Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

jeudi 13 mars 2025

À CAUSE D’UNE CAUSETTE

Petite fable affable

Un bourdon que rien, en ce monde, n’apoltronne,
Offrait lors son bombillement aux ipomées.
Sans vraie faim, ces fleurs nivéennes il biberonne,
Affectant contemption aux bêtes désarmées
Qui l’avoisinent, à ses yeux, coquefredouilles
Et dignes de rester, dans leur quête, bredouilles.

Un pinson qui aime autant triller qu’étriller,
Gobeur l’interpelle : « Te faut-il grenouiller
En lac de suffisance pour croire briller
En morguant ainsi ton monde, ocieux gibier ? »

Le marmiteux l’oit : « Eh, c’est à moi que tu jases ?
Vrombit l’insecte. Voudrais-tu donc me causer
Quelque avanie ou, pire, hourvari par tes phrases ?
Que les cieux te patafiolent, couperosé
Laisse-moi labourer tout mon saoul et dégoise
Sardanapale de ton espèce, emprosé !

- Ça, pour saouler avec tes bruits tu nous soules !
Ne pourrais-tu pas tintinnabuler, bouboule,
Ou voleter en silence au lieu de faire houle,
Vil être chétif, comme la pire des foules ?

- Veux-tu que je te pique pour mieux ravaler
Ta langue et tes persiflages… Gare à ma rage !

- Va zinzinuler plus loin ! Ouste, du balai !
Toi si petit et moi si grand, quel vain courage
Faudrait-il pour faire combat ? Mais c’est fort laid,
Je te le cède, voire impardonnable outrage,
Que bouder ce que Nature va nous offrant,
Et ce matin où le soleil, las, n’est point franc
Elle me fait présent de toi, bruyant safran ! »
L’oiseau le goba sans trop de honte souffrant…

Ne discutons pas avec les puissants, ma mère
Car quels que soient nos atouts et nos arguments
Ils nous rendront raison, par une mort amère,
Et que nous ayons tort ou raison. Mêmement.

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