Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

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mercredi 17 juin 2026

ET LE DRILL DEVINT MANDRILL…

Petite fable affable

Cousin du babouin, mais plus méchant et sagouin,
Un drill, ne manquant pas d’ego, hantait les montagnes 
Résonnant des échos de son vain baragouin
Qui aurait fait fuir de son pays de cocagne.
Ce fat, fort de sa haine et fier de son harem,
Se voulait roi des petits singes et grands primates,
Le proclame à qui veut l’entendre, lui, dirhem
Parmi les dinars, et toute opposition mate.

Un gorille, hélas, ne l’entendit de cette oreille :
De tels propos lui firent venir les abeilles.
Il le prend, matin, par les lobes et lui secoue,
Quoique ce monarque fut épouillé, les puces.
« Avec ta couronne de poils, tu t’mont’ le cou
Mais t’as aussi le cul à nu, mec sans astuce,
Je vais pouvoir te le botter comme il se doit
Puis te défigurer ou te briser les doigts ! » 

L’atrabilaire ne fera que scarifier
Le museau fort bleui du « roi » pour clarifier
Position et rang de chacun en ce bas monde,
Puis lui fit saigner les nasaux, affront immonde.

Les descendants de ce fagotin prétentieux 
Gardèrent à jamais ces stigmates car les cieux
Détestent; eux aussi, de pareils affronts, austères ;
Et ainsi un nouveau singe peupla leur Terre.

Chez les drills échaudés, à saine modestie
Revenus, du moins hors de leur tribu, on dit
Haut et fort, que l’ambition est chose bien sotte :
« Quand le mal est passé, on oublie le péril
Mais, il n’en est guère de même de ses fautes
Quand on en porte la marque, soit-il sceau viril.
Un de nos pairs le sait qui oublia, peu sage,
Que tous les grands singes sont les pires sauvages ! »

lundi 15 juin 2026

COURANT D'AURORE

D’après une photo de Marc-Yvan Custeau, 02 juin 2026

L’aube mûrit au loin, tout en frissonnements,
Rouges ondoiements, oranges frémissements,
L’onde de l'aube n’est que flottements sages
Accrochés aux remous des ombreux nuages.

Dans les friselis de l’air qui n’est que bruissements,
Mauves ondulations, roses foisonnement,
L’aurore se fait sinueux effeuillage
Pour que passe un flot d’azur en son sillage.



samedi 13 juin 2026

LA BIENHEUREUSE

Petite fable affable

La jeune mouette semblait toujours rieuse
Même face aux vents, enclins à folies furieuses,
Ou aux injonctions de la vie, pourtant impérieuses.

Un vieux goéland, lui toujours malengroin,
Qui houspillait les importuns devant témoins,
S’en étonna fort bien qu’il n’en eût point besoin :
« Pour moi qui fais tant de foin, c’est chose curieuse
De te voir vivre, industrieuse et laborieuse,
Mais jamais contre rien ni personne injurieuse,
Ni mie crieuse, sois-tu ou non victorieuse !

- Quand on m’éconduit, je n’en parle à personne,
Répondit l’oiselle dont les plumes grisonnent,
Et tais, de même, les traits dont on m’assaisonne.
Ainsi fait qui ne goûte pas qu'on le chansonne
Car l'indifférence, je le sais, désarçonne
Plus que propos vachards ou bien humeur oursonne ! » ! »

vendredi 12 juin 2026

mardi 9 juin 2026

NE RIEN FAIRE… MAIS LE FAIRE BIEN !

Petite fable affable

« Comment faire pour arriver à ses fins
Quand on n’a, las !, point commencé. Car enfin
Il doit bien exister un truc, une approche
Qui fait que, sans qu’on voie anguille sous roche,
On réussisse son coup…  à tous les coups ! »
Ainsi songeait un lycaon, triste frimousse,
Cherchant le chemin le plus court pour sa brousse
Quitter au plus tôt… Et jouer, plus loin, les coucous.

Ce canidé se triturait les méninges
À en faire abondamment suer son linge,
S’il en avait eu, évidemment. Cafouilleux,
N’ayant l’air de rien, ne valant guère mieux,
Il croyait que pour tout existait une manière
Qui évite tracas ou bien fondrières,
Et cherchait quelque combine, et ce sans fin,
Ou, une façon, à en perdre soif et faim,
Pour, en tout cas, en faire le moins possible
 Et, en tout lieu, vivre au mieux, seul, impassible.
Bref, jouer au Roi Lion à la parfin !

