Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

samedi 19 juillet 2014

CENT PLEURS & CENT REPROCHES

Agité de songes,
Rongé par cent remords
Que je croyais bien morts, 
Par de pieux mensonges
Et de vieux souvenirs
Que le temps détricote.
Les regrets me chicotent…
Je n’ai plus d’avenir ;
Mon ombre ira bien seule,
À l’horizon des ans,
Au soir agonisant,
Je me ferai bégueule…

J’ai perdu, t’ai perdue,
T’es partie : je perds tout…
Mais pourtant t’es partout !
J’t’ai perdue, oui perdue,
Sans avis, sans aveu ;
For la vie, morts nos vœux…

Et les heures s’allongent
Comme des jours, des mois,…
Mes yeux, brouillés, plongent
Dans les larmes et l’émoi.
La joie n’a plus la cote,
Finis ton doux désir, 
Les soirs où l’on fricote
Selon ton bon plaisir.
Je suis vieux et veule,
Devant films et photos
À qui je fais la gueule,
Eux, mes derniers potos !

J’ai perdu, t’ai perdue,
T’es partie : je perds tout…
Mais pourtant t’es partout !
J’t’ai perdue, oui perdue,
Sans avis, sans aveu ;
For la vie, morts nos vœux…

Et il ne me reste
Qu’à attendre la Faux,
Aux serres de gerfaut,
Dont la dextre est si preste.
Depuis ce jour maudit
Je l’attends sans crainte,
Et l’espère sans plainte ;
J’erre entre on-dit
Et éternelle attente
Qui tue en moi l’espoir,
M’accule au désespoir
Et aux peurs tourmentantes…

J’ai perdu, t’ai perdue,
T’es partie : je perds tout…
Mais pourtant t’es partout !
J’t’ai perdue, oui perdue,
Sans avis, sans aveu ;
For la vie, morts nos vœux
J’ai perdu, t’ai perdue,
T’es partie : je perds tout…
Mais pourtant t’es partout !

vendredi 18 juillet 2014

HAÏKU MÈTRE

Certains êtres sont si fades qu’ils n'ont trouvé que
la mort pour mettre du sel dans leur inexistence.

jeudi 17 juillet 2014

HAÏKU R'BÉE LES CHINE

J’ai le mauvais goût de croire avoir bon goût.

DANS LES CROCS DES PÈRES GRIS

Petite fable affable


Voulant une vie prospère et pépère,
Deux loups sachant en eaux troubles nager,
Tous deux frères de sang, se firent pères
Ayant une face à décourager
Un crapaud d’être laid. C’est pas peu dire !
Mais leurs caractères, en tout, différaient
Bien qu’aucun, en rien, n’était tempéré :
L’un à l’ego froissé, aimait maudire ;
Il limaçait quand il fallait courir,
S’escargotant quand on devait saillir.
L’autre, au moi-je fripé, aimait mots dire ;
Quoique lent à voir et à concevoir,
Tardif à exécuter ou savoir,
Il était prompt à fuir à pleine course
Quand l’autre se cachait, lui et sa bourse.
Qui a la foi pour pouvoir et ressources
S’arrondit fort comme, avant l’hiver, l’ourse.

Ordonnés, ils eurent pour mission
Une église en robe de béton, laide
Dans un pays beau par ses passions
Et ses bêtes qui n’attendaient nulle aide
De quiconque et surtout pas de ces loups
Froqués de bure et dressés à la dure
Pour qui tant belle face étant ordure.
Ils étaient, pour le moins, un peu chelou ?
Pour nos loups faits Samaritains, confesse
Et messe sont graisse de tiroir-caisse
Pour faire expier, sans bénignité,
Aux paroissiens inquiets, la bonté
De leurs vieux us pleins d’aménité
Et leurs mœurs sans nulle malignité.

Condamnés par Dieu au jour indigeste
De leur naissance, comme l’est chacun, 
À un compte-à-rebours des plus funestes,
Tous n’étaient que gueux, manants et faquins,
Êtres faibles qu’il faut tenir en laisse :
Tout leur paraît luxure et lucre, péché
Mortel, faute ou erreur à dépêcher
Chez ces démons et chez ces diablesses !
La forte presse à la messe était peur
D’être pris en défaut, entre torpeur
Et stupeur face aux mots qui tuent ou blessent.
À leur emprise, un ours, seul, résistait
Car son salut fort peu l’inquiétait.
Le museau drapé de rides, l’allure
Pesante, il vivait sans rien exclure,
Refusant de manger son chapeau, l’Enflure,
N’ayant guère de goût pour les galures !

