Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

samedi 3 janvier 2026

ÉPHÉMÈRE

Sur une phrase de D. Diderot (Salon de 1767)

Tout s’anéantit, tout périt, tout passe ;
Ce que je fis, fait, et ferait.
La terre qui demeure de moi se lasse ;
Mes ans se sont empoussiérés.

On est équilibristes en surplomb de l'abime
Qu’est la vie, marchant ou courant,
Sur un fil tendu, sans raison ni rime,
Entre le rien d’avant, errant
Au néant, et puis cet inévitable
Rien d’après, autre éternité
Aussi vide, et bien plus impitoyable,
Hélas, que l’autre extrémité…

Tout s’anéantit, tout périt, tout passe.
Ce que j’étais, serai et suis :
Si le monde reste, le mien se casse ;
Les heures qui courent m’ont fui…

Frêle et fragile acrobate on s’abime
Dans du caduc, dans du succinct.
Perclus, rompu, brisé, par les ultimes
Pas que l’on fera un à un.
Je vais sur mon fil ténu et friable,
Mon temps est court, mon corps est gourd,
Comme tout être humble et périssable,
Mes jours voient la Nuit qui, jà, sourd…

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