Ce potage bouillant dans lequel nous marinons,
Ils appellent cela « l’été ». Une canicule ?
Mais cette belle saison devrait porter le nom
D’« Enfer » tant - oui, hélas ! - elle nous accule
À la claustration, au confinement,
Pour ne pas finir merguez grillée sur le moment !
Ils appellent ça « le beau temps », nos bons sceptiques,
Alors qu’on va finir carbonisés ou fumés
Sous ce Râ chauffé à blanc. Hiératique.
Bien moins soleil que barbecue allumé
Pour nous, par nous, ce feu nous est endémique,
Vrai bûcher de nos vanités économiques.
Désormais, « les beaux jours » ne sont plus de bons jours,
Plus ardents que flamboyants quoiqu’on clabaude :
Les cieux embrasés rendent notre séjour
Accablant et cuisant dans une saison chaude,
Vont nous rôtir comme damnés, assommés,
Cramés, consumés d’avoir trop consommer…
Ce coup de chaud, n’en déplaise à nos pieds tendres,
Sent le roussi et pas que pour les geignards,
Les « Qui aurait pu savoir ?! », les « Faut attendre… » ;
Quoi ? L’incinération ?l… Soyons pas plaignards,
Il nous en cuira, semble-t-il, davantage
Avant que l’on arrive au bout de notre âge !



