Les mauvaises pensées font souvent naître de bonnes œuvres !
LES RIVAGES DU RIMAGE
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
mercredi 13 mai 2026
L’EMBARRAS DU CHOIX
Petite fable affable
Au nom de mon sang et de l’étiquette,
Maman voulut un soir se mettre en quête
Pour moi d’un gentil mari, bon parti
Mais qui aurait déjà un tant peu d’âge,
(Car il fallait songer à « l’héritage » !)
À qui faire, un beau soir, quelque petit.
Ingénue, j’en séduisit - Le drame ! -
Un mûr et un blet. tous deux amoureux
De mon esprit comme épris de mes charmes.
« Mariage plus vieux, mariage heureux !
Mais deux prétendants c’est trop, à vrai dire.
Nous ferons un choix… écartant le pire ! »
Fit lors ma mère la chose apprenant
Heureuse qu’aucun ne fut vil manant
Que tout deux me faisait une cour assidue,
De leurs avances m’étant défendue.
Voulant donner son avis et son aval
Elle les convia au thé - Banal ! -
Et les y charma tant que j’ai pu croire
Qu’elle voulait sur moi une victoire.
Puis décréta qu’il fallait se revoir
Car délayer nous était un devoir.
Aussi revinrent-ils, chaque semaine.
M’assurant que j’aurais bientôt quelqu’un,
Maman ne pouvait choisir, l’âme sereine,
Entre l’un et l’autre ou bien l’autre et l’un.
Quand on a un nom, c’est de bonne guerre !
Pour l’heur, mes désirs ne lui importaient guère.
À force de se rencontrer chez nous,
Mes deux amis devinrent donc intimes.
Et ce fut, à toutes deux, légitime
Surprise quand repartirent ces doux-
Là, bras-dessus bras dessous à la brune,
S’embrassant à pleine bouche. Infortune !
Ma fille, quand t’a certains choix à faire
Ne mêle jamais maman à l’affaire !
mardi 12 mai 2026
lundi 11 mai 2026
HAÏKU AU CŒUR
On ne sait vraiment à quel point un être nous est cher qu’au moment de payer la facture de ses obsèques.
LE DÉSILLUSIONNÉ
Sommes-nous résilients ou résignés ?
Plus passifs que patients, assignés
Aux malheurs nés de nous sur terre,
Et aux douleurs engendrées par notre ère ?
Chaque fois qu’advient une catastrophe,
Un cataclysme la suit, apostrophe
Prou notre prétendue Humanité
Sans fraternité ni solidarité.
Un conflit chasse l’autre et qui on aide ?
Un génocide suit celui qui précède…
Doit-on donc toujours le pire endurer
Et assister, sans fin, à des curées ?
On ne montre que la crasse de ce temps,
Son purin, sa sanie… en insistant.
Comment donc encore croire en l’Homme
Ou en ses dieux quand brûlent nos Rome ?
dimanche 10 mai 2026
samedi 9 mai 2026
À LA GUERRE COMME NAGUÈRE !
Petite fable affable
Une colonne de fourmis marche à la guerre
Contre les termites qu’elles n’aiment guère.
Soudain, les cohortes s’arrêtent. On attend
Le feu vert de l’état-major. Et longtemps.
« On va perdre, trépigne la lieutenante,
L’effet de surprise. C’est chose étonnante !
- La devise, dit la cheffe des légions,
Est claire, Bleusaille, et fait sans discussion :
“Avant que d’exécuter le moindre ordre,
Espère le contre-ordre sinon : désordre”.
Alors silence !
- Si on réfléchit bien…
- Réfléchir c'est désobéir, ô combien ! »
On se tait donc. Et l’ennemi alors s’arme
Et se rempare, dans un fort grand vacarme,
Prêt à affronter ces dames désormais.
La voisine de la contestataire, animée
Par quelque male humeur, se penche vers elle.
« On va être défaites !… Et cette Demoiselle
Sans initiative, hélas, point ne le sait.
- Si je me rebelle, je le sais assez,
Ce sera de l’insubordination
Et donc aussitôt c’est l’exécution !
Vaincues, tu vois, on en réchappe peut-être
Comme disait une abeille de vieux hêtre
Qui l’avait ouïe, jadis d’un jeune humain
“’Faut toujours mettre l’âne où l’a dit le maître ;
Oui. Sans discussion et en un tournemain.
Tant pis s’il est au soleil jusqu’à demain” ! »
vendredi 8 mai 2026
jeudi 7 mai 2026
IL RENAÎT…
Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 22 juillet 2025
Il renaît le soleil
Dans l’océan du ciel
Bonheur providentiel
Tirant du sommeil
Un matin sans pareil
Il renaît le soleil
En son simple appareil
Mais en ors torrentiels
Il revient démentiel
Sur les bleds le méteil
Il renaît le soleil
Nous offrant l’essentiel
En ces flux démentiels
De lumières vermeils
Le plus beau des réveils
mercredi 6 mai 2026
mardi 5 mai 2026
LE TIGRE & L’HÉMIONE
Petite fable affable
Sa majesté de la grand’ jungle s’ennuie.
À chasser, il n’a plus le goût. Même la nuit.
C’est devenu trop simple et bien trop facile :
Il paraît. Car prend peur toute proie gracile,
Qui se fige. Puis on la croque à grands bruits.
C’est nourrissant mais lassant tous ces dociles !
Notre tigre entend, matin, un cri qui, seul,
Aurait justifié qu’on mît son auteur en linceul.
C’était un âne. Il le prit à son service
Et, honneur, le fit son second pour ses sévices :
Ce cor sonnant dans les fourrés, effrayé
Le gibier fuyait.… Jouer n’est pas du vice !
Donc désormais, quand le fauve est en arrêt
L’hémione qui le suit, à son signal, brait.
S’ensuit alors une folle débandade
Qui transforme les souveraines balades
En mémorables poursuites endiablées. Vrai :
Finies mornes guets et moroses embuscades !
Tuer ainsi redonnait goût à la vie ;
L’âne avait certes emploi, c’est dit sans envie,
Peu reluisant mais situation brillante.
Il allait comme si des feuillées fuyantes
Ses oreilles touchaient le faîte, ravi,
Et parlait à tous d’une façon cinglante.
Lors d’une errance, un daim croisant son chemin,
Le salue de peur qu’on l’occise demain.
« Insolent mortel ! C’est le respect que tu montres ?!
Fait le parvenu : si le roi te rencontre…
Je suis voix du maître, non fils du commun
Comme hélas l’est ici-bas tout-un chacun !
- Bramant moins qu’il ne rugit ! dit sa rencontre.
Tu es la risée des hôtes de ces bois.
Va, suis-le, fais battue pour lui et fais toi
Même nommer vassal très obéissant.
Toi aussi, tu lui seras appétissant ;
Qui aux plus basses besognes se condamne
Par le vouloir et pour le gré des puissants
Finit toujours, un jour, en simple peau d’âne ! »
lundi 4 mai 2026
dimanche 3 mai 2026
LE PREMIER JOUR DE MAI
Nous revient le premier jour de mai
Et son muguet aux blanches clochettes,
Carillonnant aux souffles gourmets,
S’enivrant de son parfum en goguette
Promesse de bonheur et de paix,
Cette fleur appelle le respect.
Nous revient le premier jour de mai
Les rues résonnent, fors l’étiquette,
Des luttes passées, parfois gourmées,
Du chant de travailleurs en casquette ;
Vœux de fraternité, d’humanité
De cortèges allant sans fatuité.
Nous revient le premier jour de mai
Des brins aux boutons des liquettes,
Au creux des poings à nouveau fermés,
Symbole de combats parfois armés,
Pour rêver d’un espoir renouvelé
Après que nos vies soient en allées…
samedi 2 mai 2026
vendredi 1 mai 2026
ROSSINANTE
Petite fable affable
Une vieille jument se plaignait, toujours et encore,
Car elle devait se lever bien avant l’aurore
La semaine durant soit, las, pour aller au marché,
Soit pour tirer la charrue, soit pour des charges hâler ;
Et, pire, on la faisait aller à messe le dimanche.
Point de repos, jamais de répit, elle était blanche
De rage de vivre cette vie de forçat sans fin !
« Moi !… À mon âge en plus !… Je n’en puis plus, à la parfin ! »
Un vieux bougnat la repère et l’achète à la ferme,
Flairant, sûr, une bonne affaire… enfin, « bonne » à terme !
La râleuse bénit ce maquignon inattendu
Et son changement de fortune… Bien entendu,
Elle n’y gagne guère au change ; elle sait lors les mines :
La sueur, la laideur, la saleté, le fouet qui mine
Le cuir, sept jours sur sept, un grabat tout en crottin,
L’épeautre pour pitance en un maigre picotin…
Autres plaintes. « Quoi donc ?! dirent les Cieux en colère,
Ce baudet nous occupe autant qu’humaine atrabilaire !
Croit-il être le seul qui ne soit de son sort content ?
