Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

lundi 9 juin 2025

L’EDEN, CÔTÉ JARDIN

Petite fable affable

Aux jeunes ans de la divine Création,
Les bêtes ne formaient pas une nation.
Hélas, elles n’étaient que division, mesquines
Rancœurs, amertume et querelles rabouines.
Et, si pour nos aïeux, c’était le paradis,
C’était déjà, pour elles, un plat fort refroidi.

Ainsi, en ces temps-là, les beaux zèbres à raies blanches
Haïssaient tous leurs pairs à raies noires de franche
Façon. Et pas question de mie se côtoyer
Ni même, face à un danger, de s’appuyer,…

L’antilope, un soir, dit : « Et voilà le problème ! »,
Car au marigot, tout à leur colère blême,
Se boudaient ces bêtes qui, las, se refusaient
Jusqu’à partager la même eau. « Vous abusez,
Reprit-elle. Nous, las, nous avons fait de même
Entre les grands koudous et les oryx qui n’aiment
Pas les cornes courtes. Et que dire de ces gnous,
Trop laids et gros pour les gazelles et qui, c’est fou !,
Trouvent icelles bien trop maigres et un brin bêcheuses.
À qui profite donc ces polémiques oiseuses 
Et tous ces désamours avoués ? Au chacal,
Aux lionnes ou bien à l’humain, inamical.

Oublions, amis, ce qui fait nos différences ;
Rappelons-nous ce qui nous tient en ressemblance
En ce bas monde où le Mal, aux abois, est roi.
Quand on naît proie, a-t-on vraiment un autre choix ? »

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