Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

samedi 28 janvier 2023

vendredi 27 janvier 2023

HAÏKU SUR LES DOIGTS

De nos jours « faire le tour de la question » est moins dangereux que de réaliser celui du pâté de maisons !

CES PEUS QUI FONT TOUT

Lorsque la nuit s’ennuie
Et que le vent de mes voeux gonfle
L’étendard de ma plume, ronflent
Vents et bruissent pluies,
M’offrant quelques mots pleins de grâces
Qui, ma foi, jamais ne me lassent.

Pour moi, ce peu qui est tout,
Venu de je ne sais où,
Me fait poser des mots doux
Et des mots roux bout-à-bout…

Ces petits riens qui se posent
Sur quelques traits incertains,
Donnent à mon âme son tain
Et, à mon esprit las, s’imposent
Prenant en un vil larcin
Au temps plus que son butin.

Comme mousse et pieds de lierre,
Tous ces peus, pour moi, sont tout,
Venus de je ne sais où,
Recouvrant mes murs de pierres…

Prunelle de mes cieux,
 Je les couche comme ils viennent,
Quoiqu’au jour levant il advienne,
En ramage audacieux,
Tous ces petits riens divaguent,
Écume fatiguée des vagues.

Pour moi, ce peu qui est tout,
Venu de je ne sais où,
Me fait poser des mots doux
Et des mots roux bout-à-bout…

Ces sels affleurent là où s’ouvre
La terre et là où l’air court
Le ciel sans retour.
Ces sons chantants qu’ainsi je trouve
Sont mes trésors, mes atouts,
M’incitant au lâcher-tout…

Comme mousse et pieds de lierre,
Tous ces peus, pour moi, sont tout,
Venus de je ne sais où,
Recouvrant mes murs de pierres…

jeudi 26 janvier 2023

HAÏKU SENS

Je n’entends plus rien à ce que l’on voit sur le petit écran… et, donc, j'ai du mal à le sentir de quoi qu’il parle !

mercredi 25 janvier 2023

HAÏKU LISSE

Une « basse besogne » peut-elle constituer un « haut-fait » ?

LE DÉPIT DE L’ERMITE

Petite fable affable d’après 
Du jardinier & de l’ours d’Ésope

Un ermite sur sa montagne aimait à jardiner 
Pour s’occuper et, plus, assurer son dîner.
Mais dans son désert, la solitude lui pèse
Quoique ce soit paradis pour penser à l’aise,
Jusqu’a ce soir où son ouïe est attirée
Par des geignements, des sanglots à vous tirer
De grosses larmes. Un jeune ourson  pleure sa mère
Tombée au ravin. Pertes et douleurs amères !

Il prit l’animal et l’éleva comme on le ferait
D’un chien si bien qu’amitié naquit, en vrai,
Entre eux : le jardin donnait assez de provende
Pour deux ventres, même celui sous houppelande
Brune qui forcissait beaucoup le temps passant.
En échange, elle apportait au vieux sa pesante
Chaleur la nuit et l’hiver ; l’été la pensante
Tête avait dressé son compagnon s’engraissant,
À chasser les mouches nombreuses et importunes.
L’ourson était adroit, pour sa bonne fortune.

Or, cet après-midi là, l’été harassant
Poussait à la sieste, la bête paressant
Non loin. Et donc, l’ermite à dormir s’abandonne.
Aussitôt, le gros velu accouru se donne
Un mal fou à traquer, comme à l’accoutumée
Le mouches venant son ami importuner.

L’une, hélas impertinente autant que retorse,
Veut déranger l’homme se reposant sur son torse
Ou voletant là si on la chassait d’ici ;
S’arrêtant sur son front et vrombissant ici
Quand on l’écartait de là. Elle allait fière,
Narguant ces griffes pataudes qui ne brassaient
Que l’air qu’elle pompait. Lassée, une pierre
Fut saisie par la patte et s’abattit, assez
Durement sur le nez du dormeur que taquine,
Cette fois, le diptère. Il en mourut. Mesquine,
Notre enquiquineuse qui fait en se marrant :
« Mieux vaut sage ennemi qu’ami ignorant ! »

lundi 23 janvier 2023

HAÏKU CASSE-TÊTE

Peut-on faire de son valet de pied un homme de main ?

