Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

vendredi 29 septembre 2023

HAÏKU’R D'ÉCRIT

Tout bon livre peut contenir un mauvais chapitre.

L’ÂNE & LE PAON

Petite fable affable

Sans rien en retrancher, ni rien y ajouter,
Voilà une histoire d’antan que je ravive :

Pas relevé, un âne allait, l’allure vive.
Portant au dos son maître, un vieux paon déjeté,
Qui, tout de blanc botté, cuidait mie crotter
Ses mousquetaires avec la fange où on trottait.

Pas relevé, notre âne allait, l’allure vive,
Éclaboussant de boue, une cuissarde. Un peu.
C’était trop pour l’oiseau qui l’air rogue et pompeux
Voulut cette offense châtier : « Âne adipeux,
Qu’as-tu fait là, peste ?!… Qu’était la directive ?
Il est heureux que je ne sois point chatouilleux :
Foin de paillasse puceuse ou grabat pouilleux
Ce soir. Ainsi punit-on les vils chafouilleux ! »

À ces mots, le baudet outré, plus vif que vive,
Bascule le paon qui ébaubi en resta
Interdit et muet, là, comme en galetas
Dans la bourbe honnie et en triste état,
Lui qui aimait tant à rester sur le qui-vive !

Puis à l’être en gadoue pour toute répartie
L’âne montra alors, sans fard, oui, sa partie 
La plus charnue - séant malséant - et fit pis.
Pas relevé, l’âne repart, l’allure vive
Lançant : « Si le maître, hélas, ne nous donne rien
Qu’au moins, au grand jamais, il ne nous ôte rien
Car il saura, sinon, ce qu’est un vrai vaurien ! »

mercredi 27 septembre 2023

UN P’TIT HAÏKU RAPIDE

On n’établit pas sa ligne de conduite sur un trait d’esprit.

SOUS LES REGARDS DU CIEL

La nuit noire jette un œil sur mon sommeil
Celui d’une lune de vermeil et de nacre
Qui annonce de mille étoiles le sacre.
Cet œil cyclopéen toujours en éveil,
Cet œil marmoréen fait fleurir des rêves
Et mûrir des songes qui, sans fin, relèvent
Ma vie et révèlent, à l’envi, mes envies 
À la ronde  éternelle des heures asservies.
Ici, se nourrissent dans l’infini profond 
Mes sommes qui gravent dans la glaise 
D’une mémoire, qui gomme beaucoup dans le fond,
Quelques esquisses de vers dont je suis bien aise
Et des estompes de rimes et tant d’autres fadaises…

Le jour éclatant jette un oeil cerné de bleu
Sur mes écrits vains ou vils que le temps émonde.
C’est celui du soleil qui nous fait naître au monde,
Tout à la fois astre frileux et dieu bigleux.
Il naquit, naguère, sous une bonne étoile,
Là bas, au pays où le vent gonfle ses voiles
Pour mettre enfin à l’éveil mes jours aux aguets,
Sa crinière d’ombres faisant toujours le guet.
Mais pris dans les cheveux d’une autre aube corail
Il laisse écumer là une brume pudique
Pour voiler tous mes maux de mots dans le vitrail
Coloré d’ocre et d’orange qui rend si modique
L’infini sans fond dans sa réalité verdique…

lundi 25 septembre 2023

UN HAÏKU SUR DEUX

Il paraît que tout ce que nous faisons est basé sur la réciprocité :
si on embrasse c’est qu'on a envie d’être embrassé. 
Je crains que cela ne soit, hélas, un peu erroné : 
quand je cogne, je ne le fais pas pour recevoir des coups !

TRISTE SIRE

Petite fable affable d’après un proverbe indien

Soucis insolubles, ennuis, problèmes pesants,
Tourments et tracas tout le jour et tous les ans
Noire bile au ventre et fiel aux lèvres, ce tigre
Ne vivait hélas que des contrariétés. Bigre,
Rien, ici bas, ne lui était satisfaisant !

Aussi sa vie lui était un bât, un supplice,
Traînant comme un fardeau sa male humeur,
Allant comme un martyr résigné entre en lice.
La pluie comme le soleil à cet affameur
Étaient douleurs mitant son âme et sa pelisse.

