Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 31 mai 2026

RIEN À FAIRE

« Mais tu ne t’ennuies jamais dans ta cambrousse
À admirer, là, sans fin, des heures rousses
Aux heures plus blanches la course du Temps.
Y passer, je ne dis pas, de temps en temps
Mais y rester !… Faut que t’aimes faire malaise,
Qu’à t’emmerder, tant, et plus tu te plaises :
Il n’y a rien à faire et pas plus à voir ! »

Rien à faire ? Comment peux-tu le savoir ?
Je cours les bois, couvre leurs sentiers et sentes
Et sous les arceaux de branches, aux innocentes
Ronces je donne des bouts de mes habits
Et aux orties des parts de peau lors rubis.
J’écoute d’où vient le vent comme les trilles
Des oiseaux, le murmure des rus qui brillent.

Rien à faire la belle affaire, Pauvre Sot !
Je passe par les prés et aux labours fais un saut
Pour voir les nues désembrumées qui s’aurorent,
Et leurs nuages qui s’empourprent ou se dorent,
Pour suivre les voies invisibles qu’ont pris
Quelques coups d’ailes, de me savoir, surpris.
Les cieux changent tant à qui, là, les regarde.

Rien à faire ! C’est parole de Vieille Garde.
Je poursuis ces insectes si insignifiants
Qui vivent leur petite vie de ruffian,
Aussi empressés, oui, que toi avec la tienne
Toute aussi vaine et aussi pleine d’antiennes.
Je contemple des décor qui suivent la saison
M’adosse à des arbres qui me survivront.

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