Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 21 décembre 2014

LE FABULISTE INÉDITÉ

Las de lanterner, de rester en carafe,
Autrement dit d’encor’ peigner la girafe
Ou, pis, de laisser pisser le mérinos,
Je ronge les mots comme le chien son os,
Avec dans la voix une envie de cigale
Et des légions de fourmis dans les idées.
Voilà pourquoi j’ai une telle fringale
D’offrir des fables quelque peu débridées.

Ça ne fait pas, ma foi, de bien grandes œuvres
Car je vous fais avaler tant de couleuvres,
Vous dont on mange la laine sur le dos
Comme à un mouton. À l’orée du dodo,
Face à vos silences, à votre dilemme,
Je sens, las, que vous oubliez que mes champs
Ont un charme d’antan, un humour que j’aime
À croire assez fin pour ne pas nuire au chant.

Vrai, fier comme un pou, j’en fais des brouettes
Avec un canard boiteux, pas très chouette
Quand trop il ménage la chèvre et le chou,
Ou les aventures d’un juge mandchou
Qui, pris sans vert, joue toujours la fine mouche.
Ces histoires, pas piquées des hannetons,
Certains vents me les soufflent en escarmouche
Et je vous les sers, pas toujours de très bon ton.

Sans faim et sans fin, je les baye aux corneilles 
Qui vous les offrent en gerbes, en corbeilles,…
À vous qui baillez d’ennui dans le réel,
Pour vous faire rêver, péché véniel.
Cette roupie de sansonnet qui exaspère
Parfois, intrigue souvent ou sonne faux
Pour certains, mi-chèvre mi chou je l’espère
Opus, et donc… j’attends. Mais point trop n’en faut.

samedi 20 décembre 2014

vendredi 19 décembre 2014

HAÏKU’R SUR LE HARICOT

J’ai remarqué que, souvent, les gens insupportables ne supportent rien.

ENTRE HIER & DEMAIN

Entre hier et demain, ma ville est mobile :
On réhabilite, on bâtit, on reconstruit,…
Pour toujours plus d'hommes et plus d'automobiles
Qui rêvent de s'enfuir : tout ça les déconstruit.

Entre hier et demain, ma ville est mobile :
On rase et on rénove, on conserve ou détruit,…
Au milieu de fumées noires et de cent bruits.
Il n'y a que moi qu'on a planté, immobile.

On ravale et farde, on masque et la rajeunit ;
Entre hier et demain, ma ville est mobile.
Il n'y a que moi qui vieillis, sépia jauni.

Sous des nues trop chargées ma mémoire strobile,
De mes paysages, on l'a trop dégarnie.
Hier est loin, demain proche aux villes mobiles !

jeudi 18 décembre 2014

mercredi 17 décembre 2014

POUR TIRER L’HAÏKU VERTURE À MOI

Même par grand froid, je ne parle pas à mots couverts.

LES SOURIS QUI TRAÇAIENT

Petite fable affable

Sur un parquet tout crotté,
Dans une chambre oubliée,
Famille Souris trottait.
Affairés, sans babiller,
On courait, se bousculait,
Pressé par on ne sait quoi
Qui semblait vous acculer
À l’urgence, à rester coi.

Pourtant, ici, point d’humain
Et encore moins de chat !
Mais on filait des gamins
Aux plus vieux des poussah.
C’est à croire que demain
N’existerait pas pour eux !

Venu en un tournemain,
Un rat blanc, poussiéreux,
Les troubla quelques instants,
Inquisita quelqu’un.
On répond à l’insistant 
Qui passe pour importun :

« Cherche comme si tu vas trouver ;
Et trouve comme si tu avais
À chercher bien plus opportun ! »

ENDURER EN DURÉE

Ah ! prétendre
À connaître, un jour, l’Édition
C’est, las, souffrir l’extraordinaire
Passion de la création
Puis attendre…

Mais attendre 
Assèche en vous l’inspiration
Et dessèche votre imaginaire
Sans aucune récréation
Pour distendre
Ou détendre
Un long temps de glaciation,
Fait de cent questions liminaires,
S'angoissant sans distanciation.
Car pour tendre,
Oui prétendre
À connaître, un jour, l’Édition
On subit des doutes rubanaires,
Des craintes sans expiation,
À attendre.

Sans entendre,
Que, dans la renonciation
Proche, survit l’espoir mercenaire
Qui offre au temps sans filiation
De s’ étendre…

mardi 16 décembre 2014

HAÏKU DE BAGUETTE MAGIQUE ?

Pourquoi les « actrices » et autres « acteurs » de télé-réalité
si pauvres en pudeurs sont-ils si riches en vanité ?

lundi 15 décembre 2014

PETIT HAÏKU‘R DU SOIR

Méfions-nous des mots qui pourraient prêter à contusions.

LE PORT MORT

Lassées, laissées, des grues dressées.
Y a-t-il ici âme qui vive ?
D'un bout à l'autre de la rive :
Entrepôts fermés, entassés
Barges larguées, camions pressés
Passant un peu à la dérive,
Lassés, laissés…

Dans ce vain monde intéressé,
L'architecture est trop massive
Et oppressante, et oppressive :
Le Vite et le Vide ont tressé,
Lassé, laissé,…

samedi 13 décembre 2014

HAÏKU RAGE, FRAYONS !

Omission et compromission, depuis l’Antique,
Sont les deux mamelles de l’homme politique.

RESTONS POLI, MÈRE !

Depuis Homère, et peut-être sa grand-mère,
Nos vies, autour de fols espoirs, s’agglomèrent.
Ce sont souvent des chimères amères
- Projets au long cours ou rêves éphémères -
Qui nous font oublier frimaire et brumaire,
Les soucis, les entraves qu’on énumère,
Tout en gros maux à la grammaire sommaire
Et, parfois, en larmes versées, douce-amères.

Dans le lit, une commère intérimaire,
Pour les plaisirs fous et les désirs primaires,
Faite mémère, passée devant le maire,
Toute en botox et en prothèses mammaires,
C’est tout ce qu’on conglomère, victimaire,
Avant de se coucher sous la roche mère.
Nos vies, vite au vide banal s’agglomèrent,
Depuis Homère, ou peut-être sa grand-mère…

CAUCHEMAR D’AILLEURS

Petite fable affable

Aux portes du désert, oui, là où Râ est rosse,
Où le dromadaire aime à rouler sa bosse
Et le chameau se faire vache,
Les palmiers, au vent chaud, se lâchent.
Vient le temps plus lent où, dans l’air amolli,
Ali, sous les lilas, trouve à se faire un lit.
C’est l’heure où l‘Angliche en short, lui, nous fait le singe,
Nageant dans sa sueur, décolorant son linge ;
Le fils d’Allah songe aux prairies,
À l’eau, aux fleurs et aux houris.

Loin de son oasis, le sablier s’écoule
Bien plus lentement. La rêverie le saoule : 
Il voit le palais de son sultan, heureux
Puisque riche à foison, tout puissant et fort preux.
Mieux, dans son rêve, il le rencontre,
Lui, le fellah, et jà lui montre
Le respect que l’on doit à son sang, à son rang,
Mais ce seigneur le toise, alors qu’il est si grand,
Pour avoir dérangé son maître
Sans raison, on lui fait connaître
La privation de biens, de droit, de liberté,…
Le voilà esclave. Et des plus maltraités.
Il en appelle alors au juge.
Mais son prince encore le gruge,
Produisant cent papiers et preuves falsifiées,
Tempêtant d’avoir eu, lui, à se justifier.
Ali fut conduit aux galères,
Connut le fouet pour salaire.
Le pire fut qu’il dut, ruiné, payer les frais
- Procès, prison, chiourme,… - et cela par arrêt
De la haute cour du monarque
Dont Ali, désormais, remarque
Qu’il est plus pingre qu’un bédouin qui va manquer
D’eau pour tout son troupeau déjà trop efflanqué.
Insultant, il fait à la peste :
« Un sultan qui a tout, en reste,
Dont le sourire amer et bonheur feint sont fruits
De sa mauvaiseté, géhenne lui soit puits ! »

Aux portes du désert, Ali enfin s’éveille.
Il est là, chez lui, non au palais des merveilles…
Du rêve, le maure alité
Tire cette moralité :
« Sur terre, la maison, ma foi, la plus heureuse
Est celle qui ne doit à des valeurs creuses
Ou à l’injustice ses biens,
Qui ne les conserve en rien
Par la mauvaise foi et à qui ses dépenses
Ne crée nul repentir*. La mienne a cette chance ! »

* D’après l'ami Solon (-640/-558)


Illustration : Élisa Satgé, été 2019


vendredi 12 décembre 2014

HAÏKU’CKTAIL EXOTIQUE ?

Pour faire du commerce, de la banque ou de la politique,
il faut avoir le sens des affaires.
C’est pour cela que lorsque cela finit en eau de boudin,
les « innocents » y ont souvent les mains pleines.

jeudi 11 décembre 2014

HAÏKU TAUPORTES

Je n’ai de beaux traits que d’esprit mais j’aime la Nature
qui ne m’a pas été généreuse car je ne suis pas (trop) rancunier.

