Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons ou de fables…

jeudi 18 avril 2019

HAÏKU D’BROSSE

Si on te dit « Du balai ! », un conseil : débarrasse le plancher !

EXHORTATION

Difficile est la route qui mène aux étoiles…

Écris et crie pour le savant et le vulgaire,
Pour que règne l’amour, pour que cesse la guerre !
Plonge une plume affûtée, pour faire saignée
De mots, dans la veine poétique imprégnée
De souffrances, de tristesses, de maux, de peines,… !
Ouvre en grand portes closes et  fais sauter loquets
Pour semer sur leur seuil sons, couleurs,… même en graines
Et fais fleurir des sentiments las embosqués… !

Livré à l’ivraie de ce temps qui, de lui-même
S’enivre, refuse les livrées et enthymèmes ;
Va for ancre sur toutes terre et chaque mer
Aux berges d’encre et n’en reviens pas amer !
Suis, partout, les muses et les Grâces à la trace,
Soeurs inapprivoisées au choeur improvisé ;
Approche-les sans les dompter, sois de la race
Des poètes qui n’ont que beau et bon en visée !

Aie le cœur toujours à rimer quoi qu’il t’advienne !
Ne te veux prophète arrimé à l’antienne
Mode, arcboutée à ses certitudes, arrimée,
Et ne te paie pas de mots qui vont t’abîmer !
Sois Pénélope, et sois Sisyphe, pour sans trêve
Fuir ritournelles vides et creux refrains !
Fuis les sommeils sans miel, les veilles sans sèves,
Pour traverser la colère de foudres sans frein.

Sois serein face à ces tempêtes qui trompètent
Là où l’on préfère eau tiède et carpettes !
Reste chanteur enchanté face à ces pédants
Et ces cuistres faits critiques condescendants,
Face à ces bonnes dames, toutes d’impostures,
Qui entre les grandes coupes et petits fours
Se piquent, sans vergogne, de littérature
Comme on causerait dentelles et brandebourgs !

Va, dénonce toujours ce qui étouffe la femme,
Brise l’homme, fane toute fille et prend l’âme
À chaque gars !… Sois la complainte du progrès !
Sois la plainte des valeurs, le chêne et le grès !
Sur la harpe d’Orphée, sois le fils du Parnasse
Et le descendant va nu-pieds d’Apollon,
Même si « les honneurs » te veulent prendre en nasse,
Sirènes d’un succès qui n’est jamais très  long… !

mercredi 17 avril 2019

HAÏKU CHAIS

L’épuisement me fatigue… quand la fatigue ne m’épuise pas !

L’ARBRE QUI CACHE LA FORÊT

Édito’ pour RuedesFables (Décembre 2018)


