Cycle toulousain
D’après une huile sur toile de Marielle, mai 2026
(Inspirée d’un photo personnelle de l’automne 1990)
Oc, au vert printemps de nos amours
Dans une barre haute comme tour,
On dominait la rose capitale
Et le ciel effeuillait pour nous ses pétales.
Surtout quand l’automne revenant
Tous les arbres effeuillés, bon an,
Le long du vieux canal vert encore,
Sillonnant la ville qui le décore,
S’habillaient d’étourneaux somnolant
Qui, à l’aube, nuées s’envolant
Donnaient la folle impression soudaine
Que leur perchoir allait, belle aubaine,
Avec eux, les nuages, décrocher
Fussent-ils écharpes, rochers,…
Aussi belles qu’aurores ces vesprées
Toulousaines, en mémoires ancrées,
Las!, nous reviennent de temps en temps,
Elles préfaçaient des rêves palpitants,
Ces fleurs qu’aux sillons du plaisir on sème,
Aux sources du désir de qui aime.
Lors, on laissait à d’autres la nuit
Lugubre ou funeste, et l’ennui
N’avaient, je sais, pas plus son empire
Sur les foules d’une ville qui expire
Que sur nous donne les tendres frissons
Froissaient des draps polissons.
L'émail des cieux baignés de lumières
Faisait un camail à nos prières.
L’ombre peut venir demain. Plus tard,
Encore la pénombre, vains patards.
Ces soirs-là, ces cieux peu taciturnes,
Se refusant au noir des ciels nocturnes,
Faisaient dais d’or, de myrrhe et d’encens
À nos feux par trop incandescents,
Et ce baldaquin inoubliable,
Aux folles lueurs inaltérables,
Nous restaient, non comme un souvenir,
Mais comme un présage d’avenir,
Celui que le soleil qui illumine
Les primes ardeurs que les ans parfois minent
Sur nos vies d’amants tant aimés,
Non, ne se coucherait jamais…