L’OISELLE ÉCERVELÉE

Petite fable affable
d’après des aphorismes de Jules Renard

N’ayant plus l’âge de mourir jeune,
Un moineau rapinant les poubelles
D’un quartier huppé, où on déjeune
Sans faim ni fin, épouse sa Belle.

À la première couvée leur naît
Une fille adorant vers et naïs.
De platane en banc, puis en bitume,
Il lui apprit à survivre en ville,
À en connaître bruits, us, coutumes,…
Comme à fuir la main incivile
Donnant pour prendre ou intercepter.
« Essaie de ne rien accepter
De ces mains que jamais tu n’approches
Si elles n’offrent rien. Facile ! »

Mais cette moinelle n’entend croche
À ce que dit papa : l’indocile
N’en fait qu'à sa tête. Ah ! les enfants,
Que de vains tourments, même infants !

Il a beau lui mettre un abattage,
Quand de prêter il la décourage,
Tout à son jeune âge, elle partage
Ses prises avec tout entourage
Alors que pour un petit oiseau
Vivre ainsi est sot et, pis, maso.
Aussi quand l’été se fait la paire,
Les amis partis, dès lors gracile,
Amère, elle meurt, loin de son père
Qui lui disait qu’il est plus facile
 D’être généreux, à satiété, 
Que de ne jamais le regretter !

FERS AU FEU, FEU L’ENFER

Foin de foi,
Loin des fars,
On a Foix,
Fort sans fard
Qui fut faix
Puis défait
Sans défaut 
Par la faux,
De sans foie, 
De fats fous
De toufou,
 Fins parfois
Pour se faire
Des affaires.

For des fées,
Fi du flou,
Dans les faits,  
Foix c’est fou :
Il y fault
Et nous faut
De l’afflux
Dans les flux
D’fûts sans fonds
Qui nous font 
Tant d’effet,
Si parfaits
Pour s’défaire
Dans l’affaire.

mercredi 10 décembre 2014

HAÏKU D’AVANCE

Les cabinets ministériels ne sont pas des lieux d’aisance en l’État, et pourtant on y voit bien des merdeux qui nous font grandement ch…. 

mardi 9 décembre 2014

HAÏKU TILLE

Le spleen de  Paris ?…C’est « Les pleurs du mâle » !

LA COCCINELLE DES BRUNELLES

Petite fable affable

Sotte comme une puce et fière comme un pou,
Parlant faux, causant fourbe ou usant de fallace,
Une coccinelle jouait, en mal d’époux,
À être une « Belle à Bon Dieu » : toujours fort lasse
Et allongée, sur l’herbe aux prés, cette beauté
Passait et usait son temps en cochoncetés 
Qu’elle nommait « Amour ». Tous les coléoptères
Qui pourtant, toujours, à son appel obtempèrent,
La nommaient, en douce, « La sangsue alitée » ;
Elle dont le cri de guerre était, brise ou bise,
« Long vit aux cons ! » et la fière devise,
« Messieurs, l’existence procède des sens ! ». Ite

Elle avait du crédit mais n’offrait, ma foi, guère 
D’intérêt par l’esprit. Elle affirma, naguère,
Que si les miséreux “tirent le Diable par 
La queue” c'est bien que la pauvreté, au départ,
Est mère de toute perversité. La belle
Était, hélas, une vraie bête ! Les libelles
En firent, au bon peuple de l’herbe, amplement part.

Si la coccinelle du buzz est une experte,
Ses brêves de boudoir faisant leur tour de champ,
C’est qu’à peine largués, pieds et mots alertes,
Ses amants d’un matin les colportent, méchants.
Chez ces bêtes, tout con primé est ingérable 
Surtout s’il s’est cassé. La chose est imparable :
Après avoir été louée par ces vendus,
Risée, elle est tondue par maints sous-entendus !
Mais peu lui importe, demain, la belle épouse
Un vieux cafard qui fut très longtemps malheureux
De ne pas aimer et malchanceux, ce peureux,
De ne pas être aimé. La voilà donc pépouze !

Cela mettra-t-il fin aux coccinelles faims ?
C’est sûr : l’insatiable voit bien venir sa fin. 
Une sauterelle plus arrangeante rode,
La langue aussi verte que le corps, c’est commode !,
Se laissant le terrain de jeu asticoter.
Ici bas, l’oubli fait toute la nouveauté… 
Et tout le reste n’est qu’une question de mode. 


