LES RIVAGES DU RIMAGE
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
mercredi 28 janvier 2026
HAÏKU RENDU
On goûte les militaires sortis du rang et les civils sachant rester dans celui qu'on leur a assigné !
mardi 27 janvier 2026
EST-IL PIS IMPIES QUE PIES ?
Petite fable affable
Dame corneille faisait grief,
Lès un bien trop placide bief,
À des pies de leurs bien vils pillages
Et de leurs vains tumultes et tapages :
Ces voisines étaient, las, âpres au gain
Et, pour le garder, prêtes au plus sanguin
Des combats avec les porteurs d’ailes
Les titis comme les décrépis,
Qui lassés des graines ou de l’épi,
Auraient lors voulu, par les pradelles,
Le leur voler. S’en suivaient des grains
Qui rendaient les cieux gris fort chagrins.
« Autant raisonner avec la muraille !
Et tu n’en tireras que dépit :
Elle feront pis et ça sans répit,
Lui dit l’hirondelle qui ferraille,
Parfois, avec ces gueuses sans foi
Ni loi. Elle se calquent, je crois,
Sur ces bêtes d’hommes pour leur mode
De vie et leur façon de voir commode :
Prends sans vergogne ce qui te plaît
Mais interdis aux autres simplets
De te le ravir à leur tour au risque
De la rixe ou d’un sommeil qui bisque ! »
lundi 26 janvier 2026
dimanche 25 janvier 2026
PREMIÈRES HEURES
Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 23 septembre 2025
À mon huis, comme toujours clos,
Le petit matin frappe et cogne
Demandant l’entrant à l’enclos
De la nuit. Et sans vergogne…
L’aube vient et luit, l’oeil mi-clos,
Dans des couleurs tigre et vigogne
Et la rosée toute en sanglots.
L’ombre joue les poupées cigognes
Mais l’aurore n’est que halos.
Puis le jour montre enfin sa trogne…
samedi 24 janvier 2026
vendredi 23 janvier 2026
COUP DE GUEULE
Petite fable affable
Maître Croco’, sous son arbre couché,
Vient à s’épandre car il fait la gueule,
Lui qui tant aime à se la fendre et moucher
Les fines gueules ou bien les forts en gueule.
Gueule de bois ouvre donc grand sa gueule
À un petit pluvian mal embouché,
Qui, hélas, lui aussi a de la gueule,
Et fort en donne sans s’effaroucher,
Pour philosopher sans s'faire bégueule.
« Dis-moi : pourquoi on n’aime pas ma gueule ?
- Car tu en pues. C’est pour ça qu’on te fuis
Et que moi, là, un peu plus et je dégueule !
Tu donnes de la gueule par ennui,
Même quand tu joues, Pèpère, les gueules
D’amour. « Tu vois, ici, rien n’est fortuit ! »
C’est ce qu’a écrit le penseur Googueule.
- Si t’étais moins adroit tu serais cuit
Car, l’Ami, je te casserais la gueule :
Tu en mets plein la mienne qu’aujourd’hui
Tu te payes par trop. C’est casse-gueule !
Je suis prompt, dit-on, aux gestes gratuits
Et les tronches de raie, moi, j’égueule !
- Passes-toi donc l’envie au brûle-gueule !
Tu crèveras gueule ouverte, douché,
Parce que tes pairs toujours tu engueules
Et que sans fin tu gueules, Sieur Boucher ! »
Maître Croco’, sous son arbre touché,
Ferma, pour une fois, sa grande gueule.
Hélas pour l’oiseau… qui finit bouchée
Ce bien qu’il fut qu’un simple amuse-gueule.
La plupart des soucis que l'on essuie,
Gueules d’apôtre, sont par nous produits.
jeudi 22 janvier 2026
mercredi 21 janvier 2026
HAÏKU D’AVANCE ?
Quand comprendrez vous que votre course éperdue
Contre le temps, hélas, est d’avance perdue ?!
SOUVENIR DE MONTAGNE
Cycle pyrénéen
L’orage a griffé les ombres
Et fait trembler la pénombre.
Lors, le soir défiguré,
Ne pouvait rien augurer
De bon pour prés ou villages
Endormis comme enfants sages.