SCÈNE

Sous des nues à la peine,
Entre deux chênes,
Ou peut-être deux frênes,
S'étend la plaine
Sans bête à lait, à laine.
S’y fait un domaine
Quelque vilaine
Rosse mise là, à la chaîne ;
Mauvaise graine
Que l’on promène.

Paissant à perdre haleine,
La voilà reine
Pour la semaine,
Hautaine comme humaine.

Pourtant ce phénomène,
Vraie châtelaine,
La panse plus que pleine
De marjolaine
Et d’herbe fort amène,
N’est las que haine
Pour sa prochaine.
C’est pour ça qu’on la mène
Et laisse en chaîne.
C’est ça sa veine,
L’hermine de sa traîne…

dimanche 22 janvier 2023

samedi 21 janvier 2023

HAÏKU Y ZINE & DES PENDANCES

Fantassin : Soda sans sucre.

VOLÉE DANS LES PLUMES

Petite fable affable d’après 
D’un faucon & d’une poule d’Ésope

« Vous êtes ingrates ! dit le Faucon aux poules.

- Nous ? répondit la plus excitée de la couvée.
Nous lui donnons œuf du jour et poussins en foule
Sans compter mie. Quel mal à ça peux-tu trouver ?

- Moi, le « sauvage », par lui je me laisse prendre.
Je chasse pour lui, gagnant d’une moitié
De mes prises ma pitance.  J’aime ainsi rendre
Hommage à sa tant caressante amitié,
À sa main qui donne à manger, m’apprivoise.

- Nous voyons que pour cet égoïste tu pavoises !

- Quoi ?… Je vois l’Homme vous chercher, dès le lever
Du jour, de quoi vous engraisser pour vous prouver
Son amour de vous Puis, la nuit, il vous prépare
Un lieu douillet pour dormir, sécurisé
Assez pour que votre bon repos de risée
Du genre aviaire ne soit pas, par les rares
Méchants qui oseraient s’opposer à l’humain,
Trop dérangé jusqu’aux lueurs du lendemain.
Pourtant lorsque le bipède de vous s’approche
Vous fuyez vite en vous tenant le haut des chausses !

- C’est que tu n’as jamais vu un de tes frères en broche :
Nos sœurs et mères ont fini à toutes leurs sauces ! »

jeudi 19 janvier 2023

HAÏKU Y

Aviateur : le zèle des ailes.

OSMOSE MOROSE

À notre tatie

Un linceul est tombé du ciel sur notre deuil.
Il a givré nos cœurs. Il a gelé nos larmes.
Là creux, ici bombé, il fige notre drame
Pourtant tout en noirceur par la prés, par les breuils,…

Voile blanc et léger habillant un cercueil,
Un linceul s’est posé, à l’ombre des vacarmes
D’un présent déposé par des heures sans charme
Désormais piégées, vêtant de pleurs leur seuil.

Pesant de silences, de mots qu’on n’articule,
Doucement lentement, il étouffe, nous accule,
Pour dire à sa façon : tu es de nos toujours.

Et lourd de souffrances, en trous ou en monticules,
Lentement, doucement, étoffe un crépuscule
Pour dire sans façon la force de notre amour…

mardi 17 janvier 2023

HAÏKU TRANSITIF

Le maître de maison ordonne au valet qui commande au chat… qui impose au maître de maison !

DES GENS INDIGENTS

Petite fable affable d’après 
Du père de famille reprochant à son chien d’avoir pris ses poules d’Ésope

Au temps jadis, dans une fort pauvre famille
On n'avait qu’une poule errant sous la charmille,
Rentrée et forclose le soir venu, choyée
Pour ce bel œuf quotidien qu’elle donnait.
La gardait le chien étique de la chaumine
Tout le jour, quoi qu’elle fasse, où qu’elle chemine.

