Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 14 mars 2018

mardi 13 mars 2018

HAIKU’R

Un amour qui n’est fait que de présents n’a guère d’avenir.

LE TÉMÉRAIRE BOUQUETIN

Petite fable affable

Un bouquetin, pied sûr et port de tête
Altier, les cornes au vent se veut vainqueur
De tout péril ou danger, courage au cœur.
Qu’un lieu lui résiste, et là il s’entête.

Il est passé, de chaos en éboulis,
Et passe d’arête en ravin - Quel vertige ? -
Comme il passera, en quête de prestige
De la crête à la cime, sans faire un pli…

Jamais, lui, il ne recule ou n’hésite :
La montagne est un petit terrain de jeu
Que la crainte ou, pire, la peur ne visite
Pas. Chacun chez soi. C’est de sa vie l’enjeu !

Par les monts et les vaux, ce beau capricorne
Fait de l’obstination une vertu,
Point battu, pas abattu ni courbatu ;
L’opiniâtreté n’a aucune borne !

Et c’est ainsi que périt ce bouquetin
Qui se moquait de la prudence de l’âne,
De l’isard précautionneux dès matin,…
Trop tenter le sort, tôt ou tard, vous condamne…

dimanche 11 mars 2018

HAIKU’C

Une pensée est un bouton d’idée, une idée la fleur d’une pensée.

ÇA VA !

Chéri, qu’est-ce que tu crois ?
Qu’à cause de tes mots je pleure ? 
Qu’l’émotion brise ma voix ?
Non, c'est la pluie qui te leurre.
Oui, je suis plus fort que ça.
T’en aimes un autre, et alors ?
 Tu pars. Ben va-t-en. Fissa !
Et sois plus heureus’ quand même

Je vais bien. Je vais très bien.
Pour ton bien. Et pour le mien.

Ça va. Vois les oiseaux chantent.
Ça va et tout ça m’enchante…
J’vais pouvoir fair’ la java.
Ça va, va… Je t’dis qu’ça va.

Notre histoire était trop belle.
On s’est fait des souvenirs
Pour mieux remplir nos poubelles,
Pour mieux jauger l’avenir,
Pour mieux juger de ma chance
De me retrouver tout seul.
La turbulence n’est que turbulence
Et qu’l’amour a maints linceuls.

Je vais bien. Je vais très bien.
Pour ton bien. Et pour le mien.

Ça va. La vie pas méchanten
Fais que ça va. T’es touchante
De t’inquiéter à tout-va
Ça va, va… Et adieu-vat !

Pens’ pas à moi. Bonne route !
Ne l’embrasse pas pour moi
C’était qu’mon pote, cet’ croûte
Avec qui tu connais l’émoi !

Ça va. Vois les oiseaux chantent.
Ça va et tout ça m’enchante…
J’vais pouvoir fair’ la java.
Ça va, va… Je t’dis qu’ça va.

vendredi 9 mars 2018

HAIKU’T

Si vous trouver la liberté trop pesante essayez un régime dictatorial !

LE DINDON DES CIMES & LA PERDRIX DES NEIGES

Petite fable affable

Alors que la nature entre en son cocon,
Un grand tétras, un de ces dindons des cimes,
Que l’Homme ne croît que coq, dans les flocons
 Tombés, fier de sa livrée chiquissime,
Paradait, le pied sûr : ce blanc manteau
Rendait bien plus beau encor’ ce pataud.

Voulant que chacun partageât, ici même,
 Son admiration pour lui, blasphème,
Il s’en ouvrit à sa cousine perdrix
Qu’on nomme dans ces montagnes lagopède
Qui elle, avait remis, sans clabauderie,
Son plumage de saison sans l’intermède.

Il dit, se prenant pour le Prince Édouard :
« As-tu la témérité d’être couard
En ce temps où chacun n’a que le courage 
De se taire ou, las, de s’auto-flageller ?
As-tu honte des on-dits et des commérages 
Sur tes fades plumes d’été ocellées ? 
Te voilà, bête en tenue de camouflage !