Nos loups damnent ce qu’on leur dit ou tait,
Ce que leurs ouailles paissent ou pissent,
Ce qui fait l’hiver, ce qui fait l’été,…
Tout n’était, pour eux deux, que vesce ou vices !
L’ours, lui, n’avait rien à montrer ni prouver ;
Obligé par rien, affidé de personne,
Laissant aux autres la cloche qui sonne ;
Bonne conscience et foi éprouvée.
N’étant pas tout miel avec les fidèles
Qui morguaient terre, eau, ciel, asphodèles,…
 Il était, par d’aucuns, désapprouvé :
Cette impie et mécréante baleine
Se devait de perdre vent et haleine !
Goûter faits plus que foi, franc-parler
Font, hélas, douter, craindre ou déparler :
Être différent du lot fait parler,
Suscite d’inutiles pourparlers.

Le plantigrade fut mis au bûcher.
Il accepta cette inique sentence
Et la voix du peuple qui le huchait.
« Voilà, dit-il, que l’innocence on tance !
Vous aimez fort, au saint nom de Dieu,
À tout promettre comme à tout remettre,
Tout vous permettre, de tout nous démettre ;
Est-ce un tyran que votre « Bon Dieu » ?
Vous nous faîtes, Loups, l’Enfer sur la Terre
Et il n’y a que moi que cela atterre ?!
Celui qui croit doit fermer les yeux
Quand on le punit pour la peccadille
D’avoir été fait fragile brindille ?!
Un péché, bel et bon, n’a de valeur
Que s’il en a la saveur et l’odeur.
La plèbe croit toujours ce qui l’arrange
Cette foule tuant qui la dérange ;
Aujourd’hui, c’est de moi qu’elle se venge.
Demain, qui mettra-t-elle dans la fange ? »

CHANSON POPULAIRE

Authentiquement fausse…

Les bergères et les servantes,
Bien que nulle ici ne s’en vante,
Un peu grisées de vin rosé,
L’image paraîtra osée,
Voient, dans l’aube encore dormante,
Les jeunes pelouses charmantes
S’emperler de tiède rosée,
Des boutons prêts à exploser.

Revoilà le printemps
Parti depuis longtemps…
Revoilà le printemps
Et ses désirs tentants…

Les bergers, les gars, l’âme aimante,
Sentent que vient, va, s’activante,
La suave sève qui, déjà,
Ranime branches et goujats,
Raidis dans les ombres mouvantes
Des robes dans l’aube enivrante.
Le bourgeon éclôt, sans gandja,
Et coule le sirop d’orgeat !

Revoilà le printemps
Tout en tendres instants ;
Revoilà le printemps
Et ses plaisirs, s’entend !

Là, bergers et servantes
Avec leurs étreintes ferventes
S’éveillent des sens trop soumis,
Boivent à la source endormie,
Goûtant en ces heures vivantes,
Et dans nombre de leurs suivantes,
Un fruit peu défendu, ami
Du bon temps loin de la lamie…

Revoilà le printemps
Que tant l’on attend,
Revoilà le printemps
Fêté sans contretemps !

mercredi 16 juillet 2014

HAÏKU STIQUE

De nos jours,
s’expliquer, revient à présenter des excuses ;
Présenter des excuses, c’est s’humilier et s’exclure !

mardi 15 juillet 2014

TRANS HAÏKU L'TURATION

Une frontière correspond trop souvent
à une ligne de partage des os.

RUPTURE

Ma femme s’est tirée.
Sans larme et sans regret.
C’est sûr, je la connais,
C’est moi qu’ai déconné :
J’ai, un jour, écorné
Notre “fidélité”
Au livre malmené
Des amours alités ;
Bref, j’ai son front orné,
En un mot, “encorné”
Et me voilà soustrait
À mon bonheur discret.

Si toutes nous fuyaient, comme ça,
C’en est fini du couple, Maman,
On serait ici-bas, tous, tout seuls ;
Plus de vie à deux, tout simplement !

Ma femme s’est tirée.
Par ce brutal arrêt
Je mesure l’effet,
L’ampleur de mon méfait :
J’ai tout, de nous, défait.
Pur comme un nouveau-né,
Je n’l’avais jamais fait,
- Dans son dos, sous son nez,… - 
Juré : c’est vrai ; un fait…
Malgré folles et fées !
Elle était, sans apprêt,
Mon bijou, mes ferrets.

Moins Roméo que Sancho Pança,
Je fus, à ses yeux, un moment,
Un homme, un vrai et non un poussah :
Avec le temps tout meurt, tout ment,…

Ma femme s’est tirée.
Sans remords ni regret.
Servile en ses rets,
Ployant à ses décrets,
Sous sa griffe acérée,
Elle seule a défait
Tout ce qui m’arriérait,
Ce qui faisait mon faix,
Et pour notre bienfait, 
Tel que je suis, m’a fait,
N’ayant guère d’attraits
Du néant m’a distrait !

Et, pour elle, je me fis forçat
Au turf et l’aimais éperdument,
Qu’ils soient de Damas, de Canossa,…
Les chemins ne m’étaient pas tourments.

Ma femme s’est tirée.
Et, après cet arrêt,
À tout vent, fait fuiter
Mon infidélité
Puis, s’est précipitée
Chez sa mère, éplorée,
Pour me discréditer.
Quoi que j’aie imploré,
Elle a tout ébruité,
Par rien courtcircuitée ;
Mon cœur n’est plus que craie,
Après pareils secrets.

Alors que moi j’ai juste fait ça,
Par dépit, ou par égarement,
Car je n’ai pas le vice vers ça,
Avec l’épouse… de son amant !

SUR LE FIL

Petite fable affable

Là, une mouche, au plafond, vrombit.
Ses bruissantes sœurs par trop gourmandes
Lui disputaient, toujours sans demande,
Sucre oublié, miettes de pain bis,
Que le vieux fermier dessus sa table,
Las, leur abandonnait, serviable.
Elle alla donc trouver l’araignée
Et lui bruit d’un ton fort indigné :
« Ô Majesté, n’es-tu donc pas lasse
Du vain, vil et bourdonnant boucan
Que font ces sombres bavardes quand
Tu aspires au calme à la place ?
Il faut punir l’incessant babil
Et qui le cause, êtres incivils.
Je m’offre à les conduire à ta toile
Avant qu’ils ne mettent loin les voiles.
- Quoi ?… Comment ?… Que dis-tu mon amie ?
Je n’entends plus très bien, fit l’aragne.
À trop vieillir, vois-tu, peu l’on gagne ! »
S’approchant, la zélée voit l’étau
De toile qui se ferme aussitôt.
Qui, par trop, voudrait nuire à autrui
Risque fort de ne punir que lui.

dimanche 13 juillet 2014

HAÏKU ROUSSÉ

On trouve plus de gens prêts à donner des conseils
que de personnes disposées à en suivre…

LA TERRE (à quoi) PROMISE (?)

Sur cette terre trois fois sainte
La douleur est partout peinte.
Depuis le sable et le gravier
Monte aux Cieux comme une plainte
Et court sur le sol une crainte
Quand, las, de janvier à janvier
Se meurent tous les oliviers
Et la colombe,
Dessous les bombes…

Là, même l’enfance est atteinte,
Et l’espérance s’est éteinte.
Sur le sable et sur le gravier,
C’est la violence et la contrainte
Pire, la force de l’étreinte,
Car, las, de janvier à janvier
Se meurent tous les oliviers
Par monts et combes
En hécatombe…

La mort y laisse son empreinte,
Au ventre des filles enceintes.
Sur le sable et sur le gravier,
Les vies sont pis que labyrinthes
Aussi succinctes que restreintes
Si, las, de janvier à janvier
Se meurent tous les oliviers,
Ombres sur des tombes,
Dessous les bombes…

COUP FOURRÉ CHEZ DE GRANDS SAIGNEURS

Petite fable affable

La démocratie régnait chez les Furets ;
L’opinion publique y était un juré
Vigilant dont les vœux, avis et censure
La rendaient fort acceptable sinon pure.
Les fouines surveillaient tout pour l’avertir,
Furetant et fouillant. On put pâtir,
Bien des fois, de leur quête et de leurs enquêtes :
Le fat, le faux, le fourbe et le fielleux
Face à leurs écrits se perdaient en requêtes ;
Face à leur écran devenaient bilieux.