Pour cela, dans le plat pays, il musse,
Épuise son temps à sa quête têtue
Ne faisant plus rien d’autre. Par vaux pentus,
Aux couleuvres, il demande en vain leur astuce.
Mais elles se taisent. Lors, notre sac à puces,
Par les chaos, questionne les vieux lézards.
Pas plus bavards, ils s’enfuient comme au hasard,
Dès qu’il leur présente sa hideuse face.
« Je ne veux qu’une formule, les chiches-faces,
Qu’une marche à suivre pour vivre vieux
En faisant peu, ou moins encore, Bon Dieu ! »

Chevalier errant ayant perdu sa fasce,
Le charognard, défait, croisa un matin
Une hyène. Il lui fit donc son baratin.
« Le but importe plus que la voie, fait-elle,
Toute solution est en toi non sur stèle.
Souvent, les méthodes sont ce qu’elles sont :
Sans conséquence. Ta vie en est leçon ! »

dimanche 7 juin 2026

LE MONSTRE DE BRIQUES & DE FER

À Emile Verhaeren (1855-1916)

Entre l’ombre étale et la nuit infinie,
Dans des haleines d’acide et puis de chlore,
Là où la fabrique avait fait son grand nid,
L’usine déroule son dos de crêts pour clore
En son sein un flot mouvant de bonnes gens
Qui, sans elle, ne seraient, las, qu’indigents.
Elle trinque aux étoiles ou se pinte de lune
Dans le ciel toujours en guenille, à la brune,
À cause de ses méphitiques fumées,
D’un pays de métiers aux boutiques aimées.

Dans un vain temps oscillant d’astres en atome,
Elle souffle phosphore et souffre oxydé,
Engloutissant des êtres en chaînes, des hommes
Qu'on fait vivre en cages, en caves et qui, bridés,
À petits gestes, à mains prestes, sont esclaves
De ce vil dragon et de ses autoclaves.
Sur tapis de cendre et de suie, ce brasier
De brassiers et ces journaliers extasiés,
Dociles à mille machines pis que pieuvres,
Resteront, çà, là, serviles à la manœuvre.

Battements sourds et réguliers d’un cœur lourd,
Marteau sur l’enclume et pilon qui concasse
Houspillent les passants entendant, par leurs faubourgs,
La vapeur qu’avale sa gisante carcasse
Puis qui siffle, comme un serpent prêt à tuer,
Et qui gifle les murs noirs qu’elle a hués
Dans l’éther moisi et dans l’air ranci.
Mais ces entrailles d’enfer vomissent aussi
Feux hardis, lueurs garnies, coulées de lave,…
Font voir, par les verrières, des rêves hâves.

Car cette architecture ne dort jamais.
Ce monstre qui, de l’intérieur, se consume
Vit et respire, jour et nuit, de mai à mai.
Jamais assoupies, mie ralenties, ses brumes
De braises, ses pluies d’étincelles en volées,
Ses neiges d’incandescences auréolées
De flammèches sont le banal mauvais temps
De l’ouvrier pour qu’avance un siècle palpitant
Car, dans ses haleines d’acide et de chlore ,
Le labeur, seulement, vient à y éclore.

vendredi 5 juin 2026

L’ÂNE & LA CAVALE

Petite fable affable d’après une phrase de Th. Roosevelt

Un vieux baudet voit passer, auprès de son pré,
Auquel un grand canal fait bordure,
Une haridelle qu’on flagelle à la vesprée,
Pour haler une péniche à la dure.

« Pourquoi ne te couches-tu pas, mon amie,
Tu n’en peux plus : ton labeur t’achève.
Tu ne vis que sous les coups. C’est infamie.
Tu dois pouvoir parfois trouver cette sève
De témérité qu’il faut pour dire à l’humain
Non !” ou “Stop ! ”. Tu n’es pas une bête
À abattre mais aide à sa main.

- Dans ma famille, on sert et point on ne discute.
On ne sera mie assez retors.
C’est toujours occasion de disputes
Et pis, pour l’homme, on a toujours tort.
Comme dit mère qui refuse la lutte :
Le courage, c'est sûr, ce n’est pas d’avoir 
La force d’encor’ continuer
Mais c’est de toujours continuer 
Quand on n’a plus la force de se mouvoir 
Bien que ce ne soient honneur ni gloire
Qui font, un jour, rentrer dans l’Histoire”.  »

mercredi 3 juin 2026

ÉTÉ INDIEN

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 1 novembre 2024

Riche en silences, notre forêt s’ocre
Aux jours devenus les meilleurs de l’an.
Feuillées abandonnant leurs verts médiocres
Annoncent que le temps devient plus lent
Et prend le chemin de l’hiver aux blanches
Livrées, long comme un éternel dimanche.

Bronzes et cuivres trouvent là leur fortune.
Ils ont toute frondaison envahis ;
Baignés de lumières rousses s’enbrunent
Nos fourrés, sous les ciels encor’ bleuis.
Chacun perd un peu de son âme verte ;
En gardant un bout d’été au cœur, certes !

S’éteignit jà des plus doux des souffles,
Loin de ce monde qui s’étend, mâtin.
Parées du sceau d’or des jours qui s’essoufflent
Se rafraichiront fort les clairs matins
Comme froidiront les nuit lactescentes 
Le long de routes devenant glissantes…



lundi 1 juin 2026

CHEMIN FAISANT

Petite fable affable d’après Le caillou
d’Henri Cobourg (Fables, 1860)

De sa lointaine pampa,
Dessus une voie unie,


Un homme allait d’un bon pas
Pour quérir un bon repas
Offert par bourse bénie

Ses pieds alertes franchissent
Les lieues d’un pas fort léger ;

Ses jambes mie ne fléchissent
Mais un caillou vient se piéger
En sa chaussure bien lisse.

Il rage à ce contretemps,
Se détournant d’une route
Pour ôter, tout haletant,
L’intruse qui le déroute
Pour bien plus qu’un bref instant.

Or devenait là fondrières
Et bourbier son bon chemin
Qui n’était que de poussière.
Et ce n’était pas demain
Qu’il aurait goûté daubière !

L’ingrat ne voit pas la pierre

Le détournant des ornières.

dimanche 31 mai 2026

RIEN À FAIRE

« Mais tu ne t’ennuies jamais dans ta cambrousse
À admirer, là, sans fin, des heures rousses
Aux heures plus blanches la course du Temps.
Y passer, je ne dis pas, de temps en temps
Mais y rester !… Faut que t’aimes faire malaise,
Qu’à t’emmerder, tant, et plus tu te plaises :
Il n’y a rien à faire et pas plus à voir ! »

Rien à faire ? Comment peux-tu le savoir ?
Je cours les bois, couvre leurs sentiers et sentes
Et sous les arceaux de branches, aux innocentes
Ronces je donne des bouts de mes habits
Et aux orties des parts de peau lors rubis.
J’écoute d’où vient le vent comme les trilles
Des oiseaux, le murmure des rus qui brillent.

Rien à faire la belle affaire, Pauvre Sot !
Je passe par les prés et aux labours fais un saut
Pour voir les nues désembrumées qui s’aurorent,
Et leurs nuages qui s’empourprent ou se dorent,
Pour suivre les voies invisibles qu’ont pris
Quelques coups d’ailes, de me savoir, surpris.
Les cieux changent tant à qui, là, les regarde.

Rien à faire ! C’est parole de Vieille Garde.
Je poursuis ces insectes si insignifiants
Qui vivent leur petite vie de ruffian,
Aussi empressés, oui, que toi avec la tienne
Toute aussi vaine et aussi pleine d’antiennes.
Je contemple des décor qui suivent la saison
M’adosse à des arbres qui me survivront.

vendredi 29 mai 2026

LE MALE BUISSON

Petite fable affable d’après Lockman

Un malingre buisson dit au jardinier : 
« Ah, si quelqu’un, comme d’un bananier,
Prenait soin de moi, me plantant au centre
De son clos pour que j’y fasse mon antre, 
M’arrosait, me cultivait mêmement
Qu’un autre, mon ombre, certainement,
Serait courtisée, mes fleurs feraient vases
Et mes fruits de belles et bonne brunoises. »

 Le maraicher le prit et le ficha
Au milieu du jardin, en bonne terre,
 Qu'il fuma à grand frais comme en gros tas.
Et pour faire taire l’argumentaire,
L’arrosait deux fois par jour. Jamais moins .
Les branches du buisson allèrent au loin,
Forcirent, se fortifièrent d’épines
Alors que s’enfonçaient ses racines taurines.

Bientôt le beau jardin fut tout à lui,
Ne laissant à rien le moindre réduit.
Toutes les fois qu’ une aide on te demande
Réfléchis qu’au bien, un mal on ne rende,
Car ainsi vont les sournois, les méchants
Qui pour nuire prennent toujours du champ.

mercredi 27 mai 2026

LEVER DE LUNE

D’après une photo de Marc-Yvan Custeau, 22 septembre 2025

Un berceau de lune enfin se dessine,
Un frêle arceau de lumière plongé
Dans le puits de cette nuit qui nous fascine,
Sereine, où l’ombre émue sst prête à songer
Sous la voûte étoilée où elle prend racine.

Le soir est empli de souffles et de frissons.
Il n’a rien de l’huis sombre, clos de silence,
D’une tombe pour les buis et les buissons.
Ses pâles ténèbres fuient la somnolence
Dessous ces lueurs timides en écusson.

Ce calme infini appelle à la quiétude.
C’est depuis les champs qu'on voit le mieux les cieux
Aux obscures harmonies, dans la solitude
Reposante d’un astre au contour gracieux
Qui mène un rêveur à la béatitude.



lundi 25 mai 2026

LE GLOUTON COURTISAN

Petite fable affable d’après Jean de La Bruyère

Les gens de mérite ont, las, peu en marmite.
Les médiocres bâfrent comme faux ermites.

Un lynx austère et droit en prend son parti,
Pas un glouton ne manquant de réparti
e
Qui, chaque jour, dit, à tous, car il le pense
Qui’l faut moins nourrir son esprit que sa panse.


Notre goinfre alla donc voir le roi puma
Et lui fait, en préface, avant les frimas,

Un ample hommage, une longue dédicace
Où la gloire du félin côtoie sa grâce,
Sa libéralité appelant respect
Et quelques révérences au parfum bien suspect.

Puis entre mille autres caresses verbales
Il jure ses foi et soumission totale 
Au fauve, afin de, sans être son égal,

Avoir un beau rang dans le règne animal.
Elle méritait d’être ouïe cette chute
Quoi qu’elle vînt après de longues minutes.


Il est certains rois à qui cela convient
Mais ils sont rarement hommes de bien.
Bonnes gens comme nous, à d’aucuns Auguste,

Ça froisse les oreilles, courbe le buste ;
C’est le cas de notre souverain bien roux,

Et là, hélas, c’est l’ire ou c’est le courroux.


« À ma cour, point de pension et pas de poste
À qui fait du plat de la langue, Anagnoste !

C’est pire qu’injure ordurière, à bon droit,

Qu’un éloge aussi puant et maladroit. »
Il croqua celui qui voulait sans ambages,
Manger bien gras et tout à son avantage…

vendredi 22 mai 2026

FIN JANVIER 2026

À Pauline & Thibault

Là, au milieu de nos pluies de soucis,
Au cœur du grain que sont tous nos ennuis 
S’est glissé une lueur d’éclaircie,
Un frêle espoir d’azur et de merci
Déchirant des nues entre noir et gris,
Désembrumant l’horizon obscurci,
Des jours s’acharnant à être affadis.
Et nous voilà de bleu comme étourdis.

Ce rai a chassé, sans bruit et sans cri,
La grêle que le crabe par sentes et lacis
Nous envoie, âme rancie, coeur rassis.
Les averses de nos traverses, endurcies,
Les orages qui valent tant de récris,
 Ne nous seront plus que bruines aussi :
Comme dit Victor, depuis ce jeudi,
« Le cercle de famille s’agrandît » !

jeudi 21 mai 2026

TEL VA LE DELTA, TELS VONT NOS PETONS…

Petite fable affable

Dans la province de Camargue d’antan,
Au ramage des guêpiers, tout en nuances,
Un groupe de flamants fait ses révérences
Et ses danses, dans la douceur du beau temps
Et, pis, l’indifférence de la Nature.
Nul ne vient voir ces gracieuses créatures
Pour qui un vent voleur fredonne sans fin…

Nul n’écoute les chants, ne goûte aux parfums.


Soudain, naseaux au vent, quelque cheval passe.
Sauvage. Hennissant et piétinant l’eau.
Tout s’arrête et, là, chacun devient badaud.
On se croit au champ de bataille, l’espace
D’un instant. Ensuite, l’oreille aux aguets
Et l’œil où luit la frayeur, comme sagaie,
On file et fuit loin de ces éclats terribles
Dont les éclairs pourraient vous choisir pour cible.


Il vaut toujours mieux le bruit et la fureur,
Soit-on seul, pour se faire écouter du monde
Quand la beauté et la douceur, ses deux sœurs,
Restent inconnues, hélas, de tous, à la ronde.

mardi 19 mai 2026

NOSTALGIE

Souvenirs, vous qui emplissez mes jours
Et revenez à moi, à contre-jour,
Vous hantez mes nuits, souventes fois,
Témoignant que j’ai été. Parfois.

Car vous êtes ce qui reste de moi,
Rappels de joies, stigmates d’émois,
Je vous invoque comme des reliques
Et je vous évoque, boulimique.

