Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

dimanche 21 juillet 2024

Citation du jour (83)

ON S’ARCBOUTE ?

Avez-vous un doute,
Toujours à vos joies,
Parées de vos soies
Sur ce qu’est ma route ?

Mon cœur, las, redoute
Qu’on reste de bois :
Là, qu'on me déboute ;
Qu’Ici, nul ne m’oie…

Avez-vous un doute
Qu’écrire est ma voie,
Et coûte que coûte,
Ce, même aux abois ?

Avez-vous un doute,
Vous qu’on mène au doigt,
Et n’y voyez goutte,
Qu’entier je ne sois ?

Sous vos cieux et voûtes,
Les soupirs narquois
Aux silence ajoutent
Leur poix au lourd poids…
Avez-vous un doute ?
Ce que tait ma voix

Enfin on écoute
Moi, sans foi ni loi !

vendredi 19 juillet 2024

Citation du jour (81)

LE GRAND PAYS D’EN FACE

Inspiré par une photo de MArc-Yvan Custeau, 23 avril 2023

En regardant le grand pays d’en face,
De son long hiver givré délivré,
Parant de verts enivrés sa livrée
Et d’ocres cuivrés ses nues jamais lasses,
Mon cœur sevré me rappelle, enfiévré,
Que j’y voulais œuvrer ou couleuvrer.

Habitudes poisseuses et heures en mélasse,
La vie, salace, hélas, m’a empieuvré,
À me faire rester ici manœuvré,
Toujours trop loin du grand pays d’en face.

L’âme lasse, j’en suis chaque jour navré
Regrettant plus qu’un vent chaud et poivré
Qui en sa nasse fait les heures lasses,
Les forêts émeraude d’ors orfévrées,
Les lacs profonds où je voulais havrer,…
Mais en ce pays ai-je encor’ ma place ?



mercredi 17 juillet 2024

Citation du jour (79)

MÉLANCOLIE

La mélancolie me fuira-t-elle ?
Elle m’est un si cruel carcan.
Fait de vos joies terribles boucans
Celle qui rend mes nuits immortelles
Pare mes jours de sombres dentelles,
Rend, las, mes bonheurs inconséquents.
La mélancolie me fuira-t-elle
Pour me rendre le temps éloquent ?

Mes amours se font vite mortelles
Avec ce mal  muet, suffocant
Qui met tous vos plaisirs à l’encan,
Rend vos joies, hélas, accidentelles,…
La mélancolie me fuira-t-elle ?

lundi 15 juillet 2024

Citation du jour (77)

ÉTÉ PRÈS DU LÉTHÉ

À Charles d’Orléans

Prés ou couverts vêtus de verts,
Appellent le chant de l’oiseau,
Le balancement du roseau,
Habillant mon cœur de vers.

Les fleurs entrent à choeur ouvert
Papillons allant gracioso ;
Prés ou couverts vêtus de verts,
Appellent le chant de l’oiseau.

Quand biches aux bois dorent leur vair
Dame araignée court ses réseaux,
Et le lièvre joue des ciseaux,
Frissonnant museau, par travers,
Prés ou couverts vêtus de verts.

samedi 13 juillet 2024

Citation du jour (75)

49.3

                Quelle est donc cette démocratie où
                Un homme s’impose à tous et à tout
                Avec arrogance, tout en prétentions,…
                Refusant de croire qu’hors les élections
                Animal politique n’ait compte à rendre,
                Ni raison à ouïr, ni plèbe à entendre ?
                Trahison : l’institution monarchique
                Est travestie pour lui en République !

                N’est-il pas insultant qu’Assemblée Nationale
                Et sénateurs en phase terminale,
                Une fois de plus, soient méprisés ou
                Foules tabassées, mises sous verrous ?

