Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 17 février 2013

JE NE VEUX PAS QU'ON TOUCHE À UN CHEVEU DE MA TÊTE !

          « Plus je me fais de cheveux, moins j’en ai ! » Je l’ai écrit, le dis et le maintiendrai contre vagues et couleurs. Moi qui, bagarreur, les ai eus si souvent en bataille, j’ai beau les couper en quatre, me les ôter de la langue et de la soupe, j’en ai bien  moins sur le caillou qu’au temps jadis où je les avais au vent. Ça vous la coupe ? Moi ça me hérisse !…
  Je les perds, me dit-on, et pourtant je suis du genre ordonné et ne perds rien d’autre… et si c’est le cas je ne me souviens plus trop quoi. Et dire qu’à un cheveu près, j’aurais pu avoir la toison de Samson, moi qui les avais légers et, comme le persil, plats ou frisés selon la saison… voire gras comme mon humour et secs comme mon humeur dont les teintes et reflets ne tiennent, souvent, qu’à un cheveu… tondu sur un œuf quelconque ! 
  Je ne voudrais faire dresser sur ma tête les derniers qui y campent avant qu’ils ne décampent, mais j’ai bien peur que cela ne s’aggrave car, bien que je n’aie jamais eu mal aux cheveux, ils s’abîment et meurent un à un, sans tresse ni natte. Seraient-ils de mèche ? Je voudrais bien prendre le mal à la racine mais j’ai beau tirer toutes les occasions par les cheveux, même fourchus, et passer la main dans les miens, une fois qu’ils se sont cassés aucun ne revient me voir… Ils me laissent implants, hormis le dernier carré de fidèles qui me couronne… pour combien de temps ? Oui, je l’avoue, à leur sujet, je commence à me faire des cheveux blancs ; et même si je voue à ces-derniers le plus grand respect, c’est raide mais cela ne me réjouit guère !
  Épi, vous me direz, perruches à perruques et cheveux d’anges ou moumouteux adeptes des cheveux de Vénus, qu’il n’y a pas là de quoi s’arracher les cheveux. Certes. Mais ce sont les miens dont on parle et j’y tiens, car aussi fins - “brillants”, devrais-je dire - que mon esprit, j’en ai besoin parce que c’est par eux que je tire bien de ces raisonnements aussi creux qu’eux qui ondulent au vent de ma réflexion. Mais je cesse de vous casser les couettes car je ne veux pas me prendre aux cheveux (hirsutes) avec eux, bref  me les crêper !

vendredi 15 février 2013

HAÏKU DE BOUTOIR

Si « l’erreur est humaine », qu’est l’Humanité ?

EN ROUTE POUR… LE MARCHÉ

Oignons du Burkina-Faso,
Manioc ou ignames par hottes,
Feuilles en tas et en faisceaux,
Bananes venues de la côte,
Mil du plateau - sans escarbote ! -, …
Chacun, Missi’,
Discute, négocie mégote,…
Et en kissi !

Femmes, vieillards et jouvenceaux,
Ont quitté cases et paillotes
Pour des gombos, pour un cuissot.
Chacun achète et vend par bottes
Ou bien par poignées sans riotte :
Fruits, baies d’ici,
Plantes pour sauces, papillotes
Et pharmacie,…

Sur ce marché, poisson, gargotes,
On trouve aussi,
Viande de brousse et anecdotes,
Rire en sursis,…

DES ESPÉRANCES

Il ne faut rien céder à la médiocrité.
Même pas ce tuteur, que nos peines adorent
Et qu’on nomme « l’Espoir », étai de dignité,
Quoique dernier-né de la boîte de Pandore…
Attendez, sans lutte, qu’aube neuve redore
Vos heures de larmes, sans nulle alacrité.

Il ne faut rien céder à la médiocrité.
Même pas la douceur quand sur notre mandore
Pleure le désespoir, tout en malignité,
Tourment venu miner le ciel qui se mordore.
Laissez jouer les luths, les hautbois, les bandores :
La musique a son charme en pareilles nuitées.

Il ne faut rien céder à la médiocrité.
Même pas son humeur quand l’humour ne le dore.
Si la peur de déchoir n’est pas bénignité,
Il faut lui rire au nez pour qu’elle ne subodore
Pas que ses volutes font vos nuits inodores ;
L’oubli est une arme contre l’obscurité.

