Sur une idée de Gilles T. à qui il est dédié
Que sont tous nos vieux mois devenus,
Ceux des travaux de Vendémiaire
Qui embaumaient fort jusqu’aux nues
Avant que ne frémisse Brumaire
Et qu’enfin ne s’embrume Frimaire ?
Puis Nivôse s’accrochait aux cieux
Pour rendre soucieux ou facétieux
Les jours longs d’un hiver dont la poudre
Noyait un automne insoucieux.
Peut-on ces temps révolus recoudre !
Qu’est-il donc à ces mois advenu ?
Quand Pluviôse noyait les tourbières
En jets grenus ou bien continus
Ventôse tutoyait les faîtières,
Germinal verdissait les bruyères…
Lors, on reniait les dieux fallacieux
Renouant le fil d’un temps ocieux,
Sans peur de vos poudres, de leurs foudres,
Le renouveau chassait les frimas factieux.
Peut-on ces temps révolus recoudre !
Depuis, en moments trotte-menus,
Floréal exauce les prières,
Prairial toujours le bienvenu
Ouvre sur un été loin des mouillères
Mais leur nom a chu aux fondrières
De l’Histoire comme l’ambitieux
Messidor, Thermidor capricieux
Ou Fuctidor aux bons grains à moudre.
On ne sait plus ces douze précieux ;
Peut-on ces temps révolus recoudre !
Messieurs-Dames soyons audacieux
Pas séditieux et mie dévotieux.
Oui, faisons, ensemble, à nouveau, soudre
Ces heures-là mais même prétentieux
Peut-on ces temps révolus recoudre ?
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