Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

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mardi 15 septembre 2026

PAR UN MATIN DE MAI…

D’après une photo et un titre de Marc-Yvan Custeau, 6 janvier 2026

Par un matin de mai
Plus peintre que jamais
Morphée s’est fait abstrait :
De lumière en rais
En aplats sur apprêts
Ou ombres empâtées.
Bref, tout pour m’épater !

Par un matin de mai
Fors aulnaie ou ormaie,
On vit en tons nabis,
Comme en couleurs lavis
Frottis fauves et glacis,…
Le ciel est ouaté,
Prêt à nous épater !

Par un matin de mai,
Lignes et points parsemés,
Le jour est attrayant,
Le vent pour liant,
De pigments s'habillant,
Il vit au débotté :
Tout pour vous épater !



vendredi 28 août 2026

LE TEMPS DE NOS FREDAINES

À Eric P. pour son 62e anniversaire
Sur Le temps de la rengaine (S. Lama & Y. Gilbert)

C’était le temps des scèn' locales,
Quand on chaussait de fers nos point' et nos talons,
Fous de comédies musicales,
Mêm’ le dimanch’ c’était show ou répétitions.
L’âme cousine, l’esprit clair mais l’humeur badine
Pendant qu’les autres avaient ciné ou bien piscine,
On jouait duo en c’temps-là,
Souvent, j’le regrette quand je pense à tout ça…

C'était le temps, le temps béni de nos fredaines,
C'était le temps où on savait c’qu’était not’voie,
Rires et musique, Toi le sec, Moi la bedaine…
On savait c’que serait not’vie en ce temps-là !

C’était un temps où pour cent balles,
On avait du « style » : cravat’, veste et pantalon !
On était pas des enfants d’la balle
Et pour les autr’ c’était une récréation
Qu’ces deux fous sortis d’une époque’ mise en sourdine,
En noir et blanc, où l’jazz avait son officine.
C'était pas toujours simpl' que c’temps-là,
Mais je le regrette quand je pense à tout ça !

C'était le temps, le temps béni de nos fredaines
C'était le temps où on savait c’qu’était not’voie,
Rires et musique, Toi le sec, Moi la bedaine…
On savait c’que serait not’vie en ce temps-là !

Mais nous un jour, avant qu’les poissons aient des ailes,
Que vienn’ les quatr’ jeudi ou qu’les poules aient des dents,
On voulait hanter, pour sûr, des scènes nouvelles,
Faire les grands soirs des grands music-halls d’antan,
Oui, ceux du temps talalala d’nos rengaines
Talalala… Allez, allez !… Nous, on y croit, ma foi ! pas l’choix ;
Mêm’ si fermaient les sall’ d’antan,
Q’on enterrait les joies et le strass de ce temps-là…

C'était le temps, le temps béni de nos fredaines
C'était le temps où on savait c’qu’était not’voie,
Rires et musique, Toi le sec, Moi la bedaine…
On savait c’que serait not’vie en ce temps-là !
Ce que serait not’vie en ce temps,
C'que serait not’vie en ce temps-là !

jeudi 20 août 2026

PAR UN BEAU MATIN DE MAI…

Sur une photo & un titre de Marc-Yvan Custeau, 13 août 2025

Par un beau matin de mai,
Comme toujours, comme jamais,
Ranimant lors Flore et faunes
Mais rendant Zéphyr aphone,
Tout au bout de mon chemin,
Me vient un nouveau demain.

Par un beau matin de mai,
Loin des hêtraies, des charmaies,
Parle, poudré de lumière,
Un silence de fondrière,
Pour cet éclatant réveil
Du rond brûlant du soleil.

Par un beau matin de mai,
Le temps met des guillemets
À course qui est fuite,
Sans après ni ensuite,
Au vermeil de ce levant
Et du carillon du vent.

