D’ après une photo de Marc-Yvan Custeau, 28 novembre 2025
L'Aurore a posé son front
Sur la grange vêtue d’ombres.
Elle tête au biberon
L’azur, l’ivoire et l’or sombre
D’une saison qui a blêmi,
Lassée de boire les brumes
Nées des horizons pâlis,
De lointains que le vent flétrit.
Le soleil, au loin, écume
Et l’air s’abreuve sans fin
De l'humidité qui fume
Brodant la nuit qui, enfin,
Son voile de deuil retire
Dans une clarté lactée
Qui, aux quatre vents, s’étire
Avec le jour en point de mire.
Le ciel semble se délecter
De ce fenil qui participe
À embellir les jours humectées
De ces solitudes quand ripe
L’été sur la marée ocrée
D’un flot d’automne qui redore
Des nues qui sommeillent à l’orée
De solitudes où s’égarer.



