Français moyen : peu de cervelle et beaucoup de gueule !
LES RIVAGES DU RIMAGE
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
mardi 3 mars 2026
ENFANCES DISPARUES
Librement inspiré de Maurice Fombeurre
Alors que la lune s’en va faire ses colles,
Les enfants ont repris le chemin de l’école ;
Dans l’air odeur affadie des foins et du grain.
Les tableaux d’honneur, les passables ou bien les cancres
Auront vite, au bout des doigts, le violet de l’encre
Mais pour l’heure ils traînent la patte, un peu bourrins.
Sur le dos cartable noir, courte blouse grise,
Mais un cerf-volant en tête qui encor’ grise,
Les gars s’en allaient à godasses que veux-tu,
Bien pourvus en poil à gratter, herbes-à-têtu,
En attendant les glands, les marrons pour les frondes.
Ils semblent porter, à eux seuls, le poids du monde
Mais paresse et ruses, malgré l’air abattu,
Brillent quand leur œil se perd sur la mappemonde.
Alors souffrons billevesées, coquecigrues,
Pour s’éviter le vin bourru et la charrue
Salive crachée et mégots mâchés, verrues,…
Quitte à planter, l’humeur drue, au coin froid des rues…
Cartable en main et blouse grise, sur la robe
Mais en poche quelques fleurs qu’à l’herbe on dérobe,
Un mouchoir, allaient donc à tresses que voilà,
Les filles avec en tête des chants, l’échalas
Comme la boulotte, rêvant marelles et rondes.
À leur âge, innocente fraîcheur, le monde
S’ouvre et s’offre à elles, sans époux ni prêlats,
En opportunités, en lendemain fécondes.
Et donc viendront coquecigrues, billevesées,
Pour ne pas avoir beurre et levain à doser,
Torcher, briquer, laver recoudre ou empeser
Ni planter sa vertu en rues pour l’exposer…
Alors que la lune a fui comme on caracole,
Les enfants reprenaient les chemins de l’école.
Dans l’air, l’odeur chancie des foins. Demain du vin.
Les tableaux d’honneur, les passables ou bien les cancres
Vont se mettre, au bout des doigts, les tâches de l’encre
Qui, jà, joue avec eux, les Moires et les devins.
lundi 2 mars 2026
HAÏKU’RONNEMENT
Contrairement à nos écoles, en politique, ce sont souvent les derniers de la classe que l’on retrouve au premier rang !
dimanche 1 mars 2026
LES HÂBLEUSES
Petite fable affable
Pies péroraient pis s’invectivaient
Au petit jour à peine levé…
« Dieu, peut-on faillir plus à l’honneur
Qu’en robant la repue de sa soeur ?!
Fit l’épaisse toute à sa fureur.
- Peut-on manquer à ce point de coeur :
De verte faim, l’amie, je me meurs ?! »
Répliqua l’autre non sans aigreur.
« Viles breloques que tout cela !
Lança le hibou de querelles las.
Vous employez, mesdames, grands mots
Provoquant moins de bien que de maux.
Laissez ces hochets, totons frottés,
Aux humains les plus mal décrottés ! »
Les pies allaient répliquer en choeur
À cet antique oiseau de malheur
Leur façon de voir au risque de heurts
Quand chut de son nid un oisillon.
Nos bavardes comme d’un grillon,
Hélas, le becquetèrent à grand cris
Sans qu’aucune mie ne se récrie.
Maître hibou, de leçon donneur,
Fit : « Je vois : que de “coeur” !, Que d’ “honneur” !
Qui parle par trop de ces deux valeurs
Est le premier à n’agir avec qu’en parleur ! »
samedi 28 février 2026
vendredi 27 février 2026
FOI IN CARNÉ
Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 22 février 2026
J’ai prié dans la neuve église du Matin
Dont les murs célestes de rose s’étaient teints,
Sous l’œil nu d’une rosace de lumière
Qui faisait résonner les lueurs premières.
