Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

vendredi 15 avril 2011

APPRÉCIATIONS

Je suis d’ordinaire impénétrable
Mais je vous le dis crûment, Mon Vieux,
Là, vous ne ferez pas un envieux !
Oui, votre prestation fut bien déplorable.
Tout sonnait faux et tout semblait feint ;
C’était un laborieux bricolage
Quand j’attendais de la belle ouvrage !
Votre boulot bâclé d’aigrefin
Manquait d’imagination et d’âme.
Il n’avait ni panache ni flamme !

Ce rapport est incompréhensible !
Vous n’aurez fait, Mon Vieux, qu’effleurer
Un sujet facile et accessible.
À votre portée, sans me leurrer !
Mais je me suis ennuyée, sans rire.
Vot’ prestation prêtait à sourire :
Guèr’ fouillé, à grand peine abordé,
Jamais maîtrisé ni possédé
Le sujet est traité à la diable :
Rien de renversant, d’inoubliable !
Vous n’entrez jamais vraiment dedans
Mais voulez vite en finir, c’pendant…
Quand je vous demande quelque chose,
Sans que vous vous sentiez transporté,
J’aspire à c’que, vous, un virtuose,
L’fassiez sans mauvaise volonté !

Je suis d’ordinaire impénétrable
Mais je vous le dis crûment, Mon Vieux,
Là, vous ne ferez pas un envieux !
Oui, votre prestation fut bien déplorable.
Tout sonnait faux et tout semblait feint ;
C’était un laborieux bricolage
Quand j’attendais de la belle ouvrage !
Votre boulot bâclé d’aigrefin
Manquait d’imagination et d’âme.
Il n’avait ni panache ni flamme !

Ce rapport si mauvais me déprime :
Faiblarde introduction, dès l’abord,
Et puis conclusion hâtive en prime…
Une progression convenue, au bord
Du banal, du bancal, sans surprise.
J’attendais mieux que leçon apprise !
Pour vot’ demand’ d’augmentation
C’est rapé ; com’ pour vot’ promotion !
Vous avez cru m’avoir à l’épâte
Mais je n’suis pas de cell’ qu’on appâte !
Appliquez-vous, progressez encor’
Et repassez-moi donc sur le corps :
Quand on prétend baiser sa patronne
’Faut pas le faire comme un gamin
Mesquin et user de sa poltronne,
Mon Vieux, tout autrement qu’un lapin !

Sans vouloir vous paraître exécrable :
Z’êtes un ingénieur pas ingénieux !
Allez n’soyez pas acrimonieux
Il n’est jamais rien d’irréparable :
Vous repasserez le mois prochain !
Je vous donn’rais alors mon suffrage
À moins, bien sûr, d’un nouveau naufrage…
Votre inappétenc’ m’a donné faim !
Dîtes à votre épous’ que j’la réclame :
Ell’ ne me déçoit jamais, ell’, Dame !

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