Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

jeudi 21 avril 2011

PROPOS SUR L'AMOUR… & SES AFFLUENTS

      Permettez-moi de vous parler de l’amour qui sévit et se vit ou, subit, se subit ; celui qui est une chanson de charme avant d’être une chanson de gestes.  Ce long fleuve tranquille, dont les crues donnent de sacrées cuites, ou qui avant de se jeter à l’amer, déborde de son lit pour entrer dans un autre … L’amour propre ne le reste jamais longtemps, dit-on dans un dicton. 
  L’amour ne se mouille jamais dans les cœurs desséchés et moins encore dans les rivières de diamants, aussi pure que soit leur eau. Car il n’y a pas de preuves d’amour à attendre mais des marques d’amour à donner. Aussi, coup de foudre du tonnerre ou liaison ancienne et discrète, l’amour est toujours une affaire à faire. C’est, à l’envi à la mort, un acte jamais insigne mais un délit qui vous lie tout autant au saut du lit qu’au sceau de la vie, moins le besoin d’un vit ou d’une passe qu’une envie qui donne la vie, cette impasse. Il peut être passion dévorante qui soulève et élève ou position rebelle qui révèle et éveille l’amant galant, celui qui ne l’enlève qu’à force de sève et de veilles. L’amour peut rendre fou, de sentiments sensibles en sensations sans cible, mais l’ardent dure et mâche ses maux, éperdu pour tout le monde.
  Désormais point d’inclination sans chute et, trop souvent, jeter son dévolu se limite à jeter sa gourme en gourmandes accolades, à courir le guilledou sans recourir aux billets doux. Plus d’égards et moins d’égarement, à la douce tempête ou aux tendres joutes, crime intime ou tumultes lascifs, succède ce qui, chez le fervent qui aime à fleureter, précède : cueillir quelques roses rougies, glaner des baisers d’oiseaux, prêter des serments jamais rendus,…
  C’en est fini dirait-on des plus caressantes attentions, affection sans affectation. Place donc aux plus viles intentions, à l’anarchie des sens née de l’attraction des aimants : on ne fait plus la cour à sa Belle, on bouscule son jardin avant, quelque fois, de le canaliser dans le chenal du mariage, celui qui mène parfois l’autel après avoir été amenée à l’hôtel.
  La fin du conte, ma foi, arrive ainsi avant l’« il était une fois… ».

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