taire.

Mais comme tu disais, qu’importent ces pompeux :
« On hasarde beaucoup en se vengeant de peu** ! »

* J.-F. Guichard (1731-1811)
**  Le pourceau & les abeilles in Contes & fables…, tome 1, 1808 (I-13).

jeudi 13 avril 2023

HAÏKU STYLÉ

Même un pauvre con peut avoir une riche idée…

ROYAL COUPERET

Petite fable affable d’après Le roi judicieux de J.-F. Guichard
(Contes & fables…, tome 1, 1898, III-16)

Dans un royaume au maître intransigeant,
La loi n’avait jamais rien d’engageant,
Sa violence ôtait aux sujets et aux hôtes
Las, toute envie de discussion,
Sa vélocité quand, ailleurs elle trotte,
 Tout esprit de contradiction.

Un esclave avait failli. Pourquoi ? Comment ?
Peu importe. Son état plus que sa faute
Justifie qu’on le décolle. Et que ça saute !

Même si le bourreau s’en vint vitement,
De peur de passer sous le fil de sa propre
Hache, on dut encachoter le condamné.
Lors le servile insulta comme un malpropre
Le sang du roi au nom du dieu qui damnait
Alors Mauvais et Méchants de cette terre.

« Soldat, dis, quels sont ces cris qu’on ne fait taire ?

- Roi, c’est le prisonnier qui loue haut et fort
La clairvoyance des juges à grand renfort
De prières et la bonté de la Justice
Qui règne en ce monde grâce à vous.
Aussi appelle-t-il, sans artifice,
La bénédiction des Hauts Cieux sur vous… »

Le souverain tonne alors : « Qu’on l’élargisse ! »

Mais un courtisan de la dupe témoin,
S’aventure : « Cet infâme, d’immondices
Vous couvrait et maudissait, à tout le moins,
Tous vos pairs, vos pères et votre descendance !
Il faut châtier mensonge et impudence… »

Le monarque ne dit mot mais il conserva
Sa grâce au servile. Or, sur ces entrefaites,
Son exécuteur, tout suant, arriva.
Si les morts publiques étaient alors de vraies fêtes
Il n’aimait pas qu’un tranche-tête soit
Désoccupé. De plus, on s’ennuie dans la soie
Plus vite que vêtu de lin ou de laine.
Donc il ordonna que soit raccourci
Sur le champ ce noble pour ses si vilaines
Inclinations. Mais si… Mais si…

Notre sultan dit, au moment où la lame
Tombe, ces mots expliquant à tous le blâme :
« Mensonge plein d’Humanité vaut bien mieux
Que Vérité qu’enfielle Cruauté, Mon Vieux ! »

mardi 11 avril 2023

LA PEUR DES HAÏKUS

Peut me chaut l’effroi !

LE CRÂNE & LE CHAPEAU

Petite fable affable

« J’ai mal à moi-même ! disait une tête 
Qui la faisait. 

- Toi si crâne ? répliqua
Son chapeau d’ordinaire plus délicat.
Que devrais-je dire, moi, donc ? Tu m’embêtes
À geindre sur ton sort, moi que l’on met bas,
Que l’on mange, voire avale, que l’on jette,…
J’en suis tout retourné ! fait le feutre.

- Bah !
Ne sut que répondre ce chef qui rejette
Toujours la faute ou bien le mal sur… plus haut.

- Tu me fais donner des coups quand, mon salaud,
Tu salues comme tu me mets à la fête
Quand tu veux te débarrasser d’un morveux
Comme d'une mouche. Tu ne t’en fais, Tête,
Qu’à toi même-même et, souvent, j’en bave, mon neveu,
Des ronds de moi-même tant tu te la pètes ! »

 Le crâne, fatigué de porter ainsi,
Aux yeux de son couvre-chef, “le chapeau”, cherche
Réplique cinglante à qui lui tend la perche
Mais, hélas lourd, ne lui ressort que sa scie : 
« Cesse de travailler du chapeau, Galure
Sans allure : si t’y reviens encor’,
Quoique que l’on m’ait tant et tant fait, à mon corps
Défendant, porter beaucoup des tiens, je jure
Que j’me mets au bonnet ! 

                         -  Je vois : à qui pense
Revient le Droit et de devoirs se dispense ! »

dimanche 9 avril 2023

HAÏKU DE CAMPAGNE

Campagne électorale : veau gras des élus sur les vaches maigres des électeurs.

C’EST UN PEU GROS, NON ?!

Petite fable affable

En terre aride que les rais de Râ acculent,
Aliboron, franc comme un âne qui recule,
Lourdement chargé d’un mont de fourrage sec,
Avance à son petit pas, sans déclouer le bec.

N’ayant croisé de longtemps une rivière,
Il croit avoir forci comme un jongleur d’altères
Et se pense au moins Hercule. Peut-être Atlas.
Il n’avait pour en juger que son ombre, hélas.

Or, sur quelque sente étroite, son bon chemin
S’encombre d’un éléphant, et pas un gamin,
Ayant perdu le sien. Sûr, fier lui, l’âne
Ne veut lui céder le pas et donc se condamne
À l’affronter. Se déroute-t-on pour si peu 
Quand on est un géant ? Donc, à l’autre adipeux,
Puisqu’il n’est trop de place pour deux sur la route,
De faire arrière. Bête bâtée n’en doute !

L’aze bandant ses muscles, gonflant son poumon,
Affronte un pachyderme qui n’est point démon
Mais à qui on fait place, il faut le reconnaître ;
Même s’il ne se regarde point le nombril,
Il l’écrase comme un moucheron dans sa marche
Que rien n’arrête malgré placide démarche.

À quiconque voulant affronter un péril,
Il ne suffit pas, de soi, croire se connaître !

samedi 8 avril 2023

HAÏKU PONCTUÉ

Dans une vie mise entre parenthèses par le (encore) récent confinement, chaque matin j’ai hésité entre point de côté ou trait d’humour.

vendredi 7 avril 2023

HAÏKU DE KONG

Mon signe de ponctuation préféré ?
 Les crochets… Droite ! … Gauche !

RUDE EST LE GRIEF !

Petite fable affable

Une linotte, ayant pourtant toute sa tête,
Ce qui est fort peu, je te le concède, l’ami,
Déblatère sur la jaseuse pie, s’entête
À salir la fidélité des pigeons mis
Ensemble ou bien dénonce cette petitesse
Des mésanges, sûr !, synonyme de bassesse.

Elle moque le chant du faisan et du pic
Le vol si peu gracieux. Pire qu’un aspic,
Elle morgue livrée insignifiante
De ces passereaux gris ou couleur de fiente
Ou la cervelle du moineau,… et j’en oublie.
Nul n’est épargné. Comme rien n’est anobli.

Un jeune geai que ces pépiements-là irritent
Fit, ne voulant par le silence en rester quitte :
« Ce que tu critiques, matin et soir, chez l’autre
En dit plus sur toi que sur lui, cher apôtre ! »

mercredi 5 avril 2023

HAÏKU DE BAS GOÛT

On méprise haut et fort souvent ce qu’on se refuse à admirer de la même façon.

LA CHARGE HÉROÏQUE

Petite fable affable

Un poulet rebondi, bien beau et gras,
Bref de taille à figurer sur ma table,
Est taquiné par un moustique ingrat,
Pour qui saigner sa proie est acceptable
Mais ne suffit pas à le satisfaire.

Le gallinacé ne sait comment faire
Pour se débarrasser de l’importun
Le poursuit, joue de la patte et de l’aile, 
Becquète le vent, avec l’œil crétin
D’un reptile tout en courroux et toute ire.

Très vite, sa quête tourne au martyre ;
À force d’ébats et de vains combats
Il tombe, épuisé, à l’eau de la mare
Car on hasarde beaucoup, ici-bas,
En se vengeant d’un peu de tintamarre.

lundi 3 avril 2023

TENTÉ, L’HAÏKU !

Tant qu’on n’essaie pas, on ne sait pas !

LE MAIS CHANT !

Petite fable affable

Voulant égayer la ramée qu’il ravissait,
Rossignol peignit, tout en notes et en trilles,
La caricature aimable, sans grand excès,
Des petits défauts qu’on attribue aux filles
Du peuple oiseau. Il tira un grand succès.

Sauf auprès de Mésange qui se renfrogne
À tous les sons lancés, à tous les bons vers,
Et chaque rire lui plissait plus la trogne
Tant elle eut le corps et l’esprit en hiver.
Philomèle vit qu’elle paraissait en rogne.

« Allons, ma Belle, c’est tableau non portrait
Que j’ai fait, et qui plut prou même aux oiselles
Qui, y voyant leurs sœurs, ont ri de mes traits :
 Ta colère te dénonce, Demoiselle ! »

samedi 1 avril 2023

HAÏKU MÉFIANT

Ce n’est pas mieux de se méfier de tous que tous se défient de toi !

HARAS LE BOL

Petite fable affable

Un vieux hongre gémissait
Au timon d’un sombre fiacre,
En voyant comment agissait
Dans sa robe tout feu, tout nacre,
Se cabrant, et tantôt trottant
Ou ruant, et tantôt sautant,
Une frémissante cavale.

La pouliche courait aussi
Ou renâclait par intervalle
Donnant à tout enfant d’ici
De la joie acceptant des caresses,
Offrant des marques de tendresse.

« N’as-tu point d’éducation
À te donner, là, en spectacle ?
Sois donc décence et retenue !
Que va-t-on penser en ce cénacle
Et dire de qui ne s’est tenue ? »

La jeune jument aguichante
Lui hennit ces mots comme on chante :
« Glosent, médisent tant et plus
Sur vos faiblesses, ridicules,
Ceux qui, de les partager, brûlent
Mais ne le peuvent pas… ou plus ! »