Par un beau matin de mai,
Loin des rêveurs, des ormaies,
Il pleut de l’or, des flammes,
Au ciel retrouvant son âme,
Sur l’horizon assoupi,
Et les bois au noir tapis.

Par un beau matin de mai,
C’est dans l’ocre désormais
Que l’air endormi s’éveille,
Que les sonnailles réveillent
Prés et champs dans le lointain
Et un coq, las !,nos prochains.



mercredi 19 août 2026

TOI

Toi
C’est une voie
Et c’est un choix
D’amour courtois
C’est un émoi
Qui laisse coi
Comme on le voit
Sans un pourquoi

Toi
C’est plus qu’une foi
En rien ma croix
Ni de la poix
Laissant de bois
Ou bien sans voix
Rien de gaulois
Ni de grivois

Toi
J’ai ton minois
For les sournois
Narquois, matois,
Gens aux abois,
Âme en guingois
Pas que parfois
Ni quelquefois

Toi
Tu es ma loi
Sans désarroi
Et sans effroi
L’amour bourgeois
Mis au pavois
J’en suis pantois

dimanche 9 août 2026

INJONCTION

La bonne humeur ça fait bien plus classe
Que moue molasse ou songe filasse.
C’est pas beau le monde, dégueulasse :
Il est tout d’apparences fallaces.

Noie donc au goulot ton eau d’mélo !
À chacun son lot, son flot d'problo’
Ou bien son grelot sous le calot.
Viens, accroche un sourire à ta face
Même si, là, tout va à vau-l’eau
Et qu'hélas tu veux te fiche à l’eau.
Cours voir un cam’lot du ciboulot
Avant que d’être au bout du rouleau
Sinon, mon copain, quitte la place
Ou alors, l’amie, on te remplace.

C’est pas beau le monde, dégueulasse :
Il est tout d’apparences fallaces.
Feindre et pas geindre sinon on lasse,
Puis, hélas, ça casse ou on se casse…
C’est com' ça le monde : dégueulasse ;
Il est tout de faux-semblants. Salace.

Force tes ris. Fais-en des kilos.
Si tu veux être sur le tableau
Joue la joie, Charlot. C’est plus diplo’.
Va, accroche un sourire à ta face.
Mollo les craintes, même en halo ;
Peurs de ballot venues au galop,
Ça fait falot… ou bien bibelot.
Soucis, sanglots, tracas, tremolos,
En compagnie, ça laisse de glace
Car, ma vieille, à chacun sa mélasse ;
Oui, P'tit, la vie c’est pas un palace.

C’est com' ça le monde : dégueulasse ;
Il est tout de faux-semblants. Salace.
La bonne humeur ça fait bien plus classe
Que moue molasse ou songe filasse.

dimanche 19 juillet 2026

PLACET DÉPLACÉ

Lorsqu’il faudra partir
Pour un sombre avenir
Devenu souvenir
Non pas de messe
Landes d’éternité
Ne l’ont pas mérité
Non ni leur invité
Je le confesse

Lorsqu’il faudra sortir
De vos vies en finir
Avec aller venir
Point de kermesse
Avec la fatuité
Des mots la gravité
De ces mines imitées
De la détresse

Vous n’aurez plus à pâtir
De moi ni à honnir
Maux aimant m’agonir
Hélas sans cesse
Car lors j’irai gîter
Mais sans postérité 
Paressant alité 
Dans l’allégresse

jeudi 7 mai 2026

IL RENAÎT…

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 22 juillet 2025

Il renaît le soleil 
Dans l’océan du ciel
Bonheur providentiel
Tirant du sommeil
Un matin sans pareil

Il renaît le soleil
En son simple appareil
Mais en ors torrentiels
Il revient démentiel
Sur les bleds le méteil

Il renaît le soleil 
Nous offrant l’essentiel
En ces flux démentiels
De lumières vermeils
Le plus beau des réveils

Il renaît le soleil 
Dans l’océan du ciel



vendredi 24 avril 2026

AU FOND DE MOI, JE QUÉBECQUE…

Belle province en images prospère,
Qui Saint-Laurentise, folle ou pépère,
De te revenir je ne désespère…

Au cœur de mes rêves est une forêt 
De sombres mélèzes et d’érables ocrés
Qu’un été indien va recolorer
Avant que ne l’ensilence Borée
Sans jamais, ma foi, la mettre à l’arrêt.
Traîneau à chiens ou skidoo toujours prêt !

Là, un lac profond où un castor boit
L'eau que vents de l’an embâclent, emboient,…
Y boucane aussi cabane en bois
Où erre et trappe mon âme aux abois
Que heurtent, en choeur parfois, quelques abois
Ayant senti qu’un ours noir traîne en sous-bois.

De ce côté de la Terre m’espèrent
Cartier, Champlain et Machand, ces bons pères,
Là où ma langue est un repère…

Rien de plus chaleureux que ce pays
Où le loup qui ne s’enfuit encor’ bruit,
Où bernaches, harfangs,… la vie désennuient.
C’est havre de songes que j’ai trahis
Où truites, ombles et saumons n’ont mie failli

Comme orignal, caribou, wapiti,…
Le long de la track raquettent mes pensées
Par bûchers aux rondins entassés,
Cabanes à sucre décadenassées,…
 Kayakent mes idées jamais lassées
Ensemencées d’Algonquins du passé
Ou de Hurons que rien n’a terrassé.

Nation flouée, de la fierté repaire,
Qui a le Saint-Laurent pour bon compère,
De venir à toi je ne désespère…

jeudi 23 avril 2026

RONDE À BÉBÉ

À Nathaniel

Je suis une vraie merveille
Un petit dieu nouveau né 
Un sans pareil un aîné
Qui jamais ne sommeille

Je suis un bébé mignon
Mais parfois je suis grognon
Je n’aime pas qu’on me couche
Ni en avoir plein la couche
Je fatigue mes parents
Qui sont babas m’admirant
De si près qu’il faut qu'je louche
Je suis un bébé mignon
Même quand je suis grognon

Je suis une vraie merveille
Pour qui dans la maisonnée
On cause le mamanais
On bêtifie et on veille

Je suis un bébé grognon
 Mais souvent je suis trognon
Car j’aime qu’on me papouille
Me câline ou me chatouille
À l’entour moi je souris
Pourvu qu’on m’ait bien nourri
Pour ça j’crie et mes yeux s’mouillent 
J’ai bon poids et belle bouille
Je suis un bébé grognon
Mais de tous le plus trognon

Je suis une vraie merveille
Pour qui déjà pardonné
On est attentionné
Qu'on admire et qu'on surveille

dimanche 29 mars 2026

À JAMAIS PARTI…

Cycle toulousain

Je ne savais en te disant au-revoir
Que c’était un adieu, mon pays
Que je te disais. Quitte à te décevoir
Hélas, à jamais, je suis parti…

J’ai quitté ta plaine pour un piémont
Et j’y ai fait mon nid, à lui converti.
Hélas, à jamais, je suis parti
Trop loin de ton généreux limon.

Je voulais te revoir une fois mort
Pour te retrouver, toi et tous les miens,
Mais ici reposera mon corps
N’ayant gardé un toit chez les tiens.

Bien sûr, je te reviens parfois, mon pays,
Car, Ōc !, on n’est pas de si loin séparés
Mais las, à jamais, je suis parti ;
Revenu, je me sens égaré…

Quand tu pars tous les bleus de ton ciel t’oublie
Ils ne te reconnaissent mie, bons chrétiens,
Malgré les souvenirs qui  nous lient,
N’ayant gardé un toit chez les tiens.

Alors ma mémoire te chante dans mes vers,
Surtout que j’approche de la porte de sortie,
Car las, à jamais, je suis parti…
Et ça me met le cœur en hiver.