N’a-t-on point assez à faire avec les maux du Temps ? »
Mais les dieux ont bon cœur et firent que la cavale
Passa aux mains d’un vieux soldat des armées royales
Qui avait pris sa retraite de tous les champs d’honneur :
L’âge, à contre-cœur, l’avait désormais fait veneur.
N’ayant que piètre pension pour ses loyaux services
Passés, il dut reprendre les armes. Son seul vice.
Notre haridelle découvrit donc les larmes et le sang,
La peur paralysant, les combats assourdissants,
Regrettant, mais un peu tard, les si agrestes charmes
Des prés où elle vaquait, et même le vacarme
Violent du carreau où elle avait tant souffert.
Rien n’était pire, à tout prendre, que le feu et le fer.
Notre condition, hélas, mie ne nous contente :
Si nos placets sont entendus des Cieux
Nos requêtes exaucées sans qu’ils soient ocieux,
Aussitôt on se plaint d’eux, sourds à plus d’entente !
jeudi 30 avril 2026
LIBERTÉ
À Vincent B.
La liberté, tu la confisques
Pour tripoter la vérité,
Faire tourner le même disque,
Pour que tes copains, Ah, j’en bisque !,
Aient plus de visibilité.
Médias, presse, opus édités
Jà, tu as tout fagocité,
Pour mieux enterrer, c’est le risque,
La liberté.
Un régime d’autorité,
Voilà, las, ta velléité,
Et celle de tes odalisques,
Ne rêvant que de la francisque
D’antan qui tua, Vileté !,
La liberté…
mercredi 29 avril 2026
DANS LA MAIE DE MAI
Loin des villes tentaculaires
En campagnes crépusculaires
Du plus lointain qu'il m'en souvienne,
Nos Mai s’habillent de cent fleurs
Loin de ces voiles d’obsidienne
D'étés qui, las, finissent en pleurs.
Lors les prés verdis sont une onde
Courue à nouveau par des vents
Où senteurs et parfums abondent,
Prêts à quelque envol bien souvent.
Aux bois noirs encore dormants
Des ombrages discrets renaissent,
De vieux sentiers, tout simplement,
S’éveillent au soleil qui paresse.
Tout arbre y vit à livre ouvert,
Les feuilles tournées par des souffles
Distraits, alors qu’on met au vert
Agneaux ou veaux faisant baroufle.
Venus d’on ne sait où, partout,
Trilles et couplets saluent l’immense
Horizon où la nuit, à bout,
Aux lueurs encore en dormance
De l’aube fondra sans effort.
Puis le levant pleuvra, rapace,
Quelques flocons de flammes et d’or
Pour qu’enfin s’incendie l’espace.
mardi 28 avril 2026
L’AVERSE
Il pleut un reste d’averse en déroute
Qui épilogue son lourd chagrin, goutte à goutte,
Sur les sentiers tout à l’heure poudreux
Dans les replis d’ombre des chemins creux.
Sur la forêt qui encore dégoutte,
Sur l’onde murmurante des ruisseaux
Sur leurs allées couvrantes d’arbrisseaux,
Déjà, on jase sur un soleil en route ;
Les verts tout en langueurs retrouve verdeur,
S’éveillent coeurs et choeurs joyeux, ardeurs,…
Il pleut un reste d’averse en déroute.
Du ciel de mai jaloux lors nul ne doute,
Après ses pleurs embaument milles fleurs,
Et l’haleine d’une brise sans fureur,
Sous les nues en deuil encore en voûte,
Bat la campagne brillante, éperdue,
Étincelante de perles perdues.
Le profond du breuil qui rien ne redoute
Sanglote feuille à feuille aux trouées
Qu’éveillent ailes d’hirondelles enjouéees.
Il pleut un reste d’averse en déroute.
Déchirant la grisaille qui s’encroûte,
Faisant réapparaître les lézards,
Ici, une alouette de hasard
Chante déjà, au clair des nues absoutes,
En réponse aux triolets et aux rondeaux
Des rossignols qui ont fait le gros dos,
Les charmes d’amours bavardes et des joutes
Qui animent à nouveau les bois et les airs
Que cette averse ont fait croire déserts.
lundi 27 avril 2026
MIGNONNE, ALLONS VOIR…
D’après P. De Ronsard (1524-1585)
Mignonne, allons voir si la chose
Que l’on évoque et rend si rose
Votre teint pâle sans pareil
Est telle que vous l’espérez,
De cette vesprée toute ocrée
Aux rais pourprés du feu soleil.
Nul autre ni rien n’a sa place,
Mignonne, lors qu’on se délace
Et se condamne au doux mouroir
Des plaisirs nés de la Nature
Dont les désirs ont la peau dure
Quand le printemps est étouffoir.
Apaisons, ensemble, Mignonne,
Ce qui bouillonne en vous, brouillonne
Vos sens et altère votre beauté.
Faillez, fautez, belle jeunesse
Dans une caressante ivresse…
Car je vous rendrai vos bontés !
dimanche 26 avril 2026
NOUS FAISONS…
Nous faisons de notre mieux
En errant sous les cieux
À poursuivre des rêves
À franchir monts et vaux
Espérant des bravos
Ou une quelconque grève
Bousculant les sangsues
À l’appétit pansu
Sans repos et sans trêve
Nous faisons de notre mieux
Craignant parfois les dieux
Tout en foudres et en glaive
Pris entre émois et avis
Entre sens et envies
À chercher quelque sève
Aux heures qui s’en vont
À nos ans en haillons
Qui dit-on nous élèvent
Nous faisons de notre mieux
Et parfois cafouilleux
Préparant la relève
Sans peur du renouveau
Dénouant l’écheveau
Des jours et des travaux
Par les Moires conçus
Toutes en idées reçues
Bref on vit comme on crève
samedi 25 avril 2026
PENSÉES AU VENT…
Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 16 septembre 2025
Les sentiers perdus nous invitent,
Par des voies calmes et adoucies,
À mettre hors nos têtes, loin, vite,
Tous nos soucis.
Nos épines enfin éconduites
Rejoindront scrupules rassis,
Tourments,… et ces maux qu'on débite :
Tous nos soucis.
Ennuis et tracas prennent ensuite,
Avec nos quelques émois rancis,
Ce vert chemin d’oubli où gîtent
Tous nos soucis.
vendredi 24 avril 2026
AU FOND DE MOI, JE QUÉBECQUE…
Belle province en images prospère,
Qui Saint-Laurentise, folle ou pépère,
De te revenir je ne désespère…
Au cœur de mes rêves est une forêt
De sombres mélèzes et d’érables ocrés
Qu’un été indien va recolorer
Avant que ne l’ensilence Borée
Sans jamais, ma foi, la mettre à l’arrêt.
Traîneau à chiens ou skidoo toujours prêt !
Là, un lac profond où un castor boit
L'eau que vents de l’an embâclent, emboient,…
Y boucane aussi cabane en bois
Où erre et trappe mon âme aux abois
Que heurtent, en choeur parfois, quelques abois
Ayant senti qu’un ours noir traîne en sous-bois.
De ce côté de la Terre m’espèrent
Cartier, Champlain et Machand, ces bons pères,
Là où ma langue est un repère…
Rien de plus chaleureux que ce pays
Où le loup qui ne s’enfuit encor’ bruit,
Où bernaches, harfangs,… la vie désennuient.
C’est havre de songes que j’ai trahis
Où truites, ombles et saumons n’ont mie failli
Comme orignal, caribou, wapiti,…
Le long de la track raquettent mes pensées
Par bûchers aux rondins entassés,
Cabanes à sucre décadenassées,…
Kayakent mes idées jamais lassées
Ensemencées d’Algonquins du passé
Ou de Hurons que rien n’a terrassé.
Nation flouée, de la fierté repaire,
Qui a le Saint-Laurent pour bon compère,
De venir à toi je ne désespère…
jeudi 23 avril 2026
RONDE À BÉBÉ
À Nathaniel
Je suis une vraie merveille
Un petit dieu nouveau né
Un sans pareil un aîné
Qui jamais ne sommeille
Je suis un bébé mignon
Mais parfois je suis grognon
Je n’aime pas qu’on me couche
Ni en avoir plein la couche
Je fatigue mes parents
Qui sont babas m’admirant
De si près qu’il faut qu'je louche
Je suis un bébé mignon
Même quand je suis grognon
Je suis une vraie merveille
Pour qui dans la maisonnée
On cause le mamanais
On bêtifie et on veille
Je suis un bébé grognon
Mais souvent je suis trognon
Car j’aime qu’on me papouille
Me câline ou me chatouille
À l’entour moi je souris
Pourvu qu’on m’ait bien nourri
Pour ça j’crie et mes yeux s’mouillent
J’ai bon poids et belle bouille
Je suis un bébé grognon
Mais de tous le plus trognon
Je suis une vraie merveille
Pour qui déjà pardonné
On est attentionné
Qu'on admire et qu'on surveille
mercredi 22 avril 2026
HAÏKU LÉGITIME
La Loi est faite pour empêcher les plus puissants de rendre des comptes aux plus humbles.
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