Petite fable affable
« Vous aviez étendu votre empire,
dit à la Liberté la Pudeur,
Moins pour le meilleur que pour le pire.
- Oh, la Sainte Nitouche est en pleurs !
Vrai, cette prude est des plus touchantes…
- Jadis, on a dressé maints autels
À mon saint nom que, pour vous, Méchante,
Le Temps a saccagé et Mortels
Ont outragé pour faire un cheptel
Partout, de toutes les filles d’Eve
Sacrifiées sans Amour et sans trêve.
- Pourquoi cacher toute la beauté
Que Dieu mit en elles ? Ou bien ôter
Un petit plaisir, tout d’innocence,
Aux fils que notre brave Adam fit ?
- Parce que si, par quelque décence,
Une fille reste sage et fait fi
Des avances des fats prou grivois,
Elle passe lors, hélas, pour frigide ;
Si elle cède, s’élèvent voix
Qui la diront sous perverse égide !
- Mais c’est leur propre choix qu’elles font ?
- En subissant moultes pressions,
Est-on vraiment, en ce monde, “libre”
Et choisit-on sa façon de vivre ? »
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