- Hantant nos hauteurs, loin de leurs villages,
Nous arrivent, bon Maître Coq, des chasseurs.
Je me cache pour ne pas finir mortadelle
Dans les mains de ces monstres, fins rôtisseurs,
La peur ne me donnant jamais assez d’ailes.

- Qu’importent ces Humains, sois heureux de vivre
Et de ce que la Nature t’a fait libre !

- On le reste pas longtemps, encostumé
Comme tu l’es, quand  le danger est célastre :
Si le fumet du bonheur n’est que fumée,
L’ombre du malheur est déjà un désastre ! »

mercredi 7 mars 2018

HAÏKU’L

Ennui à minuit nuit à la nuit…

INVITE

Viens donc dans nos venelles
Voir nos misères ou la faim
Et l’enfance criminelle.

Toi qu’es fringué en flanelle
Et qui joues, là, les becs fins,
Viens donc dans nos venelles.

L’ordure est originelle,
Un moyen comme une fin,
Et l’enfance criminelle.

On vend son cul, ses prunelles,…
On tue l’autre à la parfin.
Viens donc dans nos venelles !

La mort veille en sentinelle
Sur les chipeurs, les biffins
Et l’enfance criminelle.

Toi qu’effraient nos vaccinelles, 
Nos frusqu’, not’ crasse, nos parfums
Et l’enfance criminelle,
Viens donc dans nos venelles !

lundi 5 mars 2018

HAÏKU’R NICHONS !

Il est des gens qui ont l’esprit tellement ouvert qu’il ne souffle que courants d’air sous leur crâne !

LE CURÉ CONTRARIÉ

Petite fable affable

Voulant remettre l’Eglise au cœur du village,
Notre bedonnant curé, hors d’haleine et d’âge,
Multiplie à gré, en sa paroisse d’impies,
La piété en étole et le zèle en soutane,
En plus des messes boudées des vieilles pies
Dont l’esprit va en savates et l’âme en tatanes,
Veillées, carêmes, offrandes ou processions
Prières communes, publiques pénitences
Pour qu’advienne divine intercession
Sur son troupeau perdu et sans repentance,
De ses ouailles boudant la céleste instance.

Le vieux calotté, culotté, expliquait
À qui, las, ne pouvait rien lui répliquer,
En sus, que les gelées tardives ou précoces
La sécheresse, les orages destructeurs,
La météo, rosse, qui vous cherche des crosses,
Quoi que nous disent les esprits réducteurs
Sont autant de châtiments d’un Dieu colère
Qu’on oublie et abandonne, cloué aux murs
D’une église désertée, que l’atrabilaire
Se venge d’un temps qui s’croyait sûr et mûr.

Sale défaite pour le bougre : notre salle
Des fêtes compte, hélas, toujours plus que les stalles,
Sous sa chaire, de fidèles communiant
Dans la fraternité du moment et des Hommes.
Le maire en rit. L’autre y voit inconvénient
Et vertement le tance en public, pauvre pomme.
« Je n’admettrai jamais, ton Dieu m’est témoin,
Comme cause de ce que je ne comprends guère,
Ou pas, une chose qu’tu comprends encor’ moins ! »
Osa le maire avec qui le Père est en guerre,
Paraphrasant le « Divin Marquis » de naguère.

dimanche 4 mars 2018

samedi 3 mars 2018

HAÏKU’VERTURE CHAUFFANTE

L’obscurité la plus totale n’a jamais empêché une nuit blanche !

LES VERS DU NEZ

À E. Rostand et, surtout, à son Cyrano…

Ayant fort ouï « la tirade du nez »
De Cyrano de Bergerac, mon aîné,
J’ai décidé de me tirer les vers du nez
Moi-même, comme un petit pied de nez
Pour voir cancaner femelles boucanées
Et s’escaner mâles aimant à chicaner.