                Triste pays où on ne peux plus dire
                Rien, ou on est condamné à subir
                Ou souffrir les diktats et le sabir
                Indigeste d’un poseur à maudire,
                Sultan qu'il serait fort bon de proscrire…



TRAVERSÉE

Franchir la vie comme on le ferait
D'un océan, courants et vagues,
Droit vers l'horizon espéré
Plus chaud, plus beau, loin de la schlague,
Du knout, de l'injustice aussi.

Franchir la vie qu'on vit ici
Avant que de se rendre compte,
La pagaie figée, pas très class
Que, quoi que les dieux racontent,
Ce n'est qu'un grand fleuve, hélas !

jeudi 11 juillet 2024

Citation du jour (73)

COBAYES SANS MÉDAILLES

Quand avril était poiscaille et passacailles,
Nous étions de la marmaille à chamailles,
Pourvu que notre sabaye un peu trop baille,
Dessous nos trop vieux pulls à grosses mailles,
De la piétaille toujours en batailles,
Ces semailles de limaille que je rimaille,
Pour racaille tout en rocaille et quincaille…
Des fauteurs de pagaille entre deux boustifailles.

Quand avril était accordailles pour la gradaille,
Nous ne côtoyions que cailles à écailles
À qui bouffes on baye ou que, pis, bouffons raillent,
Que toisent fort depuis leur haute taille,
Canailles qui ne sont qu’entailles et grenaille
Dans leurs moissons de mouscaille qu’on rimaille
Et chansonne prou jusque dans la flicaille…
Car elle est fort duraille, ici, la volaille

Côté représailles. Z’ont de ces trouvailles :
Quand la poulaille saisit la valetaille,
 Finies sonnailles en broussailles et mangeailles.
On Condamne aux murailles et à la pierraille !
Ce sont là funérailles, vaille que vaille,
À moins qu’un surin las ne vous charcutaille
La tripaille ou pis qu’une main tenaille
Un cou, que saignent entrailles qu’on ferraille,…

La Loi c’est la faille : adieu les ripailles,
Bonjour la paille !… Alors ce sont fiançailles
Avec le bagne, entre chiourme et grisaille,
N’espère jamais, l’Ami, de reposailles
Et encore moins, hélas, de relevailles.
De cet enfer vert personne ne se taille :
On se souvient poiscaille et passacailles,
Quand nous étions la marmaille à chamailles…

mardi 9 juillet 2024

Citation du jour (71)

PRÉMICES DE PRINTEMPS

Une source sourd dans le sous-bois, 
Fatiguée par l’effort,
Déjà usée par le sort :
Aux vents doux qui jouent du hautbois,
À deux jets de nous,
Elle se perdra en boue.

Le ciel, de souffles, sillonné
Attise le vert neuf
D’un pré encore veuf
De de ces troupeaux aiguillonnés
Qui, sans faim, y paitront
Ou, sans fin, passeront.

Emmaillotées en bourgeons, feuilles
Et fleurs pointent leur nez
A ce printemps qui nait,
Lui promettant du chèvrefeuille
Les capiteux parfums
Dès les frimas défunts.

dimanche 7 juillet 2024

Citation du jour (69)

LES BOHÉMIENS

Gueux dépenaillés dont cahote,
Grince et geint l’antique roulotte,
Tirée par la jument qui trotte,
Les Boumians courent nos chemins
Hères sans hier ni demain…

Un frisson court alors la plaine :
Peurs d’antan et futures peines
Saisissent jà femmes et marmots ;
Les hommes sortent les flingots :
Ces chemineaux désentripaillent
La poulaille et vendent, pour ripaille,
Gerbes de blé, meules de paille
Au mitan de la noire nuit.
Ces loups-là t’amènent qu’ennuis !

Ces claque-faim qui vont sans bottes,
Sans foi ni loi, peuple en ribote,
Qui mêle aux géants des nabotes,
Les Boumians passent leur chemin,
Seuls, vers un autre lendemain…

On compte et recompte volaille
Ainsi que les plumes des cailles,
Et jsuqu'aux poissons les écailles
Et tant pis si c’est la mi-nuit,
Ces loups-là, toujours, ça te nuit !