Un matin la poule avait disparu. Malheur !
Emportée par quelque renardier prédateur
Que le cabot ne sut éventer durant son somme
Nocturne au sol dur de la niche des hommes.
L’incompétent gardien fut accablé
De coups. Il eut beau arguer, ce sans se troubler,
Que le fermier n’avait pas bien fermé la porte 
Du petit poulailler la veille, de sorte
Que le roué avait pu y pénétrer, dame,
On le frappa tant et plus qu’hélas il mourut
Sans que personne chez ces bonnes gens ne put
Entendre sa remarque. Il dit en rendant l’âme :

« Si tu veux, chez toi, des serviteurs diligents
Evite, Maître, de te monter négligent ! »

dimanche 15 janvier 2023

HAÏKU Y ZAN

Parachutiste : Conteste à terre.

LONG TEMPS ?

Ça fait longtemps
Qu’on us’ le temps
Qu’on y puise
De quoi s’aimer
Même dans l’ombre
La moins exquise 
De mai à mai
Hors les encombres
Qu'on y puise
Impénitents
À jeûn ou ivres
Des raisons d’vivre
Malgré l’Autan

Ça fait longtemps
Qu’on us’ le temps
Qu’on l’épuise
À tant s’aimer
Fors la pénombre
Les heures grises
De mai à mai
Dans les jours sombres
Qu'on y puise
Même au mitan
Des nuits de givre
L’envie de vivre
En même temps

Ça fait longtemps
Qu’on us’ le temps

vendredi 13 janvier 2023

HAÏKU DE LA CENSEUR

Plus vous êtes face à un être bas, plus vous vous sentez haut !

AUX COEURS AVIDES L’ESPRIT SE VIDE

Petite fable affable d’après 
De l’homme qui avait caché son trésor en confidence de son compère d’Ésope

Un homme fort riche voulut sur le conseil
D’un ami préserver son capital, en ladre :
« Enterre-le donc ! face aux pluies comme au soleil
De la vie… et en forêt, il n’est meilleur ! »
À peine le trésor caché le bon compère
Riche d’avis, mais sans vergogne, le déterre.

Or notre rupin voulant, matin, visiter
Sa cassette ne trouva qu’ornière en friche.
Il soupçonna vite, n’étant d’esprit point chiche,
L’auteur du larcin mais n’alla pas l’ébruiter.
Un jour, retrouvant son comparse, tout en liesse,
Il lui annonce qu’il venait de faire, c’est fou,
Un héritage qu’il allait joindre, en son trou,
À la manne par lui bien fossoyée naguère.

L’autre sentant qu’il pouvait, c’est de bonne guerre,
Au bas mot doubler sa mise sans plus de mal,
Remet lors ce qu’il en avait tiré en terre.
Las pour lui, le cul cousu d’or, cet animal,
Ne se trouvait manchot pas plus que grabataire ;
Il retrouva et recouvra ainsi son bien
En lâchant au cupide, marri comme un chien
À qui on retire l’os marquant le dimanche :
« On tombe, Ami, toujours du côté que l’on penche ! »

mercredi 11 janvier 2023

HAÏKU Y SOT

Marin : Mousse qui se fait mousser.

LES SENTINELLES DES CIMES

D’après une photo et un titre de Marc-Yvan C. (Janvier 2022)

Magnifique cohorte que cet escadron
De hauts sapins, que l’hiver blanchit jusqu’au tronc,
Luttant au vent en impénétrable muraille.

Ses pieds plantés dans la pierraille,
Cette légion-là, en rangs serrés, bruit,
Dodeline du chef en ordre, aujourd’hui.

Sortie des ombres, cette armée va et vacille
Mais sans sombrer, par le jour qui naît. Acculée,
Cette phalange aux capuches immaculées 
A déjà résisté à la lune en faucille.

Elle combat, désormais, les roses qui brillent
D’une aurore qui voudrait tant la bousculer
Et ne peut, parfois, sans qu’on la voie basculer,
Que la voir danser sans craindre ses banderilles…



mardi 10 janvier 2023

HAÏKU FATAL

Mon épouse veut que pour son enterrement on joue « le concerto pour clarinette n°2 » de W. A. Mozart sinon… elle menace de ne pas venir !

lundi 9 janvier 2023

HAÏKU INÉVITABLE

À quoi bon « souffrir mille morts » puisqu’on a qu’une seule vie !

LE JEU EN VALAIT-IL LA CHANDELLE ?

Petite fable affable d’après 
De la cire qui voulait devenir dure d’Ésope

Le cire gémissait à qui voulait l’entendre
D’être trop molle et plastique, bref de céder 
Sous tous les doigts comme le beurre le plus tendre.
« Il faut que ça change !… » disait-elle excédée.

Voyant qu’une brique faite dans cette argile 
Bien plus flasque et pâteuse, bref amollie
Qu’elle, à la chaleur du feu, n’est plus chose fragile
Mais se fait si dure et si polie, c’est folie,
Que même le temps n’a pas de prise sur elle,
Elle se jeta dans la flamme la plus cruelle.

Hélas, la cire fondit au feu et se consuma
Jusqu’à n’être même pas cendres en amas,
Oubliant que réponses que trouvent les uns
Ne sauraient convenir aux problèmes de chacun…

samedi 7 janvier 2023

HAÏKU DEVANT

Égaré dans  la salle des pas perdus, je n’ai retrouvé le sens de la marche !

À UNE JEUNESSE BÉOTIENNE

À la mémoire de mon père… et de ceux qui sont partis
et n’ont pas eu la chance, comme lui, d’en revenir

Cette terre, là-bas, ce n’était pas la tienne
Au soleil du Djebel, au désert des Aurès,
Aux vents plus tranchants qu’une lame d’obsidienne
Qui hantaient vos nuits au-delà dans les persiennes,
Mais ce temps-là n’avait pas produit de Jaurès,
Alors tu songeais seulement : « Il faut que je tienne ! »

Je sais pour beaucoup c‘est parler d’histoire ancienne,
Passé qui chagrine la raison cartésienne,
Quand notre pays, les Droits de l’Homme a trahi.
Pourquoi ressasser cette intolérable antienne ?
Les exactions des spahis et les corps meurtris ?
Il faut à notre image choses qui conviennent,
La mémoire ébahie, de mensonges envahie,
Et de silences qui bien mieux se retiennent
Que rancœurs vieillies et rancunes en fouillis.
Oui, au diable, nos errances sahariennes
Dont l’Histoire officielle reste gardienne !

Cette guerre, là-bas, ce n’était pas la tienne
Lorsque la Seine, ici, toute rouge de sang,
Quand, toi, tu murmurais : « Il faut que j’en revienne ! »
Dans l’âcre noire de tes terreurs quotidiennes,
Vomissait, dans la fureur, des corps innocents,
Que veulent-ils qu’aujourd’hui j’en dise et retienne ?

jeudi 5 janvier 2023

HAÏKU SANS SITIF

Les sens ?!… Avec ce qu’il m’en coûte quand j’en use, je les économise !

L’IMPRUDENTE GAGEURE

Petite fable affable d’après 
Du grammairien qui enseignait à un âne d’Ésope

Un précepteur se glorifiait d’exceller
Dans l’art d’édifier la petite enfance,
Au point de pouvoir, disait-il en audience,
Éduquer un âne à écrire et lire. « Fêlé
Est l’homme qui prétend ça ! » clama le monarque
À qui on rapporta la téméraire remarque.

Il fit venir ce professeur si prétentieux
Et, après avoir tancé, sentencieux,
L’impertinent qui refusait de se dédire,
Fit : « Combien pour ce prodige, manant ?!

- Ce sera dix ans à cinquante ducats l’an !

- C’est long mais vaut son pesant d’or, il va sans dire !
Tenu, impudent vantard… rendez-vous est pris ! »

Les amis de l’homme voulurent le convaincre
De renoncer à cette chimère, pari
Impossible à tenir pour le moins : autant vaincre
Un dragon ! « Pour le prix, le roi, sûr, te tuera ! »

Mais notre professeur d’un mot les rassura :
« Il peut s’en passer en dix ans en ce bas monde :
L’âne peut mourir… ou le souverain… ou moi.
Sinon l’oubli fera son œuvre. Point d’émoi :
Le temps est le meilleur allié, qu’à la ronde
On ait, dans tout ce qu’on entreprend sciemment
Pourvu, certes, qu’on en use intelligemment  ! »

mercredi 4 janvier 2023

HAÏKU IRE

Tous ceux qui tournent autour du pot me font craindre de voir dessécher la mienne avant que de ne voir ce qu’ils voulaient me faire savoir.