Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 27 septembre 2026

HAÏKU BIBLIQUE

Génoise : C’est à dents et lèvres.

J’ÉCRIS DANS UN PAYS QUE MENACE…

 


D’après Louis Aragon « J’écris dans un pays dévasté par la peste » (in Le musée Grévin)

J’écris dans un pays que menace
Une peste qu’il a déjà affronté,
Mais la nostalgie en est tenace
Chez les oublieux et les effrontés.

Ils ne rêvent que d’un cauchemar
Pire que du temps du Roi Pétoche
Qu’ils ont sanctifié tous ces trimards,
Ces sottards, ces garous, ces fantoches,…

Ils ne songent qu’à neuves terreurs
Pour le bronzé et pour ses coutumes,
Le basanés et sa foi toute d’erreurs,
À qui sied mal nos lois et costumes.

Ils souhaitent le retour d’un âge d’or
Qui n’a jamais été, tout de mythes
Et de légendes, sur lequel s’endort
Un roman national bouffé aux mites.

Et ils n’en peuvent mais à la nuit, 
Et ils en veulent tout le jour, promesse
Faite de se retrouver, sans rien qui nuit,
Entre soi, entre charcute et messes.

Sinistre avenir que celui-là,
Au goût amer du passé qui ne passe
Pas, que nos martyrs d’hier, çà et là,
Ont combattu… et de guerre lasse.

Plutôt que tous leurs autodafés,
Leurs flics et leurs rafles, leurs censures,
Que cette France aimant à piaffer
Chasse au loin relents et vomissure…

samedi 26 septembre 2026

vendredi 25 septembre 2026

HAÏKU DE SONNETTE

Comment s’en sortir sans sortir ?

LES PRÉDATEURS & LE LION

Petite fable affable d’après Esope

Un tout jeune homme vint chasser
Dans les herbes tant hautes des savanes.

Habile archer, sans trainasser,
Il sème la peur, et l’air crâne,

Se réjouit d’être une terreur.
Seigneur Lion, le grand roi des bêtes,
Voulut s’interposer, sans courbette,
Devant ce chasseur, cette erreur.

Il provoque le sagittaire.
« Attends, Ta Majesté ! T'plaît-il
Avant de t’affronter, roi subtil,
Que j't’envoie, féal tributaire
Un messager pour, aux yeux du Ciel,
Convenir du lieu du duel ! »
Et il lui décoche une flèche
Qui traverse jusqu’à la chair

Du souverain que l’affront sèche ;
Coulent rus de son sang si cher.

Notre lion fuit par les herbes hautes,
Cachant crainte, taisant douleurs.
Hyène passe auprès de son hôte,
N’ayant charogne, par malheur
À dépecer de la rencontre
- Dépouille de roi vaut, il paraît,
Celle de cent de ses sujets ! -
« Tiens bon, Maître, fit la matoise.
Ce faraud ton trône prendra,
Un jour. Vois donc comme il te toise,
Ce flandrin qui joue les gros bras !

- À d’autres ! Qui a émissaire
Aussi redoutable ne peut, las,
Qu’être, je crois, rude adversaire.
Parfois la retraite, l’amie,
Est sagesse non infamie ! »

mercredi 23 septembre 2026

HAÏKU’MPLICATION ?

Pour savoir de deux choses l’une, les mettre en parallèle plutôt qu’en balance.

LEVER DE COULEURS

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 19 décembre 2025

Furtive bannière de l’aube pour peau,
Les dieux ont pavoisé de miel en drapeaux 
L’ensemble des cieux. Lors, tout n’est que flammes
Éphémères, fanions ambre et oriflammes,
Gonfanons safranés, pavillons platinés,…

En brumes ourlées flottent lueurs à peine nées.
Frappée d’armes ocrées, l’aurore minaudière
A paré un jour changeant d’or en bandière
Et, faisant étendard sur toute l’étendue
Céleste, l’empyrée nous semble distendu…



lundi 21 septembre 2026

HAÏKU MOUTONNIER

L’agneau pascal est-il le rejeton d’une brebis galeuse et d’un mouton noir ?

LE CHIEN DOMESTIQUE & L’OISEAU SAUVAGE

Petite fable affable

Dans le Sichuan était un chien sachant chasser
Il savait tous les tours de son bon maître,
Le plus habile du canton. Sans se lasser,
Il l’aidait chaque jour à se repaître
De proies et de prises sans y paraître.

Un matin, le chasseur se fit cultivateur,
Délaissant ses habituelles traques.
Notre mâtin voulut lors montrer sa valeur
Et grossir d’une frugale barbaque
Le riz de sa si modeste baraque.