Que m’importent ris et cris des impies moqueurs.
La nuit lors n’était pas encore que décombres
Mais l'âme du jour venant prit corps dans ce chœur
D’opale où l’esprit communie avec le coeur,
Erre dans sa nef aux colonnes d’arbres sombres,
Aux chapiteaux sobres encore. J’y ai vu l’ombre
Nue, crucifiée, sans remords et sans rancoeur
Heureuse d’un éther qu’aucune nue n’encombre.
jeudi 26 février 2026
mercredi 25 février 2026
CHAT EN IMPOSE !
Petite fable affable d’après Sénèque, ni cynique ni sinoque
Ah, le minois des minettes végétant,
La mine des minets s’impatientant
C’est le vrai filon des félines bébêtes ;
Tous ces beaux minous minots sur nos réseaux,
C’est si mignon. Et de la queue au museau.
Sur la moquette ou bien dans l’herbette.
Mais qu’en croient des doux sentiments ces bijoux
Qui nous prennent pour des laquais, des joujoux ?
« Restant toujours fort fidèle à moi-même,
En amour, miaulait l’un, je suis croyant
Mais pas pratiquant car je suis clairvoyant :
Espérer plus que folie des sens est blasphème !
- Et moi, ronronna l’autre, les “à jamais”
Me lassent ; les “pour toujours” des mois de mai
Me fatiguent aussi. Et plus qu’on ne le pense.
Chaleurs qui les font toutes fort frétiller
Ne sont que caprices pour émoustiller ? »
Et nos fauves fourrés firent sans suspense :
« Que sont ces religions où on perd le jour
Dans l'attente angoissée de la nuit, toujours ?!
- Est-ce offense aux us ou abus de le dire ?!…
Craignant le jour, on se défie de la nuit
Jusqu’à nous faire, parfois, mourir d’ennui ?! »
Mais ils n’en croient rien, il va sans le dire…
mardi 24 février 2026
lundi 23 février 2026
LE RETOUR DE SÉRAPHIN
Angélique & Séraphin, Acte II, scène 1
Ouvre ton huis, ma mie jolie,
Aux nuits sans mélancolie
Et à l’ennui enfin rebelles ;
C’est des sentiments la gabelle.
Allez fuis le froid de ton lit ;
Ne sois par craintes saisie,
C’est moi, ton amoureux transi,
Qui vient te faire faire la belle,
Ouvre ton huis.
Certes je suis, las, un proscrit
Mais sans bruit je te reste ami,
Pour t’offrir le vin de mirabelles
De souvenirs en ribambelle,…
Mon amour n’est pas infamie ;
Ouvre ton huis.
dimanche 22 février 2026
samedi 21 février 2026
HAÏKU DE BLUFF
Celui qui ne veut rien faire ne s’abaisse jamais à faire semblant.
Ce serait déjà trop fatiguant quoi qu’il y paraisse !
LE COQUIN & LA COQUETTE
Petite fable affable
Raie sur le coté, des oursins dans les poches,
Filou en affaires et frileux en amour,
Car sensible aux douleurs de coeur, sans humour,
Un requin se fit hameçonner en roche.
Regard de sardine cuite, une morue
Le prit, malgré elle, en ses filets. La Belle,
Plate comme une limande et le ton dru,
Était aux maquereaux devenue rebelle.
Car je ne vous parle point là gros poisson
Ni menu fretin, Fidèles Bécassons !
J’évoque un financier qu’un bon porte-feuilles
Intéresse plus que sentiments qui endeuillent
En chœur parfois et d’une sirène, un peu catin,
Qui ne dormait jamais avant le matin ;
« Faut ça pour taquiner l’goujon tout en gueule
Ou quand, com’ du poisson pourri, on t’engueule.
Ainsi est l’homme, libre ou mari mâtin ! »
Donc, mon fieffé fripon point trop chaleureux
Car trop peureux, ma foi, pour être trop heureux,
Lui déclara pourtant sans flemme sa flamme.
