Petite fable affable
Maître Croco’, sous son arbre couché,
Vient à s’épandre car il fait la gueule,
Lui qui tant aime à se la fendre et moucher
Les fines gueules ou bien les forts en gueule.
Gueule de bois ouvre donc grand sa gueule
À un petit pluvian mal embouché,
Qui, hélas, lui aussi a de la gueule,
Et fort en donne sans s’effaroucher,
Pour philosopher sans s'faire bégueule.
« Dis-moi : pourquoi on n’aime pas ma gueule ?
- Car tu en pues. C’est pour ça qu’on te fuis
Et que moi, là, un peu plus et je dégueule !
Tu donnes de la gueule par ennui,
Même quand tu joues, Pèpère, les gueules
D’amour. « Tu vois, ici, rien n’est fortuit ! »
C’est ce qu’a écrit le penseur Googueule.
- Si t’étais moins adroit tu serais cuit
Car, l’Ami, je te casserais la gueule :
Tu en mets plein la mienne qu’aujourd’hui
Tu te payes par trop. C’est casse-gueule !
Je suis prompt, dit-on, aux gestes gratuits
Et les tronches de raie, moi, j’égueule !
- Passes-toi donc l’envie au brûle-gueule !
Tu crèveras gueule ouverte, douché,
Parce que tes pairs toujours tu engueules
Et que sans fin tu gueules, Sieur Boucher ! »
Maître Croco’, sous son arbre touché,
Ferma, pour une fois, sa grande gueule.
Hélas pour l’oiseau… qui finit bouchée
Ce bien qu’il fut qu’un simple amuse-gueule.
La plupart des soucis que l'on essuie,
Gueules d’apôtre, sont par nous produits.
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