Au pas allongé des heures qui s’étirent,
Cette chaleur peu à peu se retire
L’air, dolent nous déverse mille odeurs
- Chèvrefeuille, géranium et lavande -
Qui le disputent à la rose, sans candeur
La dame la plus parfumée de la bande.
Auprès du vieux lierre tout bruissant,
Sous notre glycine rafraichissant
La terrasse, près de l’infatigable
Et, en ces temps si secs, fort charitable
Jet d’eau toujours murmurant du bassin,
Nos regard se perdent aux ramées ployables
Des arbres assommés, sonnés, par l’essaim
De dards solaires allant au diable.
Harassée, la maison respire enfin,
Libérée de ces chaleurs d’un jour sans fin,
Dans les fragrances de citrons, d’oranges,
Qui y ont bien sommeillé jusque là.
Le chat, las, en s’étirant, les dérange ;
Mollement, il va vers la pergola.
Les feux diurnes qui s’enfuient, s’apaisent.
L’air se détend, et lors bien moins nous pèse.
Mais on espère dans l’ombre la fraîcheur
Salvatrice face à Phoebus faucheur,
Qui fera fleurir la nuit où frissonnent
Les étoiles, noyées au noir éther,
Et qu’éveillés, trop souvent, l’on chansonne
Alors que l’été a tué tous les verts.
Nous vienne cette douceur si exquise
Propice à la langueur, pas celle acquise,
Au repues qui seront répit et repos,
Réconfort et paix, ma foi, en famille…
Qu’importent les moustiques dispos
Pour les tardifs buveurs de camomille !


