Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

lundi 13 juillet 2026

LE SENSIBLE Y PERD !

Tout me touche, tout m'atteint, m'émeut, 
M’attrape au cœur et puis me submerge.
J’ai mal pour l’autre au matin brumeux
Comme au crépuscule, noire auberge ;
J'ai mal pour moi, car c’est venimeux
La compassion quand l’âme l’héberge
Et fait que, tous, sans fin, l’on gamberge.

Je suis à fleur de mots, sans vous mentir,
À fleur de vos de peaux quand elles stressent :
Je ne cesse, hélas, de ressentir
Les vaines tristesses ou la détresse
De ceux que vient d’emboutir
La vie, toujours toute en sécheresse
Qui nous écorche de ses rudesses.

Alors je parle aux cieux, silencieux,
La langue de ces cœurs cabossées
Oo de ces fronts plissées ou soucieux,
Offrant l’orage prêt à rosser
Ou bien un arc-en-ciel audacieux
Pour les faire sortir du fossé
Quitte à prendre, hélas, une saucée.

Je ressens ce qui remue, qui effleure
Et peut, un temps, faire perdre pied
Comme je m'envole pour un leurre
Oui, quitte à redescendre estropié.
Je peux sangloter plus qu’on ne pleure
Et rire aux éclats comme un troupier
Et, pis, jamais ces excès n’expier.
.
Tout me fait peur et vibrer, ou vivre,
Accroché à ma boule d’émotions ;
« Fragile » comme on dit dans les livres
Mais, moi, mes bulles de sensations
J’en ai fait ma force, bateau ivre :
Exaspération, exaltation ;
Exaltation, exaspération…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire