Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

samedi 17 janvier 2026

HAÏKU RÉEL

Il fait savoir suivre les chemins que l’on s’est ouvert.

SÉPULCRAL TÊTE-À-TÊTE

Petite fable affable

Un matin, la Mort dit à la Vie : 
« Sur ma faux, ma foi, toi, je t’envie.
Pourquoi donc t’aime-t-on, toi si garce,
Qui n’est à tout prendre qu’une farce ;
Alors que moi, partout, on me hait
Bien que je sois franche et dise vrai ?!

- Justement : je suis un beau mensonge !
Et l’homme vit de rêves et de songes.
Aussi malgré tous mes contre-temps,
Aléas, coups du sort irritants,…
On me préfère à toi, la Camarde.

- Mais, il sait, et parfois en cafarde,
Dès le tout début de ses beaux jours,
Le dû de son terrestre séjour.

- Dans l’illusion, on prospère, espère
Quand triste réalité désespère ! »

jeudi 15 janvier 2026

HAÏKU AU CASQUE

Trépanation : ouverture d’esprit qui aide à éclaircir les idées.

RANGÉE, BIEN ALIGNÉE

D’après une photo de Marc-Yvan Custeau, 13 février 2025

Ainsi les quatre premiers jours de ma semaine,
Par temps d’hiver,
Émergent dans une solitude inhumaine :
Ni prose ni vers.

Jours sans chair, jours sans nerfs qui, un à un, se suivent,
Squelettes nus
D’un temps qui renait en lassitudes poussives,
À l’attrait ténu,…

Jours noirs qui attendent le meilleur, vivant le pire,
Sans nul attrait,
Accrochés aux brumes qui ont fait leur empire
Dans ma contrée.

Passent les quatre premiers jours de ma semaine,
Sous ce couvert
Qui, sur l’horizon, a établi un domaine
Mie découvert.

Jours sans chair, jours sans nerfs qui, un à un, se suivent,
Allant leur train
De sénateur avant que reviennent, vraies vouivres,
Quatrains, refrains,…

Jours vivant le meilleur, traqués las par le pire,
Les trois derniers,
Prennent à mon âme et à mon esprit, vrais vampires,
Plus que deniers.




mardi 13 janvier 2026

HAÏKU’R DE CHEMIN

N’oubliez pas que le destin ne fait pas la destination.

LA DOUCHE

Petite fable affable

Xanthippe, la femme de Socrate, était peu
Commode à son mari. Et le sauve-qui-peut
Lui était planche de salut. « Le mariage,
Disait-il souvent, est las un bien sans partage
Pour l’époux : s’il n’est, comme moi, las, guère heureux
En ménage, il devient vite quelque peu philosophe. »
Serait-ce ainsi que vint à ce penseur l’étoffe
Qu’on lui sait et rend nos bacheliers fiévreux  ?

Lors d'une colère fort fameuse, l’épouse
De notre vieux sage, qu’on disait prou jalouse,
Inonda sa pauvre moitié d’un vrai torrent 
D’injures avant de lui verser l’odorant
Pot de chambre de leur doux foyer sur la tête. 

Sans se déconcerter pour autant, notre esthète
Fit alors : « Ah, il fallait bien qu’il pleuve dru
Après un tel tonnerre. C’était las couru ! »

Et là Xanthippe repartit sans plus rien dire
N’ayant là guère plus pour attiser son ire.

Face à ces courroux qui nous mènent au pugilat
Le rire reste le meilleur des halte-là !

lundi 12 janvier 2026

dimanche 11 janvier 2026

HAÏKU MÉTREUR

Si l’homme est mesure de toute chose, espérons que je ne sois pas le mètre-étalon.

MÊME…

Même s’il n’est pas de demain
À ce qu’on écrit à deux mains
Depuis l’on se noue des liens
Que que d’un rien on s’fait du bien
Dans nos matins et dans nos soirs
Que naisse ou que meure l’espoir
Dans un fou-rire ou un chagrin
On en a traversé des grains
Pour sublimer le temps et l’heure
Garder nos cœurs en leur demeure.

On verra le plomb se faire or
Et puis la nuit nous fuir encor’
Pour des printemps à jamais là
Pour des hivers sans au-delà
Et puis l’ennui nous fuir encor’
Même quand las la vie s’endort.

Et même si le pire advient
Que de nous il n'reste rien
Parce que l’un a lâché la main
De l’autre sur notre chemin
Ne voyons pas les choses en noir
Ce ne sera qu'un au-revoir
Un mal pénible et vipérin
Qui broie votre âme comme grain
Et fait de votre vie un leurre,
Un néant ou une gageure…

Car nous serons ensemble encor’
Par l’esprit plus que par le corps
Comme aujourd’hui, comme autrefois
L’Amour étant la seule foi,
Par l’esprit plus que par le corps,
Qui nous rend plus fort que la mort.

samedi 10 janvier 2026

vendredi 9 janvier 2026

HAÏKU AU COEUR

Nos amis nous font ; nos amours nous défont.