Oui las, à jamais, je suis parti,
Mais jamais ne t’ai trahi…

samedi 7 février 2026

FAITES DONC UN DON…

Prenez donc du soleil,
Teinté d’or, de vermeil,
Là, entre vos deux paumes 
Et mettez-le au vent,
Un Pas trop énervant
Pour les foins ou les chaumes,
Afin que, l’air de rien,
Courant et aérien,
Il donne plein de rêves
À d’autres horizons
Des lointains, des grisons,
Et leur offre une trêve
Voire un zeste d’espoir,
D’amour, dans leur soir noir.

Prenez donc du soleil,
Teinté d’or, de vermeil,
Là, entre vos deux paumes
Sans jamais regretter
Ce temps en aparté,
Hors de votre royaume :
Le bon, oui, fait du bien
À tous ceux qui n’ont rien
Qu’un tout peu de lumière
Dans leur trop longue nuit
Qu’hélas la vie a fui,
C’est une joie première
Qu’un don d’un bout de ciel
Valant bien mieux que miel.

jeudi 29 janvier 2026

LA VIE EST ROSSE…

D’après la Vie en rose d’Edith Piaf & Louiguy

Des maux qui vous brisent les reins,
Des mots qui tuent comme des cartouches,
Voilà, chère Sainte-Nitouche,
Les jours qu’on vit. Vipérins…
Quand je vois tous ses coups bas,
Ses dols et ses trépas
Je sais qu’la vie est rosse.
Elle dit peu d’mots d’amour ;
Ses « jamais » sont « toujours »
Et c’est moi que l’on dit féroce.

Car sans une once de cœur,
On va de rancune en rancœur ;
Ça fait qu’encore on cause…
Mais c’est ainsi, ici qu’on vit nos vies
Tout est écrit, tout est dit, à l’envie…
Et quoi qu’on la voie, ma foi,
Un peu tous comme moi,
Le cœur nous bat.

Désir d’amour à assouvir
Ou « encore » qui nous encrassent,
Allers sans retour qui nous cassent,…
On veut toujours plus à en mourir
Quand je vois tous ses coups bas,
Ses dols et ses trépas,
Je sais qu’la vie est rosse.
Elle dit peu d’mots d’amour,
Ses « demain » sont « un jour »,
Et c’est moi que l’on trouve atroce.

Car n’ayant plus l’âme au mors,
On va de regrets en remords ;
Et ça, sans fin ni pause…
Mais c’est ainsi, ici qu’on vit nos vies
Tout est écrit, tout est dit, à l’envie…
Et quoi qu’on la croie, des fois,
Un peu tous comme moi,
Encor’ on s’bat.

Et quoi qu’on voie ça, ma foi,
Un peu tous comme moi,
Le cœur nous bat.

samedi 27 décembre 2025

BERCEUSE À TOI

À notre petit-fils…

Pour mieux veiller sur ton sommeil
Je soufflerai la brise légère
Des petites joies si passagères
Et des plaisirs que l’on exagère
Pour mieux veiller sur ton sommeil
On éteindra le feu des soleils

Là dessous ta couette de rêves
On t’emmaillotera de la sève
Et du chaud duvet des amours
Qui ont un doux parfum de toujours
Là dessous ta couette de rêves
L’oreiller moelleux sera ta grève

Pour t’enchanter des beautés du monde
Je te mettrai la lune en berceau
Les étoiles vagabondes en arceau
Et en veilleuse ou en ruisseaux
Pour t’enchanter des beautés du monde
On te chantera d’anciennes rondes

mardi 23 décembre 2025

SACRÉE SOIRÉE

Cloches carillonnez
Et puis tintez clochettes
C’est la fin de l’année
Avec ses joies sa fête
La neige peut hanter
Le ciel le sol ganter
Noël lui fait défaite
Et mieux chacun entête

Sonnez au clair clochers
Sonnaillez clarines
Agapes de souchets
Ou accras et verrines
On va réveillonner
Et chanter les prophètes

