Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

Affichage des articles dont le libellé est Vie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vie. Afficher tous les articles

samedi 1 août 2026

CRÉPUSCULE SUR LA VILLE

Cycle toulousain
D’après une huile sur toile de Marielle, mai 2026
(Inspirée d’un photo personnelle de l’automne 1990)

Oc, au vert printemps de nos amours 
Dans une barre haute comme tour,
On dominait la rose capitale
Et le ciel effeuillait pour nous ses pétales.
Surtout quand l’automne revenant
Tous les arbres effeuillés, bon an,
Le long du vieux canal vert encore,
Sillonnant la ville qui le décore,
S’habillaient d’étourneaux somnolant
Qui, à l’aube, nuées s’envolant
Donnaient la folle impression soudaine
Que leur perchoir allait, belle aubaine,
Avec eux, les nuages, décrocher
Fussent-ils écharpes, rochers,…

Aussi belles qu’aurores ces vesprées
Toulousaines, en mémoires ancrées,
Las!, nous reviennent de temps en temps,
Elles préfaçaient des rêves palpitants,
Ces fleurs qu’aux sillons du plaisir on sème,
Aux sources du désir de qui aime.
Lors, on laissait à d’autres la nuit
Lugubre ou funeste, et l’ennui
N’avaient, je sais, pas plus son empire
Sur les foules d’une ville qui expire
Que sur nous donne les tendres frissons
Froissaient des draps polissons.
L'émail des cieux baignés de lumières
Faisait un camail à nos prières.

L’ombre peut venir demain. Plus tard,
Encore la pénombre, vains patards.
Ces soirs-là, ces cieux peu taciturnes,
Se refusant au noir des ciels nocturnes,
Faisaient dais d’or, de myrrhe et d’encens
À nos feux par trop incandescents,
Et ce baldaquin inoubliable,
Aux folles lueurs inaltérables,
Nous restaient, non comme un souvenir,
Mais comme un présage d’avenir,
Celui que le soleil qui illumine
Les primes ardeurs que les ans parfois minent
Sur nos vies d’amants tant aimés,
Non, ne se coucherait jamais…



mercredi 29 juillet 2026

LES P'TITS VIEUX D'AVANT

On s’en occupait mieux
De nos p’tits vieux
Avant je vous l’assure
Planqués dans le cantou
Du mois d’août au mois d’août
À r’garder leurs chaussures
Le carré de ciel bleu
D’la cheminée ou l’feu
Flambant tout en morsures
À l’hiver revenu.
Voilà tout leur menu

On s’en occupait mieux
De nos p’tits vieux
Avant c’est chose sûre
Plantés sur un’ chaise itou
Aux bonn’ heur’ des mois doux
À r’garder les blessures
Des nues leur p’tit alleu
L’bois jadis giboyeux
La mémoir’ qui s’fissure
Le souffle hélas, ténu
Et les mots retenus

On s’en occupait mieux
De nos p’tits vieux
Avant car leur tonsure
À table à son haut bout
Happait soupe et ragoût
Coulant aux commissures
Des lèvres l’doigt huileux
Qui tremble plus qu’on peut
Puis sans aucun’ censure
D’ces êtres entretenus
On couch’ra le corps nu

mardi 21 juillet 2026

SOIRÉE D’ÉTÉ D’ANTAN

Au pas allongé des heures qui s’étirent,
Cette chaleur peu à peu se retire
L’air, dolent nous déverse mille odeurs
- Chèvrefeuille, géranium et lavande -
Qui le disputent à la rose, sans candeur
La dame la plus parfumée de la bande.

Auprès du vieux lierre tout bruissant,
Sous notre glycine rafraichissant
La terrasse, près de l’infatigable
Et, en ces temps si secs, fort charitable
Jet d’eau toujours murmurant du bassin,
Nos regard se perdent aux ramées ployables
Des arbres assommés, sonnés, par l’essaim
De dards solaires allant au diable.

Harassée, la maison respire enfin,
Libérée de ces chaleurs d’un jour sans fin,
Dans les fragrances de citrons, d’oranges,
Qui y ont bien sommeillé jusque là.
Le chat, las, en s’étirant, les dérange ;
Mollement, il va vers la pergola.

Les feux diurnes qui s’enfuient, s’apaisent.
L’air se détend, et lors bien moins nous pèse.

Mais on espère dans l’ombre la fraîcheur
Salvatrice face à Phoebus faucheur,
Qui fera fleurir la nuit où frissonnent
Les étoiles, noyées au noir éther,
Et qu’éveillés, trop souvent, l’on chansonne
Alors que l’été a tué tous les verts. 

Nous vienne cette douceur si exquise
Propice à la langueur, pas celle acquise,
Au repues qui seront répit et repos,
Réconfort et paix, ma foi, en famille…
Qu’importent les moustiques dispos
Pour les tardifs buveurs de camomille !

samedi 11 juillet 2026

PROVERBES IRRÉGULIERS

L’argent ne vient pas de bonne heure.

D’ennui tous les chats sont aigris.

À chaque cour sa gêne.

L’ennui porte sommeil.

Changement de verbiage réjouit les beaufs.


jeudi 9 juillet 2026

ENTRE RUINES & RELIQUES…

À Emile Nelligan (1879-1941)

Moi aussi, au couchant des années,
J’ai pris le goût de ses fleurs fanées.
Et, bien plus qu’à mon tour, j’emprunte
Les sentes, où j’ai laissé mes empreintes,
Qui mènent au levant de mes beaux jours
Par des souvenirs, pleins de détours,
Dans les parfums ivres des tonnelles,
L’arôme des roses maternelles.

Enfance enfuie, enfance enfouie,
J’ai souvenance d’heures éblouies
Tramées de chagrins et de lacunes,
Parfois tissées d’ennui à la brune,
Volées aux si longs hivers d’antan
Aux beaux étés d’il y a longtemps.
Elles sont, aujourd’hui, remembrances,
But d’inavoué de mes errances.

Moi aussi, je ne fais mie le deuil
D’un temps, dont je semble encore au seuil,
De ce passé qui est mon histoire,
Qu’on ne trouve dans aucun grimoire,
Que hantent les landes de l’oubli
Où, las, ma mémoire a fait son lit
Que guette la nuit de l’amnésie
Qui, jà, mon esprit anesthésie.

dimanche 5 juillet 2026

FEU LE VILLAGE

Là, toits éventrés, çà pans éventés,
Vantaux arrachés, huis violentés,
Mas lézardés qui ne sont que squelettes,
Dans un petit un jardin au bois dormant,
Quelque espalier, treilles au sol de ciment
Où crottent faisans, lapins et belettes,
Lichen vermoulu :
Le village n’est plus.

Où sont donc du temps les vicissitudes ?
Les saisons aux cycliques certitudes ?
Qui lira les heures rousses des nuits ?
La ville a semé l’âpre semence
D’une faim d’Humanité sans clémence.
C’est la fin d’un vieux monde tout d’ennuis,
Aujourd’hui désolé,  comme ses manses.
Par vaux et talus,
Le village n’est plus.

Seule l’herbe frémit ; scories et suie
Crépitent sous la pluie qui choit sans bruit,
Le labours vivent là leur crépuscule,
Et les verts prés leur ultime agonie
Sous des fougères en foules majuscules.
Dans la bruyère en flux,
Le village n’est plus.

Le vent gifle et l’averse tout traverse
Mais se sont tus les hoquets du clocher
Effondré de l’église aussi fauchée.
Un silence funèbre tient commerce
Avec l’écho des cris noirs des corbeaux,
Entre les murs décrépis, en lambeaux
Où l’arbre repousse, où la ronce perce.
Las! point de salut :
Le village n’est plus.

vendredi 3 juillet 2026

GARONNE

Cycle toulousain

Garonne joueuse a les eaux vaironnes.

À qui, sur elle, ne se méprend

Ses flots qui ronent fort peu maronnent

Car l’été, sur tapis vert, les prend.



Son clapotis les hauts gaves apprend.

Si elle est, aux temps doux, gaie luronne

D’un moulin, parfois elle s’éprend.

Garonne joueuse a les eaux vaironnes.



Que lui importe Paris, Vérone,…

Elle aime blé, foin et entreprend

D’enseigner la patience vigneronne

À qui, sur elle, ne se méprend.



À voir le printemps qui la surprend,

Elle ne sera jamais baronne,
Garonne boueuse ni, on comprend,

Un peu daronne ni prou matrone.



Imprévisible, elle ne plastronne

Pas du clapotis, trop hors du rang,

Ni de son long cours ne fanfaronne

Car l’été, sur tapis vert, les prend.



Courant sous des ciels indifférents

Galets roulés sous arbres qui trônent,

Quoique auprès de toi peu on se rend,

À ton fil, je reste déférent,

Garonne.

mercredi 1 juillet 2026

JUIN 2026 : FOURNAISE !

Ce potage bouillant dans lequel nous marinons,
Ils appellent cela « l’été ». Une canicule ?
Mais cette belle saison devrait porter le nom
D’« Enfer » tant - oui, hélas ! - elle nous accule
À la claustration, au confinement,
Pour ne pas finir merguez grillée sur le moment !

Ils appellent ça « le beau temps », nos bons sceptiques,
Alors qu’on va finir carbonisés ou fumés
Sous ce Râ chauffé à blanc. Hiératique.
Bien moins soleil que barbecue allumé
Pour nous, par nous, ce feu nous est endémique,
Vrai bûcher de nos vanités économiques.

Désormais, « les beaux jours » ne sont plus de bons jours,
Plus ardents que flamboyants quoiqu’on clabaude :
Les cieux embrasés rendent notre séjour
Accablant et cuisant dans une saison chaude,
Vont nous rôtir comme damnés, assommés,
 Cramés, consumés d’avoir trop consommer…

Ce coup de chaud, n’en déplaise à nos pieds tendres,
Sent le roussi et pas que pour les geignards,
Les « Qui aurait pu savoir ?! », les « Faut attendre… » ;
Quoi ? L’incinération ?l…  Soyons pas plaignards,
Il nous en cuira, semble-t-il, davantage
Avant que l’on arrive au bout de notre âge !

mardi 23 juin 2026

DIRECTION : CABANON !

Ma mère n’est pas la Voisin,
Et le roi n’est pas mon cousin.
Je vis, l’ami, dans un asile
Dont je serai un des Basile,
En traînant mes pas dans mes pas,
Attendant déjà mon trépas.
Dans le plus épais des silences,
Ici, et les âmes, et les maux,
Font geindre et gémir les échos
De ce monde en déliquescence
Qu’incendie sans fin la science.
Mon pair n’est pas diocésain ;
Y’en avait plus en magasin !

Je ne suis pas com’ mes voisins,
Quelque fêlé, pire un zinzin,
Le cœur souffrant de sécheresse
Et les sens flétris de tendresse. 
L'Amour se fane comme fleurs 
Que la bise prive de pleurs,
Car la morale sans éthique
Est, je crois, en vertus étique.
Le malheur se cultive en champs ;
Fleurit la souffrance au couchant
Sur les promesses politiques.
Mais je suis un vrai Toulousain
Avec un peu l’air sarrazin…

Je ne suis pas mou du raisin
Comme le sont, las, quelques uns
Étouffant fort leur raison d'être ;
Au nom du nouveau Saint Paraître,
On gargote l’esprit. Faute de grains
On n’fait pousser que des chagrins
Dans cet univers mécanique
Qu’encense la voix des cyniques.
Les racines du Mal vainqueur
Ne sont que misère et rancœurs,
Et la Terre meurt dans la panique…
Mais, ici, las, les argousins
N’aiment pas qui fait du bousin…

dimanche 21 juin 2026

MOTS POUR MAUX

Petite fable affable

Un chantre maudit, 
Tête de pioche de bonne roche ,
Avait beaucoup dit,
N’ayant pas sa langue dans sa poche.

Ce crève-la-faim,
Bohème, était de cette race éteinte,
Du monde défunt
De ces chevelus buveurs d’absinthe
Qui, fort tard veillant, 
Sans un sou vaillant,
Rêvaient de poésie qui éveille ;
Le regard brillant
Et le sang bouillant
Chantaient la poésie qui réveille.

Ce chantre, pardi, 
Ne connut le renom ni la gloire :
Il était hardi ;
Le bourgeois hait pareille bouilloire !

Las, ce claque-faim
Renonça à l’écrit polémique
Puis, sentant sa fin,
Même aux poèmes un peu politiques :
Le rêve est vapeur
Mais ce sont sapeurs
Que les us, et les chaires, et le trône,
Ces fourriers de peurs,
Même si la liberté ils prônent.

Un rimeur, dandy 
Que couvait de ses cieux Le Parnasse,
Lors, vint et lui dit :
« Pourquoi fuis-tu du monde les nasses ?

- Le dédain, on feint.
À coups d’interdits plus que de glaive,
Viendra Merde-fin
Qui voudra que ta voix perde sève.
Écris, valeureux,
Mais pour être heureux,
Tais-toi hors la rimailleuse enclave :
D’un mot malheureux 
Tu peux devenir, matin, l’esclave ! »


vendredi 19 juin 2026

EN TON ABSENCE

Ton sourire m’est soleil dans la nuit,
Et la seule panacée à l’ennui.
Il se dessine là dans un nuage
Ou bien dans un doux regard d’enfant sage.

Le souffle du vent m’apporte ta voix
Qui ricoche en écho et en envoi,
Effeuillant l’instant le plus éphémère,
Fleurissant un moment, tendres chimères.

L’arôme des roses exhale un parfum
Qui n’est qu’à toi, ma mie, subtil et fin.
Et il s’insinue dans ma carapace,
Atténue de la séparation l’espace.

samedi 13 juin 2026

LA BIENHEUREUSE

Petite fable affable

La jeune mouette semblait toujours rieuse
Même face aux vents, enclins à folies furieuses,
Ou aux injonctions de la vie, pourtant impérieuses.

Un vieux goéland, lui toujours malengroin,
Qui houspillait les importuns devant témoins,
S’en étonna fort bien qu’il n’en eût point besoin :
« Pour moi qui fais tant de foin, c’est chose curieuse
De te voir vivre, industrieuse et laborieuse,
Mais jamais contre rien ni personne injurieuse,
Ni mie crieuse, sois-tu ou non victorieuse !

- Quand on m’éconduit, je n’en parle à personne,
Répondit l’oiselle dont les plumes grisonnent,
Et tais, de même, les traits dont on m’assaisonne.
Ainsi fait qui ne goûte pas qu'on le chansonne
Car l'indifférence, je le sais, désarçonne
Plus que propos vachards ou bien humeur oursonne ! » ! »

jeudi 11 juin 2026

UNE VIE

Travaillez fils des villes et prenez de la peine
Enfants des champs !… Cela constitue une vie.
Bien des miséreux, des gueux, votre sort envient :
Ils aimeraient porter ce que vous appelez « chaînes ».

Sans rien demander, ni espérer, mieux sans haine,
Épuisez-vous loin de ce qui rend malheureux,
Les chimères, idées, utopies et songes creux
Car le travail bien fait, seul, vous rendra heureux.

Cette satisfaction sera votre salaire.
Vous perdrez tout à laisser parler la colère ;
Vous vivez à crédit, jamais non ne l’oubliez !

Jusqu’à la mort vous ramerez sur cette galère,
Avec celle à qui vous avez votre sort lié,
Avec qui vous vouliez vous désembastiller.

vendredi 5 juin 2026

L’ÂNE & LA CAVALE

Petite fable affable d’après une phrase de Th. Roosevelt

Un vieux baudet voit passer, auprès de son pré,
Auquel un grand canal fait bordure,
Une haridelle qu’on flagelle à la vesprée,
Pour haler une péniche à la dure.

« Pourquoi ne te couches-tu pas, mon amie,
Tu n’en peux plus : ton labeur t’achève.
Tu ne vis que sous les coups. C’est infamie.
Tu dois pouvoir parfois trouver cette sève
De témérité qu’il faut pour dire à l’humain
Non !” ou “Stop ! ”. Tu n’es pas une bête
À abattre mais aide à sa main.