Illustration : Élisa Satgé (été 2019)

lundi 8 décembre 2014

HAÏKU ‘R DE SOUTIEN

Bien des hommes publics d’aujourd’hui ont été privé d’Humanités !
Dessin : David Sanjaume, décembre 2014

dimanche 7 décembre 2014

HAÏKU TELAS

Certains ont les traits comme des couteaux… : tirés !

FIN DE NON-REÇEVOIR

Tout est fini, rien ne va plus :
Le fil bien ténu est rompu ;
Il gît là, brisé, corrompu,…
Matois, il nous nargue au surplus.

Leur attitude m’a déplu,
Ils ont couru  la repue
D’un dialogue interrompu
Ils ont mon silence. Et pas plus.

Alors on chuchote, on murmure
Face à mon regard qui mure
Mes rage et dépit sans espoir.

J’ai comme un sale goût en gorge
Et la tête comme une forge :
Me heurter à eux, c’est déchoir !

UN TRAVAIL DE MANCHOT !

Petite fable affable d'après un travail de Camille Lesterle


Dans la fort grande maison d’un clerc obscur
Que personne ne pouvait voir en peinture,
Sur un grand tableau, et plus vrais que nature,
Paradaient des empereurs par les temps durs
Et les hautes montagnes de l’Antarctique.
La toile fait frissonner, emblématique
Du lieu et de son hôte, un peu madur.
Nos manchots s’ennuyaient lès ces montagnes
Éblouissantes qu’ils n’atteindraient jamais.
Ils voulaient quitter, même un seul jour, ce bagne
Blanc et aveuglant pour la lune aimée,
Comme le chat du Cheshire souriante,
Dans une nuit aux ombres insouciantes
Fleurie d’étoiles, à la volée semées.

Un soir, un manteau d’ombres pour complice,
Ils fuient leur monde avec, pour toboggan,
Les moulures d’un tableau intrigant
Qu’ils ne peuvent plus encadrer. Ils glissent
Ainsi, hors la toile, sur le bahut
De bon bois brun tout en joie et chahut.
Fini d’être figés au froid supplice !

On ne vit, oncques, oiseaux plus heureux.

Par les deux bouts ils brûlaient la chandelle :
Libres, dans un grand salon chaleureux,
Sa vitre ouvrant sur la nuit, irréelle.
Ils vivaient sur un grand pied, déliés,
Quoique étant dans leurs petits souliers
Car Phoebe, s’enfuit comme brigandelle,
Son règne n’étant que momentané :
Le matin les remettrait dans le cadre.
Mais le jeu en valait, pour cette escadre,
La chandelle : se désencabaner,
Ne plus être enfermé dans cette croûte,
Marcher à son pas et choisir sa route,…
Nos manchots, à leur gré, enfin flânaient !

L’aube pointant son nez, nos héros veulent

Rentrer en usant d’un chandelier veuf
De celles qu’on allume, coup de bluff
Des soupers galants chers à nos aïeules,
Pour mieux les souffler ou les moucher.
Le premier monte, sans s’effaroucher ;
Son saut, maladroit, fut un casse-gueule !

On rit à voir déconfit ce grand bec

Mais tous ceux qui lui tenaient la chandelle
N’étaient pas mieux lotis que leur modèle :
S’il vit trente-six de ces bougies, l’échec
Des essais suivants de ce téméraire
Montraient qu’un chandelier nu, ma mère,
Est un tremplin valant pas un copek !
Or il fallait retourner dans la toile
S’il est bel et bon d’insister, parfois,
Ici c’était gamelle à chaque fois.
Le jour s’avançait. Parties les étoiles.
Surpris, se figèrent nos troupiers.
L’enfant du lieu en les voyant au pied
Du mur, les ramassa et mit les voiles.

Pris pour quelques jouets oubliés,

Il les engagea, geste automatique,
Dans son zoo de bêtes en plastique.
Il n’y a pas, ma foi, à gambiller
En voulant se libérer bien des êtres
S’encellulent ou se plient à un maître,
Soient-ils manants ou mieux qu’écuyers !
Illustration : Camille Lesterle, 29 novembre 2014

samedi 6 décembre 2014

vendredi 5 décembre 2014

HAÏKU KHOR

Certains, non contents de ne pas être à la hauteur
de leur fonction, se permettent d’y être mesquins,
autrement dit “bas”.

LA MANTE À L’EAU

Petite fable affable

Prompte, implacable guerrière dressée,
L’œil courroucé et l’air toujours altier,
De qui ne laisse jamais rien passer
La mante religieuse, sans pitié,
Régnait, ici-bas, et sans partager
Ni trône ni gains. Partout on la craint
Nul, par elle, n’étant prou ménagé :
Insecte aérien, ou bien souterrain,
Sans revenir sur tous ses bons maris,
Morts de l’avoir, un jour, un peu aimée.

Hélas, son pouvoir n’avait pas tari
La soif d’absolu qui l’animait :
Fi de ces frêles bestioles ailées,
Et des insectes, maigres freluquets.

Elle alla donc aux moineaux se mêler
Pour les commander, jouant du caquet.
Eux, l’ont noyée, sans un patati,
Puis l’ont becquetée ; ce malgré son rang.

 Ah, mieux vaut être grand chez les petits
Que, sur ma foi, petit parmi les grands !

mercredi 3 décembre 2014

HAÏKU RIEUX

Contrairement à ce que l’on croit,
les gens ronds ne se mettent pas plus facilement
en boule que les autres !

LA LUPINE LEÇON

Petite fable affable

Messire Loup Noir empesait sa mine
D’un air fort renfrogné qui ne laissait
Rien présager de bon, on imagine,
À qui, là, lui causait et le lassait :
C’était un gai jouvenceau de sa meute
Qui lui contestait son autorité
Et pouvait bien conduire à l’émeute.
Aussi, sans aucune ambiguïté
Et, sous peu, il allait lui en cuire :
Qui veut te nuire, tu dois le détruire !

« Mon père, reprenait le louvart hautain,

Votre heure est passée, ne vous en déplaise :
Pour chacun d’entre nous peu de butin
 Après bien trop de courses dans la glaise,
À vous suivre de pistes éventées
En traques longues et infructueuses,… »
Messire Loup Noir était bien tenté,
Selon l’instinct de son âme tueuse,
De clouer son museau à l’avorton
Qui haussait par trop le col et le ton :
Aux barytons, on donne le bâton !

Pour commettre une pareille imprudence

Par qui ce sot était-il stipendié ? 
Et qui soutient une telle impudence ? 
Il lui tenait propos de faisandier !
Son silence, au fol, donnant du courage,
 Il laisse donc s’essouffler le loulou :
Comme pour les victimes de sa rage,
Le loup étant un homme pour le loup.
Le gosier sec, se tait enfin le marle
Fier comme un harle, alors notre loup parle :

« Il semble que tu veuilles gouverner.
Sache, mon noble fils, pour ta gouverne,
Que chez nous, les loups, bien né ou mal né, 
On suit la loi du chef, fût-il baderne,
Qu’il établit seul et applique « au nez »
Et les mécontents partent, ou périssent :
Une société bien gouvernée
L’est quand tous les citoyens obéissent
Aux magistrats… et qu’eux le font aux lois*
Pour qu’elle reste, à tous, de bon aloi ! »
Puis il le croqua au foie, de bon droit.


* D'arès Solon.

MODERNE MOLOCH

La ville avale, sans rivale,
Les visiteurs venus la voir,
Les dévore sans le savoir.
Elle mange, par intervalles,
Vorace, l'auto en cavale.
Qui donc a pu la concevoir ?
La ville avale…

Sous un ciel aux nues nivales,

Elle vomit à n'en plus pouvoir
Des gaz qui, matin, vont pleuvoir
Lui offrant sa mue estivale.
La ville avale…

mardi 2 décembre 2014

HAÏKU MUNION

Il faut se les cogner, ces femmes basses de plafond
qui portent des talons hauts !

Dessin : David Sanjaume, 3 décembre 2014

lundi 1 décembre 2014

HAÏKU’STION EXISTANT, CIEL !

L’Homme survivra-t-il aux hommes ?

LA BREBIS QUE L’ON SUBIT

Petite fable affable

Parmi la foultitude de ses pairs, 
Toutes bien nanties de fesses à claques,
Une brebis prenait, las, de grands airs,
Très fière de son reflet dans les flaques.
Car, avec l’assentiment de ses sœurs,
Êtres policés quoiqu’un peu grégaires,
Elle passait pour guérir tous les pleurs,
Soulager les peines des plus vulgaires
Comme des plus nobles des ouailles
Partageant son pâturage herbeux :
Nul cœur en hiver ni dans la rocaille,
Selon les assertions des moins verbeux
Grâce aux soins de cette brebis civile.
Seul bémol, en échange de ceux-ci,
Elle attendait une amitié servile,
Constants services et suprématie…
Ce qui lassa, comme son attitude.
Depuis lors, on dit à bonne intention :
« Fuis donc qui donne dix sous d'attention 
Pour recevoir vingt francs de gratitude ! »