Petite fable affable
Dans la province de Camargue d’antan,
Au ramage des guêpiers, tout en nuances,
Un groupe de flamants fait ses révérences
Et ses danses, dans la douceur du beau temps
Et, pis, l’indifférence de la Nature.
Nul ne vient voir ces gracieuses créatures
Pour qui un vent voleur fredonne sans fin…
Nul n’écoute les chants, ne goûte aux parfums.
Soudain, naseaux au vent, quelque cheval passe.
Sauvage. Hennissant et piétinant l’eau.
Tout s’arrête et, là, chacun devient badaud.
On se croit au champ de bataille, l’espace
D’un instant. Ensuite, l’oreille aux aguets
Et l’œil où luit la frayeur, comme sagaie,
On file et fuit loin de ces éclats terribles
Dont les éclairs pourraient vous choisir pour cible.
Il vaut toujours mieux le bruit et la fureur,
Soit-on seul, pour se faire écouter du monde
Quand la beauté et la douceur, ses deux sœurs,
Restent inconnues, hélas, de tous, à la ronde.
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