Petite fable affable d’après Jean de La Bruyère
Les gens de mérite ont, las, peu en marmite.
Les médiocres bâfrent comme faux ermites.
Un lynx austère et droit en prend son parti,
Pas un glouton ne manquant de réparti
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Qui, chaque jour, dit, à tous, car il le pense
Qui’l faut moins nourrir son esprit que sa panse.
Notre goinfre alla donc voir le roi puma
Et lui fait, en préface, avant les frimas,
Un ample hommage, une longue dédicace
Où la gloire du félin côtoie sa grâce,
Sa libéralité appelant respect
Et quelques révérences au parfum bien suspect.
Puis entre mille autres caresses verbales
Il jure ses foi et soumission totale
Au fauve, afin de, sans être son égal,
Avoir un beau rang dans le règne animal.
Elle méritait d’être ouïe cette chute
Quoi qu’elle vînt après de longues minutes.
Il est certains rois à qui cela convient
Mais ils sont rarement hommes de bien.
Bonnes gens comme nous, à d’aucuns Auguste,
Ça froisse les oreilles, courbe le buste ;
C’est le cas de notre souverain bien roux,
Et là, hélas, c’est l’ire ou c’est le courroux.
« À ma cour, point de pension et pas de poste
À qui fait du plat de la langue, Anagnoste !
C’est pire qu’injure ordurière, à bon droit,
Qu’un éloge aussi puant et maladroit. »
Il croqua celui qui voulait sans ambages,
Manger bien gras et tout à son avantage…
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