Car gens de bien à large hotte -
Le curé mégotant ses bottes,
Le seigneur qui tout nous barbote,
Le gabelou aux larges mains… -
Misère !, nous viennent, demain…

vendredi 5 juillet 2024

Citation du jour (67)

CLAPPER APRÈS LA BRUNE ?

La tête posée sur son coussin de lune,
Dans la couverture d’étoiles drapés,
Là, sous l’édredon d’une nuit opportune,
Mes songes enfin mettent à la voile, encapés…

Le vide du sommeil fuit - Quelle infortune ? -
Pour un monde où la plume épelle les maux
Et où son encre appelle, à elle, les mots…

Lors l’éveil les fait voyager, sans rancune,
Pour rimer quelques souvenirs rattrapés
Ou pour chanter l'instant qui s’est échappé,
Le moment qu’on ne voit plus - Quelle lacune ! -

Là, pour moi, pensent et parlent les animaux,
La nature en beauté brille comme émaux,…
En ces heures importunes est ma fortune.

PETIT JEU DE MAUX

À Muriel Batave-Matton, 21 avril 2023

J’ai là, seul, à scèner et à pandiculer,
Ruminant sans fin quelques idée inarticulée,
Alors qu’on sentait félir et mugir la tempête
Des colères unies qui casserolaient qui s’entête
Et jaspine devant des élus soumis n’osant plus blézimarder,
Préférant naqueter, lézarder et bobarder.

Que d’heures infécondes et que de propos hasardés…
À quoi bon adoniser encor' ce pauvre monde,
Mugueter à la brune avec les Muses quand s’émonde
Tout ce qui a compté, un beau jour d’hier, pour toi,
Renâcler et renasquer, âme en berne, cœur pantois,
Contre l’écornifleur qui oublie et la glèbe et la plèbe
Et qu’ « à vivre têtu, on meurt buté ! » comme on dit à Thèbes ?!

mercredi 3 juillet 2024

Citation du jour (65)

AZURS EN LASURE

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau
en date du 4 février 2023

La neige écrase tout sous son étreinte,
Embrasse un tronc qui se refuse à faillir,
Enlace des sapins qu’elle a fait vieillir,
Sous le ciel alangui d’où sourd une plainte.

La nuit ferme les yeux sur l’immensité
Quiète et coite d’un temp encore arrêté.
Les beaux jours en allés, la vie s’est blottie
Au vallonné bleui d’un lointain qui s’éveille,
Dans les courbes d’un décor mort qui s’orseille,
Dans un coin d’horizon qui appelle l’oubli,
Qu’une sérénité s’un autre âge anobli.




lundi 1 juillet 2024

Citation du jour (63)

INTRODUCTION

Lecteur, d’abord merci d’avoir entrouvert
Ces pages qui mettent notre monde en vers
Mais sois indulgent, mon ami, à ce livre
Si, par malheur, il ne t’aide pas à vivre.
Réserve la sévérité ou le rejet
À de bien plus conséquents et nobles objets.

Le mien compte peu : œuvre sans conséquence
D’un rimeur fait pour rester un inconnu,
Ignoré des Moires, méprisé des nues,
Il ne devrait susciter qu’indifférence.
Il fut édité sans nulle vanité,
À peine lu, si d’aventure on le goûte
On le jettera dans l’oubli sans nul doute…
Et il l’aura, je le crains, bien mérité
Quelque amour, sur ma foi, j’ai mis à le faire
Et quelque effort ai-je produit en l’affaire !

Il ne témoigne que de ces fols instants
Que j’ai volés à ma vie et à mon temps,
Croyant fuir l’hiver qui jà coule en mes veines,
Blanchit mes tempes de douleurs et de peines.
Pour fleurir mes jours à l’encre de mes mots,
Epanouir mes nuits à l’âcre de mes maux.

samedi 29 juin 2024

HAÏKU D’AILES

Comme girouette est animal doué pour la politique ;
Autruche le seul animal capable de gouverner.

