Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

vendredi 25 juin 2021

PÉPÈRE, LE RESPECT S’PERD !

Petite fable affable d’après Confucius

Les tous premiers frimas, avec art, treillent
Givre et glace aux végétaux soudain figés.
L’été dormira donc sur l’une et l’autre oreille,
Somme simulé qui annonce, pour les moins âgés,
Le temps de l’école revenue au grand chêne.
Toutes les bêtes y vont et au savoir s’enchaînent
Sous l’égide et la houlette du Maître Hibou,
Sage savant qui, sur tout, sait tout, les p’tits bouts !

La journée finie, on viendra chercher sa marmaille
Pour rentrer chacun en sa chacunière. Au chaud.
Ce soir-là, Dame écureuil qui avait eu maille
À partir avec son tricot retrouve, en son poncho,
Son fiston qui allait quitter son bon et brave maître
Sans même le saluer d’un mot que fait naître
La politesse sur toutes les lèvres bien
Éduquées. Ce même chez les amphibiens.

Elle tance fort vertement l’impoli qui baisse,
Contrit, les yeux et qui lance à la volée
En guise d’excuse : « Mais les autres, eux ils laissent
Tout et tous sans saluer ni sans affoler
Leurs parents pour autant !

                                     - Que m’importe « les autres » !
Je ne t’ai pas élevé comme ça, graine d’épeautre !
La Civilisation sans civilité
Comme la vie en ville sans urbanité
Est insupportable ! Si tu ne le fais guère
Pour « les autres », fais-le donc pour toi :
Rester policé est toujours de bonne guerre
Dans un monde rustre et un temps grossier
Ça reste la gloire des gens comme il sied. »

Dans un sourire le Hibou, moins philosophe
Que résigné, par ces mots la mère apostrophe :
« Ma Noble Dame, n’oublie pas que ton enfant
Est moins ton fils que celui, je le déplore,
De son temps où le maroufle, hélas, est triomphant
Et la goujaterie un art de vivre même chez Flore ! »




















Illustration : Elisa Stagé, printemps 2020

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