Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

jeudi 11 août 2022

HAÏKU D’ŒIL RAPIDE ?

À perte de vue, je m’aperçois que les gens ayant courte vue ne voient que personnes à la vue basse.

D’ÉMOIS OU DE MOI ?

Le râle de ce monde à l'agonie
M’importe bien plus, nul ne le nie,
Que la brûlure des heures qui fuient
À l’horloge des nuits d’ennui,
Que la morsure de regrets fébriles
Ou que la cicatrice de cent remords…

Ainsi file la Vie et court, stérile,
Le Temps, notre temps, qui nous est un mors
Avant, vil et vain, engeance virile
Comme gent féminine, par malemort,
De nous plonger, tous, dans l’oubli durable
Des ans à venir, impitoyables,…

Le râle de ce monde à l'agonie
M’importe pourtant plus, je ne le nie…

mardi 9 août 2022

HAÏKU RECOURS COMPLET

Une belle âme ne fait point de mauvais esprit !


À DOÑA CATARINA

Extrait de Belize (Pièce en V actes et en vers)
écrite en juillet 2021 (Acte II, scène 11)

C’est une amie. Juste une amie.
La femme de mon seul ami,
Mort dans mes bras, en Amérique,
Lors de la déroute homérique
De juin de l’an vingt. Promis.


Entre nous, point de compromis
Ni de désir, même à demi,
Ou un sentiment chimérique :
C’est une amie.


Mais je n’abandonnerai mie
L’épouse de feu un ami,
Mort pour la grandeur ibérique,
Un jour devenu historique…

C’est une amie.


dimanche 7 août 2022

HAÏKU FAMILIAL

L’oisiveté, dit-on, est mère de tous les vices. Mais qui en est le père ?


AU GRÉ DE MON TOUPET

À temps de progrès, peuples de paix !

Ainsi on voudrait que ce soit ce monde
Qui nous brise et nous broie. C’est suspect
De combattre les prophètes immondes
Jouant les Cassandre du chaos
Ou les Saint-Jean de l’Apocalypse,
De le faire avec des simples mots,
Malgré raisonneurs qui ellipsent.

À temps de progrès, peuples de paix !
Ainsi j’aimerais que ce soit ce monde
Obscur et moribond, sans respect
Pour qui veut suivre, hors de sa ronde,
Une étoile céleste, un espoir
Pour un firmament de lumière,
Un chemin encore à l’ébauchoir
Qui sinue au-delà de nos nos œillères …

À temps de progrès, peuples de paix :
Amis, ne soyons plus circonspects !

vendredi 5 août 2022

HAÏKU AU CŒUR

Tout ce qui vaut la peine ne se paie pas de pleurs !


LA BALADE DE L'AVEUGLE & DE SES ENFANTS

Extrait de Belize (Pièce en V actes et en vers)
écrite en juillet 2021 (Acte I, scène 20)

Frères chrétiens, vous, qui à nos côtés
Vivez, main sur l’épée, rogue et vainqueur,
Pitié pour les gueux sur le pavé
Qui tant espèrent après votre bon cœur
Et pour qui vous n’avez qu’un mot moqueur,
Une rouste, un oust, un sou pourri,…
Croyez-vous donc que cela nous nourrit ?!
Charité, Messeigneurs!… Soyez bonne âme !
Cessez donc d’engraissez rats et souris,…
Soulagez-nous, au nom de Notre-Dame !


Sœurs chrétiennes, oui, vous, qui tant devez
Prier pour votre salut en un chœur
Croulant d’or et d’ivoire à en crever,
Donnez-nous l’aumône sans haut-le-cœur.
Les manants sont aussi fils de Marie
Ce même s’ils se trouvent fort marris
Que l’évêque en chaire, souvent, les blâme
Comme nés d’un peuple de barbarie.
Soulagez-nous, au nom de Notre-Dame !

Saints Enfants de Dieu qu’on a élevé
Dans la saine peur du Ciel sans rancœur
Et l’amour du Bien le plus achevé,
Offrez-nous le secours d’un grain de riz,
Soyez-nous un recours jamais aigri !
Nous sommes chair et sang, hommes et femmes
Que la fortune a blêmi, flétri, maigri,…
Soulagez-nous, au nom de Notre-Dame !


Seigneur Jésus, vous que sans cesse on prie
Alors, qu’hélas, le sort toujours se rit
Des douleurs, de la colère qui trame
Ce malheur qui, à tous, nous a tout pris…
Soulagez-nous, au nom de Notre-Dame !


mercredi 3 août 2022

HAÏKU À LA TÊTE

À grands esprits, petites phrases.

BON MATIN

L'aube embrase les écharpes de brume
Qui embrassent le bois, incendient ciel,…
Et ces feux se propagent, comme coule miel,
À la terre qui se fait ainsi un costume
De lumières dans ce matin redoré
Où quelques orbes blanches participent
À la curée des couleurs en ce lieu arboré.
Il nous cache les noces augurant le principe
D’un jour nouveau mariant les flammes osées
De brasiers sur la rosée posés…

lundi 1 août 2022

HAÏKU ACMÉ

Les instants de faiblesse donnent parfois naissance à des moments forts !

AUBADE DU PREMIER GALANT

Extrait de Belize (Pièce en V actes et en vers)
écrite en juillet 2021 (Acte I, scène 1)

Mon cœur fuit les frivoles et gît sous mon pourpoint
Mais la nuit vient à point et ma douleur s’envole,
Lors une douceur point car mes mots vers vous volent,
La lune, malivole, en perd son embonpoint.

Mon cœur enfin convole et bat sous mon pourpoint.
Venus en contrepoint, des chants d’oiseaux survolent
Votre ombre qui, là, point à cet huis bénévole,
Mon âme pour vous vole, une étoile en appoint.
Ah, les plaisirs de mai, aux aurores oranges,
Et le désir d’aimer que rien ne dérange,
C’est, ma mie, de l’aubade, et la lettre, et l’esprit.
De baisers essaimer vos sourires ou vos franges,
Et ne plus carêmer, comme ça vous arrange,
C’est, ma mie, d’une aubade, et tout l’être, et le prix.

dimanche 31 juillet 2022

HAÏKU LIQUE FRÉNÉTIQUE

Les bons vivants font-ils de mauvais morts ?!

ÉTUDIANTE

Je suis étudiante…
Certes pas des plus brillantes,
Ni des moins attrayantes,
Oui, juste une étudiante,
Pas une simple cliente
D’une fac’ bienveillante
Aux fines foules bruyantes,
Bref, une étudiante.

Je suis étudiante
Dans une ville grouillante,
Très animée, scintillante
 Et parfois même effrayante,
En piaules défaillante,
Qui me voit ferraillante,
Moi, la fourmi prévoyante,
La petite étudiante…

Oui, une simple étudiante
Qui se fait, chose effrayante,
Au mois échu, « mendiante » :
Oui; vaillante et frétillante,
En soirées mortifiantes
Aux joutes humiliantes
Je paie, toute souriante,
Mon loyer d’étudiante…

vendredi 29 juillet 2022

HAÏ(l)KU’LIQUE

Après une mauvaise crue, essayez une bonne cuite !

ŒILLÈRES EN LA TRÉFLIÈRE

Petite fable affable

Les familières d’une fourmilière
Fort affairées reçurent une courtilière
Qui criait famine par le jardin,
Et ses chaumines, où pareil muscardin
N’est guère apprécié tant ce goinfre baffre
Et crée, en tout lieu, la disette ou ses affres.

Mais nos légionnaires avaient, jadis, le cœur
Sur la main quoiqu’en disent d’aucuns fabulistes.

L’hôtesse vécut de la sueur des sœurs
Qui l’élirent, un jour, Reine, un brin fatalistes
Avant que de souffrir de mille et un regrets :
Les lassèrent poses étudiées, stériles
Paroles,… On en vint vite au violent rejet
Chez des fourmis fébriles, aux mots, dès lors, hostiles :
Les serviles voulaient aller à la curée.
On en oublia que le trône était sacré,
Que la courtilière y avait été mise
Par ce même peuple qui pleurait sa chemise,…

Quant à la reine, elle, elle n’avait pas compris 
Qu’obéissance ne s’obtient à vil prix :
Qui ne sème que maux récolte la révolte,
Surtout si on est, à tous, et pour tout, désinvolte !

Las, certains parleront « hasard », « fatalité »
Alors qu’il n’y a eu là que « causalités » :
L’Histoire, pour l’Oubli, n’est guère élogieuse
Quand la Haine elle, est folie fort contagieuse !

mercredi 27 juillet 2022

HAÏKU DE TRAVERS

8 juin 2021 : Emmanuel Macron s’est bouffé une tarte à Tain (26)

AUGURE OU PRÉSAGE ?