LE GRAND CERF

Petite fable affable

Fat et méprisant, ce Cerf était orgueilleux
Comme un dieu et, tout de même, hélas, vétilleux.
"Sire Arrogance" était son nom, et "Excellence
Orgueil" son petit surnom. Jusqu’à l’insolence,
Il paradait, les cors aux vent du sous-bois,
Toisant de sa hauteur, condescendant de droit,
La plèbe des bêtes qui ne se mésestime
Point trop mais jamais ne voit comme légitime
La vanité d’un grand qui, plus, est leur intime.

Ce matin-là, il morguait un jeune blaireau
Avec hauteur, lui parlait avec froideur, faraud,
Rappelant qu’il portait sur le crâne son titre ;
Que cette couronne, au vieux, tout comme au bélitre,
Doit inspirer la crainte et un vassal respect ;
Qu’il n’est rien en ce monde d’un plus bel aspect
Qu’on doit se rappeler lors avec déférence 
Qu’a de telles armes, ma foi, on doit révérence
Etre poli et baisser les yeux, circonspect.

Un triste jour, sonna, au loin, la chasse à courre :
Ça sent le chien flairant, le cheval qu’on débourre,…
Notre grand cerf perdant de sa superbe, prend
Ses jambes à son cou par les hauts taillis qu’il fend ;
Il abat les buissons et tous les fourrés froisse…
Quand ses cors qui le rendent rogue, quelle poisse !,
Par des branches basses, les traîtresses, sont pris.
Les limiers et les piqueurs l’ont vite surpris
Et ont dit l'avoir alors ouïe, pleins d'angoisse :
« C’est ce qui faisait ta fierté qui t’a perdu ;
Voilà à quoi mène langue trop bien pendue ! »

jeudi 27 juin 2024

HAÏKU POLITIQUE PASSÉ

Visiblement, François Hollande avait un dent contre les édentés !

DE LITS & RATURES

Ce siècle impatient de gens toujours pressés
Serait, las, de littérature lassé,
Alors on offre aux lectrices qui demeurent,
Et au lecteur qui reste - et c’est là, gageure ! - 
Une prose minimaliste d’auteurs
Usant de « recettes », avant que, joie !, bonheur !, 
Ils ne recourent, enfin, à « l’Intelligence
Artificielle ». Aussi, ainsi, cette engeance
Vite écrit ce qu'on lit de même et oublie
Aussi rapidement… « Car si je publie
‘Faut que ça se vende ! » « Qui parle d’une œuvre ?
Je veux un vrai best-seller que les couleuvres
De la télé’, du ciné’,… vont adapter ! »
Moins écrivain que comptable, on vient capter
Sa part du butin. Alors, donc on manœuvre…

Donc, ce siècle impatient de gens si pressés,
Qui serait de littérature lassé,
Se voit abreuvé de Fantasy poussives,
Aux récits dépressifs, aux trames agressives ;
De Polars et de Thrillers omniprésents,
Au lexique étique, à l’Anglais complaisant,…
Grammaire hasardée ? « Le style est mort, peuchère ! »
Chaque page le met plus profond en terre.
Car ces romans sont l’alpha et l’omega
Des catalogues, reflets de ces dégâts :
Difficile pour la poésie, le théâtre
D’y trouver plus qu’une niche… et moins stuc que plâtre.
Ainsi va le monde de l’édition
Misant tout sur la pub’, la promotion,
Un « nom » qui, face au Temps, dure moins qu’albâtre.