          Si l’on excepte le chêne chenu, jadis un peu gland, qui rivalisa de verve et de morgue avec le roseau assez pensant pour plaire à Pascal - et il était aussi balèse que Blaise celui-là - et ne pas mériter ipso facto quelque coup de joncs ou autre volée de bois vert, peu d’arbres hantent les Fables de nos maîtres qui n’ont guère de moindres défauts… L’arbre, bois tendre ou dur de la feuille, prompt à animer tous les foyers, sentirait-il le fagot ? À quel bûcher des vanités a-t-on promis ce bellâtre parce qu’il a trop cheminée ? Même, cette vieille branche de biblique pommier y fait pâle figure soit-il en quelque sorte un abri côtier. Le fabuliste, même faisant feu de tout bois, reste donc plutôt de bois face à ces troncs et feuillées, quitte à ramée, alors que le bois est un hallier privilégié des personnages qu’il a créé, la forêt un cadre brillant ou un décor défendant qui hante bien de ses bonnes feuilles à la sève des plus puissantes. Sinon, bois bandé ou pas, il pourrait prendre quelque teck pas piqué des vers en prétendant s’élever, lierre de rien, jusqu’aux faîtes d’une philosophie de conteur ! Car ce n’est pas du petit bois que la sagesse de ces petites nouvelles rimées quoi que d’aucuns croient et crient.
     Pourtant hêtre ou ne pas hêtre est justement la question que tout facteur d’apologues, bois vert ou peuplier par l’âge et mal fagoté. Sa plume, pour le moins futaie, aussi affûtée que fusain, dessine un monde de bouleaux et de paresse où chacun promet à son prochain, voire à ses proches, châtaignes, marrons et autres raisins de sa colère. Où est le houx quand hiboux, cailloux, choux, bijoux, joujoux, genoux et autres poux sont omniprésents ? Sans jouer les casse-noisettes, pourquoi cette atimie du coudrier ? J’en ai l’épinette dorsale toute remuée de ce constat amer qui m’atterre : figuier-vous, l’arbre est absent des fables par trop à moins d’être tombé au saule. Séquoia cette histoire de mise à l’écart au sein d’une Nature foisonnante ? Ce serait pêcher que d’en rester là. Planté. Sans rien faire comme aurait dit Jean Racine. Même si ce qui est entrepris paraît à d’aucuns joueurs de hautbois nul à scier ou nous amène quelque embûche.
     En ces temps froidureux qui sentent décembre et donc le sapin, j’ai les boules. Et quitte à me faire allumer voire enguirlander, je voudrais qu’on réhabilite les ligneux en nos lignes, que nous envoyions quelque bouée aux noyers même si nous freinent les us de ce temps si peu enclins à protéger les vieux feuillages, cyprès soient-ils de noue. Sinon qu’adviendra-t-il de notre travail ? J’en tremble d’effroi même après avoir enfile un pull de plus. À perpétuer cet ostracisme de mauvais aloi, je crains que le charme de nos naturelles bluettes ne se rompe, faute de savoir à quoi les raccrocher, sachant le malaise des mélèzes et les lauriers fanés des oliviers.
     M’avez-vous, chers collègues qui comme moi avez la gueule de bois à ce triste constat, ouï et reçu cep sur cep ?… Je ne vous demande pas, vieux bois boiteux ou jeunes pousses aux senteurs boisées, de faire le poirier pour nos bois aux abois ou de mettre le doigt entre l’écorce et l’arbre mais d’œuvrer juste à rétablir en sa noble place ces bosquets embusqués riches en buissons creux et fourrés chaffourés, de faire érable rase de cette infâme mise au ban des mis en banc ! Soyons des ormes, des vrais, sous nos écorces tannées et prenons ce problèmes à bras le corps comme on embrasse ces gardiens de nos champs et de nos chemins. En nos contes, foin de langue de bois, mangeons de ce pin-là, bois blanc ou exotique, noueux ou pas, pour la plus grande gloire des végétaux qui végètent à nous ombrer car ils pourraient ne nous plus servir que de cercueils ! Croyez m’en, ça en vaut l’ébène : ne laissons pas aux bois de lit si peu dormants soient-ils ou de justice la mémoire des cernes de ces écorcés vifs. Ce serait l’hache et tout le reste n’est que sciure de mouche et bûchettes pour apprendre à conter sous l'arbre à palabres !
     En nous souvenant que « Tant qu’il y a de la sève, l’arbre ne tombe pas », en touchant du bois, je vous quitte d’un « fabuleusement vôtre » de boit-sans soif à jambe de bois reverdie glissée dans ce tronc de nos pauvres habitués à se contenter de pin noir ; tous ces oubliés qu’on a, eux aussi, caché sous le boisseau de nos bois sots !

mardi 16 avril 2019

HAÏKU TROP PRÈS

J’ai eu chaud : on a voulu me refroidir !

PIQUANTS AVEUX

Pour revêtir la nudité de mon oubli,
Je l’ai habillée de beaux coupons de mémoire,
Jadis tous brillants souvenirs pris aux faux plis
D’un temps au fil dénoué sur trame que Moires
Et Muses m’ont tissé patiemment, longuement,
Que mes mots décousent segment après fragment,
Pour me bâtir tourments, me ganser agréments…

J’ai pu coudre des instants, broder des moments
Qui n’étaient pas tous de moi sur quelques lacunes,
Trous faits œillets ou rapiécés, et comment.
J’ai faufilé, ici ou là, sans honte aucune
Dentelles ou galons, sans vouloir me vanter,
Dans le droit-fil de ce qui était Vérité,
Aiguille d’une vie, épingle méritée…

L’humeur fort crantée mais sans nul biais à l’âme,
L’air pincé, au long d’heures froncées ou drapées,
Rime en boutonnière, ma plume fut lame
Authentique, sincère, prompte à échapper
Aux ciseaux censeurs non sans variations
D’où ces rubans, aléa de Création,
Pour lesquels je fais acte de contrition…

lundi 15 avril 2019

HAïKU D’ARROSOIR

Il faudra un jour pouvoir passer de « l’économie verte » à une économie florissante !

