C’est la dernière maison de mon village
Ce hameau las qui a traversé mes âges.
Elle vit seule, sans désir, sans remords
Et vieillit, plantée là, attendant la mort.
Son large auvent de glycine blanche embaume
La vie de ces fantômes de mon passé
Qui vivent sous un toit qui jà se déchaume.
Une vigne vierge d’oubli, harassée,
Court ses murs délabrés qu’habille une mousse
De silence dans le sommeil de ses jours.
Autour tout n’est que brousse et herbes rousses ;
C’est dans cette paix qu’elle vivote toujours.
C’est vrai, mon coeur habite là trop souvent
Pour se préserver du présent tout en vents.
L’âme qui l’entretient ne l’ouvre à personne ;
L’esprit qui la rebâtit s’en hérissonne.