Dieu merci, il reste de petites mains
Qui veulent nous offrir d’autres lendemains,
Qui ne voient comme un simple « produit » le livre ;
Ni formaté, ni marketé, il se peut vivre.
Restent aussi d’indépendantes librairies
Qui vont et voient au-delà, par braverie,
De l’aveuglement de prétendus critiques
Et de ce vain matraquage médiatique
Qui encensent cuistrerie et vacuité
Modernité morbide et facilités.
Et puis il existe des lectrices curieuses
Des lecteurs avides qui ont la furieuse
Folie d’aimer les lettres et pas le néant,
De se mettre sur l’épaule des géants
Pour avoir - ou garder - l’âme moins pouilleuse.

mardi 25 juin 2024

HAÏKU’M PLAISANT ?

J’admire beaucoup mais n’envie point.

LE PYTHON CHÂTIANT LE COBRA

Petite fable affable

Un python gardait une dent contre un cobra
Qui, naguère, le nargua. Le fier-à-bras
Cherchait comment le punir cette écorne ;
Quoique caché dans un fourré fourni de viornes,
On ne saurait, sur ma foi, rester de bois
Face aux cracheurs de fiel quand on est boa…
Ou presque. En attendant que ne sonne l’heure
De sa vengeance, il cherchait maints pièges, moults leurres,
Pour attirer à lui ce maudit naja
Qui, parce qu'il n’est que venin, se croit rajah.

La chance lui sourit plus que sa malice :
Un soir, son ennemi si lisse se glisse
Dans ses entours. Le python lui saute au cou
Et l’enlace fort, l’enserre plus que beaucoup.
Bien que l’autre est eut le temps de cracher et mordre
Il ne put, vite, que finir par se tordre
Et agoniser. Mais, le vainqueur ne savoura
Pas longtemps sa victoire et, pris comme un rat,
Il mourut sans avoir relâché sa proie morte
Car, las, le poison courant ses veines l’emporte…

Ainsi à vouloir trop écouter sa haine,
À vouloir se revancher d’un affront, d’une peine,…
Il nous en vient des victoires à la Pyrrhus
Voire à perdre ce à quoi on tient le plus.

dimanche 23 juin 2024

HAÏKU DE MÉMOIRE

Un amnésique peut-il vivre quelque chose d’inoubliable ?

LE PARC OPALIN

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 2 mars 2023

Le parc s’est endormi dessous le duvet albe
De sa couette de neige. Les arbres nus, noirs
Et sommeillant font au blizzard un promenoir
Ou jouent les gardiens d’un décor vierge, sans galbe.

Las, point de promeneurs et pas d’oiseaux non plus
Pour colorer, Sauf un instant, les reflets ivoire
Et nacre habillant les bancs abandonnés, reclus.

Blêmes de lourds coussins, les jeux, les balançoires,
Sont muets, attendant dans un scintillement
D’argent la fin de l’hivernal bannissement.

Sur le bois froid des tables une nappe épaisse,
Immaculée comme l’est lys espère en vain,
Quelque pique-niqueur, photographe ou écrivain,
Pour habiter sa solitude qui paresse…



vendredi 21 juin 2024

HAÏKU DE SOI

Certains sont altruistes par égocentrisme.

ENVOLÉE DANS LES PLUMES

Petite fable affable après Volée dans les plumes

« N’empêche que vous êtes vraiment ingrates !
Répéta le faucon aux gallinacés

- Nous ?! répondit lors l’une d’un ton glacé.
Et envers qui ?…L’Homme, engeance scélérate ?
On t’a déjà dit ce que nous en pensions.

- Non envers moi !…Car s’il vous prend en pension
Et, mieux, en pitié, c’est bien grâce nous autres
- Rapaces, renards, furets,… - tous apôtres
De la prédation, voulant vous déplumer
Pour de verte faim nejamais écumer.

- Et ?

- Et… comment donc ce signalé service, 
Nous est-il payé ?!…  De mépris et de vents !

- Et ?

- … ce serait justice, et non tour ou vice,
Que vous en payiez le prix,… pas souvent,…
En nature… Un tribut, même fort minime,
Compenserait les dangers, pas si infimes,
Que nous prenons, las, pour vous assurer
La sereine sécurité d’emmurées !