En ce temps-là, on élit chez les Furets
Un quelconque, une ébauche à peine épurée,
Contre le putois qui, la chose est bien sûre,
Se prenait pour un roi du cap aux chaussures.
Ayant, la fois passée, sans trop s’investir
Gagné un trône il n’en voulait partir.
Ce futé, bien connu pour ses cris, banquette
Et cause à grand frais bien peu scrupuleux
Des comptes pour ses contes et, en coquette,
Parle crise, déficits et chiens galeux.

Puis ce putois, éconduit par les Furets,
Part bouder, en laissant tout dans la purée :
Un pays anéanti qui se fissure ;
Un parti ruiné ou chacun fait morsure
- Martre, vison, zibeline,… - s’engageant
Dans ses traces pour y jouer les régents.
Ses mécomptes connus après sa piquette,
Il s’explique mais se fait sot, mielleux,
Face au juge comme le veut l’étiquette :
Il plaide l’ignorance, accuse des "bleus".

C’est la blanche hermine qui, chez les Furets,
Rend les arrêts - motif, sanctions, durée,… -
Trempant le bout de sa queue dans l’encre sure
Et noire de la Justice la plus mûre.
Elle décréta le non-lieu. Houleux
Furent les mots des fouines qui caquettent…
Le putois, innocenté, garda son alleu ;
On pendit Belette pour plaire aux roquettes.

Comme les loups ne se mangent pas entre eux,
Les pouvoirs s’amnistient ou se dédouanent
Les uns les autres, s’en faisant presque un jeu
Et nous prennent en tout, pour tout, pour des ânes !

samedi 12 juillet 2014

vendredi 11 juillet 2014

HAÏKU RIEL

Vouloir avoir toujours raison est déraison.

LÉROT TIQUE

Petite fable affable

Oui, mon père, ce lérot
Que l’on traite de « blaireau »,
Tant et plus, hélas, achète
Pour mieux orner sa cachette,
Le plus gros et le plus beau…
Le plus cher,… Comme un bobo,
Tout est dans la surenchère !
Voilà donc pourquoi, Ma Chère,
Mon bon père, ce lérot,
Passe pour un vrai blaireau.

Car mon père, ce lérot,
En néglige l’apéro,
Les siens et la bonne chère
Ou bien sa femme, en jachère.
Et rien n’est assez chérot
Et rien n’a trop de zéro,
De l’inutile branchette
À la stupide clochette,
Donc, mon père, ce lérot,
En oublie nos pots et rôts.

Et mon père, ce faraud
Finit seul, sur le carreau
Car il ruina sa couchette
Non sans une larmichette.
Donc, on a fuit ce héros,
Son numéro, ses barreaux,…
Souvent « vouloir plus », Ma Chère,
Est cette porte cochère
Nous menant à « vouloir trop »
Et fait marron… ou maraud !

À L'HORIZON DES ANS

Mets-moi des « toujours »,
 Mens-moi de l’amour
Qui ne soit pas croix ;
Du jouir parfois,
 Pas d’plaisirs sans joie
D’désirs aux abois,…
Sans cor et sans tambour,
Mens-moi cet amour
Qui n’court pas les bourgs,
Sans que je mendie
À chaque heure et jour,
Candi ou brandy…

Mens-moi de l’amour,
Du vrai et du lourd,
Un de bon aloi,
Qui soit foi et loi,
Où rien ne déçoit
De ce qu’on reçoit.
Mens-moi cet amour
Sans arrière-cour,
Qui, parfois, rend gourd,
Doux, tendre et gentil,
Aveugle ou bien sourd
Mais jamais petit…

Sans rien tout autour,
Mens-moi de l’amour,
Du auquel on croit
Qui, chaque jour, croît
Pour me faire roi,
Vivant par, pour, Toi.
Sans fard ni atour,
Mens-moi cet amour
Dont on n’fait pas l’tour,
Sur quoi on médit
Cent mots sans discours,
Qu’un jour on maudit…

Mens-moi de l’amour,
Fais moi des beaux jours
En bel et bon bois
Quand viendra le froid,
La neige qui choit
Dessus tous les toits.
Mens-moi cet amour
Qui prend tout à rebours,
Qui veut tout au détour,
Jamais démenti,
Qu’il soit nuit ou jour,
Et nous fait nantis…

Jusqu’à nos vieux jours,
Mens-moi de l’amour,
Qui soit feu grégois
Et douceur de soie,
Pas foyer bourgeois,
Frileux quant-à-soi,…
Oui, restons cabours :
Mens-moi cet amour
Qui est sans retour :
Qu’il  nous soit, pardi,
Recours et secours,
Éternel midi…

jeudi 10 juillet 2014

HAÏKU RETTE

La galanterie et la courtoisie sont des élégances
que l’on apprend mais qui se doivent de sembler naturelles
sous peine de paraître déplacées ou déplaisantes.

mercredi 9 juillet 2014

HAÏKU RONNANT

Les traditions comme toute personne âgée, aujourd’hui,
se bousculent plus qu’elles ne se respectent.

