Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mercredi 19 août 2026

PRENDS BIEN SOIN D’ELLE

Prends bien soin d’elle
Quand le repos viendra pour moi,
Coupera mes ailes sans émoi
Et la quitterai, cette fois,
Pour le vieux pays d’autrefois.
Prends bien soin d’elle…

Je paie gabelle
Et dîme d’une vie de maux.
Sois-lui fidèle plus qu’en mots
Quand j’irai faire des marmots
À la camarde, un peu grimaud ;
Lui forger quelques fins émaux
Ou peindre de nouveau chromos,
Fautes vénielles…

Prends bien soin d’elle,
Je pars premier, simple moye,
Et pas par zèle, malgré moi.
L’aimer te soit plus qu’une foi,
Qu’ego ne s’y égare parfois,
Prend bien soin d’elle…

TOI

Toi
C’est une voie
Et c’est un choix
D’amour courtois
C’est un émoi
Qui laisse coi
Comme on le voit
Sans un pourquoi

Toi
C’est plus qu’une foi
En rien ma croix
Ni de la poix
Laissant de bois
Ou bien sans voix
Rien de gaulois
Ni de grivois

Toi
J’ai ton minois
For les sournois
Narquois, matois,
Gens aux abois,
Âme en guingois
Pas que parfois
Ni quelquefois

Toi
Tu es ma loi
Sans désarroi
Et sans effroi
L’amour bourgeois
Mis au pavois
J’en suis pantois

mardi 18 août 2026

QU’IL EST DOUX LE PLAISIR DE SE LEVER TRÈS TÔT…

Sur une photo et un titre de Marc-Yvan Custeau, 26 août 2025

Qu’il est doux le plaisir de se lever très tôt
Et que les flammes du ciel offrent éclats de cristaux…

À l’heure où il nous faut éteindre les étoiles
Pour voguer sur les flots de l’océan du jour
Et tout recommencer, là, encore et toujours
Le vent n’a pas encor’ gonflé toutes ses voiles.

Qu’il est doux le plaisir de se lever très tôt
Et que la flemme est miel et parfums orientaux…

À l’heure où l’aurore se donne, tant pareille
À l’aube unique qui ouvrit le jour d’avant,
Toute en différences quand, tendre, elle éveille,
Avec déférence, ses murmures mouvants.

Qu’il est doux le plaisir de se lever très tôt
Fors lames et fiel de ces cités toutes en autos…

C’est cette heure où le pas du chaland, solitaire,
Défie la marche du temps, dans les bruissements
D’un monde qui, enfin, redevient mouvement,
Et communie, pour un instant, avec la terre.

Qu’il est doux le plaisir de se lever très tôt
Et que les flammes du ciel offrent éclats de cristaux…



lundi 17 août 2026

L’HIRONDELLE

Qu’on me prenne hélas pour un martinet
M’énerve, je l’avoue, un tantinet.
Car seule je fais le printemps, fidèle,
Et l’amène partout, à tire d’aile,
Par vos terroirs et puis par vos pradelles.

Fuselées, mes ailes affutées sont ciseaux 
découpant l’air comme bateau fend l’eau
Elles font, profil effilé, que je trace
Et fuselée que je file, vorace,
 Comme toute oiselle née de ma race.

Je fuis les sapinaies et les chênaies,
Préférant vos toits et vos cheminées,
Depuis le vieux temps où vos haridelles
Transportaient vos ballots ou baradelle
Et que vous éclairaient bougies, chandelles…

Je suis le plus gracieux des oiseaux,
Évitant rets ou réseaux à vos museaux
Et jamais le bleu du ciel ne me harasse 
Même si de l’air jamais je ne brasse
Quand, de voltes, le nu des nues j’embrasse.

dimanche 16 août 2026

AU SEUIL D’UN PROCHE DEMAIN

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 11 août 2026

Dans un monde aux heures devenues sans intérêt
Où, sans déblatérer tout est, las !, éthéré
Nous vient, tout à coup, quelque journée flambant neuve,
Un matin tout d’envols et tout d’apesanteur 
Loin de la pesanteur de toutes nos épreuves,
Un éclair de clarté inspiré, dilatateur
Du temps, un embrasement hier inimaginable,
Embrassement demain jugé déraisonnable.