LE TARSIER & SON PROTECTEUR

Petite fable affable

Un petit singe aux yeux globuleux
Avait las maille à partir, quoique libre,
Avec Léopard, seigneur crapuleux
Des forêts du terrible Sire Tigre.
Que ce tarsier fût mini, épais
Comme pigne, il n’en avait guère cure :
Se sentir craint et quérir un respect
Immérité car on a la dent dure,
Voilà le grand plaisir qu’il retirait
À le maltraiter, à le torturer.

Si son jouet se perdait en prières,
Implorant merci, il se haussait du col,
Grisé par ce grand pouvoir, clairière
Dans les devoirs dus, et pour pas un sol,
Au monarque du lieu. Cette écorne
Galopait fort à l’encontre pourtant
Du vouloir du Roi, sans nulle borne :
Ah, se sentir seul souverain de temps
En temps !… Il suffisait donc, à l’entendre,
De ne pas, à ce jeu, se faire prendre.

Mais, las, bois bruit toujours de rumeurs,
Et son suzerain apprit, d’aventure,
Ce qui le mit de fort male humeur
Comme on le comprend, qu’en sa dictature
Ce sujet-là, d’ordinaire indolent
Assez, et beaucoup courtisan sans dire,
Jouait sans vergogne aux insolents
Dès que son Maître courait son empire.
Peu discoureur, certes il le tança prou
Mais fit pis à ce petit garou.

Il fallait faire de lui exemple :
Il le souffleta. En public plus est.
Ça condamnait à l’exil, sans plus ample
Parole ni supplique. Accoisé,
Gifle baillé, joue striée, en bonds souples,
Quoique l’honneur navré, Léopard 
Part incontinent et, mieux, découple
Les chiens pour partir encore plus loin.
Face au tigre ce n’est pas là vain soin.

Le singe veut dire sa gratitude
À ce roi toujours si peu avenant.
Qui acquiesça, comme à l’habitude,
Voulut soumission dès maintenant.
Ce petit bout dut se plier en quatre
Pour le servir plus : troubles prévenir,
 Trouver provende, attitude idolâtre,…
Mais il perdit tout autre avenir,
Amis, faim, sommeil,… Santé ensuite.
Puis l’envie de vivre par la suite.

La reconnaissance des puissants
Est lourd fardeau, plus est avilissant…

dimanche 14 avril 2019

HAÏKU LI CHINOIS ?

Quand on met fin à ses jours que fait-on de ses nuits ?

TRAIN DE QUATRAINS SANS ENTRAIN

La terre est dure et le ciel est froid,
Les nues ont fait du brouillard un roi.
Le vent vire de bord et la vague
Vogue vers où je vaque et divague.

Mes hiver furent labours profonds
Mais mes printemps furent sans bourgeon
Et mes étés n’ont pas donné semence
À ces automnes qu’ocres ensemencent.

J’ai pris des routes mal carrossées 
Puis des chemins fort cabossés,
Qui m’ont mené à des turpitudes,
M’ont conduit à la solitude,…

Amarré au passé, corps par l’âge
Défait, je suis près du naufrage
Comme bateau de voiles privé,
Mis à l’ancre et au ciel rivé. 

Gisant là, sur les écueils trop sombres
D’un présent, aux pièges sans nombre,
Je me sais destiné aux bas-fonds
D’un demain froid, obscur et profond…

samedi 13 avril 2019

ÏKU LELETANT

Mon épouse est une femme si entière que j’ai renoncé à l’appeler ma moitié…

LE DOGUE ENRICHI

Petite fable affable
D’après Le Renard et le Dogue de L.-L. Buron

Un certain jour, un dogue, explorant un terrain
Déconnu, dangereux à s’y rompre les reins, 
Ce qui lui sembla un trésor il y découvre :
Un petit coffre empli d’or qu’une dalle recouvre :
« La bonne aubaine !… Déterrons et emportons
L’inattendue cassette. » Loin d’être avorton
Ce labour-là lui paraissait prou accessible
Mais ses pattes ne suffisaient pas. Impossible
D’exhumer la richesse en ce sol endormie.
Le chien avisa un renard qu’il connaissait mie
Mais qui fut attiré céans  par son manège :
Les bergers aiment tant prendre roués au piège ! 
« Ami, dit notre pataud pattu, aide-moi :
 J’ai su flairer une belle occas’ mais l’émoi
Et le branle que je me donne, hélas, ne suffisent
Point à ce que j’en profite. En tout franchise,
Si tu m’aides je t’en donne pour moitié ! »
Le matois, fin et adroit, sait son métier :
« Mais si je te prête mon concours, cher compère,
Toi qui quiers de moi un secours, et l’espère,
Ta gueule tantôt me fera un triste sort
Car je sais la haine des tiens et les ressorts
De leurs actes. Me crois-tu donc suicidaire ?
Comme on dit en ma prudente renardière : 
Demander à qui emploie ruse et fourberie
Ne se fait que pour quelque fraude ou duperie ! »

