Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques

parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…

mardi 17 février 2026

LES DEUX MOINEAUX

Petite fable affable

Deux moineaux richets, copains comme bonhommes,
Vont par le monde. Or l’un des d’eux se surnomme,
Tant l’accablent mâle chance et noir destin,
Du soir au matin comme en vrai purotin,
«  Le pauvret ». Car, hélas, il n’a que la guigne,
La cerise,… Lui qui déteste les fruits,
Plus encore à pépins, il n’avait que pignes.
La vie lui est épines, infortune et suies.

« Je ne vis que d’échecs !… Ouais, j’ai la débine.
Dans mes déveines c’est la fatalité,
Mêlée de mélasse, qui coule. Bibine
De ceux à qui mauvais sort on a jeté !
Même en amour, j’ai la poisse : avec Moumoune,
Pour mon plus grand malheur, j’ai eu la scoumoune
Car elle m’a quitté, quel manque de pot,
Pour un goujat qu’était lui un torchepot !

- Je sais aussi mouscaille et mésaventures.
La vie est rude pour qui vit en nature.
J’ai chance d’avoir de la veine, par cas, 
Mais très rarement, crois-moi, la baraka ;

- Disgrâce passagère. Revers bénins
Ou malédiction d’une heure. Ouais, tu parles !
Ça n’a rien à voir avec le vil venin
Qui me ronge, cette adversité si marle.
Comment donc, compagnon, ferais-tu sinon
Pour, comme tu le fais là, toujours sourire ?

- Mon père jadis, que bénit soit son nom,
Que la vie n’épargna guère aimait à dire :
“Avance sans reluquer derrière toi 
Et puis vole sans te demander “Pourquoi ?”
Va donc, regarde bien toujours en avant 
Et dis-toi “Pourquoi pas !” comme fait le vent.” »

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