Cet avénement n’est point illumination,
C’est de l’âme, la céleste élévation
Aux beautés de l’aube qui toujours renouvelle
Ses promesses, aux desseins de ce proche avenir
Que cèle l’aurore, brûlante caravelle
De nos découvertes à faire, plaisirs à venir,
Venue pour transcender le tôt, damasquinure
À une vie sans tain, brillante enluminure.



samedi 15 août 2026

ÉPITAPHE INÉDITE

Ci gît un vil paresseux qui n’a jamais rien fait
De sa vie ni de ses dix doigts, las. Qu’il repose
En paix lui pour qui dormir trop était un  bienfait.

Gai comme un sansonnet, né dans la Ville Rose,
Se réveiller, rester éveillé, étaient faix
À ne pas faire et ça le rendrait fort morose :
Agir comme nous aurait été un forfait !

Ainsi vécut-il au long des jours sans névrose :
Courir était surfait, travailler un forfait,…
Il fit donc de vieux os sans trop souffrir d’arthrose.

Il ne s'est d'ambitions jamais défait
Et n’alla pas loin, sans savoir la sinistrose,
Mais tout seul, avec un vrai nonchaloir, parfait,
Et sans jamais songer à faire vers ni prose.

vendredi 14 août 2026

ÉVANESCENCE

D’après une photo de Marc-Yvan Custeau, 28 Mai 2024

Âmes envolées, jà nous quittant,
Fuyant la mélancolie du temps
Après une nuit qui fut d’errance
Par les bois de Nouvelle-France
Où, heureuses, elles vécurent antan.


Le jour ramène aux limbes, aux nues,
Ces souvenirs d’un jadis ténu
Pour qui on n’a qu’indifférence.
Âmes envolées…


Sur voiles de brume partant,
Je vous vois, de temps en temps,
Quitter ces lieux d’espérance
Qui furent vôtres et, déférence,
Vous salue, l’esprit repentant,
Âmes envolées…




jeudi 13 août 2026

GIRONDE 2026

En vérité, ce siècle est un mauvais moment… (A. de Musset)

Il ne suffisait pas que suffoquent les cieux,
Que les jours s’engourdissent, les heures s’alanguissent,
Il fallait que l’enfer, tout feu, tout flamme, se glisse
Avec fureur et fracas en nos pins si précieux.

Dans l’étuve de la canicule, malice,
Les sols s’abreuvent de pluies de braises, le sec
Se vêt d’une neige de cendres aigries, complices.

Les brandons, les tisons mie tenus en échec
Sont averses, orages dans la brûlante lice.
Fournaise enfiévrée, fumées mettent au supplice
La forêt affolée. Et nos foyers avec…

Car le brasier s’attise, hélas, aux vents propices
Dans l’indifférence des jours d’un été ocieux,
L’inquiétude de nuits aux repos soucieux.

mercredi 12 août 2026

CÉLESTE PELLICULE

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 26 mai 2025

Non loin de la ville royale,
En toge de pourpre impériale,
L’aurore écarlate, sur l’empire des nues
Règne et toute heure apocope.
Sur la toile du lointain, image continue,
Comme un film en CinémaScope,
Entre l’empyrée cochenille et les chemins
Carmins, défilent sans syncope,
Le récit du jour qui est né d’hier : « demain » ;
Lumière crue et primordiale
Et nuées floues enfin cordiales !



mardi 11 août 2026

SAUCÉE PROVIDENTIELLE

L’été fut sec, hélas. La chose est alarmante…
Sous un lit de lotus aux corolles assoupies,
L’onde joue à la belle aux eaux ordes et dormantes.
À pas las, pas lents, pas lourds, la nuit se tapit
Mais voilà qu’elle met, hors de toute tourmente,
Ses gros cheveux de pluie picotants de dépit.

À coups las, coups lents, coups gourds, cette eau frappe à terre
 Comme on bat la peau d’un tambour sourd et fumant.
Son rythme est entêtant. Il ne veut mie se taire
Et scande une chanson triste continûment :
Il pleure aussi sur les fruits des feux délétères,
Sur le bruit gratuit de la mare s’endormant.