À fleur d’ombrage, je goûtais l’air du temps,
Déjà l’été déshabillait le printemps.

Là, signe des cieux, une aura céleste
Est venue, en rais de lumière lestes,
Se poser doucement, ténus mais têtus,
Sur l'épaule reverdie de cette plaine 
Qui ne s'était pas encore dévêtue 
De brume et y déposer, outre son haleine,
Un divin baiser… en un geste impromptu.
Mais, signe des cieux, cette aura céleste
N’avait rien, pour une fois, de funeste,…

À la fleur de l’âge, je prenais le temps
De dévêtir, ici, mon âme un instant.

lundi 25 juillet 2022

HAÏKU WOKE

D’aucuns se plaignent de souffrances qu’ils n’ont pas connues auprès de gens qu’ils accusent de crimes que ceux-ci n’ont pas commis*.


* Aimablement soufflé par Quentin !

ODYSSÉEN

Petite fable affable d’après Homère
sur une idée de Françoise

Recraché, là, par cette mer,
Qui en avait soupé des hommes,
Ulysse, dépité, amer
Se retrouve, échoué en somme,
Las, sur quelque plage inconnue
Dénué de tout… sale et nu.
 
Et c’est donc ainsi que le trouve
Nausicaa de Phéacie,
Laid à faire peur par les flouves.
Sans en savoir plus, car ici,
Où on mange moins blé que seigle,
L’hospitalité est une règle,
Elle le soigne et le nourrit,
La solidarité n’est pas parole
En l’air ni ignoré le cri
De ceux que le malheur vérole.
La princesse le mena lors
Au souverain, son bon père. Or,
Sans s’interroger sur l’être
En question - était-il héros
Ou mendiant ? - et sans émettre
De réserve, le pot, le rôt
Il lui offrit et traite
Le naufragé comme son pair,
Qu’importaient son accent, son air,…

Cette fraternité née en Grèce,
Où la démocratie sera
Un jour plus qu’une idée nous laisse
Leçon valant mille carats :
Nous qui sommes fils de ces âges
Respectons donc cet héritage !


samedi 23 juillet 2022

RIEN NE SERT D’HAÏKU’RIR

C’est sûr, je reviens de loin… mais je crois bien que je vais y retourner.

NOUS ON RÊVAIT…

À mon inséparable des temps passés, Eric,
d’après Nous on rêvait de Charle Trenet…

Nos années de jeunesse
Dans notre trou paumé,
Condamnés à l’ivresse
Des rêves embaumés,
Nous étions une paire
D’amis goûtant aux arts
De la scène, compères
De rires et de bazar,…

Nous, on rêvait, on rêvait des planches entre potes,
Nous, on rêvait on n’verrait qu’levers de rideaux…
Nous, on savait que les bravos parfois capotent,
Nous, on savait qu’on rêvait tout haut à une vie cadeau…

Aux spots éteints
On donnait la réplique, pleins d’angoisse…
Aux spots éteints, soir et matin,
On apprenait,
Pour dépasser nos peurs et nos poisses ;
On reprenait
Pour s’faire un destin.

Nous, on pensait que dans ce travail était la sève
De tous nos rêves,
On savait, c’est pour ça qu’on rêvait.

Nos années de jeunesse,
Au temps du disco,
Condamnés à l’ivresse
De plaisirs rétros,
Un air de jazz en tête
Et des fers brillants aux pieds,
Nous dansions, en esthètes,
De très vieux films nous hantaient
Car nous, nous, on rêvait, on rêvait des planches entre potes,
Nous, on rêvait on n’verrait qu’levers de rideaux…
Nous, on savait que les bravos parfois capotent,
Nous, on savait qu’on rêvait tout haut à une vie cadeau…

Aux spots éteints
On osait la réplique, toujours jouasses…
Aux spots éteints, soir et matin,
On apprenait
Où se trouvait notre paroisse,
On reprenait
Suivant notre instinct.

Nous, on voulait que dans ce travail soit tout' la sève
De tous nos rêves,
On savait, c’est pour ça qu’on rêvait.

Aux spots éteints
On causait d’un Hollywood pas fadasse…
Aux spots éteints, soir et matin,
On apprenait
Que Broadway verrait nos funny faces,
Et reprenait
La route de not' destin.

Nous, on croyait que dans ce « sans trêve » était la sève
De tous nos rêves,
On voulait, malgré ça on rêvait,
On rêvait…