- Dans ma famille, on sert et point on ne discute.
On ne sera mie assez retors.
C’est toujours occasion de disputes
Et pis, pour l’homme, on a toujours tort.
Comme dit mère qui refuse la lutte :
Le courage, c'est sûr, ce n’est pas d’avoir 
La force d’encor’ continuer
Mais c’est de toujours continuer 
Quand on n’a plus la force de se mouvoir 
Bien que ce ne soient honneur ni gloire
Qui font, un jour, rentrer dans l’Histoire”.  »

dimanche 31 mai 2026

RIEN À FAIRE

« Mais tu ne t’ennuies jamais dans ta cambrousse
À admirer, là, sans fin, des heures rousses
Aux heures plus blanches la course du Temps.
Y passer, je ne dis pas, de temps en temps
Mais y rester !… Faut que t’aimes faire malaise,
Qu’à t’emmerder, tant, et plus tu te plaises :
Il n’y a rien à faire et pas plus à voir ! »

Rien à faire ? Comment peux-tu le savoir ?
Je cours les bois, couvre leurs sentiers et sentes
Et sous les arceaux de branches, aux innocentes
Ronces je donne des bouts de mes habits
Et aux orties des parts de peau lors rubis.
J’écoute d’où vient le vent comme les trilles
Des oiseaux, le murmure des rus qui brillent.

Rien à faire la belle affaire, Pauvre Sot !
Je passe par les prés et aux labours fais un saut
Pour voir les nues désembrumées qui s’aurorent,
Et leurs nuages qui s’empourprent ou se dorent,
Pour suivre les voies invisibles qu’ont pris
Quelques coups d’ailes, de me savoir, surpris.
Les cieux changent tant à qui, là, les regarde.

Rien à faire ! C’est parole de Vieille Garde.
Je poursuis ces insectes si insignifiants
Qui vivent leur petite vie de ruffian,
Aussi empressés, oui, que toi avec la tienne
Toute aussi vaine et aussi pleine d’antiennes.
Je contemple des décor qui suivent la saison
M’adosse à des arbres qui me survivront.

samedi 23 mai 2026

D’UN TEMPS À L’AUTRE

En hommage à Joachim du Bellay (1522-1560)

Mais où s’est donc enfuie cette douceur de vivre
Qui m’a fait, naguère, mes saisons consumer
À ce plaisant labeur de toujours costumer
La prose en vers comme on le fait dans les vieux livres ?

Je m’usais à ce vain jeu, quitte à écumer,
En priant que jamais, non, nul ne m’en délivre :
Écrire était, pour moi, une raison de vivre,
Et le meilleur de mon âge ainsi fut plumé.

Ai-je eu le tort, Ami, de tant et tant poursuivre
Les muses des mots comme autant de chimères, ivre
De coeur et d’esprit mais sans jamais m’enfumer ?

La raison venant sous mes cheveux gris qui givrent
Je suis le chemin lors tracé, bien assumé,
Chantant et enchantant notre monde embrumé…

vendredi 22 mai 2026

FIN JANVIER 2026

À Pauline & Thibault

Là, au milieu de nos pluies de soucis,
Au cœur du grain que sont tous nos ennuis 
S’est glissé une lueur d’éclaircie,
Un frêle espoir d’azur et de merci
Déchirant des nues entre noir et gris,
Désembrumant l’horizon obscurci,
Des jours s’acharnant à être affadis.
Et nous voilà de bleu comme étourdis.

Ce rai a chassé, sans bruit et sans cri,
La grêle que le crabe par sentes et lacis
Nous envoie, âme rancie, coeur rassis.
Les averses de nos traverses, endurcies,
Les orages qui valent tant de récris,
 Ne nous seront plus que bruines aussi :
Comme dit Victor, depuis ce jeudi,
« Le cercle de famille s’agrandît » !

jeudi 21 mai 2026

HAÏKU DE VERS

Les lunettes à double foyer sont faites pour ceux qui ne peuvent pas voir les choses simplement.