Petit fable affable
En tout lieu, en toute chose la quantité
Ne fait en rien la qualité
Et nous l'allons montrer sur l’heure.
Une rate se dilatait
De rire quand, toute allitée
Qu’elle était, alors que la savane s’apeure :
La lionne est grosse des œuvres de son époux ;
Y a de quoi mettre les bouts !
Mais elle, elle accourt vers cette future mère,
Comme une dératée puis elle joue l’amère :
« C’est misère que de n’avoir
Qu’un petit à mettre au bavoir,
Quand des bêtes, hélas, bien plus viles
Ont, comme moi, sujet servile,
Par portée, bien… douze petits
Croyez que c’st par sympathie
Que je vienne et, prou, vous console,
Moi qui en suis à sept mises bas cette année ! »
Ainsi dire est se condamner
Mais tuer une rate… où serait la gloriole ?
La reine matoise répond
À cette faiseuse de capons
Sans autre forme de procès : « Madame,
Merci de tant compatir à mon « drame ».
Je n’aurai qu’un enfant, c’est « irritant »
Et il faut plus de cent jours de grossesse
Pour qu’à mes yeux enfin, là, il paraisse.
Mais lui sera lion… non proie plus vile que taon ! »
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