La terre battue de pluies
Pleure fort, sans fard, la nuit
Durant. Le sol à nu luit
Et l’écho, sans cesse, bruit…
L’aube a allumé les ternes
Lueurs des mornes lanternes
Des longues journées d’ennui,
Des jours où le temps nous fuit…
Le ciel posé sur les crêtes
En a mangé les arrêtes…
L’horizon a disparu
Noyé de brumes ventrues :
Les nues ont l’humeur bourrue
Au lendemain de leur crue !
mardi 20 janvier 2026
lundi 19 janvier 2026
“BRISE MARINE“, VOUS DÎTES ?
Le vent a défeuillé tous les voiliers
Et il embrasse la roche grise,
Sans tendresse, bien plus froid que bise,
Effeuille les genêts sans sourciller,…
Il ne fait pas bon être roulier
Car, aux récifs, des lames se brisent ;
Par vagues, les embruns nous défrisent,
Cinglant sans fin les rares halliers.
Tout ce décor inhospitalier
De lande mise à nue est aux prises
Avec un horizon venu l’exfolier.
L’hiver ici, las, est sans surprise :
L’océan, souvent, est fou à lier
Et la terre est sous son emprise !
dimanche 18 janvier 2026
samedi 17 janvier 2026
SÉPULCRAL TÊTE-À-TÊTE
Petite fable affable
Un matin, la Mort dit à la Vie :
« Sur ma faux, ma foi, toi, je t’envie.
Pourquoi donc t’aime-t-on, toi si garce,
Qui n’est à tout prendre qu’une farce ;
Alors que moi, partout, on me hait
Bien que je sois franche et dise vrai ?!
- Justement : je suis un beau mensonge !
Et l’homme vit de rêves et de songes.
Aussi malgré tous mes contre-temps,
Aléas, coups du sort irritants,…
On me préfère à toi, la Camarde.
- Mais, il sait, et parfois en cafarde,
Dès le tout début de ses beaux jours,
Le dû de son terrestre séjour.
- Dans l’illusion, on prospère, espère
Quand triste réalité désespère ! »
vendredi 16 janvier 2026
jeudi 15 janvier 2026
RANGÉE, BIEN ALIGNÉE
D’après une photo de Marc-Yvan Custeau, 13 février 2025
Ainsi les quatre premiers jours de ma semaine,
Par temps d’hiver,
Émergent dans une solitude inhumaine :
Ni prose ni vers.
Jours sans chair, jours sans nerfs qui, un à un, se suivent,
Squelettes nus
D’un temps qui renait en lassitudes poussives,
À l’attrait ténu,…
Jours noirs qui attendent le meilleur, vivant le pire,
Sans nul attrait,
Accrochés aux brumes qui ont fait leur empire
Dans ma contrée.
Passent les quatre premiers jours de ma semaine,
Sous ce couvert
Qui, sur l’horizon, a établi un domaine
Mie découvert.
Jours sans chair, jours sans nerfs qui, un à un, se suivent,
Allant leur train
De sénateur avant que reviennent, vraies vouivres,
Quatrains, refrains,…
Jours vivant le meilleur, traqués las par le pire,
Les trois derniers,
Prennent à mon âme et à mon esprit, vrais vampires,
Plus que deniers.
mercredi 14 janvier 2026
mardi 13 janvier 2026
LA DOUCHE
Petite fable affable
Xanthippe, la femme de Socrate, était peu
Commode à son mari. Et le sauve-qui-peut
Lui était planche de salut. « Le mariage,
Disait-il souvent, est las un bien sans partage
Pour l’époux : s’il n’est, comme moi, las, guère heureux
En ménage, il devient vite quelque peu philosophe. »
Serait-ce ainsi que vint à ce penseur l’étoffe
Qu’on lui sait et rend nos bacheliers fiévreux ?
Lors d'une colère fort fameuse, l’épouse
De notre vieux sage, qu’on disait prou jalouse,
Inonda sa pauvre moitié d’un vrai torrent
D’injures avant de lui verser l’odorant
Pot de chambre de leur doux foyer sur la tête.
Sans se déconcerter pour autant, notre esthète
Fit alors : « Ah, il fallait bien qu’il pleuve dru
Après un tel tonnerre. C’était las couru ! »
Et là Xanthippe repartit sans plus rien dire
N’ayant là guère plus pour attiser son ire.
