Petite fable affable d’après Esope
Un tout jeune homme vint chasser
Dans les herbes tant hautes des savanes.
Habile archer, sans trainasser,
Il sème la peur, et l’air crâne,
Se réjouit d’être une terreur.
Seigneur Lion, le grand roi des bêtes,
Voulut s’interposer, sans courbette,
Devant ce chasseur, cette erreur.
Il provoque le sagittaire.
« Attends, Ta Majesté ! T'plaît-il
Avant de t’affronter, roi subtil,
Que j't’envoie, féal tributaire
Un messager pour, aux yeux du Ciel,
Convenir du lieu du duel ! »
Et il lui décoche une flèche
Qui traverse jusqu’à la chair
Du souverain que l’affront sèche ;
Coulent rus de son sang si cher.
Notre lion fuit par les herbes hautes,
Cachant crainte, taisant douleurs.
Hyène passe auprès de son hôte,
N’ayant charogne, par malheur
À dépecer de la rencontre
- Dépouille de roi vaut, il paraît,
Celle de cent de ses sujets ! -
« Tiens bon, Maître, fit la matoise.
Ce faraud ton trône prendra,
Un jour. Vois donc comme il te toise,
Ce flandrin qui joue les gros bras !
- À d’autres ! Qui a émissaire
Aussi redoutable ne peut, las,
Qu’être, je crois, rude adversaire.
Parfois la retraite, l’amie,
Est sagesse non infamie ! »
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