En sombres haillons de nuit couleur suie
Que déchirent flashes et flots flous de lumières,
Ou sous un soleil mort délavé de pluies,
Ta ville n’est plus que hâte et puis que bruits,
D’avenues débordant d’humaines rivières,
De scories, de miasmes. Vacarme et poussières.
Sans air ni sommeil, des troupeaux morts-vivants,
En foules essoufflées, et folles, et fiévreuses,
Viennent ou vont, grisés par leur propre vent,
De rues qui hurlent leurs sirènes furieuses
En gares qui grincent, en usines fumeuses,
Autant de sables mouvants sourds, éprouvants.
Privés d’éther, on rêve alors de voyage.
Barres de bétons au bitume amarrées
Ou tours de verre et d’acier pleines d’étages,
Alignées pour le combat mais à l’arrêt.
Défiant les cieux qu’elle noie de nuages,
C'est un Argos aux grands yeux jamais clos. Toujours prêt.
Bois d’antennes, ciels de néons à demeure,
Elle fait refluer l’éther. Ses lueurs
Ont tué les étoiles qui se meurent
Et le parfums des rus, égouts tout d’odeurs
Qui y voit l’aube ? Le bouton d’une fleur ?
Qui sait le crépuscule ou le cours des heures ?
Pour son peuple souffreteux tout doit aller
Plus vite - marcher, manger, faire - lors il course
Un temps qui toujours le devance, emballé,
De bonheurs préfabriqués coulant de source
En beaux désirs formatés côtés en bourse
Ou en plaisirs tarifés partout étalés.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire