Petite fable affable
Raie sur le coté, des oursins dans les poches,
Filou en affaires et frileux en amour,
Car sensible aux douleurs de coeur, sans humour,
Un requin se fit hameçonner en roche.
Regard de sardine cuite, une morue
Le prit, malgré elle, en ses filets. La Belle,
Plate comme une limande et le ton dru,
Était aux maquereaux devenue rebelle.
Car je ne vous parle point là gros poisson
Ni menu fretin, Fidèles Bécassons !
J’évoque un financier qu’un bon porte-feuilles
Intéresse plus que sentiments qui endeuillent
En chœur parfois et d’une sirène, un peu catin,
Qui ne dormait jamais avant le matin ;
« Faut ça pour taquiner l’goujon tout en gueule
Ou quand, com’ du poisson pourri, on t’engueule.
Ainsi est l’homme, libre ou mari mâtin ! »
Donc, mon fieffé fripon point trop chaleureux
Car trop peureux, ma foi, pour être trop heureux,
Lui déclara pourtant sans flemme sa flamme.
Même un grand pécheur, mes amis, a une âme !,
Se sentit-il comme un poisson hors de l’eau.
Ses yeux de merlan frits n’étaient pas cadeau !
N’ayant pas la cervelle d’un poisson rouge
Sachant trop bien le coût des coups, notre gouge
L’arrête gentiment : « Mec, descends des rideaux !
Avec vous, petites gloses, grandes querelles :
J’veux pas qu’ça finisse en queue de poisson, Brêle !,
Com’ dit mon pauv’ chien : “Les humains sont méchants,
Parfois malfaisants ; ceux qui n’ont pas ce penchant
Sont aux premiers complaisants." Donc, j’laiss’ la nasse
À celles à qui ne suffirait pas la passe. »
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