Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons ou de fables…

lundi 21 janvier 2019

HAÏKU’M BINE

Avez-vous remarqué ?… On perd rarement ce dont on n’a pas besoin !

LE COCHE & LA CHARRETTE

Cycle pyrénéen
Petite fable affable
D’après La calèche et la charrette
de Joseph Bartélémy de Feraudy

Une coche fort brillamment armoriée, 
Calèche d’un étoffé particulier
Qui se pensait valoir Prince du Sang sans doute,
Allait bon, tout autant que grand, train sur la route
Malgré l’étroitesse d’icelle et ses cahots,
 Ses chevaux de race levant le pied haut.

Une charrette, menée par un bouvier,
À la marche pesante sur un gravier
Crissant, sur le chemin l’attelage rencontre.
Son cocher ordonne qu’on fasse place, contre
Le manant, tempête et se met à enrager
Face à ces pestes qui tardent tant à se ranger.

Effrayées par ce tapage et ces cris les bêtes
En joug donnent à hue, à dia, l’assiette
Mal assurée, chutent au ravin longeant
Cette voie de muletiers, plongeant
Dans les eaux remueuses du torrent qui hurle
Au bas fond, sans remords de la part du banturle.

Ainsi disparurent, tout happé par le vide
Bœufs, charrois et vacher à cause de l’impavide
Postillon d’un carrosse pressé qui ne transportait
Qu’un quidam et sa vanité à laquelle attentait
Ce char qui menait aux villages que l’hiver isole
De quoi survivre quand neige et gels tout désolent.

Et il en est ainsi sur la voie de nos vies,
Où le faquin friqué, aimant foules futiles,
Prend le pas, ma foi, qu’on en est ou non l’envie,
Sur le besogneux ne cherchant qu’à se rendre utile.

samedi 19 janvier 2019

HAÏKU’ÏT

D’une aventure brève peut naître une longue agonie.

TABLEAU À L’EAU

Dans la détrempe de l’aube
Versant rosée en godets,
Un arc-en ciel daube
La toile des nues fardée
D’un blanc aux gris nuageux
Souvenir fort orageux
D’un hier prou ombrageux.

Là-haut, cette fresque luit,
En tons nets qui s’irisent
Et fait fresque aux murs de pluies,
Damant leur pion, et grise
De nuances infinies,
Une gamme à l’eau bénie,
Là où l’horizon finit.

Cette aquarelle mouillée,
Inachevée, presque abstraite
Et d’humidité rouillée,
Plume et non pinceau la traite,
À la pointe de ce jour
Qui ouvre, ici, un séjour
Où j’enterre mes toujours.

Quoi que je ne rende teintes
Ni couleurs, en mon esprit
Ne seront jamais éteintes
Ces lumières sans prix,
M’offrant une autre palette
Que celle de mes bluettes,
Où Râ est sur la sellette.

Quand, un peu rosses, au ciel
Lâchent toutes les écluses,
La mer perd tout son miel,
Se fait pastel ou, sans ruse,
Opales aussi le tantôt.
Au diable, brosses, couteaux
Je mets mes mots à l’étau !

jeudi 17 janvier 2019

HAÏKU DAMNÉ

Le chemin le plus court entre la naissance et la mort reste la vie.

DE CERTAINS CHATS…

Petite fable affable d’après
Le villageois et le chat de Joseph Barthélemy de Feraudy

Dans son cellier, un villageois,
Avait serré, le cœur jà en joie,
Une grosse tomme de fromage 
Afin, un jour, de lui rendre hommage ;
Las, visitant son trésor, matin,
Il vit qu’un rat en avait, sans honte,
Fait l’entame. Et donc, sans baratin,
Pour faire à ce vil voleur son compte
Le bonhomme crut fort avisé
D’enfermer son chat en sa resserre.
Matou, sans vraiment s’épuiser,
Goba le rat qu’il prit en ses serres.
Puis, pour terminer son repas,
Et sans l’ombre d’un mea culpa,
Avala le frometon de ce pas.

Quelle est la leçon certes, pas tendre,
De ce conte sans échauffourée ?
Qui, en ce monde, prétend défendre
Nos intérêts finit par tout nous prendre
Alors ne va jamais te fourrer
Dans les pattes des vains chats fourrés !

mardi 15 janvier 2019

HAÏKU'M TEMPLE À TIFS ?

Les amours torrides sont à consumer sans modération.

