En hommage à Joachim du Bellay (1522-1560)
Mais où s’est donc enfuie cette douceur de vivre
Qui m’a fait, naguère, mes saisons consumer
À ce plaisant labeur de toujours costumer
La prose en vers comme on le fait dans les vieux livres ?
Je m’usais à ce vain jeu, quitte à écumer,
En priant que jamais, non, nul ne m’en délivre :
Écrire était, pour moi, une raison de vivre,
Et le meilleur de mon âge ainsi fut plumé.
Ai-je eu le tort, Ami, de tant et tant poursuivre
Les muses des mots comme autant de chimères, ivre
De coeur et d’esprit mais sans jamais m’enfumer ?
La raison venant sous mes cheveux gris qui givrent
Je suis le chemin lors tracé, bien assumé,
Chantant et enchantant notre monde embrumé…
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