Illustration : Camille Lesterle, 01 décembre 2013

mercredi 13 février 2013

HAÏKU D'ENCENS SOIR

Dans ma paroisse, les couples de fidèles
sont plus saints qu’ascètes que d’aucuns !

QUEL MÂLE Y A-T-IL À TOUT ÇA ?

  Combien d’épouses, devant l’esprit du mâle, du leur du moins,  ont-elles dit « honnie soit la mâle panse ! », oubliant le temps où, jeunettes, en mal d’imagination, le mâle les dévorait, qu’elles le voyaient alors partout, en tout gars, dans chaque goujat. C’était pour elles  la recherche du mâle absolu, sans gravité, un malin pas malotru ni malingre qui deviendrait le mâle des transports les plus tendres, tout en redoutant, devenant femme, non sans malaise, de se tirer sans mâle d’une adolescence qui les mettait à mal et où, en mal d’amour, elles ne pensaient qu’à mâle… craignant aussi de souffrir d’un autre mâle voire d’en éviter un pour en affronter un pire encore. En ces temps-là, entre copines, on (se) faisait du mâle d’un rien… rendant, à l’occasion, en maladroite malédiction ou franche malveillance, faute de s’en préserver, le mal pour le mâle, quand il fallait en prendre un ou se pousser à celui-ci. Nulle ne voyait mal ni malséance dans le mâle gracieux de Malaga ni le mâle français convoité à s’en rendre malade !
À force de désirer un prince charmant, mâle propre, avisé, poli, intentionné et attentionné, le premier mâle venu leur convint, un malin mâle honnête, mâle commode certes mais malandrin et malotru parfois (ce sont là mâles façons !), quoique mâle sain à première vue. Un quidam banal devint ainsi l’incarnation du mâle, même un mâle de mère ou de l’aire la plus proche. Le mâle entendant sa chance, bien entendu, sans maladresse, plus porté sur le malt que sur Malte - malus ! - faisait leur malheur de sa malice. C’est là mâle formation car le mâle est insupportable… voire incurable. Mais elle avait un mâle au cœur, souffrant de ce haut mâle contre lequel - tout contre - elle ne s’était pas protégée… Car les hommes, malfaisants, non sans se donner un mal de chien, alors, malchance pour elle, se font mâles ou, du moins, se trouvent mâles… même ceux qui font le moins mâle. C’est, Santa Maldonne, mâle adresse que de mal faire et d’avoir tours malodorants plein sa malle pour mâles menées, maltraitance et malentendus.
Or, on leur a répété qu’ici bas, à eux comme à elle, qu’on n'a rien sans mâle ou qu’à mâle aisé,  mâle nécessaire… et souvent suffisant, surtout si on a un mâle dedans. Alors, toute amante sur le mâle axée calme le sien - à moins d’avoir un mâle fou ! - avant qu’il ne se banalise, qu’il soit mâle du pays ou du Mali : oui, on a dans sa vie toujours plus de pleurs que de mâles, ce n’est pas pour autant qu’il faut tourner le dos au mâle, quel que soit l’esprit du mâle, car l’intermède est pire que le mâle comme gloser sur l’existence de celui-ci ne fait que compliquer les choses : qu’on ait ou non le goût du mâle comment ne pas y songer, tant bien que mal… Le mâle étant ainsi fait, l’attraper aux cheveux (surtout le mâle de tête !) ou vouloir le prendre à la racine ne change rien… puisque, souvent, il finit chauve !
Si certaines se complaisent dans le mâle, la femme d’esprit et de cœur refuse de s’armer contre lui - ça pourrait faire mâle ! - pour s’y attaquer car de ce mâle, on ne guérit jamais. Surtout que, vieillissant, on observe chez lui, malentendant et mal voyant bien sûr, la curieuse équation suivante : « un mâle, deux ventres ! ». Alors, Mesdames, partagées entre le rien et le mâle, ne priez pas pour être délivrées de ce-dernier, ne le combattez pas, ne l’extirpez point : un mâle s’aggrave plus vite qu’il ne s’apaise ou ne s’atténue. Vous qui ne feriez pas de mal à une mouche, ne prenez pas les choses à mâle (ça lui ferait mal !), car comme le prince charmant, mâle et fils, le mâle du siècle n’existe pas. Puisque vous savez le mâle qu’on se donne - sachant qu’il empire - prenez votre mâle en patience : vous en êtes déjà accablée, il n’y aura pas plus de mal !

