Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

jeudi 26 mars 2026

HAÏKU’NSCIENT

Vu l’état des choses, y compris de la moindre d’entre elles, vaudrait mieux en inventer d’autres.

mercredi 25 mars 2026

HAÏKU’R D’APPEL

À quoi bon appeler les choses par leur nom.
Elles ne vous répondront pas !

UNE VIEILLE AVENTURE

Petite fable affable

Servir autrui n’est point sinécure ;
Et vieillir à le faire est gageure.
De toi, alors, hélas, nul n’a cure,
Ignorant le blanc en ta coiffure.
Pourtant, bien volontiers, on murmure,
Gaussant la lenteur de ton allure
Ou les rides dans ton encolure,
Tes flétrissures,  feue ta denture.
Aussi il se faut faire une armure
Contre ces blessures et ses injures
Et qui les propage en belle enflure !

Or vécurent, en pays ligure
Quelques-unes de ces vraies crevures
Encore à l’âge où on se figure 
Que dure sa beauté de gravure,
Ne songeant guère à sa vie future,
Aux arrêts de moires ou des augures.

Donc certaines, avec désinvolture
 Harcelaient une vieille et sa hure.
Leurs mots n’étaient que morsures, ordures,…
Les mauvais tours de vraies flétrissures
Et leurs allusions des meurtrissures
Un jour ils l’envoient en cave obscure,
Connue de chacun pour sa froidure
Et ses marchés toutes en salissures,
- Éclaboussures ou bien vomissures ? -
Là, notre vieille à quelque bordure 
De serrure ou alors de ferrure,
Se fit blessure. Une vraie coupure.
Car, dans ce noir, une créature
Lui fit piqûre aux dures brûlures.

Pour cacher aux maîtres la bavure
On prit une louable posture,
Malgré les marbrures et boursoufflures :
C’était juste éraflure… ou griffure.
Et oui, quoique jouant les pointures,
Belle carrure ou bonne charnure,
Certains ne sont pas plus que raclures !

On jure aux dieux que c’est là biffure
Et même, sans honte, on se parfure
Malgré son grand âge et sa courbure
Cette vieille fuyait la verdure,
Continuant toute procédure
Qui fait vire maison sans fumure
Ni jamais réduire la voilure.
Jour et nuit. Dia ! Toujours en chaussures.
Ça, oui ça, c’est une chose sûre !

Elle ne guérit point de l’imposture.
En mourant, elle dit d’une voix pure :
« Amies, quelle que que soit ta nature,
Saches que les petites fêlures,
Simples craquelures ou bien fissures,
Sont pires à nos vies que les cassures
Que ne peut réparer la soudure ! »

lundi 23 mars 2026

THÉORÈME D’HAÏK(l)U’IDE

Je ne fais rien par calcul… je suis trop nul en maths !

J’AI DEVANT MOI LE JOUR…

 À l'occasion de la la journée mondiale de la poésie, 21 mars 2026
Sur un ver de Victor Hugo (1846) & une photo de Marc-Yvan Custeau, 3 janvier 2026

J’ai devant moi le jour et la nuit derrière,
La nuit qui fait sa mue alors que Râ étreint les nues,
Embrassant l’horizon, à l’heure des prières
Suspendues dans cet air léger qu’est devenu
Loin des gazons fleuris, de tapis de bruyères,
Le matin qui, enfin, se réveille avec toi,
Instant courtois compris entre deux temps matois.

J’ai devant moi le jour et la nuit derrière,
Déjà mes voiles volent au vent de l’avenir,
Pour goûter, loin de l’adversité altière
L’humeur des saisons dès lors, ma foi, à bénir
Quand, ailleurs, un ciel las noir, aux moeurs meurtrières,
Saigne sa pluie d’acier ou sa grêle de fer
Pour faire sur notre terre, un fol feu d’enfer.

J’ai devant moi le jour et la nuit derrière…




dimanche 22 mars 2026

samedi 21 mars 2026

HAÏKU À PRENDRE

Je suis plus homme de l’être qu’homme de lettres.

LAVEZ CES ARTS !

Petite fable affable

La savane accueille un nouveau roi,
L’ancien souverain, fort maladroit, 
Mangeant désormais par la racine
Malvacées et plantes d’officine.

On fait donc grand ménage partout
Pour que le jeune monarque, en tout
Lieu et en tout temps, dans son domaine,
Ne voit que le bon, le beau et le bien.
 Ça va de soi !… Ça, on se démène
Pour qu’il ne lâche jamais les siens,
Parce qu’on l’aurait, las, mis en boule,
Sur ses bons sujets venus en foule.

