Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mardi 17 avril 2018

BOIS AUX ABOIS

Petite fable affable

Les faunes et sylvains s’inquiètent :
Une nuée couvre la forêt.
Les ménades, filles peu quiètes,
S’en ouvrent à ce bon et gras goret
De Pan qui règne sur ce bas monde.
Le pire est donc à venir, l’immonde
Serait ici à craindre selon 
Le chèvre-pied. Oc les dryades
L’augurent au vol droit des frelons ;
Point de fredaine en la triade.

Aegipan ne peut pas plus calmer
Ces bacchantes ni tous les satyres,
Éternels amants de ces almées
Que tant d’Hommes pensent hétaïres
Ou simples furies. Si ce n’est pis…

La malebête, tout de dépit,
Hurle à la mort. C’est hélas présage
Sinistre et annonce de tourments
Se dit l’ogre grincheux. C’est l’usage,
En ce lieu, là si peu clément,
De se fier à qui jà tourmente
L’être humain en ces fort alarmantes
Heures. Aussi, on s’agite en ce bois,
On s’affole en bosquet, on se trouble
Aux hautes branches : on est aux abois,
Vain croquemitaine ou vil gras-double.

La nuée passe… Et, là, revient
Le soleil. Et la joie. Et Les rires.
Quelle leçon pour ces Sylviens ?
Prépare-toi donc toujours au pire
Ainsi, la vie te sera toujours 
Bonne surprise… et chaque jour.


Illustration : Élisa Satgé, 2016

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