Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 11 avril 2018

DÉCONCERTANT CONCERTO

Petite fable affable

La Mère Nature m’apprend, sans mot dire,
Que, pour plaire aux Grands, il faut rester petit.
C’est là la leçon des fourmis ; s’interdire,
Quel que que soit pourtant notre appétit,
De hurler avec les loups est un des autres
Bons enseignements reçus des animaux
Dont penchants et travers sont pareils aux nôtres
Car nous partageons même Terre et vils maux.

Une fauvette, pour égayer le souffle
Doux mais fatigué des voix de ce printemps,
Voulut chanter alors que deux cent maroufles
Du genre batracien, en même temps,
Coassaient à vous tympaniser leur mare
Et ses entours… Imaginez le tintamarre !

La fauvette pourtant, malgré tout, s’obstinait.
Donc toutes les grenouilles aux voix glapissantes
Redoublèrent fort d’ardeur pour bassiner,
Voyant que les bergères atendrissantes
Tendaient l’oreille aux mélodies de Fauvette,
Aux refrains marquants et aux couplets craquants,
Plutôt qu’au ramdam venant de la cuvette,
Qui n’était que bousin, barouf et boucan.

Qui fait le plus de bruit, comptant sur son nombre,
N’est pas plus ouï, ma foi, que l’esseulé
Car, même s’il provient de la pénombre,
Un seul chant harmonieux, certes isolé,
Qui s’élève peut changer non pas les choses
Mais la vision qu’on en a sans plus de glose.

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