Sur rocs, écrits violents de hyènes
Et de bien impudents dessins de haine,
Signés de babouins, attestent hélas
Du désamour pour leur ex-Atlas.
On gratte, on nettoie et on efface
Sur ordre d’un fort vieux gnou
Qui avait garder la vie et la face
En se préférant vivre à  genoux.

La royale parade s’annonce.
Sûr, nul, alors, ne moufte d’une once.
‘Faut savoir révérence garder…
Donc moins brocarder que bobarder !

Au jeune souverain qui promène
Sa suffisance, jà peu amène,
Un lycaon lance :« Eh, on t’a fait
Grande lessive du mal qu’on pense
 Des tiens et de tous leurs vils méfaits !

- Bien, jeune insolent, c’est une chance :
“Ce que je ne sais pas ne saurait 
Me nuire” m’a dit mère adorée.

- Et même si ça peut te détruire ? 
Répliqua l’autre à faire fort bruire
L’assemblée béate. C’est risqué !

- Oh, bien moins, malingre freluquet
Que de me montrer mépris ou rage.
C’est ce qu’on me fait sur le moment,
Même si on appelle ça “courage”,
Qui vaut toujours un prompt châtiment ! »

jeudi 19 mars 2026

HAÏKU À TACHAN (Henri)

Je m’attache, le plus souvent, à conserver un air détaché.

NOTRE AUTOMNE

Librement inspiré de J. Prévert

Oh, mon Dieu, je voudrais tant que nous reviennent
Tous ces jours heureux où nous étions amants,
Ces vertes années, faut-il qu’il m’en souvienne,
Où nous étions herbes folles mêmement…

Mais notre automne à mes yeux te rend plus belle
Quoique, non je n’ai rien oublié,
Si nos feuilles mortes font payer leur gabelle
Les vents n’ont su nous faire plier.
Chênes parmi roseaux que le temps emporte
Alors que les frimas frappent à notre porte,
Puisque non l’on n’a rien oublié
Et restons lierres entreliés 

Des abimes où meurent les amours enfuies
Nous savions hélas, qu’ils existent ;
Les précipices où les souvenirs sont enfouis,
Chaque jour qui vient, on les évite.

Naguère, nous sommes allés tous deux ensemble,
Toi qui m’aimais et moi qui t’aimais,
Par ces sables mouvants qui sous les pas tremblent,
Moi qui t’aimais et toi qui m’aimais.
Et aujourd’hui, nous allons encore à l’amble,
Ensemble, aux heures qui encore s’assemblent
Face à l’amer des beaux sentiments
Quand écume le ressentiment…

mardi 17 mars 2026

HAÏKU DE FEU

Les gens obstinés sont butés… ou devraient l’être.

REBELLION CONTRE LE TALION

Petite fable affable

Un célèbre chinois, un vieux sage
Avait, nous dit-on, l’étrange usage
De ne s’énerver mie au grand jour.

Un fidèle, membre de sa cour,
Demanda : « Si je puis me permettre :
Pourquoi ne te venges tu pas, Maître,
De tous ceux qui te veulent du mal
Par actes ou par mots. C’est pas normal !

- À quoi bon, disciple, mordre un chien
Qui t’a blessé, comme un béotien
Qui ne sait pas que si tu l’ignores
Ton ennemi souffre plus encore ! »

dimanche 15 mars 2026

HAÏKU BRUTAL ?

Je m’efface volontiers devant un gommeux.

RÉVEILS

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 7 octobre 2025

Le soleil, ce matin, joue les bretteurs
 Avec les sombres ténèbres qui s’escriment
À rester dans l’ombre et, provocateur,
Joue de la taille et de l’estoc mêmement
Pour chasser la pénombre, inspirateur
Du recommencement de tout un monde,
D’une renaissance pleine de faconde.

Il fait éclore quelques roses au vair
De la mousse comme il pare le revers
De nos pierres les moins précieuses
D’éclats de cristaux, éveille les couleurs
D’une aurore jamais capricieuse
Quand il s’git d’éteindre nos douleurs.

Tombé d’un ciel serein, le vent soupire,
Pour évaporer mes soucis aux nues
Et la rosée qui a établit son empire
Au pied des taillis et des blés grenus,
À l’heure où, jà, le jour se fait vampire
Non loin des grands bois sourds du père Hugo
Tirés du sommeil et déjà tout ragots.

Un oiseau se gonfle de chants qui mettent
Du miel dans mon encre, et comme allumette,
Ils éclairent mon âme et font mûrir 
Mes mots mus en vers à leur lumière,
Embaumant des pages promptes à mourir,
Et ma verve devient verbe, altière.



samedi 14 mars 2026

HAÏKU DANS LE FROC

Il y a tellement de superstitions dans nos religions que je me demande si elle ne sont pas elles-mêmes que superstitions.

vendredi 13 mars 2026

HAÏKU DE CAISSE

En matière d’automobile, une bonne occasion est toujours celle qu’on rate.