Le menteur animal s’en fut de ce pas dans un rire.
Déconfit, le toutou pourtant vint à sourire :
« Sot que tu es : pourquoi au premier venu
Te confier, risquer ton bien. Quoiqu’à nu,
Le sol cache encore ses pièces. Abandonne
Un temps, la partie et cours là où on te donne
Ta pâtée. Ton maître, en vrai, n’est guère si loin ;
Il est probité et ce serait payer ses bons soins
Que de partager avec lui, si doux et si juste. » 
Revenu au bercail, il conduisit le fermier
À la dalle qu’il avait trouvée premier.

L’homme en hardes se sachant, aussitôt, si riche
Trouva que partager relevait de la triche :
Il tua son fidèle ami, découvreur de la friche,
Qui comprit, mais trop tard, que jamais, quel qu’il soit,
Il ne faut estimer son prochain d’après soi.

vendredi 12 avril 2019

MONTRE HAÏKU SAIT

Il en est qui se plient en quatre pour couper des cheveux de la même façon, en deux temps trois mouvements !

À LA CLAIRE FONTAINE

À la claire fontaine
M’en voulant retourner
J’ai trouvé l’eau si sale
Que j’m’en suis éloignée

Il y a beau temps qu’on s’y baigne
Et qu’on l’a tout souillée
Il y a longtemps qu’on dédaigne
Son eau bien oubliée

On a coupé son chêne
Et on l’a débité
On a brûlé ses branches
Qu’un rossignol parait

C’était bon temps qu’on s’en plaigne
Les animaux grouillaient
Il y a longtemps qu’en nos règnes
On a tout bousillé

Hante rossignol hante
Ce lieu plus si gai
Où le béton arrive
Que l’bitume a botté

Il y a beau temps qu’ils nous ceignent
Et qu’on est tous mouillés
Il y a longtemps que là geignent
Nos souvenirs rouillés

J’ai perdu toute envie
De ces beaux soirs d’été
Auprès de tout’ ces choses
Que j’avais tant aimées

Il y a beau temps qu’on est teigne
À tout partout souiller
Il y a longtemps qu’on dédaigne
Tout c’qu’on a bousillé

Je voudrais qu’on fît pause
Et revoir le rosier
Que pour ma douce amie
J’avais là-bas planté

C’était bon temps qu’on s’en plaigne
Ceux des beaux soirs d’été 
Il y a longtemps qu’en nos règnes
On l’a bien bousillé

À la claire fontaine
M’en voulant retourner
J’ai trouvé l’eau si sale
Que j’m’en suis éloignée

jeudi 11 avril 2019

HAÏKU’ILO EN TROP ?

Un faible d’esprit peut-il prononcer des mots lourds de sens ?

LE HÉRAUT DU ROI CROCO’

Petite fable affable

Un échassier, se haussait du bec
Qu’il avait déjà plus gros que la tête,
Héron balourd d’esprit, ce pauvre pec’,
Et de corps : le roi crocodile, bête
Taciturne qu’il valait mieux ne pas 
Contrarier le convia, sans geste
Ni cri, non à son repas - indigeste
Est le e clapet de l’oiseau sans appât -
Mais à son service. On n’refuse pas.  

Disgracieux, discourtois, disponible
Ce  bec-en-sabot était donc héraut
D’un monarque au caractère pénible,
Circonspect, toujours sis entre deux eaux
Où trainaient prou ses bajoues de famille.
L’oiseau,  fort pesant, d’esprit et de corps,
Transmettait messages nés du décor
Et de ces êtres qui tant y fourmillent,
Jouait l’huissier sous ces ramilles.

Mais, comme s’il était tout seul sur son Nil,
Quoique serviteur d’un maître terrible,
Il rendait tous plus pleutres que connils :
Ce majordome n’était accessible
Que contre dîme, dont le roi tirait 
Substantiel tribut, et sans vergogne
Car il n’était point couarde cigogne,
De quasi-pleins pourvoir en retirait.
Bref c’était pour tous une vraie carogne !