Droits et froids, les traits durs de cette ondée nocturne
Comblent les rides de rives qui ont eu faim
Et un sol vide d’avoir eu soif. Puis nos turnes,
Dont le toit résonne de la rincée enfin
Venue, s’habillent de ce crachin taciturne
Dont ne profitent arbres dévêtus, jà défunts.

lundi 10 août 2026

TOUT FEU, TOUT FLAMME

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 16 juin 2025

Enchantement sans cesse renaissant
Et sans cesse renouvelé, puissant :
D’un lointain bossué aux noires rives
Un rai étend ses rets qui nous arrivent.

Ainsi se terrent tous les secrets naissant
À la nuit, avec les rêve pour convives,
Dont le souvenir nous fait rougissant…

Puis filets améthyste et noeuds de sang
Embrasent l’empyrée éblouissant.
L’oiseau salue une aube chaude et vive,
Au ciel où tressaille un noir à la dérive.

Ainsi se taisent les acrés bruissants
De nos jour parés de plumes de grive
Dans les promesses d’un matin nous embrassant.



dimanche 9 août 2026

INJONCTION

La bonne humeur ça fait bien plus classe
Que moue molasse ou songe filasse.
C’est pas beau le monde, dégueulasse :
Il est tout d’apparences fallaces.

Noie donc au goulot ton eau d’mélo !
À chacun son lot, son flot d'problo’
Ou bien son grelot sous le calot.
Viens, accroche un sourire à ta face
Même si, là, tout va à vau-l’eau
Et qu'hélas tu veux te fiche à l’eau.
Cours voir un cam’lot du ciboulot
Avant que d’être au bout du rouleau
Sinon, mon copain, quitte la place
Ou alors, l’amie, on te remplace.

C’est pas beau le monde, dégueulasse :
Il est tout d’apparences fallaces.
Feindre et pas geindre sinon on lasse,
Puis, hélas, ça casse ou on se casse…
C’est com' ça le monde : dégueulasse ;
Il est tout de faux-semblants. Salace.

Force tes ris. Fais-en des kilos.
Si tu veux être sur le tableau
Joue la joie, Charlot. C’est plus diplo’.
Va, accroche un sourire à ta face.
Mollo les craintes, même en halo ;
Peurs de ballot venues au galop,
Ça fait falot… ou bien bibelot.
Soucis, sanglots, tracas, tremolos,
En compagnie, ça laisse de glace
Car, ma vieille, à chacun sa mélasse ;
Oui, P'tit, la vie c’est pas un palace.

C’est com' ça le monde : dégueulasse ;
Il est tout de faux-semblants. Salace.
La bonne humeur ça fait bien plus classe
Que moue molasse ou songe filasse.

samedi 8 août 2026

À MOI LA PAIX DES PRÉS !

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 28 juillet 2025

Moi, je laisse le bruit des villes d’ici,
Leurs tours, leur tumulte et surtout leurs troubles
 À qui bon choierait les vils plaisirs rancis
Et les rêves qui ne valent pas un rouble.

Sans être un ermite, pas plus qu’un béat,
Je prends la clé de nos champs dès que possible,
Apaisé par le ballant des épicéas,
Défiant la course du temps, impassibles.

Contemplatif dans un temps compétitif,
San fin, je goûte au quiet bercement des souffles
Lascifs, aux sérénités du ciel rétif
À des vies qui toujours ,et en vain, s’essoufflent.

Ce ne sont que sentiers placides, esseulés,
Où en paix on se détache, libre
Des soucis - Même la pluie est embellie ! -
Et mes jours enfin retrouvent un équilibre…

Je laisse là l’indifférence des cités,
Leur froideur et puis leur fureur insensible
Sur lesquelles humeur, et pis anxiété,
Se modèlent hélas d’une façon indicible.

Là, le temps est mesuré mais pas compté.
Je m’offre ainsi le seul luxe de l’époque,
Celui qui n’a pas de prix, de taxe exempté :
La tranquillité d’esprit… loin des vieux chnoques !



vendredi 7 août 2026

BRISE LÉGÈRE

Le silence pesant des églises,
Qui se croit profond, qui se dit vrai,
Moins reposant, hélas, qu’il n’effraie
Est si oppressant qu’on s’y enlise.

