Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

vendredi 31 mai 2024

HAÏKU TROP ACTUEL

De nos jours, plus rien n’est difficile mais tout est compliqué !

PASTORALE

Vraie fausse chanson traditionnelle

Sortant des vieux hameaux,
Les plus jeunes troupeaux
Courent coteaux et plaine,
Tous à en perdre haleine,
Car à l’azur nouveau
Et au vert neuf des vaux,
Il est bon que moutons paissent
Les fleurs qui, déjà, naissent.

Au printemps des amants,
L’Amour est errements,
Charmes, mots doux, caresses
Soupirs, soins et promesses,…
Tout en tendres transports,
Voluptés et consorts ;
Désir est badinage,
Et de l’or vit le bel âge.

Bercés de chants d’oiseaux,
Au son des chalumeaux,
Berger aura bergère
Que zéphyr rend légère ;
Bergère aura berger
Cherchant verger gorgé,
Qui soit un havre amène
Et, au repos, amène.

L’Amour est errements
Au printemps des amants,
Les folies se partagent :
La raison est volage
Face aux tendres transports ;
Les sens sont les plus forts,
Jusqu’à ce que, hélas, cesse
Un jour à sa jeunesse…

L’hiver fut privations.
L’air doux est tentations,
Les passions impatiences,…
Même si l’insouciance
Peut vous mener au mépris
Ces joies ont, hélas, leur prix…
C’est à la brune qu’on songe
Qu’un printemps est mensonge…

L’Amour est errements
Au printemps des amants,
Les folies se propagent :
La raison est volage
Aux plus tendres transports,
Les délices sont sorts
Jusqu’à ce que, hélas, cesse
Joutes et prouesses…

Rentrant aux vieux hameaux,
Les plus jeunes troupeaux,
L’air chaste se ménagent
Au regard des vieilles hors d’âge
Qui ont su ces transports,
Eurent plaisirs pour port,
Mais la mémoire épaisse
Jouent, tantôt, les abbesses.

L’Amour est errement…
Point d’été aux amants
Qui ces folies partagent
À la fleur de leur âge,
Car ces tendres transports
N’auront qu’un triste apport :
À ventre rond, Princesse,
Réputation en pièces !

jeudi 30 mai 2024

mercredi 29 mai 2024

HAÏKU’PEZ TOUT CE QUI M’DÉPASSE…

Depuis qu’on m'a expliqué que la pomme était le fruit du péché, je ne comprends plus rien à l’arboriculture !

AIDONS-NOUS, LES UNS… LES UNS !

Petite fable affable

Une tortue qui avance, pesamment,
Sur la rives d’une mare de campagne
Et va pour s’engager dan l’eau hardiment
Quand un crapaud l’interpelle : « oh, la fagne !
Vieux et mal allant, pourrais-je chevaucher
Ta carapace, moi qui ne pèse guère ?!

- Entendu ! » fait la lourde bien embouchée
Le batracien se juche et quitte la terre
Quand se traine à eux un fort gros escargot
Qui se verrait bien user de ce cargo :
« Je suis rhumatisant et vieillardissime… »

Au duo, il n’a pas besoin d’en dire plus ;
La tortue invite, d’un geste sublime,
À se faire passager cet olibrius.
« Amis, l’entraide est sacrée chez les bêtes
Et la solidarité fraternité ! »
Conclue la carapacée fort satisfaite
De sa bonne action. Mais sans fatuité.

Mais, le trio étant toujours à l’amarre,
Un renard pointe son museau à la mare.
L’empesée fait « Pas question c’est complet :
Il faut aider son prochain en ce bas monde
Selon ses moyens sinon au plus replet
Le fardeau devient, hélas, un bât immonde !  »

lundi 27 mai 2024

HAÏKU THÉÂTRAL

À réputation bien assise, standing ovation !

À POTRON MINET

D'après une photo de M.-Y. Custeau (6 juillet 2017)

Il est un instant, l’aube revenue,
Où la lumière est suspendue aux nues
Où les heures vont retenant leur souffle
Accrochées à des nuages en écoufles.

Il est un instant, l’aube revenue,
Où la lumière est suspendue aux nues
Jusqu’à ce que l’éther à nouveau respire
L’aurore nouvelle qui, tout d’ors, transpire.

Il est un instant, l’aube revenue,
Où la lumière est suspendue aux nues
Qu’on voudrait voir moment qui pantoufle
Car la nuit d’ennuis se désenmitoufle.

Il est un instant, l’aube revenue,
Où la lumière est suspendue aux nues
Où le temps dans un soupir ocre aspire
Au Beau plus que le jour dont vient l’empire.



samedi 25 mai 2024

HAÏKU DU BROC’

À vouloir toujours trouver du neuf on accumule souvent des occasions perdues.

L’OISEAU QU’ON DIT CARDINAL

Petite fable affable

Vivant en un riche lieu, ce cardinal
N’avait point les vertus, c’est fort banal, 
Du même nom. Certes oiseau splendide,
Il était, et sans vergogne, un bavard
Moquant le roué, cassant le candide,
Toujours l’humeur rosse et l’humour crevard ;
Une « carogne » aux dires des gens d’ailes,
Valant bien plus suif que cire à chandelle.

Même les rapaces il indisposait
Et ses quatre vérités il osait.
Ainsi sur la buse, à ses yeux, couarde
Il fit un opus - oui, un imprimé ! -
Baptisé : Les Hauts Faits de la Criarde
- Bellement relié, vélin sublimé,… -
Composé de feuilles entièrement blanches
Mais, comme « à tout seigneur,… », dorées sur tranche.

La huppe, que l’impertinent a outré,
Lui demande : « Pourquoi donc de tels traits ?!

- Parce que je sais qu’on me hait et qu’attaque
Est la meilleure des défenses ici !

- Rubicon, ne sois pas paranoïaque :
N’y a que toi qui songe à mal ainsi !

- Apprends, Toupet, que même les paranoïaques 
Ont des ennemis… d’où, hélas, ma gnaque ! »

jeudi 23 mai 2024

HAÏKU VITAL

Je ne sais pas comment font ceux qui vivent une double vie, j’ai déjà du mal à vivre la seule qui m’a été donnée !

MORTE-SAISON

Ce sépulcre serein à l’haleine blanche
Fige les bois noircis, givre les prés ventés
Dans de longues et lentes volutes franches,
De fines larmes d'argent, scintillantes, hantées,
Qui babillent aux reliques pâlies des branches.
Les cieux couleur de suie, les nues couleur d’ennui
Semblent nous annoncer la venue de la nuit.

Un poids de glace s’est abattu sur le monde
Grignote le jour, en estompe les contours
Dans un calme au-delà qu’un bruit de pas émonde 
Que j’aille ici ou que j’aille là, faire un tour.
Oui, ni chant ni vent pour accompagner la ronde
Du temps dont la solitude est le blanc linceul,
Dont un silence ivoire est l’ornement. Le seul.

C’est l’hiver au-dehors en aux ramées fléchissantes,
Tout y sommeille sous le drap étincelant ;
Au-dedans, sont des espérances faiblissantes,
L’hibernation des désirs dans des jours plus lents,
De peines revenues et de craintes angoissantes…
Aussi, dans ce monde soudain devenu vieux,
Humer l’air, porter son regard au loin vous fait Dieu…

mardi 21 mai 2024

HAÏKU D’BOL ?

La vie ayant plus de valeur que de prix qu’importe son coût !

NOCTAMBULE BAROUFLE

Petite fable affable

Rentrant de chez des amis,
Un soir d’hiver et de pleine lune,
J’errais en quartier nanti,
De ceux qui, de l’aurore à la brune,
Détestent et fuient le reste du monde
Qui ne leur sont rien. Même pas ondes….

Je longeais, à mon pas, le cimetière 
Quand je fus interpellé
Par trois jeunes filles hâlées
Qui me dirent, l’âme presque en bière :
« Passer devant ce lieu clos,
La nuit, soit-elle aussi belle et claire,
Nous effraie tant. C’est ballot ?!

- Oh non, je comprends !… Votre galère
Fut la mienne, et fort longtemps,
Mesdemoiselles,… du temps
Où point, hélas, je ne vous le cache,
Moi aussi,… j’étais vivant ! »
Fais-je, amène et courtois, la moustache
Souriante com’ souvent…

Et, là, juste le temps de comprendre 
Mes mots, elles hurlèrent fort
Sans mie d’un petit ton redescendre,
Et s’enfuirent du décor
Réveillant de façon unanime
Ce quartier honni qui lors s’anime…

Quand tu veux faire chier, 
Impunément qui tu hais,
Toujours, tu trouves une bonne étoile 
Pour te souffler une idée qui te poile…

dimanche 19 mai 2024

HAÏKU BÊTE

Comment font les blattes qui ont le cafard ?

VERS L’ABÎME ABSURDE

D’un même pas, l’humain marche en foules océanes
Vers là où il regarde :… droit devant. Toujours.
Regard restreint, esprit serein, ainsi son séjour
Terrestre le fait marcher baudet parmi les ânes.
Il prétend aller vers le progrès et l’avenir.
Pressé d’y arriver. De le dépasser avide.
Ainsi il s'accommode de vies souvent vides
À courir après un temps filant pour le punir.

Il ne faut pas rester seul sur le bord de la route.
Pourquoi ?… Si tous les autres sont si hâtifs 
C’est qu’il doit y avoir, sans doute, un bon motif.
Alors on court pour de néant notre déroute
Habiller, avant celui ou celle qui suit
Mais après celle ou celui qui nous précède,
Espérant que quelque once de terrain il nous cède,
À grand bruit, jour et nuit. Qu’est-ce qu’on fuit ?

Nul ne s’en est enquis, allant, sourd et aveugle
Aux autres et à soi, toujours la tête baissée.
Sans ralentir devant le fossé annoncé.
Non. Ne pas renoncer. Et, tant pis si ça meugle
Chez qui nous pousse et suit. Et ne pas ployer,
Ni plier pour arriver le premier de la file
Puis se jeter dans le ravin où l’oubli défile
Pour, enfin, sans autre velléité, s’y noyer…

vendredi 17 mai 2024

HAÏKU DE VERS

Un poète fait de son jardin secret un parc public !

AUX GARENNES, COLOMBES !

Petite fable affable d’après deux vers de David Di Paolo

Deux rongeurs dont partout l’espèce abonde
Débattaient prou et refaisaient le monde.
Prisonniers des idées de l’air du temps, 
Et bornés par des craintes de longtemps, 
Ils devisaient, ainsi, se croyant libres,
Bernés par les croyances nées du Livre.

« Nous sommes bien trop nombreux, mon ami !
Nos garennes, halliers et guérêts nourrissent
À grand peine nos fils et, infamie,
Les envahissent mendiants qui pourrissent
Tout de leur seule venue ou profiteurs
Arrivés d’ailleurs en oiseaux de malheur.

- Nous ne devrions accorder victuaille
Qu’à nos hases et aux fruits de leurs entrailles ;
Surtout à qui a quelque utilité
Au bien commun, sinon vient la disette
Et bientôt de famine habités,
Les nôtres ne vaudront plus tripette ! »

Conseil pris. Conseils donnés. On traqua
Les bouches inutiles. Surnuméraires.
Danger pour tous. Pour chacun tracas.
On élimina ainsi les excédentaires :
Les pas lapins, les très mous et prou lents
Puis les pas d’ici et, pis, les croulants…

Nos bons causeurs furent les dernières
Victimes des guerres buissonnières
Qui firent d’Eden un aride désert
Là où une race d’ébattait sans dilemme.
Chez toute espèces, les plus grands diserts
Voient et posent, souvent, bien les problèmes…

mercredi 15 mai 2024

HEUREUX L’HOMME DÉSOCCUPÉ

Clin d’œil à Victor Hugo, L’homme occupé

Heureux l’homme, désoccupé dès le matin,
Qui renonce à prendre à bras le corps son destin
Au réveil, tout à ses songes et rêverie,
Refusant qu’aurore soit fin et flemme tarie !

Se prélassant au lit, le jour lui vient mêmememt
Que s’il faisait de l’aube un grand chambardement.
C’est un crépuscule que cette clarté blême,
Qui endort, en lui, ce qu’il a de plus lui-même.

Le silence des lieux ne lui est pas sa croix
Et le briser serait manquer, là, à sa foi ;
L’extase mi-close de la paresse l’enivre
En laissant au Ciel le soin d’écrire son Livre.

