Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mardi 3 avril 2012

ENTRACTE

La salle se vide plus vite qu’elle ne s’est emplie.

  Le rideau est tombé sur les planches de l’estrade après la dernière réplique. Les comédiens retournent, la répartie en allée, en coulisses, peu satisfaits que les premiers actes n’aient pas offert un tableau plus réjouissant malgré la masse des répétitions : le parterre est comble, le public captif mais peu réceptif voire poussif ou intempestif. Il va falloir adapter ici, retrancher là, revoir quelques détails ailleurs,… Bref tout recommencer du sketch éculé ou de la saynète rebattue qu’ils ont servi sur un plateau, improviser, repenser l’intrigue ou le dénouement : la création est permanente !
  Mais pour l’heure, loin des planches et de la fosse d’orchestre, ces Pénélope sans éloge, dans leur loge étriquée et surchauffée, vont bisser entre eux et souffler un peu en testant leur texte, siroter - Allez, c’est ma tournée ! - en vérifiant leurs effets, se questionner en accédant aux accessoires, dialoguer en revoyant leur mise en scène pour les actes à venir. Grâce à des guignols moins studieux, on rit d’un trait ou on plaisante d’une perle, entre crispation et concentration, entre trac et tracts.
  Déjà, la sonnerie retentit. Allez en scène : que le spectacle commence !
  Être prof’ ce n’est pas la vie d’artiste, mais pour qui tient ce rôle, que cet art triste, tout au long de la saison, ressemble à la première d’une comédie sans fausse sortie ni applaudissements ou bien à la dernière d’une tragédie où, même si personne n’en fait un drame, il n’y a de rappel qu’à l’ordre : un art scénique qui ne peut devenir cynique !

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