Petite fable affable
Un clan de chacals, une meute de hyènes,
À un pachyderme vouaient, las, de la haine
Au motif qu’il était un penseur fort pansu.
Il n’en faut guère plus aux sots et aux sangsues
Des savanes pour se déchaîner contre autrui
Et le harceler le jour tout comme la nuit.
Il avait toujours droit à quelque énormité
Que l’adipeux dise prou, lui sans fatuité,
Ou qu’il se taise ; qu’il fasse une chose ou l’autre,
Il recevait son dû prou arrondi, l’apôtre.
Ce gros lard aimait à rire gras : c'est gonflé !
Or il osait dauber ses détracteurs, enflés
Des plus pesants, bouffis d’orgueil, sans complaisance,
Tous êtres boursouflés de vaine suffisance.
Car, colossale erreur de nos braves intrépides
Le corpulent avait le verbe haut, rapide,…
Aussi, quand son humeur avait par trop forci,
Langue pas empâtée, l’obèse à traits grossis,
Répliquait sans rondeur de manières, en Altesse.
Mais le plus fort dans tout ça, c’est que ça ne cesse !
Au contraire, de plus belle on l’interpellait
« Verrue ventrue » , « poupard cafard », « laid potelet »,…
Et ainsi donc, notre proéminence grise
Prenait de nouvelles volées soit par surprise,
Soit dans son dos : le courage des charognards
Faisant bazar n’est pas celui des vieux grognards !
Puis, le replet lassé dans la masse tapa
Et la meute et le clan il mena au trépas :
Un éléphant, qui à la peau dure, supporte
Beaucoup mais il n’oublie rien. Jamais. Vils cloportes !
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