HAÏKU DU NYCTALOPE

Je vis en noctambule dans un siècle somnambule.

mardi 14 mai 2024

HAÏKU LÉTAL

Pourquoi espérer qu’autrui respecte vos dernières volontés alors qu’en général on n’a pas su, soi-même, réaliser les précédentes ?!


lundi 13 mai 2024

HAÏKU D’ENCRE, MARÉCHAL !

Être de mauvais poil me donne souvent belle plume !

LE SIMIEN LOIN DES SIENS

Petite fable affable

Un vieux singe grimaçait, hantait salons,
Soirées ou académies des gens de la Haute,

Faisant le rire et le beau temps, à sa façon,
De simagrées, de moues et baboues que ses hôtes
D’un rictus ou d’un tic montraient goûter ;
Le fagotin bénéfices en tirait.
Bien au-dessus des jeunes qui singeaient la bête,
Sans grand soucis, il aurait pu vivre longtemps ;
Sans vrai chichi il aurait du vivre tout instant
Bien mieux que les vieux qui le jugeaient à sa tête.

Le zigomar grignant et godant en salons
Les quitta, aux marrons en bogue de chambre,
Pour battre et affrioler les marchés, tout du long,
Sans tirer mie encens, ni myrrhe, ni ambre,…
Lors, le Bien qu’il donne en ris se monnaie ;
Le Mal qu’il prend de sourires le paient.

Le talent ne devient un art que si tu sais plaire
Non seulement à tes protecteurs, souvent hautains
Mais aussi, sans avoir à en devenir câtin,
Au populaire qui est rien moins que vulgaire.

dimanche 12 mai 2024

samedi 11 mai 2024

HAÏKU DE PHRASES

Ne pas mâcher ses mots n’empêche pas de les ravaler parfois  !

QUESTION DE SOUFFLE

Sont-ce meules du Mali ou mille malles de Milan que moule, mollo, la neige molle qui s’y mêla, maline, sur des miles et auxquels ne se mêlent point de males mules, de mulots malins ni de mâles maltais au petit matin sorti de quelque môle à malice et qui, déjà, s’enmielle ?


jeudi 9 mai 2024

HAÏKU FATAL

La vie est une histoire pas drôle dont la chute sonne comme une injonction : « Tombe » !

LE MARAÎCHER NOVICE

Petite fable affable d’après L’arum de David Di Paolo

Un raton se lançant dans le jardinage
Voulut s’aménager un coin de bocage.

Ici, il coupait des herbes folles pour aider
Le grain à respirer ; là, arasait l’espace
Aux légumes en usant de suants procédés,…
Tassant, ailleurs, pour bien tracer sentes ou passes
Et ce, chaque jour que Dieu faisait, hélas
Jouant, à la fois, les Sisyphe et les Atlas.

À ce petit jeu-là, notre raton vite
S’épuisa - le mauvais revenant et le bon
S’étiolant - ce, malgré sa mine déconfite,
Tous ses soins, sa diligence de furibond,…
L’apprenti avait oublié que plantes ont pieds,
Souches, radicules, oignons, griffes,… à estropier.

Pour bien faire, Mal et Bien, comme toute chose,
Se prend à la racine pour avoir gain de cause…

mardi 7 mai 2024

HAÏKU DE DÉS

La vie est une partie réussie si on ne suit pas la règle du je.

POUR QUI…

« Je serai toujours du côté de ceux qui n’ont rien 
et à qui on refuse jusqu’à la tranquillité de ce rien. »
Federico Garcia Lorca.

Avec le ciel moins pour dais que pour treille
Pour qui va nu-pieds et sans-le-sou
 Le chemin est toujours semé de clous,
Parsemé de tessons de bouteilles
Qu’il n’abu ni ce jour ni la veille

Le vent froid moissonne plus que blés
Et faucille plus que les fruits blets

Sous l’azur le plus pur ou bohème
Pour qui va sans-le-sou et court nu-pieds
 Par la route hélas est estropié
Cailloux pointus lui font apostèmes
Galets polis lui feront de même

Car l’orage fauche plus que foins
Et couche au sol plus que le sainfoin

dimanche 5 mai 2024

HAÏKU’ESTION DE MOYENS

C’est le privilège des petites têtes de croire avoir de grandes idées !