QUAND ON A L’AMOUR DES VIEUX C… !

Petite fable affable / 23 janvier 2024

Un jeune monarque eut bonne presse
D’avoir épousé vieille maîtresse…

Puis, dès qu’il sortait on le huait
Le raillait ou bien le conspuait.
Ce roi qui se voulait démocrate,
Imbu de lui jusqu’à la rate,
Voulut que son peuple l’aime enfin.
Or, il haïssait jusqu’à plus faim
Ce souverain qui tant le méprise
Et le lui dit à plusieurs reprises.

Il dissout sans raison l’Assemblée
Mais, hélas, prend alors une assez
Belle déculottée. Mémorable.
Ne goûtant guère coups sur le râble,
Par quelque royale lubie
Le roi fit chancelier un zombie
Pris non dans majorité gagnante
Mais chez perdants, tiques trépignantes.

Le vizir voulut équipe. V’là
Que peu acceptent : honnêtes ou bien las
Refusant fourberie, mascarade,…
Le ministre, pour ne pas être en rade,
Ne racla point les fonds de tiroirs
Pour trouver des gens à son miroir,
Mais bien le fond des pires poubelles…
Y trouvant ratés en ribambelle.

La révolte reprit à bon droit :
Il n’est de bons sujets sans bon roi !

mercredi 11 mars 2026

HAÏKU AU MORAL

Simple d’esprit : imbécile heureux.

GAZA

                               Gaza se meurt, abandonnée, sous ses décombres.
                               Étouffée par le silence, elle n’est qu’ombres.
                               Non ce n’est pas guerre celle faite aux civils
                               Ou d’interdire à chacun toute aide humanitaire ?
                               Comment peux-tu ne pas te sentir lâche et vil,
                               Israël, quand tu enterres vivants, sur leur terre,
                               Des enfants ? Quand il n’est avenir que pénombre ?
                               Et tout ça, paria, parce « Tu encombres » ?!

mardi 10 mars 2026

HAÏKU DE CROIX

Tout est secte, hérésie ou sorcellerie aux yeux du dogme qui, hier, n’était que secte, hérésie ou sorcellerie.

lundi 9 mars 2026

HAÏKU DE FOUDRE

L’amour platonique pas trop nique !

C’EST DISCUTABLE ?

Petite fable affable

Un macaque insolent essaya,
Bien plus en sabots qu’en espadrilles,
Las, de discuter le bout de gras
Avec le plus taiseux des gorilles.
Celui-ci, dans les airs, sur un mot,
 - Vlan, au désert, les diserts marmots ! -
Lui fit danser macabre quadrille.

Plus tard, un sage et vieux chimpanzé
Voulut pour jouer les joyeux drilles,
Discuter le coup, sans pavoiser.
Notre mal embouché de service,
Lors, le caressa comme on étrille
Et lui laissa donc le dos, en vrille,
Sans y voir là le moindre sévices.

Puis, un bonobo mal inspiré,
Plus désagréable qu’un zorille,
À son tour, vint dans cette forêt
Pour discuter du sexe des anges.
Ses « Ça s’discute… ! » étaient banderilles
Qui finirent en douloureuses trilles.
Avec le mastoc qu'un rien dérange.

Depuis sous ces tropiques apaisés
Où que se l’on se cache ou que l’on perche,
On apprend à qui aime à causer :
« Sois-tu trublion ou tabellion
Ne te mets jamais à la recherche,
Si tu tiens à la peau de ton derche,
De poux dans la crinière d’un lion ! »

samedi 7 mars 2026

HAÏKU DE CHOIX ?

Avant toute chose sachez qu’il existe autre chose.

IL PLEUT…

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 17 février 2026

Oui il pleut comme une averse d’or
Sur le flot de ces nouvelles immondes
Contant l’ordure de ce bas monde
Alors qu’encore partout l’on dort

Et il pleut comme une averse d’or
Alors que verbe haut crête hautaine
On va faire des guerres lointaines
Contre le vil règne des tchadors

Mais il pleut comme une averses d’or
Sur des enfants nus que l’on enterre
Sous des bombes au vain nom du veau d’or

Car il pleut comme une averses d’or
Des nues que tant et plus on invoque
Pour justifier ces morts l’âme en loques



jeudi 5 mars 2026

HAÏKU DE MÈTRES

Ça n’avancera peut-être pas çà grand chose mais prenez un peu de recul !

LE GRILLON & LA CIGALE

Petite fable affable

Un grillon se veut l’élu du peuple de l’herbe.
Fort vaniteux, ce bonimenteur plein de superbe
Pensait que la fin, en tout, justifiait les moyens.
Aussi fallaces et piperies l’ont fait citoyen
D’honneur du si vaste et sournois pays des salades
Où fanfaronnade, escobarderie se baladent.