Cloches carillonnez
Et puis tintez clochettes
Sonnez au clair clochers
Sonnaillez clarines
L’oeil peu effarouché
Et l’humeur moins chagrine
L’enfant déjà couché
Croit au rêve toucher
Jà Noël pérégrine
En rouge pèlerine

mercredi 19 novembre 2025

UN BIEN BEAU JOUR…

C’est un bien beau jour pour flâner en ville
Et y promener un indélébile
Sourire alors qu’y règne le gris
De vos habits de vieux mistigris,
Le triste de vos regards hostiles
Jetés sur vos vies biens rabougries
À l’ombre de vos pas infertiles.

C’est un bien beau jour pour défier,
Les portes de nos cœurs gros décloses,
Nos destins de futurs gougnafiers
Coursant des heures toujours moroses
À la quête de quelque « autre chose »,
À la recherche des sources taries
Du bonheur dans des charivaris,
Des plaisirs que désirs overdosent.

C’est un bien beau jour pour s’enivrer,
Libres d’façon peu coutumière, 
L’esprit et l’âme enfin délivrés,
De vaguer dans des rais de lumière,
Refusant nos routes coutumières,
Loin des paradis artificiels,
De l’artificieux des sombres ciels.

Oui, c’est un bien beau jour pour, chance !,
À son pas et, tout en nonchalance,
Arriver gentiment jusqu’au soir,
Cet éteignoir de tous vos espoirs,
Avec des petits airs qui entêtent
Des rêves éveillés, des bons vouloir
Et un soleil d’été plein la tête…

lundi 27 octobre 2025

TOUT JUSTE UN AN !

Nos douze mois défilent en farandole apprise
Et en saisons qu’une ronde bien folle a prise…

L’hiver frileux remit le couvert :
Décembre pervers nous prit sans vert ;
Si Janvier ne nous fut que revers,
Février para de vair nos vers.

Puis la bise s’en fut, chassée par une brise
Qui, Surprise !, prit nos heures grises…

Pour que le printemps nous vienne à temps
Mars mit quelques verts sur nos instants ;
Certes Avril se fit pâle, hésitant ;
Mais Mai prit la relève, insistant.

Vint le temps des cerises, du bon air qui grise
Et défrise un azur pur, dès lors sans reprise…

Donc l’été fut opportunités
Car Juin gai nous a bien gâtés
Puis Juillet n’a été que beautés ;
Août ne nous a offert que bontés…

Las, pour ces heures éprises, et parfois qu’on méprise,
L’emprise des vieux vents mauvais vint, par traîtrise…

Et l’automne a fauché nos douceurs,
D’un Septembre encore jacasseur
À un Octobre tout en rousseurs
Pour un blanc Novembre aux froids chasseurs.

Ainsi danse le temps sur lequel on n’a pas prise…
Et voilà comment on prend un an, Belle Marquise,
Nos douze mois défilant en farandole apprise
Et en saisons qu’une ronde bien folle a prise…

jeudi 23 octobre 2025

VIEUX ?

Ma mie, on n’est jamais trop vieux
Pour se regarder dans les yeux
Et s'écrire quelques poèmes
Qui, tous, finissent par « Je t’aime ! »
Avec moins de flammes se peut
Mais avec tout autant de feu.

Ma mie, on n’est jamais tant vieux
Pour ne pas aller sous les cieux,
Main dans la main, toi, toute en grâce,
Finir ce doux chemin qu’on trace
Désormais certes à pas plus lents,
Mais toujours avec de l’allant.

Ma mie, on n’est jamais trop vieux…
Et même si on n'est, au mieux,
Que deux corps qui n'ont plus d’âge
Nous refuserons le naufrage :
On se refera des printemps
Pour freiner la course du temps !

Ma mie, on n’est jamais tant vieux
Pour devenir graves et bilieux :
Dans la paix de nos soir tièdes,
Jusqu’au dernier mot, sans nulle aide,
 Goûtons, sereins, un chant d’oiseau,
Le parfum des roses en arceaux…

dimanche 31 août 2025

VIVE LA NATURE VIVE !