Fort savant à courre et à trappe, le pisteur,
Seul, partit donc au loin, en vadrouille
N’ayant de rien, ni personne, la trouille.
C’était désobéir, mais le conspirateur
Est fêté toujours, s’il n’est point bredouille.

Or, à peine a-t-il fait, de ses pattes, dix pas
Qu’il voit qu'un jeune oiseau, là, lui volette
Au dessus du museau. Las !… Pour lui, n’est-ce pas
Folle tentation que ces deux ailettes ?
Défi lancé comme trait d’arbalète ?

Il a bien trouvé sa victime mais l’oiseau, 
Pervers, à peine posé s’envole
Plus loin. Une fois. Deux. Et puis revole.
Et ce sans plus compter fuit, toujours grazioso.
Mais s’arrête enfin ce gibier frivole.

Notre chasseur croit lors bien arriver à ses fins
Il saute sur le rocheux promontoire
Où la bête a cessé sa course folle afin
De s’en saisir sans faire plus d’histoire.
À lui seul les lauriers de la victoire !

Et voilà, las, qu’il saute et plonge au ravin
Que cachait le perchoir de grise roche.
Et il part embrasser l’abîme proche
Avec ses rêves de gloire bien vains.
Le fermier n’aura point d’oiseau en broche !

Toute opportunité n'est pas bonne à saisir,
Avant de s'engager, il faut bien réfléchir.

vendredi 18 septembre 2026

HAÏKU AU BOULOT

À la campagne, « le patron » doit faire avec le temps, avec les gens ; en ville, les gens et le temps doivent faire avec « le patron ».

jeudi 17 septembre 2026

HAÏKU’NERIE ?

Quand on est c…, il ne faut pas l’être à demi, sinon on n’est pas pris au sérieux.

LA QUERELLE DE L’ANCIEN & DU NOUVEAU

Petite fable affable d'après Voltaire

Un vaillant vieillard veillait, hiver comme été,
À l’orthodoxie de sa communauté
En matière de foi et pensée. J’imagine
Que l’âge, gage de sagesse, à Egine,
L’était aussi en cette fière pampa ;
L’homme où et qui qu’il soit ne se refait pas !

Un fort jeune philosophe proposa de neuves
Idées et donnait à qui voulait les preuves
Que les Anciens, sur bien des points, se trompaient.
Que croyez-vous qu’il advint à ce clapet ?

Il fut lapidé sur l’ordre du vieux prophète
À l’occasion d’un rite païen fait grand’fête.
On prétend que l’impie, avant de périr,
Ultime vœu, voulut parler. Sans coup férir,
Il dit : « Qui reste en ses sentiers caillouteux
Aime, c’est là habitude de piteux
Et repos d’esprit, à jeter pierre et poix
Sur ceux qui pavent, las, de nouvelles voies ! »

mardi 15 septembre 2026

HAÏKU TORDU

Avec la faim d’être vient la fin d’exister.

PAR UN MATIN DE MAI…

D’après une photo et un titre de Marc-Yvan Custeau, 6 janvier 2026

Par un matin de mai
Plus peintre que jamais
Morphée s’est fait abstrait :
De lumière en rais
En aplats sur apprêts
Ou ombres empâtées.
Bref, tout pour m’épater !

Par un matin de mai
Fors aulnaie ou ormaie,
On vit en tons nabis,
Comme en couleurs lavis
Frottis fauves et glacis,…
Le ciel est ouaté,
Prêt à nous épater !

Par un matin de mai,
Lignes et points parsemés,
Le jour est attrayant,
Le vent pour liant,
De pigments s'habillant,
Il vit au débotté :
Tout pour vous épater !



dimanche 13 septembre 2026

HAÏKU’MPLEXE ?

C’est fou ce petit faible que l’Humain a pour la force.

LE COQ & LE CHEVAL

Petite fable affable

Dans la basse cour de la ferme, Maître Coq,
Renversé par un hongre quittant le paddock
Pour son écurie, à crête que veux-tu, tonne :
« Tu peux pas regarder où tu vas, eh gros tas ! »
Sans voir qu’il piétinait de rage, ce bêta,
Une chenille aux couleurs fanées de l’automne ;
Charpie aurait été amas plus résistant
Et bouillie paraîtrait un gruau consistant.

À ne loucher que sur ce que nous font les autres
Nous nuisons bien plus à autrui que ces apôtres !

vendredi 11 septembre 2026

HAÏKU’LORISATION

L’humour noir faut souvent rire jaune.