- Et puis quoi encore ? Nous payons déjà
Trop cher de ne pouvoir lutter toutes seules
Contre tous tes frères carnassiers, goujat !
Devant nous nous sous la férule d’homme
Qui ne songent qu’à nous becqueter comme pommes !
Depuis quand remercie-t-on qui nous a fait
Nous mettre en esclavage autant que celui
Qui nous fait croire que c’est un grand bienfait
Que la servitude volontaire… et nous cuit ? »

mercredi 19 juin 2024

HAÏKU DE SCALPEL

Je ne suis pas bien dans ma peau mais ne veut pas pour autant la vôtre !

PLEURS D’ICI & D’AILLEURS

Depuis l’automne, à tout le moins,
Les arbres nus tendent leurs mains
Pour implorer la bénédiction des cieux
Devenus sourds aux prières de leur tronc soucieux.
Hélas, ces orants aux bras maigris
En resteront l’âme à sec le coeur aigri.
Résonne leur plainte jusqu’à nous. On les plaint,
Leur fait écho mais pas de larme d’en haut ne vient…

Depuis des dizaines d’années, au moins,
Des enfants vont nus sans goutte ni gain,
Espérant générosités d’un monde vieux,
Aveugle à leurs malheurs et douleurs, n’ayant d’yeux
Que pour ses intérêts et foldingueries,
Ne soignant plus que sa panse abougrie,…
Raisonne son ego pour que tourne à plein
Son éco’. Nul espoir de ce côté ne vient…

mardi 18 juin 2024

HAÏKU’MPTABLE

Entre tes lèvres et mes livres, je ne sais lesquels me délivrent le plus et desquels on se sèvre le mieux ?

lundi 17 juin 2024

HAÏKU BLESSANT

Plaie au cœur, cicatrice à l’âme !

LES GRENOUILLES QUI VOULAIENT LA LUNE

 Petite fable affable

La grande république des Batraciens
Rêvait tout haut de conquérir Dame Lune.
Se mirant dans leur belle mare, à la brune.
Alors nos rainettes, comme circassiens,
Sautaientt toujours plus haut afin de l’atteindre.
L’affaire tournant court. On vint à s’en plaindre !

Une grue ouïe lamentations
De ces foules. Comprenant sa folle
Envie elle proposa son rôle :
« Formons, amies, association :
Je sais vos projets : d’un seul coup d’ailes
Je puis les réaliser. La Belle
Que vous convoitez toute la nuit,
Je la côtoie, tout comme cet astre
Au cœur sec, qui vous crée des ennuis
Le jour venu. Je ne veux point piastre
Car il faut s’entraider en Nature
Non nous jeter l’un l’autre en pâture. »

On hésita mais le beau discours
Rassurait comme l’œil de l’oiselle.
« J'en glisserai une sous mon aile, 
Et puis une autre, pour faire court,
En mon bec. Ainsi point de problème.
Et chaque soir, je ferais de même ! »

On essaya. Nulle ne s’enquit
De celles "parties" : être dans la lune
Est, las, joie qui oublie l’autre et l’une.
Or notre grue gobait en maquis
Les grenouilles tentant l’aventure
Finissant confiture ou friture.

Nulle bête qui la chose a su
N’osa prévenir les aquatiques
Toute à leurs rêveries lunatiques :
Le peuple, pansu ou peu cossu,
A tant besoin d’illusion pour vivre,
Trouver son destin, se pensant libre.

samedi 15 juin 2024

HAÏKU GRAVÉ DANS LE MARBRE

La mémoire est un palimpseste sur lequel nos souvenirs ne sont qu’esquissés.

L’ENFER, C’EST D’ÊTRE UN AUTRE

Hélas, je me suis laissé envahir par le vide
Du monde et du futile des gens de néant,
Subjugué, conquis par des plaisirs mécréants,
Par la vacuité d’un Temps aux joies livides.

Du monde et du futile des gens de néant,
Il n’est rien à garder dans notre époque bavarde
Où l’esprit et l’âme valent moins que vos hardes,
Subjugués, conquis par des plaisirs mécréants,…

Il n’est rien à garder dans notre époque bavarde.
La cire des jours nous façonne « comme il faut »,
« Comme les autres »,… : on vit où tout est fat et faux,
Où l’esprit et l’âme valent moins que vos hardes !

La cire des jours nous façonne « comme il faut »,
Hélas !… Je me suis laissé envahir par le vide,
Par la vacuité d’un Temps aux joies livides,
« Comme les autres ». On vit où tout est fat et faux !

jeudi 13 juin 2024

HAÏKU DE SENTIMENTS

Prenons nos maux au mot et la Mort au mors !

TAPAGE DANS LE BOCAGE

Petite fable affable

Ah, la Haute Normandie en basse saison !
Le chaume et les colombages de ses maisons
Ses vaches mis aux prés,… Et ses prés pleins de vaches… 

(Ça va, on a compris, le rêveur : tu rabâches !)

Car la Haute Normandie, en basse saison,
Après le temps des fauchaisons, des fenaisons,
Se sont poiriers et poiré… ou pommiers et cidre !…

(Ça va pas recommencer ?!…  Tes mots sont des hydres !)

Bon, imagine qu’on soit à la basse saison,
Au temps de châtaignes en robe de bogues, et donc
En Haute Normandie, qu’aux prés verts sont deux vaches.
Et plus ces belles causent, plus, las, elles mâchent
Dans une de ces éternelles discussions
Qui ressemblent fort à une rumination.
L’une parle de ses projets, l’autre de ses rêves,
Toutes deux évoquent, invoquent, « demain » sans trêve,
On dirait vieilles radoteuses redisant,
Sans fin, ce qu’elles ont répété depuis des ans.

Lassé de les entendre ressasser, une taupe
Les interrompt : « Pourquoi, fait notre nyctalope,
Nous rabattre les oreilles de vos souhaits
Avortés en grinçant comme de vieux rouets ?
Faîtes donc et taisez vous donc un brin, mesdames,
                                        Ça nous fera des vacances !

- L’aveugle nous blâme,
Fait l’une, car elle ne sait rien de notre vie
Au grand air, de jours courant leur cours sans envie,…

- Je ne vois pas mais je vous entend que trop, dame !
Sachez qu'il n'est en mon trou jamais d'épigramme.
Donc point de “j’aurais pu”, pas plus de “j’aurais du”
En ma vie. Oui, car “La parole n’est que l'ombre 
De l’action*” et vivre ma vie, pourtant si sombre,
À ce soleil-là est mon unique ambition…
Et je m’y tiens toujours avec application. »

* Démocrite.

mardi 11 juin 2024

HAÏKU DE LIVRES FAISANT LEUR POIDS

Chez mes semblables, trop souvent, plus l’écran est grand, plus l'esprit est étroit.

MA RIVIÈRE…

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau (6 février 2023)

Quoique botté de neige et ganté de glace,
L’hiver ne m'a jamais fait taire en la place,
Oui, certes, je coule moins que je ne cours
Mais les frimas ne m’ont pas prise de court.

Si ma voix murmure plus qu’elle ne chante,
Toujours, transie, mais sans peur, elle hante
La prison de silence de ces hauts champs,
Dénoue le corset de ces grands froids méchants,…

Entre mes rives givrées que n’a su coudre
Chioné, ma voix faiblie continue à sourdre,
Quand même le vent gelé, lui, s’est figé
Et la Vie s’est résignée, affligée.

Bien que bottée de neige et gantée de glace,
La Mort ne me fera pas taire en la place,
Quoiqu’elle ait tout saisi partout, ici, là,
Jusqu’au Temps qui fuit, devenu soudain las…