Sur un vers de V. Hugo

J’ai l’amour des eaux et des bois
Des vents d’été et de leurs voix
Qui sont sans mépris et sans haine
Et que pourtant nul mie n’enchaine

Et je vais au long des ruisseaux
Sous les rameaux des arbrisseaux
Chercher ma sève et une écorce
Qui font face à mon temps ma force

J’ai l’amour des prés et des champs
De nos oiseaux et de leurs chants
Sous les feuillées parfois sereines
Par-dessus guérets ou garennes

Donc je vais au long des ruisseaux
Sous les rameaux des arbrisseaux
Chercher ma sève et une écorce
Qui sont malgré la vie ma force

J’ai l’amour du parfum des fleurs
De la rosée et de ses pleurs
Ou de l’insecte infatigable
Comme des herbes inextricables

Car je vais au long des ruisseaux
Sous les rameaux des arbrisseaux
Chercher ma sève et une écorce
Qui font face à mon temps ma force

samedi 30 août 2025

CAMPAGNE PROFONDE

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 12 juillet 2025

Mettant le calme en lignes
En lointains qui font signe
Qu’ailleurs n’est pas comme en nos rêves et en nos voeux
Grâce aux oiseaux verveux des vieux bosquets séveux
Qu’elle est belle ta campagne quand elle veut

S’offrant en solitudes
Où l’âme a latitude
D’errer et vaquer sans craindre de désaveu
Ni qu’y vienne en ses rangs la racaille mon n'veu
Qu’elle est belle ta campagne en nos temps nerveux

Donnant des perspectives
Aux vues les plus hâtives
Pour que s’envole au vent l’esprit comme cheveux
Loin des baveux d’ici ou là et des suiveux
 Qu’elle est belle ta campagne même aux morveux



jeudi 28 août 2025

CHANSON À BOIRE POUR NOS MANGERS

Sur une phrase de François Rabelais
Pour illustrer une photo de Marc-Yvan Custeau, 25 juillet 2025

« L’appétit vient en mangeant ;
La soif s'en va en buvant ! »
Pour nos agapes, bonne gens,
Chantons-le, convives fervents.

À l’improvisade fêtons,
En frairie, notre amitié,
Faisons bringue et gueuleton
Avec excès volontiers
« L’appétit vient en mangeant ;
La soif s'en va en buvant ! »
Fors censeurs ou échotiers
 Chez moi, chez toi, festoyons !
Chez le vieux cabaretier,
Ici ou ailleurs, ripaillons !

« L’appétit vient en mangeant ;
La soif s'en va en buvant ! »
Car la bamboche, bonnes gens,
Ranime sens et bons vivants !

Mêlons noubas, noce et festin
Selon mon voeu et vos désirs
D’être ensemble au jour qui s’éteint :
Moisir ou dîner, ‘faut choisir !
« L’appétit vient en mangeant ;
La soif s'en va en buvant ! »
Les amis des amis, d’instinct
Sont nos amis et sans rosir,
Quand la compagnie a beau teint,
La chère est bonne et grand plaisir.

« L’appétit vient en mangeant ;
La soif s'en va en buvant ! »
Car cette ivresse, bonnes gens,
Rapproche bien plus qu’un divan !

Ce soir, demain, en peloton,
Coeur battant, tenons, liés,
Table ouverte et tombons vestons,
La bringue c’est volontiers :
« L’appétit vient en mangeant ;
La soif s'en va en buvant ! »
Et  plus on est de fous, fiston,
Plus on rit et nos moitiés,
Bonne franquette étant dans l’ton,
Non, ne seront pas oubliées !

« L’appétit vient en mangeant ;
la soif s'en va en buvant ! »
Pour nos agapes, bonne gens,
Chantons-le, convives fervents.