LE PARNASSE PLUTÔT QUE L’OLYMPE

Las !, les dieux ne m’ont presque rien donné
Et leur ai pris beaucoup, aiguillonné
Par leur avarice à mon endroit, je crois.
J’en fais catalogue, ce jour, à bon droit :

J’ai pris aux nues une once de talent 
Mais ni nom illustre ni, pis, génie ;
Pas de position ou d’équivalent,
Mais une plume pour,  qu’en ma mesnie,
Je chante les couleurs du temps, ses gaietés
Et ses usures, conte la beauté
Partout où elle est, même hors nos étés,
Rime le monde jusque’à m’entêter,…

Certes ces dieux-là m’ont privé d’éclat,
De reconnaissance ou d’être de gala
Mais j’ai pu trouver un sens à ma vie,
Au point que d’aucuns cuistres me l’envient.
Et j’ai trouvé, en un monde noir, l’espoir
D’aubes radieuses et de plus beaux soirs
Encore même s’il faut, sans surseoir,
Jouer les gratte-papier laborieux,
 Labourant toujours, sous les plus riants cieux,
Sous des ciels pleurant ou indifférents,
Des sillons stériles où germent inepties
Et autres folies nécessitant psy' !

jeudi 10 septembre 2026

mercredi 9 septembre 2026

VIE D’HAÏKU’PLEUX

Souvent, at home, l’homme est atome.

L’ABEILLE & LA MOUCHE

Petite fable affable d’après Fénelon

Un matin, une abeille aperçut une mouche
Tournant autour de sa ruche. L’eau à la bouche,
Le diptère vrombit de plus en plus près,
L’apidé faillit lors la mettre aux arrêts.

« Que viens-tu faire ? cria notre furieuse. 
Toi qui paresses alors que je suis laborieuse,
Comme mes sœurs. File bourdonner plus loin
Chercher dans ces ordures que tu adores
De quoi rassasier ta faim, crotter ton groin,…
Il n’y a pas de place ici pour qui se dore
            La pilule !

                                              - Hélas nous vivons tous, ma soeur,
Comme nous le pouvons, fit avec douceur
L’interpellée. La pauvreté n’est pas vice 
Mais le mépris si. Ceci dit sans malice ! »

lundi 7 septembre 2026

HAÏ(trou du)KU

Attention : les faux culs sont, très souvent, de vrais cons !

LE LONG DE L’EAU

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 8 janvier 2026

Le long de l’eau, coulent les heures…
Le temps apparaît comme un leurre,
Lui toujours trot ou galop,
À l’ombre douce des bouleaux,
Sous un ciel gris qui ne pleure.


Dans les halos tout ocelot,
Je vais, les yeux mi-clos,
Par le gazon où parfums fleurent,
Le long de l’eau.


Je goûte aux souffles qui affleurent,
Rêve à ce qui toujours demeure ;
Au plus loin des urbains sanglots,
Je me fonds dans ce vert tableau,
Errant, sans mélo sans culot,
Le long de l’eau…





samedi 5 septembre 2026

D’UN SEUL HAïKU D’ŒIL

Pour être pour quelque chose dans une affaire, il n’y a souvent rien à faire.

LES DEUX MÈRES

Petite fable affable

Dans le bus qui menait à la ville,
Ce matin-là, les doigts tout fébriles
Une mère et son fils sont perdus 
Dans leur vie virtuelle, pendus
À leur téléphone cellulaire
Avec une palpitation scolaire.

Soudain la dame avise que l’on lit
Un livre près d’elle. Elle abolit
Lors toute retenue et s’exclame
À cette personne comme on déclame :
« Madame, comment donc faîtes-vous
Pour que vot’ fille en lecture s’use.
J’ai beau faire et beau dire, voyez-vous
Mon bambin, hélas, s’y refuse.
Et n’a plus d’yeux que pour son écran.

- Madame, c’est dur d’être un parent.
Et je n’aurai appris qu’une chose
À le faire, aux heures grises ou roses :
Pour bien faire il n’est qu’une façon
Et l’exemple vaut milles leçons ! »

vendredi 4 septembre 2026

jeudi 3 septembre 2026

HAÏKU DE MARTEAU

Certaines mises en boîte valent des mises en bière. 

LE BOUQUET

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 24 novembre 2025

L’aurore m’offre un bouquet de roses
Entre l’incarnat, le thé, le saumon,
Là, à fleur de ciel, en amont
De ce bois resté, lui, morose.

Et sur les chairs carnées des nues osent
Entre pourpre et lilas sans sermon.
L’aurore m’offre un bouquet de roses
Entre l’incarnat, le thé, le saumon,…


Éclats et couleurs nous livrent une prose
Poétique née des piémonts.
C’est du lourd char du jour le timon
Chassant la nuit qui se nécrose.
L’aurore m’offre un bouquet de roses.



mercredi 2 septembre 2026