Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

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lundi 7 septembre 2026

LE LONG DE L’EAU

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 8 janvier 2026

Le long de l’eau, coulent les heures…
Le temps apparaît comme un leurre,
Lui toujours trot ou galop,
À l’ombre douce des bouleaux,
Sous un ciel gris qui ne pleure.


Dans les halos tout ocelot,
Je vais, les yeux mi-clos,
Par le gazon où parfums fleurent,
Le long de l’eau.


Je goûte aux souffles qui affleurent,
Rêve à ce qui toujours demeure ;
Au plus loin des urbains sanglots,
Je me fonds dans ce vert tableau,
Errant, sans mélo sans culot,
Le long de l’eau…





jeudi 3 septembre 2026

LE BOUQUET

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 24 novembre 2025

L’aurore m’offre un bouquet de roses
Entre l’incarnat, le thé, le saumon,
Là, à fleur de ciel, en amont
De ce bois resté, lui, morose.

Et sur les chairs carnées des nues osent
Entre pourpre et lilas sans sermon.
L’aurore m’offre un bouquet de roses
Entre l’incarnat, le thé, le saumon,…


Éclats et couleurs nous livrent une prose
Poétique née des piémonts.
C’est du lourd char du jour le timon
Chassant la nuit qui se nécrose.
L’aurore m’offre un bouquet de roses.



dimanche 30 août 2026

MATIN DE SEPTEMBRE

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau publiée le 18 avril 2025

Finies les aurores d’été roulant rubis
Et ces aubes où le miel et l’or se mêlent en tresses,
La ronde des saisons, immuable, est traîtresse :
Viennent les bleus matins de septembre. On subit…

Dès lors, entre azurin, cobalt et violine,
Le jour naîtra couleur tablier d’écolier
Pour leur rappeler le retour à leurs cahiers,
À leurs leçons, aux heures opalines,…

Ils guetteront, sur leur frais chemin matinal,
Les cieux qui pers, du lilas à l’indigo virent,
Verront çà un pastel pâle propre à séduire,
Là du myosotis,… Ah, le ciel automnal !

Puis, héla, viendra le temps où le dais céleste
Céruléen pâlira encore. Avers. Revers,
Ce seront les points du jour blêmes de l’hiver
Qui font le mot rare et, surtout, le pas preste…



vendredi 28 août 2026

LA POÉSIE DU PAYSAGE

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 5 septembre 2025

Est-il poésie plus belle qu’un paysage,
Décor habituel ou horizon nouveau,
Vu ou entraperçu, çà ou là, comme un visage
Peut l'inspirer ? Plaine, platin, monts ou bien vaux,
Dans leur simplicité, voire leur évidence,
Sans les chercher vraiment, on va, un beau matin,
Non pas les trouver, mais les rencontrer, par chance,
Surpris et heureux. Puis, car, las !, la magie s’éteint,
On va offrir cet instant où, sans fard ni force,
Sans que personne ni rien ne put le prévoir,
Ils vous ont pris au coeur, en ont brisé l’écorce,
Et faire admirer ce que beaucoup n’ont su voir.
Est-il poésie plus belle qu’un paysage
Vu ou entraperçu, çà ou là, comme un visage… ?





mercredi 26 août 2026

À PAUL* (VERLAINE)

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 29 mai 2025

Pauvre Paul tu prétends que les merveilles
Vermeilles du levant et les couchants
Brunissant les cieux les prés ou les champs
Ta plume indiffèrent et mie ne réveillent

Instant suspendu et temps qui s’arrête
La Nature ne peut que nous émouvoir
À moins las ! de se refuser à la voir
En ses pastorales noblesses vaux et crêtes

Il n’est moment où l’encre ne s’éveille
Que pour féconder la page loin des clameurs 
Chez ton humble suiveur qu’elle réveille

De l’aube au crépuscule elle rappelle
Que même au plus sombre de mes humeurs
Si le monde est vain la vie peut être belle

* Allusion au sonnet L’angoisse in Poèmes saturniens (1866)



lundi 24 août 2026

À LA PONTE DU JOUR

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 2 septembre 2025

Là, où la rivière effeuille la lune
Et où la plaine est moins noire que brune ;
Là, où l’aube à nouveau s’est fait un nid
Et où, las !, rien n’est vraiment défini,
Naît l’oeuf du soleil, en orbes timides
Et, vue la saison, en lueurs humides.

Pondu par les ombres de l’horizon, 
Couvé par l’aurore braises et tisons,
Il arrive à nous dans sa simplesse
Mais avec une majesté sans faiblesse.

Droit comme le plus froid de ses gardiens,
Je veille à ce miracle quotidien,
Planté là, éternelle sentinelle,
Pour veiller à l’éclosion solennelle
À chaque nuit qui va, sans fruit ni bruit,
Et à tout matin qui vient et la suit.



samedi 22 août 2026

QUE VOIT-ON VENIR DEPUIS LE QUAI ?

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 21 août 2025

Loin des crachats du crachin de l’automne,
Je n’ai d’yeux que pour cette mer gloutonne
Qui, dessous des nuages blancs venus
En troupeau, çà, là, moutonne d’écume
À l’heure ou les vents s’essoufflent, enfin nus
Et las, après avoir chassé la brume.

Elle me parle d’ailleurs sans murets,
De lointains neufs où rien ne nous effraie.
Jà, je rêve à des tropiques rebelles
Et à des océans à caravelles
Bossués, ou au sang des ciels du soir
Des terres que des caravanes courent
Dans la sueur salée d’un étouffoir
Que l’on nomme désert et où vautourent
De vils mondes ignorant tout de cette onde,
Tout en houle que mes songes enfin sondent.

Sans qu’on ne ferme un temps ses paupières,
Cette eau promet des îles sucrières
Où il n’est de fièvres de la soif 
Ni affres de verte faim qui ternissent
Des horizons où il n’est d’autre taf,
Sous un soleil qui souvent les vernisse,
Que de regarder les moissons de la mer,
Sans morts ni mourants qui font flots amers.



jeudi 20 août 2026

PAR UN BEAU MATIN DE MAI…

Sur une photo & un titre de Marc-Yvan Custeau, 13 août 2025

Par un beau matin de mai,
Comme toujours, comme jamais,
Ranimant lors Flore et faunes
Mais rendant Zéphyr aphone,
Tout au bout de mon chemin,
Me vient un nouveau demain.

Par un beau matin de mai,
Loin des hêtraies, des charmaies,
Parle, poudré de lumière,
Un silence de fondrière,
Pour cet éclatant réveil
Du rond brûlant du soleil.

Par un beau matin de mai,
Le temps met des guillemets
À course qui est fuite,
Sans après ni ensuite,
Au vermeil de ce levant
Et du carillon du vent.

Par un beau matin de mai,
Loin des rêveurs, des ormaies,
Il pleut de l’or, des flammes,
Au ciel retrouvant son âme,
Sur l’horizon assoupi,
Et les bois au noir tapis.

Par un beau matin de mai,
C’est dans l’ocre désormais
Que l’air endormi s’éveille,
Que les sonnailles réveillent
Prés et champs dans le lointain
Et un coq, las !,nos prochains.



mardi 18 août 2026

QU’IL EST DOUX LE PLAISIR DE SE LEVER TRÈS TÔT…

Sur une photo et un titre de Marc-Yvan Custeau, 26 août 2025

Qu’il est doux le plaisir de se lever très tôt
Et que les flammes du ciel offrent éclats de cristaux…

À l’heure où il nous faut éteindre les étoiles
Pour voguer sur les flots de l’océan du jour
Et tout recommencer, là, encore et toujours
Le vent n’a pas encor’ gonflé toutes ses voiles.