Oui avant de caner, cette année, sans crâner
Avant que de faner, quitte à être damné,
J‘veux ahaner à m’en faire encabaner,
Comme mon puiné que j’ai dans le nez,
Car il m’estime suranné, condamné,…
Alors qu’enturbanné il aime à tant ricaner
De mes mots, à paonner, à se pavaner
Quand moi je préfère hélas flâner, vanné
Par l’exercice, soit-il momentané,
Qui consiste à glaner l’instant qui a plané,
La sensation qui en a émané,…
Ce satané trépané ne sait que tanner !

Ce gibier de prytanée, spontané,
Cette âme panée pour se dédouaner,
Quoique d’a priori enrubannée,
Goûte henné ou cuisine safranée, 
Cause aux basanés de Méditerranée,…
Est-il moins un chouan en simultané ?

Voilà un familial instantané,
Petites miscellanées d’aliéné
Dans lequel l’avoinée parfois monte au nez
Pour dépanner un jour funeste où égrener
Des vers me fut difficile, gêné ou freiné
Par l’inspiration bonne à parrainer
Confessions de traînées du Rouennais
Ou scanner un siècle talibanais
Dans pays rasséréné, charlatané
En sous-cutané,… C’est moins spontané,
Plus commun - c’est aisé de morigéner ! - 
Sous ma plume toujours prompte à tataner.
Je pars, las, m’oxygéner en Pyrénées !

jeudi 1 mars 2018

HAÏKU’R SIZION

Le « savoir faire » est inutile sans le « faire savoir » !

LES PÉTANQUEURS

Petite fable affable

Notre petit « Coin des Menteurs » vaut bien 
Le bon tribunal siégeant, ô combien
Souvent, sur le banc vermoulu de nos ménines.

Il est un autre lieu où on s’agglutine.
C’est un petit morceau de place abandonnée
À tous ceux n’ont pas encor’ perdu la boule
Et s’y exercent, sur sol engravillonné,
Cochonnet en visée. Et ça vole et ça roule,
Avec concert de noms d’oiseaux, de rires gras
Et d’apostrophes, l’ami, plus ou moins fines.
Car ce qui travaille le plus n’est pas le bras,
C’est la langue : on brode sans paraffine
Sur la rumeur du jour, puis on réécrit
Son histoire, et sans plus de sans façon on enterre 
À nouveau les morts mais plus profond sous la terre.

Et comme on est tous un peu parents par ici,
On s’informe, relaie, commente et juge aussi
Sur ceux du village ou ceux de celui tout proche,
Et comme le cœur, chez nous, n’est pas que de roche
On compatit parfois au malheur d’un prochain,
Un cocu bien sûr, si on en croit les dires
Des vieilles du chêne ; on maudit le crachin ;
La météo à venir on vient prédire,…

Bref, rien à voir avec les bigotes, pardi,
Qui, elles, te causent pour causer ces bavardes
N’ayant rien de mieux à faire, bigoudis
Et dentiers assortis à leurs noires hardes.

Sans donner supplément d’âme, langue acérée
N’est pas apanage de femmes, hommes à bérets !

mardi 27 février 2018

HAÏKU PERMIS ?

Mon moi cherche un toit pour ne pas finir en noue.

RIEN QU’UNE BANDE DE CONTES…

Édito’  pour  RuedesFables,  février  2018

          Les cloches comme les cons sonnent mais la fable est un conte. Pas un mécompte, ni un gros conte comme ses pieds : un petit conte ; conte comme la lune parfois mais aussi plaisant qu’icelle quand elle est pleine. Un conte courant certes, mais c’est bel et bien une nouvelle, soit-elle paradoxalement vieille, qui thésaurise l’esprit de gros et au détail car un conte, c’est connu « ça ose tout et c’est même à ça qu’on les reconnaît ! » comme aurait dit l’irremplaçable M. Audiard.