LE MARCHEPIED SABORDÉ

Petite fable affable

Vivant en un clapier de plain-pied,
Sans stuc au plafond et sans dais,
Un bon taupier devenu fripier
Aimant tout le monde accommoder,
Travaillant toujours d’arrache-pied,
Prit en pitié quelque va-nu pied,
Un cadet, un nardet, dadais,
Qui passait ses journées à l’épier. 

C’était, las, un dernier de cordée
Vivant sans le sou et sans papier, 
Farfadet aimant à paillarder,
Vider des godets de muscadet,… 
Ancien troupier, on l’avait lourdé.
Mais il état ingrat ce casse pied,
Sachant maints mauvais tours bien rodés.

Il fit donc choir en un vil guêpier
Son bienfaiteur sans guère tarder
Et, pire, l’a ainsi estropié.
Mais le taulier fut vilipendé
Et son bon geste on lui fit expier
Chez les bonnes gens qui ont pépié :
« Fais donc du bien à un baudet
Et il te rendra un coup de pied ! »

mercredi 7 janvier 2026

HAÏKU BÉNI

L’agora de Saint-Pierre de Rome est moins une Cour des Miracles que le parvis de la grotte de Lourdes.

AURORIZON

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 9 septembre 2025

J’ai voulu cueillir la fleur 
De l’aurore à pleine éclose
Et pour en humer le cœur
J’ai poussé les portes closes
De la nuit
Lors sans bruit

J’ai ôté la robe de brume
Des ombres bleues du lointain
Là où vont rêves posthumes
Où partent étoiles sans tain
D’où vient vent 
Vain en voix

Puis j’ai plongé mon visage
Pour orpailler sans détour
Les contours du paysage
D’un jour neuf dont c’est le tour
D’éblouir
D’ébahir



lundi 5 janvier 2026

HAÏKU DU TEMPS

Ne gâchez pas votre présent pour un futur qui ne vaudra pas mieux que votre passé.

LA SOURIS QUI SE RIT

 Petite fable affable

« J’avoue : j’en veux à celui que j’envie ! »
Disait une souris pleine de vie
Qui trouvait à redire et à médire
À tous et tout - quand ce n’était pas pire ! -
Et ne trouvait jamais de qualité
Qu’aux fromages… Bref, un âne bâté !

Celui là était trop ; donc un vrai beauf !
L’autre pas assez ; et tout aussi bof.
Relevant, reprenant, telle une baronne, 
En somme, elle dénigrait les personnes
Ne pouvant lutter contre ses idées.
Ses mots étaient traits tuant à l’oursonne
Et pour cent réputations glas qui sonne.
Tous les bons rongeurs, elle intimidait :
Aussi à dire ou faire nul ne songe…
Surtout que ne l’effraie pas le mensonge.

Seul le rat de la cave s’en moquait
Et, mieux, quand devant lui, on évoquait
L’acariâtre rongeur qui tant dérange
Il arguait : « Le vil est vain, sa fougue est fange :
Les mauvais caractères blâment ce qu’ils croient
Être votre âme ; ceux de bon aloi
 Cherchent plus souvent, eux, le bon qui s’y cache
Venu en ce monde quand pour toi ça drache ! ».

samedi 3 janvier 2026

HAÏKU EINSTEINNIEN

Il est certain que tout est relatif !

ÉPHÉMÈRE

Sur une phrase de D. Diderot (Salon de 1767)

Tout s’anéantit, tout périt, tout passe ;
Ce que je fis, fait, et ferait.
La terre qui demeure de moi se lasse ;
Mes ans se sont empoussiérés.

On est équilibristes en surplomb de l'abime
Qu’est la vie, marchant ou courant,
Sur un fil tendu, sans raison ni rime,
Entre le rien d’avant, errant
Au néant, et puis cet inévitable
Rien d’après, autre éternité
Aussi vide, et bien plus impitoyable,
Hélas, que l’autre extrémité…

Tout s’anéantit, tout périt, tout passe.
Ce que j’étais, serai et suis :
Si le monde reste, le mien se casse ;
Les heures qui courent m’ont fui…

Frêle et fragile acrobate on s’abime
Dans du caduc, dans du succinct.
Perclus, rompu, brisé, par les ultimes
Pas que l’on fera un à un.
Je vais sur mon fil ténu et friable,
Mon temps est court, mon corps est gourd,
Comme tout être humble et périssable,
Mes jours voient la Nuit qui, jà, sourd…

jeudi 1 janvier 2026

HAÏKU FATAL

Nous imaginons plus de dangers qu’il n’en est qui nous menacent vraiment.

LA RÉPARTIE EST DE LA PARTIE

Petite fable affable

Surcouf, le célèbre corsaire du roi
Fut pris par l’Anglais, ennemi du royaume,
Jugé pour piraterie comme de droit.

La hart et l’infamie attendaient notre homme.
Soudain, le procureur dans sa plaidoirie
Lui lança : « Vous Français, sans nulle vergogne ,
Vous vous battez pour l’or et les pierreries,
Nous, Anglais le faisons pour l’honneur. Charogne ! »

Le flibustier, regardant à la ronde
Plein de défi, malgré son proche trépas, 
Répliqua : « On se bat, c'est grand défaut,
Pour obtenir ce, qu'ici bas, il nous fault ! »

Puisque la chose est dans la saison de sa floraison, en voici ma livraison sans péroraison…


 

mercredi 31 décembre 2025

HAÏKU D'ALLURE

Je ne veux pas être de ces êtres en forme, vivant à fond, mais sans formes ni fond.

TROP TARD : IL ME FALLAIT L’ÉCRIRE !

Une scène drôle à décrire
Est difficile à retranscrire.

L’autre jour, le bon Frère Sourire
Nous fit, sans fard, part de son ire
Pour que chacun puisse y souscrire…
Ça nous fit éclater d’un rire
Franc ; de ceux qui sont à proscrire
Mais qu’on mit longtemps à circonscrire !

mardi 30 décembre 2025

HAÏKU DE LAME

Je sais des barbus barbants et des glabres rasoirs !

LE COEUR SUR DEMAIN

D’après une photo de Marc-Yvan Custeau, 10 septembre 2025

Au bout du long chemin de la nuit
Là-bas, m’attend tout un champ de roses.
Non la fleur mais la couleur qui luit ;
Non au sol mais au ciel de Ventôse.

Le jour illumine de clartés
 Naissantes et, jà vibrantes, les nues
Radieuses. En secret aparté,
À nous, la chair du ciel s’offre à nue.

Les ombres s’en vont, lasses, vaincues
En flammes fuchsia - demain est là ! -
Ou vacillent n’ayant que trop vécues,
Lignes mauves, éclats églantine, traits lilas.

Au bout du long chemin de la nuit,
Là-bas, m’attend tout un champ de roses
Et de saumon, aux ténèbres enfuies,
Que cueillent des cieux en rien moroses.



lundi 29 décembre 2025

HAÏKU DE GAIETÉ

Je méprise moins le bonheur qu’il ne me dédaigne.

LES ANIMAUX & LEUR ROI

Petite fable affable

Mêlant vieilles peaux et jeunes duvets,
 Au marigot, un gros troupeau buvait
Et paissait alentour tout en paresse.
L’insouciance régnait fors la presse.
Soudain, au lointain, un cri retentit 
« Le  lion ! ». Si nul ne sait d’où il partit 
La panique dispersa lors la bande
Car une même frayeur la débande.

Un vieux gnou souffreteux prend aussitôt
Les pattes à son col, en vrai diableteau,
Et dépasse d’un saut un jeune zèbre
Qui s’en étonne l’air marri, funèbre
L’ancien lui lance : « Qui a entendu parler du lion 
Et qui a vu de près crocs et griffes
Du fauve, ne bouge pas son croupion
De même façon pour fuir l’escogriffe ! »

dimanche 28 décembre 2025

HAÏKU D’ARRÊTS

Le libre-arbitre est rarement un juge impartial.

MATIN D’ÉTÉ

D’après une photo de Marc-Yvan Custeau, 30 juillet 2025

Dans un silence que le ciel sublime,
À l’heure ocrée où un jour frais élime
Le lourd manteau fatigué d’une nuit
Qui ne voulait se dérober sans bruit,
S’éveille la campagne…

Au chant du coq frissonne l’air léger.
Il appelle à sortir qui s’acagnarde
Au lit de rêves où on quitte ses hardes,
Où on voit plus loin, sans rien ménager,
Qu’éveil de sa campagne.

Alors viennent les lieds, les chants et les trilles.
Peu à peu, les lointains se sont dégrisés ,
Comme les noirs plus roches épuisés
De porter le deuil, leurs ombres étrillent.
S’éveille ma campagne…

Doucement et vitement, par les talus,
Au pas souple d’un daim, les buissons bruissent ;
Hors des terriers, prudemment, on se glisse
Et ça bourdonne aux éclosions qui saluent
L’éveil de nos campagnes.



samedi 27 décembre 2025

HAÏKU HUMANITAIRE

Un paradis sans faim peut vite devenir un enfer sans fin.

BERCEUSE À TOI

À notre petit-fils…

Pour mieux veiller sur ton sommeil
Je soufflerai la brise légère
Des petites joies si passagères
Et des plaisirs que l’on exagère
Pour mieux veiller sur ton sommeil
On éteindra le feu des soleils

Là dessous ta couette de rêves
On t’emmaillotera de la sève
Et du chaud duvet des amours
Qui on un doux parfum de toujours
Là dessous ta couette de rêves
L’oreiller moelleux sera ta grève

Pour t’enchanter des beautés du monde
Je te mettrai la lune en berceau
Le étoiles vagabondes en arceau
Et en veilleuse ou en ruisseaux
Pour t’enchanter des beautés du monde
On te chantera d’anciennes rondes