Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

lundi 30 décembre 2019

ENNUI DANS LA NUIT

Au chaud de ma chambre,
Au cœur de décembre,
Peu à peu, la nuit,
Ses ombres et sa suie,
Viennent à s’étendre
Caressantes, tendres.
Depuis longtemps
Je guettais « l’instant »,
Ce moment de trêve,
En suspens, où rêves,
Cauchemars,… se marient
Et font armoiries
De moments caresses,
Cent laps de tendresse,…
Vient « la » pensée,
Le souffle insensé
D’une idée nouvelle
Qui fera javelles
Des plumes endormies
Au champ à demi
Mort de mon Parnasse
Aux pléiades lasses.

L’été n’est pas mort.
Non : il bouge encor’
Aux landes d’Irlande,
Aux neiges d’Islande,
Où mon cœur s’endort,
Frissonnant condor
Au pays de l’Aigle,
Rapace espiègle.
Là, le craquement
Du vent inclément,
Fait frémir les branches
Nues qui flanchent :
Est-ce ration
D’inspiration
Que j’attends, réclame
Du fond de mon âme ?
La lune est fâchée,
Aux nues attachée.
Au mur, sans fin, passent
Mille heures crasses,
Sans grâce, sans mots,
Pour panser mes maux…

Drapée en sa brume
Et nimbée d’écume
Ma plume posée,
De vers reposée,
Se tait. Point d’errance,
De désespérance
- Vouloirs de velours,
Devoirs de toujours -
Ni de doux délire
À muser en lyre.
Mon encre, assagie,
Joue à l’« Ici-gît »,
Fige l’écritoire
Dans des crocs d’ivoire
Loin des horizons,
Papiers grisons,
Où pépient des phrases
Qui jazzent et jasent
Venues de ces songes
Que le sommeil ronge,
Brisant leurs échos,
Cahots en chaos.

Ce soir, pas un pas.
Je n’écrirai pas.
Mon destin m’ignore,
Rien ne phosphore
En mon esprit lourd ;
Et sous mes doigts gourds
Muets comme carpe
En quête de harpe,
Rien, las, ne court.
Et point de secours
Hélas, à attendre
Ni de lueurs tendres
Pour, là, espérer
Pouvoir opérer.
L’infini se ferme.
En frémit mon derme.
Alors je me tais,
Toute flamme ôtée
En mon cœur. Silence.
Tout d’insolence,
Vaincu et trahi,
Le noir m’envahit.

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