L’arbre a tricoté de ses bras feuillus
Une dentelle d’ombre en tresses grises.
Là sont Franchon, Lisette et La Lulu
Que l’on conspue et puis que l’on méprise.
Une harpie, quelque Mère-la-vertu
Les a mises seins nus. Une mégère,
Bonne voisine, à leur front maintenu,
A griffé la foutue croix étrangère.
Cette saignante preuve d’infamie
Est gage de jugement, mes amis !
Sous les crachats, les cris et les insultes
Sur l’estrade où on les mises à vue
Sans un mot à la Marie de. leur culte,
Pleurent Fanchon, Lisette et La Lulu.
Des ciselas de haine, dans le tumulte,
Vont sarabande infernale jouer
Puis leur si ondulante et presque adulte
Chevelure, sur un air enjoué
La tondeuse finira leur triste œuvre.
Là, faudrait des tripiers à la manœuvre !
Demain, la honte sera leur prison,
Avec le mépris, avec le silence.
Aimer parfois est lâche trahison ;
Et un bébé au bras, ça vous balance.
Pauvre Lulu, Lisette ou bien Fanchon.
C’est justice et populaire sentence.
Pour ces âmes meurtries c’est la chanson
Des apprentis cruchons qui crient vengeance.
Si l’hiver durcit les corps et les cœurs,
L’été ne fait pas fondre les rancœurs…
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