Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

samedi 11 avril 2026

HAÏKU DANS L’EAU ?

Souvent élan du cœur préface un saut dans l’inconnu.

AMOURS GLAMOURS

Vite, hélas, on ne s’aime plus. Pourquoi ?
Parce qu’aussitôt vus, on s’adore,

Qu’à peine dit « Tu » s’en vont éclore
Des baisers pour mieux s’offrir sa foi,
Et plus même, sans l’appui d’un toit.

L’œil aux abois, la main sans effroi,
On sacrifie à tout un folklore
Avant que de cueillir faune ou flore ;
Il est vains péages et vils octrois
Auxquels, par trop, tout émoi se doit.

Le cœur dans tout ça joue les narquois ;
Importent peu les ors de l’aurore
Ou les brunes que la lune dore.

Cupidon peut ranger son carquois
Tant on fera flèche de tout bois.

On se quittera, sans être en froid,
Juste parce que ça dure encore,
Et que la vie est un météore,
Pour d’autres amours bien peu courtois,
D’autres promesses laissant pantois… 

vendredi 10 avril 2026

HAÏKU DE LIENS

Pour dénouer les tensions, nouez des conversations !

AU DIABLE, LA SUPERSTITION…

En ce vendredi 13, je le crie haut et fort : « Au diable, la superstition et les superstitieux ». Moi qui ne passe jamais sous une échelle, de peur d’y croiser un chat noir, même si c’est moins dangereux que d’y monter dessus, je me gausse des fatalistes qui ne voient que revers d’infortune dans pareil hasard calendaire. Il ont bien peu de sens dans leur déveine, ces sots !

Je brocarde aussi volontiers, aimant adversité les grands non comme tout lettré tiré, tous ces naïfs qui se lamentent d’avoir brisé un miroir - je n’en ai aucun, on ne sait jamais ! - et versent du sel par dessus leur épaule pour contrer le mauvais (coquin de) sort. N’ont-il pas appris, en leur prime enfance qu’on ne joue pas avec la nourriture, ces gens qui m’empoisonnent à l’envi ?

Je me ris tout autant, ne manquant pas de pots parce que j’aime les fleurs (pas en couronne, merci !), des craintifs bouleversés qui croient en tout et s’inquiètent d’un rien, prêts à clouer une pauvre effraie qui ne leur a rien fait sur la porte de leur étable… sur laquelle, par contre, on ne pose jamais le pain à l’envers. Je suis et reste cartésien, dupe d’aucune jupe, et donc comme tout être sensé je suis censé goûter plus volontiers la cerise que la guigne !

      Nous ne serons pas non plus 13 au repas de ce jour en mon chez-moi* car je l’avoue sans scrupules : je n’ai pas autant d’amis qui ont compris qu’on n’ouvre pas un parapluie dans ma maison ni ne se revêt de vert face à moi, même pour des raisons de faste fashion. Faut-il être crédule pour ne pas savoir que le quignon porte guignon et, donc, qu’il est vain de crier, importuns qui jouent les importants, au manque de bol quand une tasse peut faire l’affaire ?!

    Je sais ce que murmurent les esprits chagrins - il viennent, comme les em…, en escadrilles car un malheur n’arrive jamais seul - qui, peu regardants, n’ont pas compris que le mauvais œil est mieux chez eux qu'en mon antre, et me souhaitent, chafouins comme un champ d’été, mon anniversaire la veille. Mais je m’en contrefiche les faisant au hasard des aléas d’une vie où l'ennui toujours nuit et les soucis à jamais scient.

    Pour le reste, n’ayant pas la poisse épaisse je touche Dubois, Dupont et qui le veut bien, pour faire face aux contrariétés et aux autres que j’ai sur le dos et croise les doigts car on m’a dit, naguère que côté embarras « jamais deux sans trois »… même si, ce qui est plus enquiquinant que quinquina, je ne sais pas de quel « deux » - il s’agit.
     L’affliction dépassant souvent la réalité quand comprendra-t-on, en ce bas monde que je ne suis pas superstitieux même si je refuse de me lever du pied gauche ; ça porte malheur !


* Vous le reconnaitrez aisément, j’ai placé un fer à cheval au-dessus de la porte !

jeudi 9 avril 2026

HAÏKU PAIX

La paresse c’est du repos anticipé sur une fatigue harassante.

À MADAME MA MUSE

Parce que tu es mon ciel encore,
Nous restons à l’âge des amours
Et le crépuscule de nos jours
M’est, ma mie, une nouvelle aurore.

Le Temps qui, las, nous prend par la main
N’a fissuré de Vénus l’empire
Sur nos aujourd’hui, sur nos demain,
Ni d’Eros qui encore soupire.

Le heures n’ont pour nous que rigueur ;
De leur course tirons avantage
Ne leur laissons pas faner notre âge
Mais qu’elles lui redonnent vigueur.

La tendresse fait notre jeunesse,
Complices, amants sans atermoiement.
Nous ne vivons pas que de doux moments
Mais le faisons à deux, sans faiblesse.

Nos sentiments ne nous ont pas fui.
Est-ce illusion ou est-ce folie ?
Car nous glanons, et sans fin, ses fruits.
Qu’importent les ennuis de la vie !

Cesser de s’aimer serait mourir
Avant qu’arrive la fin finale
Qui, quoique insensible et infernale,
Ne saurait non plus nous désunir…

mercredi 8 avril 2026

HAÏKU TISSÉ

Nos sociétés nous font une injonction d’ « être soi ».
Désolé, ma distinction à moi, c’est le coton !

RÊVERIE D’UN PROMENEUR SOLITAIRE

En flâneur indifférent à votre chaos,
Insouciant de vos vies tout en cahots,
Je mussais, musardais sous l’arche de branches
D’un bois dont on ne fera jamais de planches.

Au creux d’une clairière, à l’orée d’un ru,
Pris soudain par la douce apathie du cru,
Je connus un instant l’indolence heureuse
D’une sieste champêtre, un brin herbeuse.

Alangui, le dos au frais, les yeux aux cieux
J’écoutais tous les sons soudain audacieux
Que fait, mie assoupi, la faune d’un monde
Qui, jour et nuit, sans fin, est tout à sa ronde.

Volant qui s’égare, rampant qui va, vient, 
Trotteur qui vagabonde et sauts aériens,…
Toujours pressée, pas empressée, cette errance
Est pleine d’élytres qui crissent en transe.

Ce ne sont que points, comme taches au décor,
Ces mandibules qui déambulent, encor
Et encor, ou ces papillons qui rodaillent,
Se posent et divaguent même en rocaille.

En flâneur indifférent à notre chaos,
Insouciant de nos vie tout en cahots,
Je ne dérange, allongé, en rien leur course
Qui me repose de tout… et me ressource.

mardi 7 avril 2026

HAÏKU DE POMP’

Une somme de sommes ne fera jamais un sommeil pas plus qu’un rêve d’éveil ne fait un réveil.

TA VILLE

En sombres haillons de nuit couleur suie
Que déchirent flashes et flots flous de lumières,
Ou sous un soleil mort délavé de pluies,
Ta ville n’est plus que hâte et puis que bruits, 
D’avenues débordant d’humaines rivières,
De scories, de miasmes. Vacarme et poussières.

Sans air ni sommeil, des troupeaux morts-vivants,
En foules essoufflées, et folles, et fiévreuses,
Viennent ou vont, grisés par leur propre vent,
De rues qui hurlent leurs sirènes furieuses
En gares qui grincent, en usines fumeuses,
Autant de sables mouvants sourds, éprouvants.

Privés d’éther, on rêve alors de voyage.
Barres de bétons au bitume amarrées
Ou tours de verre et d’acier pleines d’étages,
Alignées pour le combat mais à l’arrêt.
Défiant les cieux qu’elle noie de nuages,
C'est un Argos aux grands yeux jamais clos. Toujours prêt.

Bois d’antennes, ciels de néons à demeure,
Elle fait refluer l’éther. Ses lueurs
Ont tué les étoiles qui se meurent
Et le parfums des rus, égouts tout d’odeurs 
Qui y voit l’aube ? Le bouton d’une fleur ?
Qui sait le crépuscule ou le cours des heures ?

Pour son peuple souffreteux tout doit aller
Plus vite - marcher, manger, faire - lors il course
Un temps qui toujours le devance, emballé,
De bonheurs préfabriqués coulant de source
En beaux désirs formatés côtés en bourse
Ou en plaisirs tarifés partout étalés.

lundi 6 avril 2026

HAIKU DE CLÉS DE FA

Pour le fou de fées, non le fat qui feint,
Fi de fûts, foin de feux car il n’a faim
Que de faits faux. Il en faut pour ses fins.

IL EST…

Il est des secondes plus interminables
Que des minutes lentes et pitoyables
Où prend racine et sens le mot « toujours »

Il est des minutes plus traînantes qu’heures
Qui se perdent hélas en méandres et en leurres

Il est des heures plus longues que des jours
Des jours bien plus lassants que des années
Des années plus lentement passées damnées
 Que des siècles passés à contre-jour

Il est des siècles moins infinis qu’une vie
Où désirs et plaisirs nous restent envies

Ils est vies semblant à l’éternel séjour
Où seul le silence offre immenses ajours
À l’insupportable absence de vie

dimanche 5 avril 2026

HAÏKU DE MAUX

Douleur : Souffrance qui n’est pas au bout de ses peines.

UN JOUR, NOTRE TERRE…

Un jour, notre terre sera la boule vide
Qu’est cette lune que tant l’on convoite. Avides.
Tournant pour rien dans le néant de son passé,
On l’aura tous rendue aveugle et empoissée.

Un jour, notre terre ne sera plus un monde ;
Enfer ou paradis, finie la mappemonde.
Dans un brouillard épais de tenaces vapeurs,
L’éther pleurera son azur dans sa torpeur.

Un jour, cette terre assoiffée où l’on créchait
Sera pluies acides et océans asséchés.
Plus de plaines verdies ou de blanches montagnes
Pour témoigner qu’elles étaient belles ses campagnes…

samedi 4 avril 2026

HAÏKU DE THÉÂTRE

Ces marionnettes qui se disent « humains » n’oscillent qu’entre mélodrames du quotidien, comédie du pouvoir et tragédies de la guerre ?

UN ANGE PASSE

Suspension momentanée du temps

Interruption de la vacuité verbale

Libération d’esprit végétant

Entre fiel et miel et las qui bringuebale

Non ce n’est pause qui contre nous cabale

Contrarie des propos palpitants

Et encore bien moins sa pierre tombale


vendredi 3 avril 2026

HAÏKU TENTANT

Ce serait du gâchis qu’un fêtard finisse tôt, non ? !

TA MER L'HIVER

Sur une photo de Marc-Yvan Custeau en Nouvelle-Ecosse

Ta mer écume, corne à plein volume
Dans des embruns froids, son glacial costume
De bleus pâlęs et de gris, disant l’hiver
Aux ciels moins avenants, aux blancs couverts.

Les vents et les frimas pleins d’amertume
Ont à peine leurs bras nus entrouvert
Qu’ils nous gèlent à travers nos pull-overs.
Ta mer écume.

Le rivage semble attendre des brumes
Qui pèseront sur lui comme une enclume,
Ravissant lors à nos yeux entrouverts
Les charmes « d’en face » teintés de verts.
C’est ainsi quand, las, Chionée nous consume :
Ta mer écume.



jeudi 2 avril 2026

HAÏKU À LOUER

L’appartement d’un célibataire est un écrin sans bijou.

LUNE OCÉANE

Quand Lune navigue en nuit,
Elle s’effeuille en paillettes
De jour, lueurs faites miettes,
Sur la mer morte d’ennui.

Le ciel n’est plus dai de suie
Si la brise chante ariette
D’été, les nues, prudes, fuient
Voir ailleurs œil qui s’inquiète.

Quittant ses effets sans bruit,
Elle agite d’historiettes
Le Ciel qui d’étoiles luit,
Qu’au jour l’écume feuillette ;
À peine vues ; déjà enfuies.

L’eau qui goûte peu ces fruits
Redevient gouffre, oubliettes,…
Elle qui a tant d’hommes nuit,
Aventuriers ou mauviettes..

Elle perd sa perle qui luit
À l’heure où enfin nue, quiète,
Elle plonge comme caillette.
Fini le charme gratuit
Quand Lune navigue hors nuit.

mercredi 1 avril 2026

HAÏKU À BOIRE

Un bar vide finira rempli de gens pleins !

DEHORS !

Le chant de philomèle aux bourgeons qui reviennent,
Le frisson du buisson sont mes antiennes…
Je ne suis pas le poète des fleurs
Je suis le rimeur d’un monde qui meurt
Qui aux blancs nuages arracha les ailes,
Mit notre Eden en voies et venelles
Pour, sans vergogne, les veines lui vider
Et son sang, sans répit, dilapider.

On vit une époque de catastrophes,
Je vis, les joues toutes gonflées de strophes,
La plume toujours encombrée de vers
Pour chanter vert et vents mis en hiver,
Une nature qu’on ne sait qu’écrire
- Quand le temps est, las, à la circonscrire -
Pour en louer les ultimes beautés
Simples et sublimes… ou les ressusciter.

Pour un filet d’eau vive resté libre,
Un pré oublié je me sens félibre
Devrais-je dès lors rester coi ? muet ?
Le parfum des violettes, le bleuet
Tout en nuances méritent un hommage
Mon rôle est de colorer leur image
De leur redonner la parole un peu
Quand Vanité et Vain ont libre jeu.

Je prends du champ comme d’autres la mouche,
Au milieu des forêts aux feuilles farouches,
Sans fin, me douche aux rayons du soleil
Et me lave de pluie dès leur réveil,
Vous ne me jetterez jamais, gens prestes,
Dehors : j’y suis !… Et, malgré vous, j’y reste !
Pour amasser des plaisirs, des émois,…
Qui ne resteront pas longtemps en moi…