Je le laisse aux statues et aux clercs,
Gens de chaire et de sacerdoce,
Goûtant fort les culs-de-basse-fosse.
Moi j’aime les calmes bien plus clairs
Plus sereins qu’offrent, au dehors, les arbres
Quand murmurent les souffles en feuillée,
Qu’ils soupirent aimant se faufiler
Comme on caresse des doigts du marbre.

Ce silence qui chuchote un peu,
Délicat et sans fin, me ressource
Comme le chant limpide d’une source
Bruissante loin des cloîtres pompeux.

Le frémir de la céleste haleine
Qui fait frissonner les cieux
M’est quiétude. Oui, Messieurs !
Mais l’aimable paix qui fait, sans peine,
Tressaillir aussi les prés placides
De tous se laisse entendre pourtant.
Encore faut-il écouter le temps,
Palpiter l’air hors de vos absides !

jeudi 6 août 2026

L’HEURE BLEUE

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 19 juin 2025

C’est la prime lueur du jour à bercer
L’horizon que le soleil n’a encor’ percé
Lors la voûte des cieux envoute les yeux
Entre le lointain et l’infini des Dieux

Car la coupole avant que de bien s’azurer
Nous offre un beau dôme en saphir et pervenche
Dont la nuit ennuyée mie ne se revanche
Un oasis de clartés prompt à rassurer
Tombé de ces nues lilas où averse
Le pers qui avec le blême tient commerce

C’est la prime lueur du jour à bercer
L’horizon que le soleil n’a encor’ percé
Qui paie là de la nuit la dernière ardoise
En craies indigo dans des parfums d’armoise

Sous ce baldaquin de lapis-lazulli
Que çà ou là le l ’or et du sang paraphent
Déjà de chants d’oiseaux matinaux s’agrafent 
S’égayent des chevreuils quittant leur châlit
Fuyant moins les pastels de feu la pénombre
Que le roux de vieux renard tapi dans l’ombre

C’est la prime lueur du jour à bercer
L’horizon que l’indigo n’a encor’ percé
C’est un instant pas même un moment Ma Chère
Avant que le matin livide ne monte en chaire



mercredi 5 août 2026

FAIR ENOUGH

Sans vouloir, encor’, mes pairs contrefaire,
Ceux qui ne veulent jamais rien faire
Au risque de méfaire ou de forfaire,
Par peur d’avoir à défaire et refaire,
Ne font pas avancer leurs affaires
Mais ne peuvent, pourtant, s’en satisfaire…

mardi 4 août 2026

L’INÉDIT D’UNE AUBE NOUVELLE…

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 25 mai 2025

L’inédit d’une aube nouvelle
Tient dans ce que le jour revient
Sans fin ni cesse renouvelle
Les beautés avec lesquelles il vient

Rien de plus banal que javelles
D’ors depuis les temps diluviens
L’inédit d’une aube nouvelle
Tient dans ce que le jour revient

Rien de plus original que tavelles
Rose et ambre des cieux liviens
Où se jouent joies et jeux joviens
Réside en ses teintes gravelles
L’inédit d’une aube nouvelle



lundi 3 août 2026

UN TEMPS PÉRIT…

Quand bruine et crachin les autres bercent,
Les eaux du temps pleuvent sur mes ans :
Mes hiers se déversent en averses
Érodant par ondée mon présent
Qui ne m’apparaît que comme traverses.

Les pluies, de longtemps, pleurent mes ans
Et rincées ou saucées, qui dégouttent
En moi, me font, las, craindre un cuisant
Avenir qui ne sera, sans doute,
Qu’orages et grains des plus déplaisants.

dimanche 2 août 2026

LES YEUX AUX CIEUX…

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 27 octobre 2024

Les matins audacieux
Il y a le feu aux cieux
L’éther a la fièvre
Et là plus rien n’est mièvre

Allumé aux tisons
Du blanc de l’horizon
En flammes horizontales
En lueurs zénithales
On voit jaunes emportés
Rougeoyantes clartés

Les nues échauffées courent
Et ses braises concourent
Dans l’âtre de l’aurore
À ce dais qui se dore