HABITUÉE À FUIR…

Habituée à fuir mon temps
Dans la musique du silence,
Loin de l’ivresse de vos instants,
Ma plume, se met à poil, balance
De mon hier à votre aujourd’hui,
Au long des jours comme au creux des nuits.

Je me livre et m’avoue alors du bout des lèvres 
Mais du bon du cœur, ce jusqu’à ce que mes maux
Soient recrus d’être ancrés et que, las, je me sèvre
D’avoir emprisonné derrière les barreaux des mots
Mes pensées vagabondes, mes idées clochardes
Qui mendient tant l’oubli qu’elles en cauchemardent.

Il faut donc offrir cet abcès aux nues
Car il n’y a plus de place pour le rêve, 
La mer troublée de mon esprit mouvant,
De songes sages en espoirs défunts,
Joue à l’océan déchaîné, béant
Abîme ou vague à l’écumeux parfum,
Livré aux vents de sensations brèves,
Aussi vite envolées que venues.

C’est donc saignée de mots qui soulage
Sans guérir écornes et tourments,
Qui crève l’aposthume et assouage
Un cœur venu gros sur le moment
De souffrance froissée qui entête
Et de remous mourants qui étêtent.

Je vous l’avoue ici, en pareils prédicaments
Qui me clouent au sol, là, et mes ailes oxydent,
Il n’est point de plus souverain médicament,
Utile sursis seulement, soyons lucide,
Car, dépiécça promise, la rémission
Est toujours remise. Telle est ma passion.

lundi 14 janvier 2019

HAÏKU PARADOXAL

Naguère on n’aimait guère la guerre que l’on ne connaissait que trop bien…
Aujourd’hui, la paix durant, au moindre pet, le premier épais venu veut tirer l’épée !

dimanche 13 janvier 2019

HAÏKU PEU RAI

J’attends que mon grand-père soit centenaire pour l’envoyer au « Don du Sang ».

LE PRIMATE SINGEANT LES BIPÉDES

Petite fable affable

Chez ces gorilles, on s’inquiète et s’alarme :
Un des jeunes, petit con mal dégrossi 
Ne cesse, jusqu’à faire poindre larmes
Et de morguer, et de mépriser aussi,
Toutes les femelles de ce groupe :
Il  rabaisse ses sœurs ; il désobéit
À sa mère qu’il snobe ; d’une croupe
Montrée sans fard, ainsi, voire à grand bruit,
Il dédaigne ses tantes, et même il toise
Sa grand-mère en phrases des plus discourtoises.
Il bat froid même celles qui ne sont pas
Ses parentes directes, franc comme un lupa !

Pis, à celles qui ne veulent pas l’entendre,
Il rappelle que la Nature en ses lois
Fit la femelle ployable, douce et tendre,
Inférieure au mâle qui est son roi
Par le cerveau et les muscles ; donc parole
Adressée à elle, sans se déshonorer,
Ne peut-être qu’un ordre et que, donc, son rôle
Est de se soumettre sans tant loghorrer.
« Il en est ainsi c’est le plus intelligent
Et le plus grand de nos cousins, bonnes gens ! »

Cette attitude piqua le chef de meute,
Un dos argenté qui l’interpella par ces mots :
« Alors, Mon Petit, tu cherches à susciter l’émeute ?

- Non pas, Maître : je rappelle que tous nos maux
Vient de ce qu’elles ne savent leur place.
Mâle doit dominer, ses fils seconder ;
Plus bête et faible, toute la populace
Des femelles doit sans causer, ni fronder,
Leur obéir et les servir comme chez les Hommes,
Qui sur toute la terre ont fait leurs royaumes.

- Et pourquoi de telles dispositions ?

- Elles nous sont inférieures en la Création ! »

Il fallait, autant que de telles outrances,
Châtier cette insupportable arrogance :
« Ah, c’est donc pour cela !… Mais mon bon garçon,
Fit l’Ancien, femelle t’a mis au monde,
Si je ne m’abuse ?… Or, si j’entends leçon
Que tu m’as tantôt faite, à quel rang immonde
Devrait-on ravaler l’insigne fruit né
D’un être “inférieur” ?… » Et toute la troupe
De rire à pleine gorge à voir, là, le nez
Que fit l’impertinent à qui ça la coupe…
« Eh ! gorillon à cervelle de grillon
Et aux biceps guère plus gros qu’agrions,
Fuis tout ce qui se prétend valoir modèle
Et les raisons éclairant moins que chandelles  ! »

samedi 12 janvier 2019

vendredi 11 janvier 2019

HAÏKU’R D’ANNA TOMIE

Aujourd’hui, un propos prête plus volontiers à contusions qu’à confusion !