Il vit un vautour, boulet des cieux de là-bas,
Posé sur une branche basse et, las, pas morose
Pour deux roupies depuis qu’un beau jour, chapeau bas,
Un macaque rieur, singe perclus d’arthrose,
Et plus laid qu’un cul, lui dit ces quelque mots tout bas :
« Ne te morfonds pas comme le font les enfants :
Si le gris te lasse, déplace l’éléphant ! »

samedi 23 septembre 2023

HAÏKU RÉVOLTÉ

Les vraies révolutions commencent avec des femmes encolérées
Et tournent court dès que les hommes prennent leur relais.

LA MAUVAIS HERBE

Graine d’ortie mêlée à vos saines semailles,
Je ne lève que pour urtiquer, vraie limaille,
Et ne pousse que pour dépareiller vos champs,
Cri sauvage parmi les domestiques chants.
J’ai germé, plant rugueux parmi les lisses,
Rustique, récuse tout ce qui vous police,
Vous fait, au plus tôt, bon blé en herbe, en rangées,
Et non folle avoine prête à tout déranger.

Je suis un rêve qui, sur notre sommeil, veille.
Obéissant sans me soumettre. C’est merveille,
Et, fou faisant du foin, ma foi pas à demi,
Je reste vert parmi vos ors prou endormis
Qui, d’abord, en javelles et meules, puis bottes et balles
Finiront litières. Belle pierre tombale !

Ah, certes, comme vous, je serai, las, fauché.
Mais d’ici là j’aurai pu, moi, m’empanacher
D’avoir dodeliné, à mon gré, sans chimère,
À vents choisis, sous pluies fleuries, jusqu’à frimaire.

Mais je ne me serai de vous mie écarté,
Car c’était vous aimer, oui, que de vous heurter.

jeudi 21 septembre 2023

SOUFFLÉ COMM'HAÏKU

Qui aspire soupire mais qui veut empire transpire !

LES TRAITS DE LA NOUVEAUTÉ

Petite fable affable

« À bonne adresse, il n’y a péril en la demeure ! »
Arguait haut une punaise arlequin en livrée.
Suisse d’un buisson qui cheminait à toute heure.
Entre peines et pleurs, il était un dur. Un vrai
Et un tatoué.

Cette crapule était un estafier sans scrupule
Qui chassait du lieu tous les bousiers solliciteurs,
Traquait les hannetons et les bêtes à mandibules,
Mauvais payeurs mais payeurs au final,… Serviteur
Mais non sans hauteur ! 

Ce querelleux en imposait même au capricorne,
Au crache-sang ou au lucane,… et il se pensait
Bon gendarme en étant moins qu’une blatte morne !
Il n’avait jamais changé. Pour lui, dans le passé
Mal mie ne passait !

Ce querelleux larbin, terreur des petites biches,
Et des cétoines et des carabes,… à bien écouter
Ses fanfaronnades était le seul guerrier de la friche,
Le dernier rempart d’un taillis souvent écourté,
Jamais dépeuplé.

Malgré ses rodomontades, survint une peste :
Coccinelles et frelons venus de loin tout le lieu
Envahirent, le pillèrent et le vidèrent au reste
Sans que ce valet ne pût y faire rien. Au mieux.
Je ne suis pas Dieu !

Qui l’eût cru ?!… Lors, on lui claqua au nez cette porte 
Où la mort avait frappé, car face au faits nouveaux,
Aux dangers inédits tous les vieux remèdes, en sorte,
Sont souvent la panacée de gens sans cerveau
Espérant bravos !

Gardons-nous de ces gens devenus, en nos luzernes,
 Des Anciens sans jamais avoir été des Modernes !

mercredi 20 septembre 2023

mardi 19 septembre 2023

HAÏKU RURAL

Pie à la ferme, ta porte ferme !

RÉVEIL RURAL

D’après une photo de M.-Y. Custeau, 11 juillet 2023

Ils ont barbelé le fil de vos pensées
Et puis posé un lourd verrou à vos rêves.
Sous des cieux déshabités mais encensés,
Ils ont mis des ellipses au Temps, qui en crève,
Et des éclipses à vos soleils faïencés.
Et moi, je vais. Sous les nues froissées d’une aube
À peine éveillée. Je trace mon chemin,
Là où la nuit avait dégrafé sa robe
Me laissant, lors, voir une lune carmin,
À la chaste lueur et aux rondeurs probes.

Si l’horizon fait silence sur des lointains
Ensommeillés, jà, une brise se grise
Veut dérouiller les gonds du petit matin.
Un chapelet de chants me vient. Sans méprise,
Il s’échappe d’une chapelle au chœur éteint.
Dans ces heures vagues d’aurore, je plonge
Et vaque, humant l’humeur du jour nouveau.
Au sceau du ciel je lis les nues, qui prolongent
Mes songes en mirages quand, dans vos caveaux,
Sonne l’heure de  vous mettre brides et longes.



lundi 18 septembre 2023

dimanche 17 septembre 2023

HAÏKU AU CŒUR

Tout moral d’acier a été trempé à de larmoyantes tristesses.

LES SIFFLANTS CONSPIRATEURS

Petite fable affable

Voilà un conte fleurant peu les on-dits.

À l’heure où l’été prenait ses quartiers d’hiver
Après avoir dansé avec les blés blondis,
Deux serpents se retrouvent. Nus comme des vers,
Leur humeur plus vagabonde que la faim
Fait que c’est là commencement et non fin.

L’un de ces reptiles est une vielle barbe 
Qui avait beaucoup rampé pour réussir.
L’autre, un quelconque blanc bec, né en joubarbes,
S’allonge volontiers pour mieux épaissir
La ligne de son grand destin à venir :
Avec sa gueule de boa, il se rêve
Roi des ophidiens, venin autant que sève.

Le premier, sans langue de bois, avoua
Que régner il l’avait fait, lui, naguère ;
Mais qui a déçu est déchu. C’est la loi.
L’avait détrôné, non sans quelque vaine guerre,
Un familier du roi, quelque étron flagorneur,
Qui sut à dessein se faire suborneur :
« Vois-tu, moi je sais la Cour et ses arcanes,
Les coteries, les factieux, l’art du complot
Et la démagogie pour flatter les ânes.
Je peux t’aider à renverser le ballot
Qui m’a pris ma place, une fin de race
Dont il faudrait bien que l’on se débarrasse ! »

Accord fut passé. Et on y donne corps
Et le nouveau roi monte, un jour, sur le trône
Usant là de poison, ailleurs de miel.
À peine monarque, la prison il prône 
Pour l’autre qui en crache bile et fiel
À la face de sa majesté goguenarde
Qui lui lance, alors que le saisit la garde :
« Souffle fort qui voit qu’on s’est servi de lui
Oubliant comme il s’était servi d’autrui ! »

vendredi 15 septembre 2023

HAÏKU DE M. PROPRE

Passer un savon, même vertement, ne suffit pas pour laver un affront.

NOUVELLE SAISON

« L’automne est le printemps de l’hiver .»
H. de Toulouse-Lautrec

Aujourd’hui, l’automne débute un tout nouveau chapitre
De la ronde des saisons qui ne s’est mie lassée
De nous regarder vivre à travers l’eau de ces vitres
Qui s’embueront désormais aux vents de ciels froissés.

Bogues en poche et méque au nez, l’enfant est au pupitre.
La porte à peine franchie, regrettant son châlit,
Il fendra fou, l’air fraîchi sous un azur pali.

Aujourd’hui, l’année écrit son plus beau chapitre,
Sur ses feuilles mordorées. Elle viendra chanter
Le temps soudain apaisé aux jours propres aux épîtres,
Aux flambées revenues des foyers réenchantés,…

Là, un grillon oublié crissera des élytres
Quand, dehors, à nouveau, s’écriront des mots blanchis
Gravés à l’encre de pluie, par la boue enrichie.

mercredi 13 septembre 2023

HAÏKU’PAIN D’ABORD !

Sachez trier vos amis pour ne pas vous voir étrillé, vous.

LA PROPHÉTIE DU LYNX

Petite fable affable

N’ayant plus goût aux bêtes à bois ni au saumon,
En rien placide, un grizzly, vrai démon des monts,
Suivit rus et torrents pour visiter le monde.
Lors, la patte il mit sur les terres aux alentours
De hauteurs devenues, à son avis, immondes.
Rudoyant tout. Tous tyrannisant. Sans détour.

Plaine et vallées furent vite pleines de plaintes,
De gémir, de pleurs et, à tout heure, de craintes.
« Il est court le chemin du regret au rejet
Et plus bref encore de la peur à la haine ! »
Philosophait un lynx, dernier de ses sujets
Et cadet des soucis ursidés, face à ces peines.