EN ROUTE POUR… KINGSTON

Ici, la musique est partout.
Elle vous saoule et vous enfume,
Dans les rues, les boîtes surtout
Où traînent guitares et plumes,
Et puis quelques grosses légumes,
L’œil aux aguets :
On y compose à plein volume
Des airs reggaes…

Ici, tous jouent les touches-à-tout.
Senteurs que la sueur costume,
Dans les bars, les studios surtout
Des lueurs en flash vous allument.
L’oreille, pour qui, là, écume,
Fait, las, le guet
Traquant le tube né des brumes
D’un air reggae…

La nuit lourde comme une enclume
Joue du reggae…
Le béton qui court le bitume
Chante reggae…

lundi 11 février 2013

HAÏKU QUI TRANSPIRE

Le temps est tout en nuances ;
L’âge tout en nuisances !

EN ROUTE POUR… LE BAIN

J’ai l’air de sortir d’un tableau
De Gentileschi que l’époque
Nôtre, pleine d’os en fagots
Et d’anorexiques, moque
Et oublie, battant la breloque,
Tout’ ces rondeurs
Généreuses que je défroque,
Là, sans pudeur.

Quand je vois mon reflet dans l’eau,
Loin de la plastique amerloque
De ces Barbie qui se disloquent,
Je sais : mes appas interloquent
Font qu’on débloque et qu’on colloque
Chez le boudeur
Cinoque, la fill dont on s’toque
Toute en fadeur…

Mais rond’ de corps, sans êt’ en cloque,
Et donc de cœur,
Je te plains si tout n’est que loques,
Chez Toi, Ma Sœur !

QUESTIONS ANGOISSÉES D'UN GÉOGRAPHE DÉBOUSSOLÉ

Jouerons-nous “Embrassons-nous, Folleville (80)” à Bize (52) ou à Bizous (65) ?
Qui espère aide, ira à Secourt (57) ?
Avez-vous un Seveux (70) sur la lande ?
Pourquoi Sommeilles (55) n’est pas en Somme (80) ?
Changer d’Eire ça fait Dublin ?
Peut-on croire tous ce qu’on nous dit à Contes (06) ?
La Baffe (88) ça vaut le coup ?
Acoua (976), bon ?
Peut-on descendre au premier feu de à La Braize (03) ?
Pourquoi Baye (29) n’est-il pas en Cornouilles ?

samedi 9 février 2013

HAÏKU PAR DERRIÈRE

Les gens suffisants ont, pour eux,
de ne pas nous être nécessaires !

LE JONGLEUR DE LUNE


Le ciel, trop lourd, trop noir, se lézarde
Se zèbre d’un zigzag lumineux.
La soie lisse du soir, seule, hasarde
Un espoir encore tout en hardes :
Trouée étoilée et lune en creux.
La banquise, en reflets résineux,
Ici les reçoit, là les regarde.
Je mire aux nues la balle blafarde
Qui rend l’avenir moins charbonneux
Dans mon monde pourtant farineux.
J’en joue, j’en jouis et, mieux, vous la garde.

Depuis qu’on l’a foulée, cette lune
N’enchante plus. Et, pire, rimeurs
Ne la chantent plus, même à la brune.
 Pierrot et sa plume ont fui. Fortune
Est ailleurs que dessous sa lueur…
Parfois quelques chats y sont cueilleurs
d’Amours d’un soir, les chiens d’importunes
Rimes à leurs abois,… Oui, la lune
Que l’on ne regarde plus, se meurt…
Comme le rêve, miel sur les heurts,
Qui fuit jusqu’aux étoiles. Communes…

Posé sur ma calotte qui chauffe,
En habit, pieds au sol, nez au ciel,
Je jongle avec elle, l’apostrophe
Car moi, le vieux pingouin philosophe
On m’oublie : le monde industriel,
Où tout est fiel et superficiel,
Fait de ma glace qui fond l’étoffe
D’un avenir sans glaçon, limitrophe
Du bonheur, que, boulets bien réels,
La lune et moi gênons, juste ciel !
Le progrès n'aime pas l'apostrophe !

LE PLOUC & LES CITADINS

Petite fable affable… sur une idée de Françoise
Cycle pyrénéen

Un vieux paysan d’aïci se voit un couple
Qui pique-niquait, là, sans fard, dans son pré
Boire l'eau du ruisseau, les joues empourprées,
La main généreuse et le poignet souple.

Amicalement, il leur dit d’un seul trait :
« Boudu, bebetz pas aquela aiga
Que las bèstias i an cagat dedins*. Vrai ! »
En montrant ses brebis et ses agneaux.

L’homme, piqué au vif, d’un bond se redresse :
« Eh, Mon Brave, le Français ne serait-il
Pas encore arrivé sous ces cieux subtils ?
Non, je ne veux pas manger ces bougresses.
Je te les laisse à l’usage que tu en fais !…
Les bouseux du coin sont toujours stupéfaits
Que des gens civilisés ne s’adressent
À eux que dans une langue qui le soit…
Vous ignorez, aussi, ça irait de soi,
L’eau courante et vous chauffez à leur graisse.
Et votre bled, il a l’électricité ?
Est-elle sur la carte, cette “cité” ?…
Tous ces crottés qui, tout le jour, paressent
Et puent le “rural”, ils vous la jouent morveux,
Ayant toujours l’impression qu’on leur en veut…
Viens, on se tire puisqu’on nous en presse ! » 

Le berger, calme, reprit : « Non, justement,
Dans mon patois moins parlé que bêlé,
J’ai dit, faites excuses : “Buvez doucement,
Elle est froide !”, comme dit la télé ! ».

Il partit en riant, laissant les autres
Finir leur agreste repas à deux sous
Et boire au ruisseau malpropre tout leur saoul,
Pensant au mépris où certains se vautrent.

Ami d’ici, d’ailleurs, cuide à respecter
Tout autant ce que tu ne comprends pas
Que ce que tu connais, sans rien détracter,
Ou il t’en cuira,… en toute pampa !

* Mon Dieu, ne buvez pas de cette eau, les bêtes ont chié dedans.

jeudi 7 février 2013

MA HAÏKU' CETTE

Les avaricieux deviennent des taiseux
quand, même parler, leur coûte !

LES CROISADES

Cycle historique

Quand on croisait dans les nefs aux paters austères,
On ne croisait pas, c’est bien sûr, que des enfants
Car on se croisait là pour Dieu, la lippe amère,
Pour croiser le fer et mettre en croix l’musulman…

Quelle connerie les croisades,
C’est toujours un’ voie sans issue
La guerr’ sainte et ses coups d’massue
L’Jihad et ses arquebusades,…
Faisons-leur une croix dessus,
Nos cimetièr’ sont trop bossus !

L’Histoire la porte, sa croix, de ces campagnes
Qui ont mis, croix de bois, croix de fer, sous la croix,
Ici, là, tant de gens, leurs fils et leurs compagnes
Marquant, las, chaque mort d’une petite croix…

Quelle connerie les croisades,
Et, ma foi, par Dieu, croisons les doigts
Pour que meur’ ces temps qui merdoient :
Préférons la chère aux chair’, rasades
Aux traqu’ d’Albigeois, de Vaudois ;
 Aimons comme un croyant le doit !

Au Diabl’, signe de croix et tapis de prières,
Ramadan, Carême, inquisition, consistoire,…
Si c’est pour finir les bras en croix, sous des pierres,
Perdus dans la fosse commune de l’Histoire.

Quelle connerie les croisades !
Chevaliers et assimilés,
Votr’ temps, votre gloire ont filé
En livr’ clos, tel Séhérazade,
Faut qu’on oublie leur défilé,
Bras croisés, sans en jubiler !

Si pour vous cet oubli, c’est la croix, la bannière,
Bouffez donc des croissants au petit déjeuner
Et foutez nous la paix avec la meutrière
Mémoire de vos cieux ensanglantés, fanés,…

Quelle connerie les croisades,
Que l’on soit athée ou pieux !
Rien n’apparaît moins preux, tudieu,
Que ces mortelles olympiades,
Quel que soit le nom de son Dieu,
Sa façon de prier les cieux…

Sceau : Élisa Satgé, 2017

EN ROUTE POUR… LES PLUS FOLLES PROMESSES

Comme Roméo et Juliette
On se donne sans mot ni bruit,
Dans le soir noir et l’ombre inquiète,
On s’abandonne sous la pluie.
Sans que le temps, le lieu, autrui
Ou quoi ou qu’est-ce
Ne nous gêne, ne nous ennuie
Ni ne nous presse

Comme Roméo et Juliette,
Aux nues nouées couleur de suie,
On se compose cette ariette
Où l’aveu enfoui conduit,
Et le doute en miettes, s’enfuit,
Puis enfin cesse…
Hier, demain mêlent aujourd’hui
À leur kermesse.

Alors que tout finit ou fuit,
On se confesse
L’autre à l’un, aux yeux gris de la nuit,
En cent promesses…

mardi 5 février 2013

HAÏKU DE HACH'

À voir la fine fleur de certains arbres généalogiques,
il me vient des vocations d’élagueur… voire de bûcheron !

EN ROUTE POUR… LA BOÎTE DE NUIT

Assis, seul, saoul, dans l’ombre, Arsène
Suit une scène, ici. Salé,
Le sensuel s’y fait obscène.
Entre une splendeur hâlée
Et lui, le vice a installé,
Dans l’opaline
Des spots, ses rets serrés scellés…
Ah, la géline !

Elle suit les sons, sente malsaine,
Sans rien celer, ni remballer,
Elle effeuille pour ce mécène,
Face à la salle dessalée,
Sentiers et secrets dévoilés,
La moue maline,
Elle insinue et fait aller,
Sa main câline…

Les yeux las, à ras la vallée
Et les collines,
Il la boit et veut l’avaler
Comme Ogre dîne.

LA BUFFLONNE & L'ÉLÉPHANTE

Petite fable affable sur une phrase de Francis B.

Une bufflonne pleurait
Sur son sort de maman,
Métier ingrat pour le moins.
Surtout, elle déplorait
Que, désobéissant,
Son fils ne  l’écoutât point.

Son amie de la savane,
Une vieille éléphante,
La conseille et la console :
« Le mien me tanne la couenne,
Me trouvant étouffante,
Quand je lui sers de boussole ! »

Mais l’autre réplique alors,
Que son petit morpion,
Reste aveugle et reste sourd
A ses ordres jusqu’alors,
Aux recommandations,…
Et, pis, fait tout à rebours.

« Les enfants sont jeu, malice,…
Quoi que tu leur demandes
Il te faut du savoir-faire :
Tous les enfants obéissent
Quand tu leur commandes
Ce qu’ils ont envie de faire ! »

dimanche 3 février 2013

HAÏKU NU À SEPT ADRESSES

« Cause toujours ! » est une façon élégante
de dire « Ferme ta gueule ! »

DU TAPAGE CHEZ LES TAUPES

Longue fable affable

Ah, Monsieur Taupe a beau ne pas voir
Bien plus loin que le bout de son nez,
Il est riche d’un large savoir
Que, chez les Anciens, il a glané.

Lisant que Marc Aurèle disait
Qu’avant la nuit, chacun, tous les jours,
Dans son quartier, pouvait bien croiser,
 Sans bien s’en rendre compte toujours,
Un indiscret et puis un ingrat,
Un insolent, un fourbe, un envieux
Et un égoïste des plus gras,
Il se sentit soudain las et vieux.

Et Monsieur Taupe, lui si bigleux,
Vit clair : sa famille correspondait
À chacun de ces penchants, morbleu,
Que son bon romain vilipendait.

Il s’en ouvrit, pour voir et savoir,
À sa femme, un être fort grimaud
Mais à qui, vrai, il en faisait voir
Des vertes, des pas mûres, chameau :
Il lui cita franco cet auteur
Qui lui a enfin ouvert les yeux
Sur tous les siens qui, non sans hauteur,
Étaient une engeance, par les Dieux…

Primo l’indiscrète était sa mie
Car elle le réveillait, matin,
Demandant s’il avait bien dormi.
C’était là façon de Baratin !
Puis, déjeunant, il voyait l’aîné,
Ingrat ne disant jamais bonjour,
Et sa fille, rusée qui peinait
À le flatter pour tirer toujours
Quelques sous pour ses frivolités.
Enfin, ceux qu’ils ne pouvaient plus voir,
Venaient à lui après leur nuitée :
Ses beaux-parents… Des pas beaux à voir !

La vieille répétant qu’on l’oublie,
Le vieux reluquant ses à-valoir…
Il aurait donné tout l’or de l’Italie
Pour les envoyer se faire voir !

Voilà Madame Taupe irritée.
Cela se voyait comme le nez
Au milieu de son museau mité.
« Vas te faire voir !… Sans chicaner,
Ton humain voyait tous ces faquins
Dans sa rue ; Tu les vois sous ton toit ;
Mais moi je les côtoie, c’est mesquin,
En une seule personne : Toi !

Tu fouilles mon courrier tous les jours ;
Tu vis dans l’antre de mes parents
Mais ignores qui m’a mise au jour,
Ruses pour jouer l’intempérant

Et tu lorgnes sur le testament
De mon cher père et sur ses avoirs ;
Tu gardes pour toi seul, vers et mans,
Mais ça n’a sûrement rien à voir !…
Pour supporter un pareil époux,
Il faudrait être une sainte aux Cieux…
Et il voudrait me chercher des poux ?!
Je voudrais bien vous y voir, Monsieur ! »

Méfions-nous des mots chantournés,
Des préceptes érigés en édits :
Ils peuvent toujours se retourner
Contre qui les croit… et les dit !

EN ROUTE POUR… SÉOUL

Prise entre robots et rétro,
La ville s’étend et s’élève,
Chante bo-bo et vit micro’,…
C’est déjà demain dans ses rêves
C’est pourtant hier dans sa sève.
Écartelée,
Elle fait d’aujourd’hui une trêve…
Vite éculée.

Dans les lambeaux des lamparos
Elle a clinquant et lueurs brêves
Qu’écrasent - Beau ? - un progrès faraud
Qui court après hier qui crève
Et avant demain, cette grève
Où des marées
D’espoirs, de folies la soulèvent,
Désamarrée…

Séoul - est-ce la peur du glaive ? -
Est sans arrêt ;
Elle vous conduit, vous enlève
Vers des après…

vendredi 1 février 2013

HAÏKU TOUT BOUTE AU NŒUD

Je crains la sénescence :
Quand cette obsolescence
Se rêve renaissance,
Elle est une indécence.

VIETNAMIAN WALK

Les pieds dans la rizière à l’orée des montagnes,
Auprès de la rivière à l’heure des marées,
Par les fondrières des chemins de campagne
Devant une théière, on vient là s’égarer


Rien n’est à corriger.
Rien n’est à négliger.
Leur sablier figé,
Au vrai, sans fustiger…

Au parfum de bruyère, au pays de cocagne,
Le temps d’une prière, au souffle des soirées
« Baguettes & cuillère », on vient à vous narrer
Les mains de l’ouvrière ou la guerre et ses bagnes.

On se sent obligé
D’un regard affligé
Qui n’a rien exigé.
Au diable, rédiger !

On se sent obligé, sans façon, sans décret,
D’un regard affligé, ici, là, d’un sourire
Qui n’a rien exigé, aussi fier que discret.
Au diable rédiger, nul besoin de traduire. 

Au parfum de bruyère,
Le temps d’une prière,
« Baguettes & cuillère »,
Les mains de l’ouvrière…

Rien n’est à corriger, tout ne peut que séduire.
Rien n’est à négliger, l’aveu ni le secret.
Leur sablier figé nous ramène au concret,
Au vrai sans fustiger, au simple sans le dire.

Les pieds dans la rizière,
Auprès de la rivière,
Par les fondrières,
Devant une théière,…

CORPS À CŒUR

Quand tout, toujours, nous accule,
Peut-on, là, chanter ces mains,
Dont l’élan lent te basculent,
Bienvenues sur ce corps nu,
Reconnu en continu,
 Jusqu’au bout du crépuscule ?

Quand tous, partout, spéculent,
 Peut-on, là, chanter ces reins
Dont lent élan me bouscule,
Tout en fougue retenue
Tout en fugue maintenue,
Loin de ceux des opuscules ?!

Tout, désormais, se macule
Car la chair n’est que désirs,
Pas don de soie, abandon de soi,…
Et tout, chez nous, se calcule,
Car la chair n’est que plaisirs
Par abandons de soie, dons de soi…
Et le reste est ridicule !

Quand on veut tout minuscule,
Peut-on, là, chanter ces seins,
Monticules majuscules,
Loin du délit d’hallali
Sur la lie lasse des lits,
Sans en faire un fascicule ?

Et quand tout s’immatricule,
Peut-on, là, chanter ce saint
Des saints, tendre réticule,
Lis embelli qui nous lie
De délices en délits,
Loin d’aucunes pellicules ?!

Tous, désormais, gesticulent
Car la chair n’est que désirs,
Pas don de soie, abandon de soi,…
Et tous se désarticulent
Car la chair n’est que plaisirs
Par abandons de soie, dons de soi…
Pour l’arrondi du pécule !