MON AMI

Je t'ai connu ado' avec certains des tiens
T'ai tenu la main mais suis mauvais chrétien
Moi qui vais si rarement à messe
Et souvent hélas que d’une fesse
J’ai couru bonhomme à ton ordination
Où s’assemblaient ta désormais Nation
Voulant ma foi voir en toi encore
L’ami non l’habit mais des pécores
S ‘étaient faites ouailles au nom de la Passion
Qui se refusent tout avec ostentation

Or j’ai vu tout un saint petit peuple
De gens d’argent ou de biens meubles
Tout gavés d’Ave et de credos à crédit
De sermons et d’exégèses en salmigondis
Encensant une charité prou riche
De vanité mais en monnaie chiche
Aimant son prochain par devoir ou fonction
Avec componction sans inclination
Leur piété ici-bas se teinte
D’orgueils et ne sont que mots et feinte
Ces bénis vont de jeûnes en carêmes tout dédain
Entre apéritif dinatoire et cocktail mondain

Combien parmi tous ces fidèles
Bienheureux sont vraies citadelles
Ils croient que c’est aimer Dieu que de haïr 
Le reste du monde et sont jà prêts à trahir
Les bons enseignements de leur Bible
Toute « différence » étant leur cible
Ils font que tout moyen soit légitime et permis
Pour contrer ou pour nuire à leurs « ennemis »
Soit-il fort défendu par leur table
De lois pourtant des plus conseillables
Car plus inquisiteurs que l’inquisition
Ils veulent qu’on ploie sous leurs dispositions

Ces voix ne sont à les entendre
Qu’échos louables de cœurs tendres
D’un Ciel toujours zéleusement servi
Et encore plus jalousement obéi
Ah quels Tartuffe que ces fourbes
Qui ne sont que lie et que tourbe
Dévots sectataires aux noirs ciseaux de censeurs
Se voulant le sel de la Terre frères sœurs
C’est pitié que cette pléthore
Ne voie en toi qu’un jettatore

jeudi 10 janvier 2019

HAÏKU’R DE LANG

Est-ce-que parce que les Anglais ont « une gueule de raie » que chez eux « face » se dise « fesse » ?

mercredi 9 janvier 2019

HAÏKU’R DE PETS EST-CE ?

L’heure de pointe rend marteau comme le vice conduit à l’écrou !

LES DEUX OISEAUX

Petite fable affable

Deux gros oiseaux, ayant le même âge,
Élevés dans une même cage,
Frères de surcroît,
Éduqués et instruits de même,
Connurent, est-ce vraiment problème ?,
Par erreur je crois,
L’envol de la liberté vers les limbes
De l’azur et les nues qui le nimbent
Ou, parfois, le broient.

Mais chacun d’eux, du même apprentissage
N’a pas retenu les mêmes passages
Ni tiré des fruits
Semblables, ce qui étonna merles
Et pinsons qui commentaient leurs perles,
Hélas, à grand bruit…
Même les arbres en bruissaient, ma Chère,
Jusqu’à leur orée et aux jachères
Où vaquaient les truies.

Le premier était piaffe et superbe,
Le second plus sage qu’un proverbe 
Semblait empoté ;
Si l’un faisait ripaille et bombance,
Volant vite en toute confiance
Au haut de futaies,
L’autre gobait peu ou faisait maigre,
Son vol n’était en rien allègre
Ni un fils d’Atê.

La forêt s’interrogeait sur ces frères
Qui différaient tant : l’un téméraire,
L’autre timoré.
Homme ni bête ne trouvant réponse
À la chose, fort vite on renonce
À plus loin forer.
Un vieux chêne prit la parole
Alors, dans les brumes en fumerolles,
Pour subodorer :

«  N’est-ce pas là Loi de la Nature :
Mes branches n’ont pas même droiture
Quoique nées de moi,
Taille identique ou pareille forme,
De la même sève nourries. Norme,
C’est dit sans émoi !,
Qu’on note chez mes cousins et frères
Ici ou ailleurs. Alors pourquoi braire
Ainsi pour des mois ? »

Nos différences font que nous sommes
Des semblables qui ne sont pareils
- Même dans le plus simple appareil -
Notre richesse naît de leur somme…