« Que celui qui n’est pas content tourne son cul 
Au vent sinon, jà cocu il sera vaincu !
Tonnait notre gros ours fort de son arbitraire
À qui lui répéta ce mot si offensant.
Tous sont à tuer et tout le reste est à traire ! »
Le caracal le sut, se fit plus mal-pensant :

« Ne traitons pas en chiens le pavé ni la glèbe :
Si contente de rien, foule faible, la plèbe
Se résigne à être, hélas, traitée comme plâtre ;
Mécontente de tout, elle sera prête à combattre ! »


lundi 11 septembre 2023

HAÏKU DE MAUX

Avec certains, si tu ne plies pas tu es prié de te casser…

LES DERNIERS MOTS DU GITAN

Sur des mots de Loupzen, fils du Vent et de la Terre

Oui c’est ça : adieu la Vie !… Je te quitte.
Tu m’en as fait tant voir. Nous sommes quittes.
Tu m’as fait marcher, je peux l’avouer
- C’est pas facile de m’amadouer ! -
Mais c’est enfin le terme du voyage
Celui où on dépose enfin ses bagages
Et je n’en suis, las, pas plus avancé.
Seul. Planté. À quatre murs fiancé.

À l’heure où, au loin, les feuilles s’envolent
Me laissant cloué devant ma console,
Je me souviens des horizons croisés
Sur ma route et de ces ciels azurés
Où ont couru mes espoirs et mes rêves :
J’y ai puisé tant mes envies que ma sève.
Mes souvenirs s’effacent. Mon corps se re plie.
Et tous les vents qui m’ont poussé m’oublient.

Finies sentes et route du hasard,
Sillonnées de bonheurs ou de bazar,
Là, aux antipodes de vos servitudes
Vos inquiétudes, vos certitudes,…
Oui, la prochaine fois que je partirai
Sera la dernière. L’ultime arrêt.
Partir c’est la chose que je sais faire 
Le mieux. N’en faites pas toute une affaire.

Moi, je suis toujours allé voir ailleurs
Chercher du mieux, en quête du meilleur.
Le prix de la liberté. De la mienne
En tout cas. De celle des races anciennes
Qui se sont frayé leur propre chemin
Malgré tout, malgré vous, vers leur demain
Faisant du crépuscule une kermesse
Car l’aube leur offrirait ses promesses.

samedi 9 septembre 2023

HAÏKU DE GRIFFE

La bourgeoisie a donné à l’écrit ses lettres de noblesse.

LA FORCE DE LA FARCE

Petite fable affable

Ce chimpanzé avait, du tout au tout, changé.
Lui qui, las, ne savait que rire et déranger,
Parlait de "contrition" à qui voulait l’entendre.
Les bêtes qui voulaient croire et mieux, bien comprendre
Cette flagellation d’ego mise en sautoir
Et cette conversion placée en présentoir,
Ont lors quis, un beau jour, de leur bon roi la grâce
D’un simien, encore hier, tout tours et grimaces.

De nouveau bien en Cour, notre bouffon, sérieux
Comme un pape, faisait las jaser les curieux :
Pas de bon mot cruel. Pas de mauvaise blague.
Le vil sagouin dans les eaux du sale ne drague
Plus ; le fagotin ne sème rien de méchant
Aux sillons des on-dits, son plus mauvais penchants.
Ainsi le turlupin y gagna des louanges,
Quoiqu’il n’eût point, hélas, le visage d’un ange.

Or, on lui présenta la reine. Une beauté.
 « Madame a plus mauvais goût que sa Majesté ! »
Glisse alors en gloussant comme un fou le grotesque.
Le roi dit au pitre au rire babouinesque,
Envoyant la police emballer ce ballot :
« Chassez le naturel, il revient au galop ! »

jeudi 7 septembre 2023

HAÏKU’R DU SOIR

Être prof’ ne fait plus « classe » !

INTRODUCTION

Lecteur, sois donc indulgent à mon ouvrage,
Il ne mérite ni haine ni outrage,
Réserve la sévérité, le rejet,…
À de bien plus méritoires objets.

Le mien comptera peu : sans conséquence
Il ne devrait susciter qu’indifférence
Car édité sans nulle vanité,
À peine lu, si jamais il est goûté,
Au moindre ennui, on le mettra de côté…
Et il l’aura sans doute, hélas, mérité
Quelque amour, sur ma foi, j’ai mis à le faire,
Quelque effort ai-je produit en l’affaire !