     Ce type de conte, engageante poésie engagée, épargne peu et dépense maigre mais on opine à l’avis à bon compte. Dans ces bluettes qui ont bercé notre enfance et fait enrager nos enseignants soignés se signant en saignant on conte la vie autant qu’on raconte ce et ceux qui la peuplent. On appelle cela la sagesse populaire. Car les fables nous ont fait, quand le conte est bon, moins philosophes que penseurs car elles, elles, n’ont pas de système à prôner, de thèse à défendre ou d’idée(s) à vendre : souhaitant plus dire le vrai - aussi douloureux soit-il - que convaincre, ces avocates du bon sens rendent compte de nous, tout simplement, et de notre quotidien - défauts et qualités, droiture et travers, mœurs et pensées - et ainsi les bons contes font-ils les bonzes amis !

     Ici, vous en trouverez des lignes de contes car RuedesFables ne se paie pas de mots : on y échange en monnaie de conte, qui vaut bien celle du singe. Vous nous y demandez, à nous conteurs à gages ou conteurs éclectiques, sans cesse des contes - rimes des Anciens, raisons des Modernes - pensant qu’à conte tenu morale due. Mais comment les fabulistes d’hier et d’aujourd’hui font-ils leurs contes, me diriez-vous si je vous donnais cette parole que vous répugnez à prendre, après la lecture d’une de nos historiettes, contes donnés à publier, réglés comme papier à musique ?… En suant et en transpirant, car c’est un travail de bénédictin ou d’horloger - ou d’horloger bénédictin - que de polir un vers et de le ciseler pour qu’il offre quelque éclat à un conte nu. Car, ici, chacun travaille à son conte… le prochain bien sûr. Plus confiant dans l’avenir que dans le passé où s’ancrent des récits laissés pour conte. Parfois, si l’aventure contée vous plaît, vous nous demandez des contes. D’autres contes, s’entend… mais pas dans cent ans. Alors on se remet à l’ouvrage qui, peut-être, un jour viendra si Dieu que tous ces vendus à jeter de moralistes - au sens « Grand Siècle » du terme -  louent pour ce qu’il donne, leur prête vie. J’espère que vous vous rendez mieux compte que les fables vous en content… - pas que sur les doigts de cette main où je compte mes pieds - et que les faire en raconte.
     Au bout du conte, plutôt ouvert et pas que d’esprit, avec cet édito’-là le conte est clos, car vous y avez eu votre conte sans doute, chers Dracula qui vampirisez des yeux le sang de mes maux. Ne le conservez pas en banque ; il s’y endormirait ou s’y étiolerait comme un laissé-pour-compte : la fable est un conte qui se partage de toi à moi, de lui à nous, de pas d’âge jusqu’à plus d’âge, d’ici à là et d’ailleurs à plus loin. Alors diffusez sans compter pour qu’en fin de conte, la fable demeure un horizon qui illumine notre esprit et réjouisse notre cœur. Une science du plaisir. Un plaisir de sciences. Ainsi, ni pédante ni cuistre, dans la simple crudité de ses vers, sans verbe creux ni mots gonflants, tout Guillaume, toute Margot y trouvera son conte, y compris l’apothicaire ou l’épicier. À ce conte-là, conte-cheikh ou conte des pots, et seulement à ce conte-là, il est bon le conte comme on disait jadis et naguère sur nos petits écrans !
     Voilà, sans nul escompte, il n’y a plus qu’à vous rendre conte - joint ou juillet… voire plus si affinités - dans les pages qui se multiplient, à bon compte, sur ce site où l’on peut être à son conte comme user du conte d’un autre sans rendre compte à quiconque : la fable, libre par nature, libératrice par essence, s’offre à tous comme elle se donne à chacun sans acompte. Prenez-en votre part sans barguigner, la générosité n’est pas si loin du conte, surtout s’il est de cette race que l’on n’a pas à rendre… Et sur ce point - je n’ose écrire « pour le compte » ! - il n’est de conte à demi qu’il ne faille prendre en conte, soyez-vous archonte ou « trop bon trop con »… comme un balai.
     Foin de tout décompte du temps ou des heures, j’espère donc que vous allez trouver, ce mois-ci encore, autant que les précédents et moins que les suivants, votre conte affable dans notre bonne vieille RuedesFables (10 ans passés déjà !), ce piège à contes qui vous doit toujours des contes… et vous les donne, puisant chaque jour un peu plus dans son compte en branques pour vous offrir des nouvelles rimées qui contestent à terre, car elles n’ont rien de célestes - entre nous, point de conte en cieux - quoique beaucoup sont divines comme la comédie humaine qu’elles relatent !