Grief et pis, revendication
Passait par lui moyennant obole ;
Doléance ou récrimination
Coûtait à moins de quelque diabole
Vue comme insulte au monarque écaillé 
Qui alors, sans piper mot, sa Justice
Exerçait sans cour mais non sans délice.
Sanctions, punitions,… baillées ?
Mort - pour tout, pour tous - était seule en lice !

Ça grondait dans tous les estaminets.
Car sujets et serfs du Seigneur du fleuve
Lassés de cracher à ce bassinet
Contre un : « J’en suis fort aise ! » ou la neuve
Belle expression : « Je vais y rêver ! »
Comme de se mettre un bœuf sur la langue
Et un buffle sous le claquoir, font gangue
À part, commencent à tête relever…
La révolte n’est pas loin. Le trône tangue.

« Pourquoi donc tous ces bruits, mon ami ! »
Demanda à ce boueux personnage
Qui le rebutait, et pas à demi,
Crocodile de retour d’une nage.
L’autre expliqua en se dédouanant.
Le Sire était certes protocolaire
Mais surtout, en tout, prompt à la colère,
Comprenant les demi-mots, les manants
Dont il craignait surtout les rémanents
Coups de gueule, joua des maxillaires.

Une paix sans concorde il y gagna.
Mais la trêve dura prou car son règne,
Tout en roideur et froideur, prouva là
Une équité étonnant jusqu’aux teignes.
Aucun héros ne voulut être héraut
À ce prix-là : un héron prit le poste
Gris de plume non à cause d’excès,
Il y connut un relatif succès :
Même un tyran, par peur d’une riposte,
Se doit de crever grièves abcès…

mercredi 10 avril 2019

HAÏK(n)U’T

J’ai à cœur de discipliner jusqu’à mes mèches rebelles.

SUR LE CHEMIN DES DAMES

Cycle historique

Parmi les pierres et les ombres du souvenir,
Je déambule, le regard vers l’avenir,
Sur le chemin des Dames.
Sans mal, je m’imagine quelle fut la vie
Là où s’jouait un drame
Quand, loin de tout espoir, privé de toute envie,
Mourir est au programme.
J’entends pleurer des âmes…

Quel odieux péché fallait-il donc punir
Pour qu’à l’aller, terrible, comme au revenir
L’horreur côtoie l’infâme,
Sur le chemin des Dames ?

Entre balles et lames,
On trébuche ou pis, on tombe, sans préavis,
Le corps en amalgame…
Âme asservie, on est du Diable nervi.
Pas d’blâme pour qui brame :
La vie n’vaut pas cent grammes !
Parmi les pierres et les ombres du souvenir,
Je déambule, le regard vers l’avenir…

mardi 9 avril 2019

HAÏKU POURRI

Qui ne l’affirme pas la ferme aussitôt !

LE POÈTE QUI SE LA PÈTE

Petite fable affable

Se déchirent les noirs qui vêtent la nuit…
Jà, deux ailes crissent, pour tromper l’ennui.
Sous l’ombrelle esquissée d’une délicate ombelle,
Un humble grillon troubadour chante les belles
Des champs, leur douceur et leurs aimables appâts
Qui sauront faire quelques papas, pas à pas.

Jusqu’à l’heure où les muses, dans l’ombre, musardent
Voix trémulante et air inspiré, il se hasarde
À mettre en vers les joies des joutes des amants, 
Et en musique le feu des jeux le plus charmants,
Pas toujours finaud, ce grimaud dit les délices
Intimes qui rendent tout un chacun délice.

Mais ce quinaud, dans ses cothurnes, a un caillou :
Une épouse à laquelle cet ancien voyou,
S’est, certes, accoutumé mais qu’hélas, sans vergogne,
Il trompe ; et il moque la fidélité qui rogne
L’envol des mâles et ceux qui, comme les pigeons,
S’y livrent, vils, faibles ou chattemites clergeons.

Ce chantre aussi fustige l’épouse volage,
Le voleur de pucelage, les mères avant l’âge,
Les courtauds et les proprets aimant cet amour
« Contre nature » comme il dit car, de toujours,
Chez les siens on décroit qu’on puisse un jour
Aimer son ou sa pareil(le), car c’est périlleux
Et navrant travers qui rend Dieu vétilleux.

C’est ainsi, l’imbécile jà sans pitié
Pour les vertus qu’il n’aura jamais, fort déroutantes
Pratiques, est sans charité ni amitié
Pour les prétendus vices qui point ne le tentent…