Il ne témoigne que de ces fols instants
Que j’ai volés à ma vie et à mon temps,
Croyant fuir les rigueurs de mon hiver
Que j’ai fleuri à composer d’humbles vers…

mardi 5 septembre 2023

UN PETIT ARRIÈRE HAÏKU D’ENFANCE

Vive le cathé’ des Cathos
Où tout bien gâtés de gâteaux,
 De pâtés qui rendent patauds
On vient nous bâter de bateaux,
Et, ratés, prendre des râteaux !

ÇA VOLE HAUT UNE GRUE

Petite fable affable

Deux grues du Canada, ce jour-là,
L’une mère avec son bon gruau sur le dos,
L’autre fille, se disputaient comme bedeaux.
Je n’osais y mettre le holà.

Quand la jeunette semblait prendre le dessus,
L’enfant dit à sa porteuse : « Va,
Renonce face à cette diva !
                                                                Abandonne… 

                                                                                        - Jamais !… Elle serait déçue.
Répliqua celle-ci, le front bas.
Ma fille, tant que le succès n’est pas final
L’échec n'est pas fatal : même, il est marginal ! »

Comme un dernier atout qu’on abat
Elle convie l’atrabilaire à concourir :
« Il nous faudra sans mie voler, juste courir,
Aller à l’érable du cœur du bois.
La mise est l’honneur, fort aux abois
Avec tous ces noms d’oiseaux qu’au bec l’on s’envoie…
Il n’en faut pas plus à des causeurs ! »

L’enfant glisse alors, fin diviseur :
« Tu n’as plus l’âge, Mère, d’aller par ces voies !
Elle est plus jeune et, par mon poids,
Je te suis un handicap et non des moins lourds :
J'ai peur de choir - je suis encor' faible et balourd -
Ou de mettre à ton pas de l’empois !

- Aucun de mes gruaux n’a fini en bouillie,
Mon enfant. Laissons-là donc filer :
Si les jeunes vont vite, grisés ;
Les Anciens, eux, connaissent chemin et taillis ! »

lundi 4 septembre 2023

dimanche 3 septembre 2023

HAÏKU ROUX

Qu’est ce temps où il faut être médiocre pour être populaire ?

MA ROUTE SANS DOUTE

Sous nos latitudes stériles
Et en nos temps obscurs,
Moi, je  chemine un brin fébrile
Le pied au pas peu sûr,
Las, de l’aurore au crépuscule,
En être moins que minuscule
Entre les ombres du passé
Et la sombre pénombre
D’un avenir fait pour lasser
Promis aux chiffres, aux nombres,…

Et le cœur écorché,
Bien plus malheureux que les pierres,
Je vais, l'âme arrachée,
Plus flasque qu'une serpillère.
Oui, je souffre à l’envi
Des douleurs de la vie
Qui, sur moi, tant pleuvent et pleurent.
Les miennes m’asphyxient
Comme les vôtres et mes heures
Font cent minutes ainsi…

Pour rien pleurer, pour peu sourire,
Tel et mon lot au jour,
Quand allumer un rêve, un rire
Est mon espoir, toujours,
Pour lors exorciser les larmes,
Pour que le tourment se désarme.
Je voudrais sous mes pieds,
Un sable enfin poudre d’étoiles
Et poussière estropiée
De lumière pour nos grand’voiles…

samedi 2 septembre 2023

vendredi 1 septembre 2023

FLEUR HAÏKU PAIX

Mon destin est un parterre où n’ont fleuri que de soucis !

POUR UN VOL RATÉ

Petite fable affable

Un vautour prenait son envol.
Lourdaud. Malhabile. Pas d’bol.
Il heurte du bout de son aile
Maître Hibou qui avec zèle
S’en plaint lors au roi des cieux,
Un gros aigle impérieux.

La justice des Oiseaux, Dame,
Vaut la nôtre. C’est là le drame :
Notre rapace maladroit
À l’exil semble avoir le droit.
Mais, las, pour se défendre, il plaide
Qu’il envisageait, comme un Mède,
De fondre sur une couvée
Qu’il avait à son goût trouvée
Mais que déjà une ombre, vorace,
Semblait lui disputer ; sa race
Et son sang lui ont commandé
D’aller vite l’appréhender…

« Quoi ? fit l’Aigle. C’est de ta faute
Si j’ai jeûné, sale Argonaute ?!
C’est là un lèse majesté
Qu’on ne peut tolérer ! pestait
Le grand monarque. Ta mort seule
Me chaut. Allez zou : sous la meule ! »

Dans la vie qui est si tordue
Quand tu crois que tout est perdu,
Souviens-toi, comme dit Shakespeare,
Que ça peut toujours être pire !