     Alors, fabuleusement vôtre !

dimanche 25 février 2018

HAÏKU’ESTION

Comment vivre avec son temps alors quand on ne se sent pas de son époque ?

LES HEURES CREUSES

Jour de neuvaine de papa…

Il n'a pas tort celui qui, sans remords,
Dit aux très vieux sages comme aux pucelles
Que si rien n’est plus certain que notre mort
Rien n’est plus incertain que la date d’ycelle.
En attendant, de la jeunesse du jour
Qui accouche de « oui » et de « toujours »,
Vient la mort lasse de nos nuits sans rêves,
Où naissent des « non » et des « jamais »,… Sans trêve,
Les folles minutes ne nous parlent que de mort,
Une à une les heures creusent nos tombes,
Louent les mérites d’hiers faits croquemorts
De souvenirs qui partent au loin, en trombe,
Et d’un aujourd’hui restant prisonnier
Du jeu d’aiguilles qui nous fait nous nier…

Il n'a pas tort celui qui, à malemort,
Dit aux barbons barbants comme aux jouvencelles
Que si rien n’est plus certain que notre mort
Rien n’est plus incertain que la date d’ycelle.
En attendant, pour un jour ou un instant,
On voudrait figer l’horloge qui nous tisse
Un destin subi, une espèce de temps
Que l’on croit nôtre, brodé d’injustices :
Pour nous amener dans les dents de la Mort,
Une à une les heures creusent nos tombes,
Moissonnent nos corps, regrets et remords 
Et vendangent même le sang des colombes.
Mais si, las, toute heure te blesse ou t’abat
Seule la dernière tue ici-bas.

samedi 24 février 2018

HAÏKU’VOITURAGE

S’il est vrai qu’ « on a l’âge de ses artères », bien de nos villes sont d’antiques cités !

vendredi 23 février 2018

HAÏKU’MBAT

Les hypocondriaques ?… Ça me rend malade !

TOURMENTS AU TOURNANT

Après le 11 février 2018

Mots fades face au diktat des Moires…
Il est parti, à peine grison,
 M’apportant tout un flot d’idées noires
Nées de l’autre côté de l’horizon.
Cette peine qui m’est une chaîne,
Me fait ombre, mécanique usée,
Érodée, élimée, cérusée,…
La douleur a ébranlé le chêne
Prostré, l’a rendu désabusé…

Titubant mais debout face aux Moires !
L’acier du ciel pèse de plomb
Sur les ruines de ma mémoire
Que balaient des vents d’oublis félons
Ravagée d’averses et des lames,
De tsunamis, fruits de souvenirs
Las obscurcissant tout avenir.
Le désespoir résonne en vacarme
Mais le chagrin ne veut pas venir…

Les mots semblables lassent les Moires :
Mon passé en pièces est à bas,
S’efface sur le divin grimoire.
Héritier d’un nom qui gît là-bas
Dégoûté de ce moi tristissime,
Me voilà veuf de mon sang,
Orphelin sombre et pâlissant,
Affligé d’un présent fait abîme
Allant vers un demain vieillissant.

Mes maux sont le lourd tribut des Moires :
Regret et remords en lourds boulets,
Je marche à mon tour vers le ciboire,
Effondré, ravagé, gorge en goulet,…
Il n’y aura plus d’aube naissante,
Les pleurs me coulent en dedans du cœur,
Acides, ils corrodent ma vigueur.
Finies les aurores triomphantes,
J’ai des cendres en bouche et des rancœurs.