TRISTEZA BRASILEIRA

Tristesse
Qui rend tout inhumain,
T’es notre lot commun,
Nous tenant dans ta main.
Tout en justesse
Et petitesses,
Dame Tristesse,
Une nuit de nouba
T’enverra loin, là-bas,
Sur un air de rumba,…
Toi qui m’abaisses
Qu’encore je combats
Mais qui toujours m’abat,
Fuis car joue la samba !
Tristesse,
Quand vient le carnaval,
Fini monde inégal
Et souci conjugal…

Tristesse,
Quand tu t’installes, là,
Ma vie est favela,
Pourtant voilà
Que t’éteint, c’est égal,
Tristesse,
La joie du carnaval 
Mets dans ma vie gala,
Tralala, falbalas,
Tambours, vuvuzelas,…
Tristesse,
Tout est rire et régal ;
Tristesse…

Tristesse
Tu vas passer ton chemin,
Pas plus tard que demain,
Et en un tourne-main.
Oui, ton Altesse,
Tout d’étroitesses,
Dame Tristesse,
Une nuit de sambas
Nuira vite à ton bât,
À tes coups de tabac,…
Oui, toi l’hôtesse
De mes hauts à mes bas,
C’est fini nos débats
Quand sonne la samba !
Tristesse,
Quand vient le carnaval,
Le bloco t’es rival,
Tout devient festival…

Tristesse,
Quand tu t’installes, là,
Ma vie est favela,
Pourtant voilà
Que t’éteint, c’est égal,
Tristesse,
La joie du carnaval 
Mets dans ma vie gala,
Tralala, falbalas,
Tambours, vuvuzelas,…
Tristesse
Tout est rire et régal :
Tristesse !
Tristesse,
Adieu repas frugal,
Le légal, l’illégal,…
Tristesse :
Tout est rire et régal !
Tristesse…

LA VENGEANCE DU LAPIN

Petite fable affable


Il était un astucieux débrouillard,
Du genre à vous découper le brouillard,
Dont la morne et morte saison est friande,
Avec le plus grand des couteaux à viande,
Ou, mieux, à pisser dans un violon
Pour en améliorer un peu le son,
Bref un de ces génies de sous-préfecture
Que met au monde, parfois, Dame Nature.
Lui vaquait au vert, le ciel bleu pour toiture,
Allait à poils, puisque c’était sa vêture.

Ce lapin car, ma foi, rongeur il était,
Avait été surpris, au clair de l’été,
À empapaouter sa proche voisine
De garenne, au surplus lointaine cousine.
Depuis le cocu voulait se revancher
Sans pour autant une guerre déclencher.
Il entreprit donc, dans une clairière,
L’épouse de « l’autre », une douairière
Ayant aux fesses non feu mais poudrière ;
Le cornu la prit donc à la guerrière !

Par dépit des cornes il en fit son fief,
Rongé de rage, ruminant ses griefs,
Notre mari marri dont la jeune et belle
Femme fut infidèle comme corbelle.
Il lavait son honneur sur un lit de thym,
La Loi du Talion faisant ses festins.
Mais jouissance sans joie que l’Agrippine,
Maîtresse pire qu’épine d’aubépine :
Elle opine au cul comme une galopine
Pourvu que le cœur, aussi, elle rapine !

Or il naquit de l’aventure un brailleur
Par trop semblable au cornu cocufieur.
Mais chez les lapins c’est la loi : qui engendre
Doit marier qui il a su si bien prendre !
Notre vengeur épousa le vieux croûton ;
Et son rival, en dommage, eut son toton !
Son vainqueur lui dit en riant sans censure :
« Qui veut, par flétrissure ou bien par morsure,
Foutre autrui dans la merde, je vous l’assure,
Ne doit pas se plaindre des éclaboussures ! »