On s’en occupait mieux
De nos p’tits vieux
Avant je vous l’assure
Planqués dans le cantou
Du mois d’août au mois d’août
À r’garder leurs chaussures
Le carré de ciel bleu
D’la cheminée ou l’feu
Flambant tout en morsures
À l’hiver revenu.
Voilà tout leur menu
On s’en occupait mieux
De nos p’tits vieux
Avant c’est chose sûre
Plantés sur un’ chaise itou
Aux bonn’ heur’ des mois doux
À r’garder les blessures
Des nues leur p’tit alleu
L’bois jadis giboyeux
La mémoir’ qui s’fissure
Le souffle hélas, ténu
Et les mots retenus
On s’en occupait mieux
De nos p’tits vieux
Avant car leur tonsure
À table à son haut bout
Happait soupe et ragoût
Coulant aux commissures
Des lèvres l’doigt huileux
Qui tremble plus qu’on peut
Puis sans aucun’ censure
D’ces êtres entretenus
On couch’ra le corps nu



