Petite fable affable d’après une phrase de Th. Roosevelt
Un vieux baudet voit passer, auprès de son pré,
Auquel un grand canal fait bordure,
Une haridelle qu’on flagelle à la vesprée,
Pour haler une péniche à la dure.
« Pourquoi ne te couches-tu pas, mon amie,
Tu n’en peux plus : ton labeur t’achève.
Tu ne vis que sous les coups. C’est infamie.
Tu dois pouvoir parfois trouver cette sève
De témérité qu’il faut pour dire à l’humain
“Non !” ou «“Stop ! ”. Tu n’es pas une bête
À abattre mais aide à sa main.
- Dans ma famille, on sert et point on ne discute.
On ne sera mie assez retors.
C’est toujours occasion de disputes
Et pis, pour l’homme, on a toujours tort.
Comme dit mère qui refuse la lutte :
“Le courage, c'est sûr, ce n’est pas d’avoir
La force d’encor’ continuer
Mais c’est de toujours continuer
Quand on n’a plus la force de se mouvoir
Bien que ce ne soient honneur ni gloire
Qui font, un jour, rentrer dans l’Histoire”. »
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