Qu’il est doux le plaisir de se lever très tôt
Et que la flemme est miel et parfums orientaux…

À l’heure où l’aurore se donne, tant pareille
À l’aube unique qui ouvrit le jour d’avant,
Toute en différences quand, tendre, elle éveille,
Avec déférence, ses murmures mouvants.

Qu’il est doux le plaisir de se lever très tôt
Fors lames et fiel de ces cités toutes en autos…

C’est cette heure où le pas du chaland, solitaire,
Défie la marche du temps, dans les bruissements
D’un monde qui, enfin, redevient mouvement,
Et communie, pour un instant, avec la terre.

Qu’il est doux le plaisir de se lever très tôt
Et que les flammes du ciel offrent éclats de cristaux…



dimanche 16 août 2026

AU SEUIL D’UN PROCHE DEMAIN

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 11 août 2026

Dans un monde aux heures devenues sans intérêt
Où, sans déblatérer tout est, las !, éthéré
Nous vient, tout à coup, quelque journée flambant neuve,
Un matin tout d’envols et tout d’apesanteur 
Loin de la pesanteur de toutes nos épreuves,
Un éclair de clarté inspiré, dilatateur
Du temps, un embrasement hier inimaginable,
Embrassement demain jugé déraisonnable.

Cet avénement n’est point illumination,
C’est de l’âme, la céleste élévation
Aux beautés de l’aube qui toujours renouvelle
Ses promesses, aux desseins de ce proche avenir
Que cèle l’aurore, brûlante caravelle
De nos découvertes à faire, plaisirs à venir,
Venue pour transcender le tôt, damasquinure
À une vie sans tain, brillante enluminure.



vendredi 14 août 2026

ÉVANESCENCE

D’après une photo de Marc-Yvan Custeau, 28 Mai 2024

Âmes envolées, jà nous quittant,
Fuyant la mélancolie du temps
Après une nuit qui fut d’errance
Par les bois de Nouvelle-France
Où, heureuses, elles vécurent antan.


Le jour ramène aux limbes, aux nues,
Ces souvenirs d’un jadis ténu
Pour qui on n’a qu’indifférence.
Âmes envolées…


Sur voiles de brume partant,
Je vous vois, de temps en temps,
Quitter ces lieux d’espérance
Qui furent vôtres et, déférence,
Vous salue, l’esprit repentant,
Âmes envolées…




mercredi 12 août 2026

CÉLESTE PELLICULE

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 26 mai 2025

Non loin de la ville royale,
En toge de pourpre impériale,
L’aurore écarlate, sur l’empire des nues
Règne et toute heure apocope.
Sur la toile du lointain, image continue,
Comme un film en CinémaScope,
Entre l’empyrée cochenille et les chemins
Carmins, défilent sans syncope,
Le récit du jour qui est né d’hier : « demain » ;
Lumière crue et primordiale
Et nuées floues enfin cordiales !



lundi 10 août 2026

TOUT FEU, TOUT FLAMME

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 16 juin 2025

Enchantement sans cesse renaissant
Et sans cesse renouvelé, puissant :
D’un lointain bossué aux noires rives
Un rai étend ses rets qui nous arrivent.

Ainsi se terrent tous les secrets naissant
À la nuit, avec les rêve pour convives,
Dont le souvenir nous fait rougissant…

Puis filets améthyste et noeuds de sang
Embrasent l’empyrée éblouissant.
L’oiseau salue une aube chaude et vive,
Au ciel où tressaille un noir à la dérive.

Ainsi se taisent les acrés bruissants
De nos jour parés de plumes de grive
Dans les promesses d’un matin nous embrassant.



samedi 8 août 2026

À MOI LA PAIX DES PRÉS !

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 28 juillet 2025

Moi, je laisse le bruit des villes d’ici,
Leurs tours, leur tumulte et surtout leurs troubles
 À qui bon choierait les vils plaisirs rancis
Et les rêves qui ne valent pas un rouble.

