Petite fable affable
La campagne se vêtait de verdure,
Les ruisseaux n’étaient plus que doux murmure.
Mai parfumé, sur le déclin du jour,
Boutait le feu aux cieux pour son retour.
Des rossignols, sous un épais bocage,
Conversaient en un charmant ramage.
Corbeau, qui non loin passait,
Avisant le bosquet, veut donc placer
Son grain de sel dans ce concert sauvage.
L’air retentit lors de son fameux cri,
Et lugubre, et funeste de tout âge,
S’imaginant mieux chanter, sans décri,
Que quiconque chez les braves gens d’ailes
Et se posant même comme un modèle.
Il crut victoire emporter quand, soudain,
S’envolent au loin nos chantres bavardins
« Je le savais, fit l’intrus, trop on vante
Ces piètres mélodistes qu’épouvante
Le vrai talent ; celui des miens. Ils fuient
Ne pouvant lutter… et même à grand bruit ! »
Si, las, un son plus fort se fait entendre
À ses raisons on aime oreilles tendre ?
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