Aux ardeurs flamboyées
Notre aube a son foyer
Et en flots se module
Comme enfer brûle
Comme chez moi on dit
Jour en -di incendie 

L’éther a la fièvre
Et lors plus rien n’est mièvre
Quand matins audacieux
Il y a le feu aux cieux



samedi 1 août 2026

CRÉPUSCULE SUR LA VILLE

Cycle toulousain
D’après une huile sur toile de Marielle, mai 2026
(Inspirée d’un photo personnelle de l’automne 1990)

Oc, au vert printemps de nos amours 
Dans une barre haute comme tour,
On dominait la rose capitale
Et le ciel effeuillait pour nous ses pétales.
Surtout quand l’automne revenant
Tous les arbres effeuillés, bon an,
Le long du vieux canal vert encore,
Sillonnant la ville qui le décore,
S’habillaient d’étourneaux somnolant
Qui, à l’aube, nuées s’envolant
Donnaient la folle impression soudaine
Que leur perchoir allait, belle aubaine,
Avec eux, les nuages, décrocher
Fussent-ils écharpes, rochers,…

Aussi belles qu’aurores ces vesprées
Toulousaines, en mémoires ancrées,
Las!, nous reviennent de temps en temps,
Elles préfaçaient des rêves palpitants,
Ces fleurs qu’aux sillons du plaisir on sème,
Aux sources du désir de qui aime.
Lors, on laissait à d’autres la nuit
Lugubre ou funeste, et l’ennui
N’avaient, je sais, pas plus son empire
Sur les foules d’une ville qui expire
Que sur nous donne les tendres frissons
Froissaient des draps polissons.
L'émail des cieux baignés de lumières
Faisait un camail à nos prières.

L’ombre peut venir demain. Plus tard,
Encore la pénombre, vains patards.
Ces soirs-là, ces cieux peu taciturnes,
Se refusant au noir des ciels nocturnes,
Faisaient dais d’or, de myrrhe et d’encens
À nos feux par trop incandescents,
Et ce baldaquin inoubliable,
Aux folles lueurs inaltérables,
Nous restaient, non comme un souvenir,
Mais comme un présage d’avenir,
Celui que le soleil qui illumine
Les primes ardeurs que les ans parfois minent
Sur nos vies d’amants tant aimés,
Non, ne se coucherait jamais…



vendredi 31 juillet 2026

LA MASURE

C’est la dernière maison de mon village
Ce hameau las qui a traversé mes âges.
Elle vit seule, sans désir, sans remords
Et vieillit, plantée là, attendant la mort.

Son large auvent de glycine blanche embaume
La vie de ces fantômes de mon passé
Qui vivent sous un toit qui jà se déchaume.
Une vigne vierge d’oubli, harassée,
Court ses murs délabrés qu’habille une mousse
De silence dans le sommeil de ses jours.
Autour tout n’est que brousse et herbes rousses ;
C’est dans cette paix qu’elle vivote toujours.

C’est vrai, mon coeur habite là trop souvent
Pour se préserver du présent tout en vents.
L’âme qui l’entretient ne l’ouvre à personne ;
L’esprit qui la rebâtit s’en hérissonne.

mercredi 29 juillet 2026

LES P'TITS VIEUX D'AVANT

On s’en occupait mieux
De nos p’tits vieux
Avant je vous l’assure
Planqués dans le cantou
Du mois d’août au mois d’août
À r’garder leurs chaussures
Le carré de ciel bleu
D’la cheminée ou l’feu
Flambant tout en morsures
À l’hiver revenu.
Voilà tout leur menu

On s’en occupait mieux
De nos p’tits vieux
Avant c’est chose sûre
Plantés sur un’ chaise itou
Aux bonn’ heur’ des mois doux
À r’garder les blessures
Des nues leur p’tit alleu
L’bois jadis giboyeux
La mémoir’ qui s’fissure
Le souffle hélas, ténu
Et les mots retenus

On s’en occupait mieux
De nos p’tits vieux
Avant car leur tonsure
À table à son haut bout
Happait soupe et ragoût
Coulant aux commissures
Des lèvres l’doigt huileux
Qui tremble plus qu’on peut
Puis sans aucun’ censure
D’ces êtres entretenus
On couch’ra le corps nu