D’après Louis Aragon « J’écris dans un pays dévasté par la peste » (in Le musée Grévin)
J’écris dans un pays que menace
Une peste qu’il a déjà affronté,
Mais la nostalgie en est tenace
Chez les oublieux et les effrontés.
Ils ne rêvent que d’un cauchemar
Pire que du temps du Roi Pétoche
Qu’ils ont sanctifié tous ces trimards,
Ces sottards, ces garous, ces fantoches,…
Ils ne songent qu’à neuves terreurs
Pour le bronzé et pour ses coutumes,
Le basanés et sa foi toute d’erreurs,
À qui sied mal nos lois et costumes.
Ils souhaitent le retour d’un âge d’or
Qui n’a jamais été, tout de mythes
Et de légendes, sur lequel s’endort
Un roman national bouffé aux mites.
Et ils n’en peuvent mais à la nuit,
Et ils en veulent tout le jour, promesse
Faite de se retrouver, sans rien qui nuit,
Entre soi, entre charcute et messes.
Sinistre avenir que celui-là,
Au goût amer du passé qui ne passe
Pas, que nos martyrs d’hier, çà et là,
Ont combattu… et de guerre lasse.
Plutôt que tous leurs autodafés,
Leurs flics et leurs rafles, leurs censures,
Que cette France aimant à piaffer
Chasse au loin relents et vomissure…
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire