Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mardi 13 janvier 2026

HAÏKU’R DE CHEMIN

N’oubliez pas que le destin ne fait pas la destination.

LA DOUCHE

Petite fable affable

Xanthippe, la femme de Socrate, était peu
Commode à son mari. Et le sauve-qui-peut
Lui était planche de salut. « Le mariage,
Disait-il souvent, est las un bien sans partage
Pour l’époux : s’il n’est, comme moi, las, guère heureux
En ménage, il devient vite quelque peu philosophe. »
Serait-ce ainsi que vint à ce penseur l’étoffe
Qu’on lui sait et rend nos bacheliers fiévreux  ?

Lors d'une colère fort fameuse, l’épouse
De notre vieux sage, qu’on disait prou jalouse,
Inonda sa pauvre moitié d’un vrai torrent 
D’injures avant de lui verser l’odorant
Pot de chambre de leur doux foyer sur la tête. 

Sans se déconcerter pour autant, notre esthète
Fit alors : « Ah, il fallait bien qu’il pleuve dru
Après un tel tonnerre. C’était las couru ! »

Et là Xanthippe repartit sans plus rien dire
N’ayant là guère plus pour attiser son ire.

Face à ces courroux qui nous mènent au pugilat
Le rire reste le meilleur des halte-là !

lundi 12 janvier 2026

dimanche 11 janvier 2026

HAÏKU MÉTREUR

Si l’homme est mesure de toute chose, espérons que je ne sois pas le mètre-étalon.

MÊME…

Même s’il n’est pas de demain
À ce qu’on écrit à deux mains
Depuis l’on se noue des liens
Que que d’un rien on s’fait du bien
Dans nos matins et dans nos soirs
Que naisse ou que meure l’espoir
Dans un fou-rire ou un chagrin
On en a traversé des grains
Pour sublimer le temps et l’heure
Garder nos cœurs en leur demeure.

On verra le plomb se faire or
Et puis la nuit nous fuir encor’
Pour des printemps à jamais là
Pour des hivers sans au-delà
Et puis l’ennui nous fuir encor’
Même quand las la vie s’endort.

Et même si le pire advient
Que de nous il n'reste rien
Parce que l’un a lâché la main
De l’autre sur notre chemin
Ne voyons pas les choses en noir
Ce ne sera qu'un au-revoir
Un mal pénible et vipérin
Qui broie votre âme comme grain
Et fait de votre vie un leurre,
Un néant ou une gageure…

Car nous serons ensemble encor’
Par l’esprit plus que par le corps
Comme aujourd’hui, comme autrefois
L’Amour étant la seule foi,
Par l’esprit plus que par le corps,
Qui nous rend plus fort que la mort.

samedi 10 janvier 2026

vendredi 9 janvier 2026

HAÏKU AU COEUR

Nos amis nous font ; nos amours nous défont.

LE MARCHEPIED SABORDÉ

Petite fable affable

Vivant en un clapier de plain-pied,
Sans stuc au plafond et sans dais,
Un bon taupier devenu fripier
Aimant tout le monde accommoder,
Travaillant toujours d’arrache-pied,
Prit en pitié quelque va-nu pied,
Un cadet, un nardet, dadais,
Qui passait ses journées à l’épier. 

C’était, las, un dernier de cordée
Vivant sans le sou et sans papier, 
Farfadet aimant à paillarder,
Vider des godets de muscadet,… 
Ancien troupier, on l’avait lourdé.
Mais il état ingrat ce casse pied,
Sachant maints mauvais tours bien rodés.

Il fit donc choir en un vil guêpier
Son bienfaiteur sans guère tarder
Et, pire, l’a ainsi estropié.
Mais le taulier fut vilipendé
Et son bon geste on lui fit expier
Chez les bonnes gens qui ont pépié :
« Fais donc du bien à un baudet
Et il te rendra un coup de pied ! »

mercredi 7 janvier 2026

HAÏKU BÉNI

L’agora de Saint-Pierre de Rome est moins une Cour des Miracles que le parvis de la grotte de Lourdes.

