Qu’on me prenne hélas pour un martinet
M’énerve, je l’avoue, un tantinet.
Car seule je fais le printemps, fidèle,
Et l’amène partout, à tire d’aile,
Par vos terroirs et puis par vos pradelles.
Fuselées, mes ailes affutées sont ciseaux
découpant l’air comme bateau fend l’eau
Elles font, profil effilé, que je trace
Et fuselée que je file, vorace,
Comme toute oiselle née de ma race.
Je fuis les sapinaies et les chênaies,
Préférant vos toits et vos cheminées,
Depuis le vieux temps où vos haridelles
Transportaient vos ballots ou baradelle
Et que vous éclairaient bougies, chandelles…
Je suis le plus gracieux des oiseaux,
Évitant rets ou réseaux à vos museaux
Et jamais le bleu du ciel ne me harasse
Même si de l’air jamais je ne brasse
Quand, de voltes, le nu des nues j’embrasse.