Sans être un ermite, pas plus qu’un béat,
Je prends la clé de nos champs dès que possible,
Apaisé par le ballant des épicéas,
Défiant la course du temps, impassibles.

Contemplatif dans un temps compétitif,
San fin, je goûte au quiet bercement des souffles
Lascifs, aux sérénités du ciel rétif
À des vies qui toujours ,et en vain, s’essoufflent.

Ce ne sont que sentiers placides, esseulés,
Où en paix on se détache, libre
Des soucis - Même la pluie est embellie ! -
Et mes jours enfin retrouvent un équilibre…

Je laisse là l’indifférence des cités,
Leur froideur et puis leur fureur insensible
Sur lesquelles humeur, et pis anxiété,
Se modèlent hélas d’une façon indicible.

Là, le temps est mesuré mais pas compté.
Je m’offre ainsi le seul luxe de l’époque,
Celui qui n’a pas de prix, de taxe exempté :
La tranquillité d’esprit… loin des vieux chnoques !



jeudi 6 août 2026

L’HEURE BLEUE

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 19 juin 2025

C’est la prime lueur du jour à bercer
L’horizon que le soleil n’a encor’ percé
Lors la voûte des cieux envoute les yeux
Entre le lointain et l’infini des Dieux

Car la coupole avant que de bien s’azurer
Nous offre un beau dôme en saphir et pervenche
Dont la nuit ennuyée mie ne se revanche
Un oasis de clartés prompt à rassurer
Tombé de ces nues lilas où averse
Le pers qui avec le blême tient commerce

C’est la prime lueur du jour à bercer
L’horizon que le soleil n’a encor’ percé
Qui paie là de la nuit la dernière ardoise
En craies indigo dans des parfums d’armoise

Sous ce baldaquin de lapis-lazulli
Que çà ou là le l ’or et du sang paraphent
Déjà de chants d’oiseaux matinaux s’agrafent 
S’égayent des chevreuils quittant leur châlit
Fuyant moins les pastels de feu la pénombre
Que le roux de vieux renard tapi dans l’ombre

C’est la prime lueur du jour à bercer
L’horizon que l’indigo n’a encor’ percé
C’est un instant pas même un moment Ma Chère
Avant que le matin livide ne monte en chaire



mardi 4 août 2026

L’INÉDIT D’UNE AUBE NOUVELLE…

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 25 mai 2025

L’inédit d’une aube nouvelle
Tient dans ce que le jour revient
Sans fin ni cesse renouvelle
Les beautés avec lesquelles il vient

Rien de plus banal que javelles
D’ors depuis les temps diluviens
L’inédit d’une aube nouvelle
Tient dans ce que le jour revient

Rien de plus original que tavelles
Rose et ambre des cieux liviens
Où se jouent joies et jeux joviens
Réside en ses teintes gravelles
L’inédit d’une aube nouvelle



dimanche 2 août 2026

LES YEUX AUX CIEUX…

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 27 octobre 2024

Les matins audacieux
Il y a le feu aux cieux
L’éther a la fièvre
Et là plus rien n’est mièvre

Allumé aux tisons
Du blanc de l’horizon
En flammes horizontales
En lueurs zénithales
On voit jaunes emportés
Rougeoyantes clartés

Les nues échauffées courent
Et ses braises concourent
Dans l’âtre de l’aurore
À ce dais qui se dore

Aux ardeurs flamboyées
Notre aube a son foyer
Et en flots se module
Comme enfer brûle
Comme chez moi on dit
Jour en -di incendie 

L’éther a la fièvre
Et lors plus rien n’est mièvre
Quand matins audacieux
Il y a le feu aux cieux



samedi 1 août 2026

LEURRE SUR LA VILLE ?

Cycle toulousain
D’après une huile sur toile de Marielle, mai 2026
(Inspirée d’un photo personnelle de l’automne 1990)

Oc, au vert printemps de nos amours 
Dans une barre haute comme tour,
On dominait la rose capitale
Et le ciel effeuillait pour nous ses pétales.
Surtout quand l’automne revenant
Tous les arbres effeuillés, bon an,
Le long du vieux canal vert encore,
Sillonnant la ville qui le décore,
S’habillaient d’étourneaux somnolant
Qui, à l’aube, nuées s’envolant
Donnaient la folle impression soudaine
Que leur perchoir allait, belle aubaine,
Avec eux, les nuages, décrocher
Fussent-ils écharpes, rochers,…

Aussi belles qu’aurores ces vesprées
Toulousaines, en mémoires ancrées,
Las!, nous reviennent de temps en temps,
Elles préfaçaient des rêves palpitants,
Ces fleurs qu’aux sillons du plaisir on sème,
Aux sources du désir de qui aime.
Lors, on laissait à d’autres la nuit
Lugubre ou funeste, et l’ennui
N’avait, je sais, pas plus son empire
Sur les foules d’une ville qui expire
Que sur nous, donnait de tendres frissons,
Froissaient des draps polissons,…
L'émail des cieux baignés de lumières
Faisait un camail à nos prières.

L’ombre peut venir demain. Plus tard,
Encore la pénombre, vains patards.
Ces soirs-là, ces cieux peu taciturnes,
Se refusant au noir des ciels nocturnes,
Faisaient dais d’or, de myrrhe et d’encens
À nos feux par trop incandescents,
Et ce baldaquin inoubliable,
Aux folles lueurs inaltérables,
Nous offrait, lors, non un souvenir,
Mais un vrai présage d’avenir,
Celui que le soleil qui illumine
Les primes ardeurs que les ans parfois minent
Sur nos vies d’amants tant aimés,
Non, ne se coucherait jamais…



samedi 25 juillet 2026

CLARTÉ ATONE ?

D’ après une photo de Marc-Yvan Custeau, 28 novembre 2025

L'Aurore a posé son front
Sur la grange vêtue d’ombres.
Elle tête au biberon
L’azur, l’ivoire et l’or sombre
D’une saison qui a blêmi,
Lassée de boire les brumes
Nées des horizons pâlis,
De lointains que le vent flétrit.

Le soleil, au loin, écume
Et l’air s’abreuve sans fin
De l'humidité qui fume
Brodant la nuit qui, enfin,
Son voile de deuil retire
Dans une clarté lactée
Qui, aux quatre vents, s’étire
Avec le jour en point de mire.

Le ciel semble se délecter
De ce fenil qui participe
À embellir les jours humectées
De ces solitudes quand ripe
L’été sur la marée ocrée

D’un flot d’automne qui redore
Des nues qui sommeillent à l’orée
De solitudes où s’égarer.

Jusqu’à plus soif, plaines et coteaux
Verdissent encore et les bois dorent
La feuillée restée aux poteaux
Mordorés. S’est éteinte la flore
Diluée dans une rosée 
Et un silence qui se dissipent
Mais à ce cadre participent
Sans jamais se reposer.



vendredi 17 juillet 2026

QUAND LE CIEL EST D'OMBRES & LE SOL QUE LUMIÈRES

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 10 janvier 2025

Riche de paillettes,
La plaine est quiète…
L’aurore ne peut pas soulever
La chape gris de payne
Plus lourde que peines
Qui recouvre la plaine d’ombres pavée.
La neige sommeille.
L’aube l’ensoleille.
Quoique grisé, ce camée cendré
La terre illumine,
Les bois enlumine,
Éclats pâlis et lueurs poudrées…

Riche de paillettes,
La plaine est quiète…
Argentée, c’est un brillant émail
Relevant le morne
D’un linceul qui s’orne
Comme la peau sombre d’un camail,
De quelques touches ocres
Ou de cobalt-ochre.
La lumière vient du sol, têtue,
Car cette aube est brune,
Les halos de lune
De la nuit livide s’étant tus…