Or une cigale se mit sur le droit chemin
D’une élection qu’il pensait gagner de haute main.
Pire, l’insolente dénonçait à dessein ses mensonges,
Ses menteries, tromperies, impostures à rallonges
Malgré la fourberie du marchand de fumées
Que le discrédit stimulait à tout assumer.

Ses fables éventées, comme ses calomnies lassantes
Lui firent perdre la face et l’élection. Glaçante
Déconvenue pour lui qui était, disait-il, sûr
De vaincre tous les obstacles et casser tous les murs…

On dit qu’on l’entendit auprès de dames rainettes
Se lamenter comme le ferait une nonette :
« Que de faussaires et de tricheurs sur cette planète
Vrai : C’est à vous désespérer d’être malhonnête ! »

mardi 3 mars 2026

HAÏKU MÉDIAN

Français moyen : peu de cervelle et beaucoup de gueule !

ENFANCES DISPARUES

Librement inspiré de Maurice Fombeurre

Alors que la lune s’en va faire ses colles,
Les enfants ont repris le chemin de l’école ;
Dans l’air odeur affadie des foins et du grain.
Les tableaux d’honneur, les passables ou bien les cancres
Auront vite, au bout des doigts, le violet de l’encre
Mais pour l’heure ils traînent la patte, un peu bourrins.

Sur le dos cartable noir, courte blouse grise,
Mais un cerf-volant en tête qui encor’ grise,
Les gars s’en allaient à godasses que veux-tu,
Bien pourvus en poil à gratter, herbes-à-têtu,
En attendant les glands, les marrons pour les frondes.
Ils semblent porter, à eux seuls, le poids du monde
Mais paresse et ruses, malgré l’air abattu,
Brillent quand leur œil se perd sur la mappemonde.

Alors souffrons billevesées, coquecigrues,
Pour s’éviter le vin bourru et la charrue
Salive crachée et mégots mâchés, verrues,…
Quitte à planter, l’humeur drue, au coin froid des rues…

Cartable en main et blouse grise, sur la robe
Mais en poche quelques fleurs qu’à l’herbe on dérobe,
Un mouchoir, allaient donc à tresses que voilà,
Les filles avec en tête des chants, l’échalas
Comme la boulotte, rêvant marelles et rondes.
À leur âge, innocente fraîcheur, le monde
S’ouvre et s’offre à elles, sans époux ni prêlats,
En opportunités, en lendemain fécondes.

Et donc viendront coquecigrues, billevesées,
Pour ne pas avoir beurre et levain à doser,
Torcher, briquer, laver recoudre ou empeser
Ni planter sa vertu en rues pour l’exposer…

Alors que la lune a fui comme on caracole,
Les enfants reprenaient les chemins de l’école.
Dans l’air, l’odeur chancie des foins. Demain du vin.
Les tableaux d’honneur, les passables ou bien les cancres
Vont se mettre, au bout des doigts, les tâches de l’encre
Qui, jà, joue avec eux, les Moires et les devins.

lundi 2 mars 2026

HAÏKU’RONNEMENT

Contrairement à nos écoles, en politique, ce sont souvent les derniers de la classe que l’on retrouve au premier rang !

dimanche 1 mars 2026

HAÏKU À L’ANGLAISE

L’Intelligence Service combat les imbéciles sévices.

LES HÂBLEUSES

Petite fable affable

Pies péroraient pis s’invectivaient
Au petit jour à peine levé…

« Dieu, peut-on faillir plus à l’honneur
Qu’en robant la repue de sa soeur ?!
Fit l’épaisse toute à sa fureur.

- Peut-on manquer à ce point de coeur :
De verte faim, l’amie, je me meurs ?! »
Répliqua l’autre non sans aigreur.

« Viles breloques que tout cela !
Lança le hibou de querelles las.
Vous employez, mesdames, grands mots
Provoquant moins de bien que de maux.
Laissez ces hochets, totons frottés,
Aux humains les plus mal décrottés ! »

Les pies allaient répliquer en choeur
À cet antique oiseau de malheur 
Leur façon de voir au risque de heurts
Quand chut de son nid un oisillon.
Nos bavardes comme d’un grillon,
Hélas, le becquetèrent à grand cris
Sans qu’aucune mie ne se récrie.

Maître hibou, de leçon donneur,
Fit : « Je vois : que de “coeur” !, Que d’ “honneur” !
Qui parle par trop de ces deux valeurs
Est le premier à n’agir avec qu’en parleur ! »

samedi 28 février 2026

vendredi 27 février 2026