Même un grand pécheur, mes amis, a une âme !,
Se sentit-il comme un poisson hors de l’eau.
Ses yeux de merlan frits n’étaient pas cadeau !
N’ayant pas la cervelle d’un poisson rouge
Sachant trop bien le coût des coups, notre gouge
L’arrête gentiment : « Mec, descends des rideaux !
Avec vous, petites gloses, grandes querelles :
J’veux pas qu’ça finisse en queue de poisson, Brêle !,
Com’ dit mon pauv’ chien : “Les humains sont méchants,
Parfois malfaisants ; ceux qui n’ont pas ce penchant
Sont aux premiers complaisants." Donc, j’laiss’ la nasse
À celles à qui ne suffirait pas la passe. »
vendredi 20 février 2026
jeudi 19 février 2026
CHEZ VOUS, IL A NEIGÉ…
« La dernière année où Montréal a eu tant de neige c'est il y a 127 ans. »
(Mado Lamothe, commentaire F.B., 19 février 2025)
Oui, la neige est tombée, et sans coup de semonce
Elle aurait tiré, là, sa dernière bordée ;
Vous, vous savez bien que l’hiver mie ne renonce
À ses bourrasques aux cris fort désaccordées.
Oui, les cieux ont sorti la grosse artillerie :
Le pilonnage de flocons girouettes,
Valait tir à boulets blancs et feu nourri ;
Sous cette mitraille, rafales en plus fouettent,…
mercredi 18 février 2026
HAÏKU’R DES CHOSES
Pour nos jeunes têtes approximativement blondes, brunes et rousses, de façon indicative, les sciences physiques sont relatives et les mathématiques à peu près exactes.
mardi 17 février 2026
HAÏKU À LA PAGE
Pourquoi parle-t-on de « rat de bibliothèque » alors qu’en ces lieux on trouve plus sûrement des chats que des rongeurs ?
LES DEUX MOINEAUX
Petite fable affable
Deux moineaux richets, copains comme bonhommes,
Vont par le monde. Or l’un des d’eux se surnomme,
Tant l’accablent mâle chance et noir destin,
Du soir au matin comme en vrai purotin,
« Le pauvret ». Car, hélas, il n’a que la guigne,
La cerise,… Lui qui déteste les fruits,
Plus encore à pépins, il n’avait que pignes.
La vie lui est épines, infortune et suies.
« Je ne vis que d’échecs !… Ouais, j’ai la débine.
Dans mes déveines c’est la fatalité,
Mêlée de mélasse, qui coule. Bibine
De ceux à qui mauvais sort on a jeté !
Même en amour, j’ai la poisse : avec Moumoune,
Pour mon plus grand malheur, j’ai eu la scoumoune
Car elle m’a quitté, quel manque de pot,
Pour un goujat qu’était lui un torchepot !
- Je sais aussi mouscaille et mésaventures.
La vie est rude pour qui vit en nature.
J’ai chance d’avoir de la veine, par cas,
Mais très rarement, crois-moi, la baraka ;
- Disgrâce passagère. Revers bénins
Ou malédiction d’une heure. Ouais, tu parles !
Ça n’a rien à voir avec le vil venin
Qui me ronge, cette adversité si marle.
Comment donc, compagnon, ferais-tu sinon
Pour, comme tu le fais là, toujours sourire ?
- Mon père jadis, que bénit soit son nom,
Que la vie n’épargna guère aimait à dire :
“Avance sans reluquer derrière toi
Et puis vole sans te demander “Pourquoi ?”
Va donc, regarde bien toujours en avant
Et dis-toi “Pourquoi pas !” comme fait le vent.” »
lundi 16 février 2026
dimanche 15 février 2026
L’ÉPHÉMÈRE
Papillon fou valant pas un clou,
Je suis né à la fleur de l’aurore
Et mourrai, flottant filou tout fou,
Au crépuscule qui tout dore.
J’aurai glissé sur le fil du temps,
Au long de ma courte vie d’un jour,
Celui de mon terrestre séjour.
Caressé, par les ailes du vent,
J’aurai frôlé milles et une roses,
Goûté autant de fort belles choses,
À peine posé, jà envolé,
Nageant au ciel à l’eau pure,
Qu’en vos ternes existences affolées,
Vous effleurerez. C’est chose sûre.
Papillon fou au vol qu’on dit flou,
Ivre de parfums et de lumière,
Je mourrai quand hurlera le loup
Sans regretter mes heures en mouillère.
samedi 14 février 2026
POUR ELLE…
Oh oui, ma foi, pour celle qui est Ma Tant Belle,
Aveugle et fol, mon esprit ne m’appartient pas
Alors que mon cœur lourd bondit, court et ne bat
Que par elle, à croire qu’encore Amour m’appelle.
Amant et mari, les jours ne sont plus un bât
Et nul besoin de se triturer la cervelle
Avec celle à qui je tiens bien plus qu’aux prunelles
De mes yeux, dans les pas de qui j’ai mis mes pas.
Il faut plus, Amie, que beauté, charmes ou appas
Pour, même un temps, me faire oublier Ma Tant Belle
Qui fleurit mes nuits de ne m’oubliez-pas.
Et tant pis si j’ai pris pour une rose, celle
Que tu vois mieux cynorhodon ou bien brimbelle,
Car ne nous séparera même le trépas.
vendredi 13 février 2026
AVIS AUX NUISIBLES
Petite fable affable
Un clan de chacals, une meute de hyènes,
À un pachyderme vouaient, las, de la haine
Au motif qu’il était un penseur fort pansu.
Il n’en faut guère plus aux sots et aux sangsues
Des savanes pour se déchaîner contre autrui
Et le harceler le jour tout comme la nuit.
Il avait toujours droit à quelque énormité
Que l’adipeux dise prou, lui sans fatuité,
Ou qu’il se taise ; qu’il fasse une chose ou l’autre,
Il recevait son dû prou arrondi, l’apôtre.
Ce gros lard aimait à rire gras : c'est gonflé !
Or il osait dauber ses détracteurs, enflés
Des plus pesants, bouffis d’orgueil, sans complaisance,
Tous êtres boursouflés de vaine suffisance.
Car, colossale erreur de nos braves intrépides
Le corpulent avait le verbe haut, rapide,…
Aussi, quand son humeur avait par trop forci,
Langue pas empâtée, l’obèse à traits grossis,
Répliquait sans rondeur de manières, en Altesse.
Mais le plus fort dans tout ça, c’est que ça ne cesse !
Au contraire, de plus belle on l’interpellait
« Verrue ventrue » , « poupard cafard », « laid potelet »,…
Et ainsi donc, notre proéminence grise
Prenait de nouvelles volées soit par surprise,
Soit dans son dos : le courage des charognards
Faisant bazar n’est pas celui des vieux grognards !
Puis, le replet lassé dans la masse tapa
Et la meute et le clan il mena au trépas :
Un éléphant, qui à la peau dure, supporte
Beaucoup mais il n’oublie rien. Jamais. Vils cloportes !
jeudi 12 février 2026
mercredi 11 février 2026
HAÏKU DE CLEF
Si un « rossignol » est un passe-partout c’est que même les malfrats, qui se muent parfois en maîtres-chanteurs, ont compris que la musique ouvre toutes les portes.
MAUX À LA TÊTE
Croient-il que ma tête est pleine de vide
Ou qu’en ma cervelle il n'est que néant,
Que mes trous de mémoire sont béants
Et que de sottises je sois avide
Pour m’asséner sans cesse leurs idées,
Leurs mensonges et leur propagande
Pour m’inonder avec l’écume suidée
De ces mots dont ils disent nous faire offrande ?
Non, je n’ai pas besoin d’être guidé !