Face à ces courroux qui nous mènent au pugilat
Le rire reste le meilleur des halte-là !
lundi 12 janvier 2026
dimanche 11 janvier 2026
MÊME…
Même s’il n’est pas de demain
À ce qu’on écrit à deux mains
Depuis l’on se noue des liens
Que que d’un rien on s’fait du bien
Dans nos matins et dans nos soirs
Que naisse ou que meure l’espoir
Dans un fou-rire ou un chagrin
On en a traversé des grains
Pour sublimer le temps et l’heure
Garder nos cœurs en leur demeure.
On verra le plomb se faire or
Et puis la nuit nous fuir encor’
Pour des printemps à jamais là
Pour des hivers sans au-delà
Et puis l’ennui nous fuir encor’
Même quand las la vie s’endort.
Et même si le pire advient
Que de nous il n'reste rien
Parce que l’un a lâché la main
De l’autre sur notre chemin
Ne voyons pas les choses en noir
Ce ne sera qu'un au-revoir
Un mal pénible et vipérin
Qui broie votre âme comme grain
Et fait de votre vie un leurre,
Un néant ou une gageure…
Car nous serons ensemble encor’
Par l’esprit plus que par le corps
Comme aujourd’hui, comme autrefois
L’Amour étant la seule foi,
Par l’esprit plus que par le corps,
Qui nous rend plus fort que la mort.
samedi 10 janvier 2026
vendredi 9 janvier 2026
LE MARCHEPIED SABORDÉ
Petite fable affable
Vivant en un clapier de plain-pied,
Sans stuc au plafond et sans dais,
Un bon taupier devenu fripier
Aimant tout le monde accommoder,
Travaillant toujours d’arrache-pied,
Prit en pitié quelque va-nu pied,
Un cadet, un nardet, dadais,
Qui passait ses journées à l’épier.
C’était, las, un dernier de cordée
Vivant sans le sou et sans papier,
Farfadet aimant à paillarder,
Vider des godets de muscadet,…
Ancien troupier, on l’avait lourdé.
Mais il état ingrat ce casse pied,
Sachant maints mauvais tours bien rodés.
Il fit donc choir en un vil guêpier
Son bienfaiteur sans guère tarder
Et, pire, l’a ainsi estropié.
Mais le taulier fut vilipendé
Et son bon geste on lui fit expier
Chez les bonnes gens qui ont pépié :
« Fais donc du bien à un baudet
Et il te rendra un coup de pied ! »
jeudi 8 janvier 2026
mercredi 7 janvier 2026
HAÏKU BÉNI
L’agora de Saint-Pierre de Rome est moins une Cour des Miracles que le parvis de la grotte de Lourdes.
AURORIZON
Sur une photo de Marc-Yvan Custeau, 9 septembre 2025
J’ai voulu cueillir la fleur
De l’aurore à pleine éclose
Et pour en humer le cœur
J’ai poussé les portes closes
De la nuit
Lors sans bruit
J’ai ôté la robe de brume
Des ombres bleues du lointain
Là où vont rêves posthumes
Où partent étoiles sans tain
D’où vient vent
Vain en voix
mardi 6 janvier 2026
lundi 5 janvier 2026
LA SOURIS QUI SE RIT
Petite fable affable
« J’avoue : j’en veux à celui que j’envie ! »
Disait une souris pleine de vie
Qui trouvait à redire et à médire
À tous et tout - quand ce n’était pas pire ! -
Et ne trouvait jamais de qualité
Qu’aux fromages… Bref, un âne bâté !
Celui là était trop ; donc un vrai beauf !
L’autre pas assez ; et tout aussi bof.
Relevant, reprenant, telle une baronne,
En somme, elle dénigrait les personnes
Ne pouvant lutter contre ses idées.
Ses mots étaient traits tuant à l’oursonne
Et pour cent réputations glas qui sonne.
Tous les bons rongeurs, elle intimidait :
Aussi à dire ou faire nul ne songe…
Surtout que ne l’effraie pas le mensonge.
Seul le rat de la cave s’en moquait
Et, mieux, quand devant lui, on évoquait
L’acariâtre rongeur qui tant dérange
Il arguait : « Le vil est vain, sa fougue est fange :
Les mauvais caractères blâment ce qu’ils croient
Être votre âme ; ceux de bon aloi
Cherchent plus souvent, eux, le bon qui s’y cache
Venu en ce monde quand pour toi ça drache ! ».
dimanche 4 janvier 2026
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