CHACUN SA CASE

Petite fable affable

Il était une fois au Pays d’Échiquier
Des pièces qui jouaient. Mais rien de moins quiet ;
C’est là plus qu’une bataille : c’est une guerre !
Blancs contre Noirs, on se bat pour gagner ;
Noirs contre Blancs sans rien, las, s’épargner :
On la joue vulgaire mais on combat grégaire.

La reine blanche allait, sacrifiant force pions,
Pour pousser son avantage. D’un air morpion,
Elle fanfaronna : « Ma très chère adversaire,
Le soleil levant et couchant sont tous deux
Beaux et adorables. Le cafardeux
Est que le premier est plus vénéré. Nécessaire
Loi qui veut qu’on n’aime tant que l’éclat.
Je crains blablabla… que las, blablabla… ! »

Oui, cette reine-là était bête et bavarde
- On n’a rarement qu’une seule qualité ! -
La réussite la poussait à quelques bravades,
À montrer toutes les siennes sans discuter.
La partie passant, Dame Noire, sa rivale
Non son ennemie, elle jamais triviale,
Lui glissa lors pour lui clouer le bec  :
« N’oubliez jamais qu’au beau jeu d’échecs,
La partie enfin terminée, on se retrouve
- Le vainqueur, le vaincu ; le roi, le pion ;
Le Blanc, le Noir - comme des tartempions,
Dans la même boîte qui, là, de l’oeil nous couve ?! »

vendredi 3 mai 2024

HAÏKU LASSANT

Il n’est de peine perdue qui ne soit vite retrouvée, hélas !

COMMENT L’APPELER ?

Sur un mot de Claude Nougaro
Comment donc l’appeler ce mal 
Qui nous fait rétif animal ?
L’enfant dirait « chagrin » et sa mère « tristesse » ;
Mais son père crierait « humeur » sans plus de tendresse.
Oui, comment l’appeler ce mal ?
Le docteur parlerait « dépression » ou « déprime »
L’époque « burn out » sans plus de raison ni rime…
Tant il touche et qu’il fait mal ?

Comment, oui, l’appeler ce mal 
Qui nous est pas si normal ?
Les poètes le baptisaient « désespérance »,
« Bourdon », « intime et inextricable souffrance »
Car c’est sûr il en fait du mal
Qu’on le veuille « spleen », « cafard », « ennui » ou autre…
« Blues », « nostalgie », « mélancolie » où l’on se vautre
Peuvent nous conduire au haut mal !

Lors comment l’appeler ce mal 
Qui n’a rien de paranormal ?
« Le dégoût de soi, et de tout, face à ce vide
Qu’est la vie avide que notre époque évide » ?
Et pourquoi donc l’appeler ce mal
Qui déchante mes nuits et mes jours illumine
Tant il n’est point un filon mais, bel et bien mine,
Quand il sait venir, seul, sans mal ?!

mercredi 1 mai 2024

HAÏKU LOMBARIUM

Le principe des concessions, en cimetière, vous offre un repos provisoire mais vous assure, au bout du compte, un oubli éternel…

L'OUÏR N'EST PAS EN JOUIR

Petite fable affable

On honorait la mémoire d’un comédien
Qui n’en avait guère - Béotien ? Acadien ? -
Et qui ne resterait pas dans les annales
De ces fêtes données lors pour les Bacchanales.

Accompagnant l’histrion au dernier repos,
Un fâcheux de ses amis, et fort à propos,
Me narre pendant la cérémonie la foule
De ses souvenirs de bateleur tant chamboule
L’émotion du moment. On est compréhensif.
.
Et, oyant que je ne suis guère réceptif,
Le cabotin insiste, en remet une couche
À doucher un manouche ou à souler les mouches :

« Je vous le dis il n’est de hasard sous nos cieux.
Eh bien, vous n'êtes-vous pas étonné, cher Monsieur ?

- Non !… Ce qui m'étonne, c'est qu'on ait des oreilles 
Pour, hélas, entendre des sottises pareilles.
Alors que l’on a des pieds pour vous échapper ;
Aussi, permettez-moi, là, de me rattraper ! »