Croient-il que ma tête est pleine de vide,
Courue de souffles jamais innocents
Ou de silences plus qu’assourdissants,
- Lande déserte, steppe aride -
Pour me vouloir enivrer de propos
Insipides ou creux qui trompent les dupes
Et font que marionnettes, à leur appeau,
marchent au pas ou sont enfants dans leurs jupes ?
Non, la révolte me colle à la peau !
Censeurs, inquisiteurs ma tête est pleine
De moi. Alors, vains pantins, taisez-vous !
Je veux toujours être au doux rendez-vous
De l’oiseau qui fait chanter l’arbre en plaine !
Je veux courir sur les ailes du vent,
Me saouler d’un ruisseau plein de murmures,…
Car ma tête est pleine d’émois. Souvent
Éphémères, il se perdent dans les ramures,
Soupirent à l’instant, aspirent au fuyant,…
mardi 10 février 2026
lundi 9 février 2026
LA BOURSE OU LA VIE ?
Petite fable affable
Voyageant de conserve, ravies,
Pour mieux voir ailleurs s’ils y étaient,
- En vain ! - une Bourse et une Vie
Conversaient pendant qu’elles arpentaient
Une vieille route de campagne
Qui ne manquait pas de cachet.
Écoutons deviser ces compagnes
Allant d’un même pas sans clocher.
L’aumônière est espèce méchante,
Que l’on dit sonnante et trébuchante,
« Tout m’est dû ! disait-elle à l’envi
- Tout m’est don ! lui répondait la Vie
Pour, l’air de rien, lui donner le change.
- L’amour est dans le prêt, Cher Archange
Car, en ce monde viager, tout
S’achète et tout se vend. Partout. »
Répliqua la cassette à cette autre.
« Tu parles d’une existence !… À d’autres !
Avec toi on acquiert certes un lit,
Mais des rêves… ? Je te fais crédit
Que tu peux offrir une demeure
Mais point de foyer ; qu’on vive ou meure,
D’avoir une montre tu permets
Mais pas d’avoir du temps ; même en mai !
Et faut-il mieux avoir ou bien être ?
- Il vaut mieux, en ce monde, paraître !
Dépenser sans compter mêmement.
- Tu donnes rang et médicaments…
- N’est-ce pas ce qu’ici chacun cherche !…
Allons, tu me tends là quelque perche !
- Mais quid du respect ? De la santé ?
Les jours tu les entends régenter
Mais, hélas, on t’appauvrit, la Bourse,
Au long fil dévidé de ma course.
- Sans moi ni plaisir, ni distractions…
Je t’en fiche mon billet, Pulsion !
Toi, tu n’es qu’illusion et mensonges
- Qu’est séjour sans espérance ou songes ?!
Une vie en pièces détachées
Auxquels seuls les sots vont s’attacher
Un réel qui tue ou bien enivre.
Faut-il accumuler ou vivre ?
Car j'aurai le mot de la fin
Avant que s'apaise ta faim. »
dimanche 8 février 2026
samedi 7 février 2026
FAITES DONC UN DON…
Prenez donc du soleil,
Teinté d’or, de vermeil,
Là, entre vos deux paumes
Et mettez-le au vent,
Un Pas trop énervant
Pour les foins ou les chaumes,
Afin que, l’air de rien,
Courant et aérien,
Il donne plein de rêves
À d’autres horizons
Des lointains, des grisons,
Et leur offre une trêve
Voire un zeste d’espoir,
D’amour, dans leur soir noir.
Prenez donc du soleil,
Teinté d’or, de vermeil,
Là, entre vos deux paumes
Sans jamais regretter
Ce temps en aparté,
Hors de votre royaume :
Le bon, oui, fait du bien
À tous ceux qui n’ont rien
Qu’un tout peu de lumière
Dans leur trop longue nuit
Qu’hélas la vie a fui,
C’est une joie première
Qu’un don d’un bout de ciel
Valant bien mieux que miel.
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