AURORIZON

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 9 septembre 2025

J’ai voulu cueillir la fleur 
De l’aurore à pleine éclose
Et pour en humer le cœur
J’ai poussé les portes closes
De la nuit
Lors sans bruit

J’ai ôté la robe de brume
Des ombres bleues du lointain
Là où vont rêves posthumes
Où partent étoiles sans tain
D’où vient vent 
Vain en voix

Puis j’ai plongé mon visage
Pour orpailler sans détour
Les contours du paysage
D’un jour neuf dont c’est le tour
D’éblouir
D’ébahir



lundi 5 janvier 2026

HAÏKU DU TEMPS

Ne gâchez pas votre présent pour un futur qui ne vaudra pas mieux que votre passé.

LA SOURIS QUI SE RIT

 Petite fable affable

« J’avoue : j’en veux à celui que j’envie ! »
Disait une souris pleine de vie
Qui trouvait à redire et à médire
À tous et tout - quand ce n’était pas pire ! -
Et ne trouvait jamais de qualité
Qu’aux fromages… Bref, un âne bâté !

Celui là était trop ; donc un vrai beauf !
L’autre pas assez ; et tout aussi bof.
Relevant, reprenant, telle une baronne, 
En somme, elle dénigrait les personnes
Ne pouvant lutter contre ses idées.
Ses mots étaient traits tuant à l’oursonne
Et pour cent réputations glas qui sonne.
Tous les bons rongeurs, elle intimidait :
Aussi à dire ou faire nul ne songe…
Surtout que ne l’effraie pas le mensonge.

Seul le rat de la cave s’en moquait
Et, mieux, quand devant lui, on évoquait
L’acariâtre rongeur qui tant dérange
Il arguait : « Le vil est vain, sa fougue est fange :
Les mauvais caractères blâment ce qu’ils croient
Être votre âme ; ceux de bon aloi
 Cherchent plus souvent, eux, le bon qui s’y cache
Venu en ce monde quand pour toi ça drache ! ».

samedi 3 janvier 2026

HAÏKU EINSTEINNIEN

Il est certain que tout est relatif !

ÉPHÉMÈRE

Sur une phrase de D. Diderot (Salon de 1767)

Tout s’anéantit, tout périt, tout passe ;
Ce que je fis, fait, et ferait.
La terre qui demeure de moi se lasse ;
Mes ans se sont empoussiérés.

On est équilibristes en surplomb de l'abime
Qu’est la vie, marchant ou courant,
Sur un fil tendu, sans raison ni rime,
Entre le rien d’avant, errant
Au néant, et puis cet inévitable
Rien d’après, autre éternité
Aussi vide, et bien plus impitoyable,
Hélas, que l’autre extrémité…

Tout s’anéantit, tout périt, tout passe.
Ce que j’étais, serai et suis :
Si le monde reste, le mien se casse ;
Les heures qui courent m’ont fui…

Frêle et fragile acrobate on s’abime
Dans du caduc, dans du succinct.
Perclus, rompu, brisé, par les ultimes
Pas que l’on fera un à un.
Je vais sur mon fil ténu et friable,
Mon temps est court, mon corps est gourd,
Comme tout être humble et périssable,
Mes jours voient la Nuit qui, jà, sourd…

jeudi 1 janvier 2026

HAÏKU FATAL

Nous imaginons plus de dangers qu’il n’en est qui nous menacent vraiment.

LA RÉPARTIE EST DE LA PARTIE

Petite fable affable

Surcouf, le célèbre corsaire du roi
Fut pris par l’Anglais, ennemi du royaume,
Jugé pour piraterie comme de droit.

La hart et l’infamie attendaient notre homme.
Soudain, le procureur dans sa plaidoirie
Lui lança : « Vous Français, sans nulle vergogne ,
Vous vous battez pour l’or et les pierreries,
Nous, Anglais le faisons pour l’honneur. Charogne ! »

Le flibustier, regardant à la ronde
Plein de défi, malgré son proche trépas, 
Répliqua : « On se bat, c'est grand défaut,
Pour obtenir ce, qu'ici bas, il nous fault ! »

Puisque la chose est dans la saison de sa floraison, en voici ma livraison sans péroraison…