Souvenirs, je reviens vers vous toujours
Pour donner à la solitude ajours.
Passé qui ne passe, quoi qu’on fasse,
Laisse ses traces et mie ne nous lasse.

Que vous soyez cendre ou bien débris,
Peu m’importe, vous m’êtes tant ris
Que pleurs, regret, remords, cicatrices,…
Certes ombres mais jamais, non, caprices.

dimanche 17 mai 2026

AU CHANT DES CHAMPS

Petite fable affable

La campagne se vêtait de verdure,

Les ruisseaux n’étaient plus que doux murmure.

Mai parfumé, sur le déclin du jour,

Boutait le feu aux cieux pour son retour.

Des rossignols, sous un épais bocage,

Conversaient en un charmant ramage.


Corbeau, qui non loin passait,

Avisant le bosquet, veut donc placer 
Son grain de sel dans ce concert sauvage.

L’air retentit lors de son fameux cri,
Et lugubre, et funeste de tout âge,

S’imaginant mieux chanter, sans décri,
Que quiconque chez les braves gens d’ailes
Et se posant même comme un modèle.

Il crut victoire emporter quand, soudain,
S’envolent au loin nos chantres bavardins

« Je le savais, fit l’intrus, trop on vante
Ces piètres mélodistes qu’épouvante
Le vrai talent ; celui des miens. Ils fuient

Ne pouvant lutter… et même à grand bruit ! »

Si, las, un son plus fort se fait entendre
À ses raisons on aime oreilles tendre ?

mercredi 13 mai 2026

L’EMBARRAS DU CHOIX

Petite fable affable

Au nom de mon sang et de l’étiquette,
Maman voulut un soir se mettre en quête

Pour moi d’un gentil mari, bon parti
Mais qui aurait déjà un tant peu d’âge,
(Car il fallait songer à « l’héritage » !)
À qui faire, un beau soir, quelque petit.

Ingénue, j’en séduisit - Le drame ! -
Un mûr et un blet. tous deux amoureux
De mon esprit comme épris de mes charmes.
« Mariage plus vieux, mariage heureux !
Mais deux prétendants c’est trop, à vrai dire.
Nous ferons un choix… écartant le pire ! »
Fit lors ma mère la chose apprenant
Heureuse qu’aucun ne fut vil manant
Que tout deux me faisait une cour assidue,
De leurs avances m’étant défendue.

Voulant donner son avis et son aval
Elle les convia au thé - Banal ! -
Et les y charma tant que j’ai pu croire
Qu’elle voulait sur moi une victoire.
Puis décréta qu’il fallait se revoir
Car délayer nous était un devoir.

Aussi revinrent-ils, chaque semaine.
M’assurant que j’aurais bientôt quelqu’un,
Maman ne pouvait choisir, l’âme sereine,
Entre l’un et l’autre ou bien l’autre et l’un.
Quand on a un nom, c’est de bonne guerre !
Pour l’heur, mes désirs ne lui importaient guère.

À force de se rencontrer chez nous,
Mes deux amis devinrent donc intimes.
Et ce fut, à toutes deux, légitime
Surprise quand repartirent ces doux-
Là, bras-dessus bras dessous à la brune,
S’embrassant à pleine bouche. Infortune !

Ma fille, quand t’a certains choix à faire
Ne mêle jamais maman à l’affaire !

lundi 11 mai 2026

LE DÉSILLUSIONNÉ

Sommes-nous résilients ou résignés ?
Plus passifs que patients, assignés
Aux malheurs nés de nous sur terre,
Et aux douleurs engendrées par notre ère ?

Chaque fois qu’advient une catastrophe,
Un cataclysme la suit, apostrophe
Prou notre prétendue Humanité
Sans fraternité ni solidarité.

Un conflit chasse l’autre et qui on aide ?
Un génocide suit celui qui précède…
Doit-on donc toujours le pire endurer
Et assister, sans fin, à des curées ?

On ne montre que la crasse de ce temps,
Son purin, sa sanie… en insistant.
Comment donc encore croire en l’Homme
Ou en ses dieux quand brûlent nos Rome ?

jeudi 7 mai 2026

IL RENAÎT…

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 22 juillet 2025

Il renaît le soleil 
Dans l’océan du ciel
Bonheur providentiel
Tirant du sommeil
Un matin sans pareil

Il renaît le soleil
En son simple appareil
Mais en ors torrentiels
Il revient démentiel
Sur les bleds le méteil

Il renaît le soleil 
Nous offrant l’essentiel
En ces flux démentiels
De lumières vermeils
Le plus beau des réveils

Il renaît le soleil 
Dans l’océan du ciel