Je passe au rabot mes maux, sans fin et sans cesse
Pour en tirer copeaux de mots tout en finesse,
Puis je sculpte des strophes, au vieux ciseau du son,
Râpe mes vers de travers pour faire chansons,
Sonnets, seizains, odes, rondeaux ou bien ballades
Quand vous me croyez sourd, muet, vaincu, en rade…
La vie nous est bois brut, échardes en plus-value,
Faisons-en, en strophes des planches de salut :
Je passe au rabot mes maux, sans fin et sans cesse,
Pour en tirer copeaux de mots tout en finesse,
Des décors de rimes, bien poncées, sans poncif
Quand vous pensez que, fort lassé, je suis passif.
Qui sait combien il faut de sueur, de sciure
Pour mettre nos petits travaux sous reliure ?
C’est un labeur long, lent, un ouvrage à façon
C’est pourquoi quand vos nuits de rêves font moisson,
Je passe au rabot mes maux, sans fin et sans cesse,
Pour en tirer copeaux de mots tout en finesse…
.jpg)







