C’est se perdre que de vouloir toujours gagner…
Mosaïque de poésies prosaïques & de proses poétiques
parfois sous forme d'aphorismes, de chansons et surtout de fables…
lundi 21 octobre 2019
LES OISEAUX & LE CACTUS
Petite fable affable d’après K. Usbek
Dans un grand désert aride des Amériques,
Perchés sur un très gros candélabre, un cactus,
Trois oiseaux déblatèrent, fort catégoriques
Dans leurs vains propos provoquant quelque rictus.
L’aigle dit : « Ces grandes cactées tout en épines
Dures comme du fer sont de vrais repoussoirs ;
Difficile de s’y poser. Et l’aubépine
Est plus utile quand là survient le soir.
- Il n’a, enchaîne le troglodyte, ni feuilles
Ni branches pour y faire un bon nid douillet
Et couver sa nichée, un de ceux qui accueillent
Ces belles amours qui nous font tant frétiller.
- Et ces bras en l’air, rajoute alors la chouette,
Sont si disgracieux : peu d’ombre, pas de baie,…
Ce ne sont que de désolantes silhouettes
De terres désolées méritant quolibets ! »
Alors leur perchoir prend à son tour la parole :
« Permettez, bien chers hôtes, vous qui mangez
Mes fruits et buvez ma chair, m’êtes une vérole
En trouant souvent mon bon tronc pour y loger
De vous trouver à mon endroit tout d’ingratitude
Ce serait une bien banale habitude
Si vous n’étiez de ces vils gâtés-pourris
Qui vont crachant dans la main qui, là, les nourrit ! »
dimanche 20 octobre 2019
samedi 19 octobre 2019
PRIÈRE MUETTE DE MÉCRÉANT
Là, dans la lumière grise de quelque église
Où un rai pouvait faire croire qu’il est un dieu
Dans les nues ou dans les limbes ou… dans les cieux,
Je priais. C’était à l’heure où le jour las s’enlise
Vers je ne sais jamais quel identique demain.
Je questionnais le Très Haut, nimbé de silence,
À propos du vain de mon maintenant, long chemin
Qui m’avai, lors, à nouveau, fait choir l’espoir des mains
Me condamnant au doute, au regret, à la dolence,…
Comme s’il était de réponse en Ses parchemins !
Ma jeunesse s’en va, me vient la vieillesse ;
Mais j’essuie autant de postillons du Ciel
Qui me crache sa si male humeur avec largesses
Quand, moi, à moins de fiel, voire à plus de miel,
J’aspire, sans recours aux fumées, au genièvre,…
Sans haine ni hargne, ainsi s’écrivait dans l’éther
Quelque chant païen que m’avait mis au bord des lèvres
La nuit et ses questions qui vous rendent chèvre
Sans doute, éternelles ma foi, offrant à cet air
Un relief de ferveur prou ombré de fièvre.
Mais à voir agenouillé un notable impie
En ce lieu saint ont tonné bien des fidèles
Qui tant croient qu’il nous faut l’ennui - ou bien pis -
Pour être sincère ou profond dessous ces chandelles,
Qu’il faut, pour communier, bruit, foules et choeurs
Pour mieux savoir que l’on croit, pour mieux le dire
Au monde quand chaque pas qu’on fait n’est que rancoeur,
Négation de ce qu’on dit au temple, par coeur.
Ainsi l’âme sereine, on peut alors tant médire
De ceux à qui le Temps dessina des rides au cœur.
Où un rai pouvait faire croire qu’il est un dieu
Dans les nues ou dans les limbes ou… dans les cieux,
Je priais. C’était à l’heure où le jour las s’enlise
Vers je ne sais jamais quel identique demain.
Je questionnais le Très Haut, nimbé de silence,
À propos du vain de mon maintenant, long chemin
Qui m’avai, lors, à nouveau, fait choir l’espoir des mains
Me condamnant au doute, au regret, à la dolence,…
Comme s’il était de réponse en Ses parchemins !
Ma jeunesse s’en va, me vient la vieillesse ;
Mais j’essuie autant de postillons du Ciel
Qui me crache sa si male humeur avec largesses
Quand, moi, à moins de fiel, voire à plus de miel,
J’aspire, sans recours aux fumées, au genièvre,…
Sans haine ni hargne, ainsi s’écrivait dans l’éther
Quelque chant païen que m’avait mis au bord des lèvres
La nuit et ses questions qui vous rendent chèvre
Sans doute, éternelles ma foi, offrant à cet air
Un relief de ferveur prou ombré de fièvre.
Mais à voir agenouillé un notable impie
En ce lieu saint ont tonné bien des fidèles
Qui tant croient qu’il nous faut l’ennui - ou bien pis -
Pour être sincère ou profond dessous ces chandelles,
Qu’il faut, pour communier, bruit, foules et choeurs
Pour mieux savoir que l’on croit, pour mieux le dire
Au monde quand chaque pas qu’on fait n’est que rancoeur,
Négation de ce qu’on dit au temple, par coeur.
Ainsi l’âme sereine, on peut alors tant médire
De ceux à qui le Temps dessina des rides au cœur.
vendredi 18 octobre 2019
jeudi 17 octobre 2019
HAÏKU SAIN
Certains postillonnent tant que leur interlocuteur devient rapidement leur portrait tout craché !
LA BUSE EN BISBILLE AVEC UNE AIGLE
Petite fable affable
Pour rabattre un peu le caquet d’un paltoquet,
Buse de son état, qui giboyait en plaine,
Une aigle fort jalouse vint à croquer
Toute la portée de sa rivale vilaine.
Ce fut un esclandre tout en insanités
Où on fut douché par une pluie d’injures
De part et d’autre et, pire, avec fatuité,
Promesse de vengeance comme une gageure.
« Je vous suis, fit alors l’aigle, souveraine.
En vassale, vous vous devez de me lécher
La main et non de me saluer, fort hautaine,
Que du bout du bec ou rogner mes droits, péché
Mortel dans les cieux : aussi je sanctionne,
En suzeraine avisée, qui infractionne ! »
Face à qui la débinait, l’endeuillée rapace
Ne pipait plus mot, contrition sans ferveur,
Ruminant, stoïque, en attendant que ça passe.
Cela pourtant ne plaida pas en sa faveur…
Quoiqu’elle ne cherchât pas le mot de la feinte
Un exil immédiat la punit enfin.
Mais l’ostracisée revint, sans plus de complainte,
Dénicha les fils de l’aigle. Les goba sans faim.
À qui lui disait vendetta, crime immonde,
Elle répétait : « Que l’on soit manant ou roi,
Il n’est, hélas, de prédateur en ce bas-monde
Qui ne devienne un jour ou l’autre une proie ! »
Une balle prouva ses dires. Tu m’en crois ?!
Buse de son état, qui giboyait en plaine,
Une aigle fort jalouse vint à croquer
Toute la portée de sa rivale vilaine.
Ce fut un esclandre tout en insanités
Où on fut douché par une pluie d’injures
De part et d’autre et, pire, avec fatuité,
Promesse de vengeance comme une gageure.
« Je vous suis, fit alors l’aigle, souveraine.
En vassale, vous vous devez de me lécher
La main et non de me saluer, fort hautaine,
Que du bout du bec ou rogner mes droits, péché
Mortel dans les cieux : aussi je sanctionne,
En suzeraine avisée, qui infractionne ! »
Face à qui la débinait, l’endeuillée rapace
Ne pipait plus mot, contrition sans ferveur,
Ruminant, stoïque, en attendant que ça passe.
Cela pourtant ne plaida pas en sa faveur…
Quoiqu’elle ne cherchât pas le mot de la feinte
Un exil immédiat la punit enfin.
Mais l’ostracisée revint, sans plus de complainte,
Dénicha les fils de l’aigle. Les goba sans faim.
À qui lui disait vendetta, crime immonde,
Elle répétait : « Que l’on soit manant ou roi,
Il n’est, hélas, de prédateur en ce bas-monde
Qui ne devienne un jour ou l’autre une proie ! »
Une balle prouva ses dires. Tu m’en crois ?!
mercredi 16 octobre 2019
HAÏKU PRINTANIER
Si le temps des cerises vous est chances, par malheur lui succède celui des guignes !
mardi 15 octobre 2019
QUE ME RESTE-T-IL… ?
Oc, que me reste-t-il de tous mes temps passés,
De l’époque où mon nom résonnait d’espérances
Lorsque j’aimais la tempête sans me lasser,
Et que la pluie et les éclairs me donnaient ma chance ?
Maintenant que je fuis les ouragans
Même les zéphyrs me paraissent vaguants…
Mes beaux jours, hélas, s’en sont allés trop vite
Oubliant que Thanatos m’a fait invite.
Que me reste-t-il de ceux qui sont partis
Amis jamais revenus de leurs aventures,
Ceux avec qui j’ai vécu sans contre-partie
Une bout de vie, ceux que j’ai dans ma roture
Moins connus mais des traces ont laissé
En ma mémoire aujourd’hui harassée,
Et tous ceux emportant dans leurs anathèmes,
Avec eux, une partie de moi même.
lundi 14 octobre 2019
dimanche 13 octobre 2019
UN PRINTEMPS TOUT NEUF ?
Petite fable affable
Le printemps réveillait déjà une nature
Au bois dormant alors que les vents en bouture
Retenaient leur haleine sous un vrai soleil
Sentant plus son juillet que ce mars sans pareil.
Est-ce la douceur du temps ?… Mais des Hommes,
Sauvageons et argotiers, lassés ces gnomes
De casser l’échine des rescapés de l’Arche
Et de les condamner à la cage ou au chaudron,
Voulurent faire avancer, sans tourner en rond,
La paix entre humains et bêtes. Et que ça marche !
« Foin de cris lacérant la nuit,
De tirer ses grègues jusqu’à c’que s’enfuie
Le jour, dit un gueux, cela fait bien des postes
À faire pour vous pour éviter l’holocauste !
Pour les deux parties c’est fatigue des genoux
Et maigre gain mal - ou pas - assuré pour nous… »
Si on pouvait trouver en ces propos suc et sève,
Ils laissèrent un temps pantois. C’est mieux qu’un rêve !
« Il y a belle heurette qu’on y songe ici !
Fit un renard. Mais avec vous il y a des « si »
Et des codicilles à ces traités et ces pactes
Que vous ne respectez jamais même enter vous. Actes
Valent mieux que mots et, las, vous méprisez
Sans fin vos écrits, votre parole,… Risée
Serons-nous si nous acceptons ? Va, je t’écoute…
- Nous ne sommes pas, certes, une patrouille scoute
Et nous fûmes fort chasseurs et braconniers,
Par nécessité surtout, pourquoi le nier ?
Plus d’un guéret s’engraissa prou de nos querelles.
Il en était ainsi dans l’histoire naturelle.
Mais les temps changent et notre alimentation
Avec, toute en cueillette et en plantations. »
On délaya pour réfléchir chez les bêtes,
On tergiversa sous les bois et dans l’herbette
Puis on décida… de ne rien décider
Car l’homme se faisait, en relançant les dés,
Toujours plus concurrent pour l’espace, les baies,…
Autant de raisons de fuir, de se courber,…
Mais chez certains bipèdes, on espérait encore
En cette paix avec la foule des pécores
Au cri de « ‘Faut savoir donner et pardonner
Pour arriver,… et ne jamais abandonner ! »
Retenaient leur haleine sous un vrai soleil
Sentant plus son juillet que ce mars sans pareil.
Est-ce la douceur du temps ?… Mais des Hommes,
Sauvageons et argotiers, lassés ces gnomes
De casser l’échine des rescapés de l’Arche
Et de les condamner à la cage ou au chaudron,
Voulurent faire avancer, sans tourner en rond,
La paix entre humains et bêtes. Et que ça marche !
« Foin de cris lacérant la nuit,
De tirer ses grègues jusqu’à c’que s’enfuie
Le jour, dit un gueux, cela fait bien des postes
À faire pour vous pour éviter l’holocauste !
Pour les deux parties c’est fatigue des genoux
Et maigre gain mal - ou pas - assuré pour nous… »
Si on pouvait trouver en ces propos suc et sève,
Ils laissèrent un temps pantois. C’est mieux qu’un rêve !
« Il y a belle heurette qu’on y songe ici !
Fit un renard. Mais avec vous il y a des « si »
Et des codicilles à ces traités et ces pactes
Que vous ne respectez jamais même enter vous. Actes
Valent mieux que mots et, las, vous méprisez
Sans fin vos écrits, votre parole,… Risée
Serons-nous si nous acceptons ? Va, je t’écoute…
- Nous ne sommes pas, certes, une patrouille scoute
Et nous fûmes fort chasseurs et braconniers,
Par nécessité surtout, pourquoi le nier ?
Plus d’un guéret s’engraissa prou de nos querelles.
Il en était ainsi dans l’histoire naturelle.
Mais les temps changent et notre alimentation
Avec, toute en cueillette et en plantations. »
On délaya pour réfléchir chez les bêtes,
On tergiversa sous les bois et dans l’herbette
Puis on décida… de ne rien décider
Car l’homme se faisait, en relançant les dés,
Toujours plus concurrent pour l’espace, les baies,…
Autant de raisons de fuir, de se courber,…
Mais chez certains bipèdes, on espérait encore
En cette paix avec la foule des pécores
Au cri de « ‘Faut savoir donner et pardonner
Pour arriver,… et ne jamais abandonner ! »
samedi 12 octobre 2019
HAÏKU CHAI SOULÉS PONTS
La peste soit des épidémies qui fondent sur nous comme la petite vérole sur le bas clergé : je les ai prises en grippe dussiez-vous en faire une maladie !
vendredi 11 octobre 2019
PIÈGE DE NEIGE
Une pluie de cils blancs tombe en rideau
À la fenêtre, flocons flottants dans l’air
Hésitant à se poser, divin cadeau
D’un hiver tard venu qui se veut disert
Tels ceux d’antan, à l’immaculé fardeau.
Cette poussière virginale coud
De fils blancs un décor qu’elle ensevelit
Sous un silence poudroyant, beaucoup
Plus lourd qu’un linceul sur le grand lit
De nos jours à qui elle donne un autre coût.
Loin de ces liliales frondaisons,
Aux contours épaissis et presque indistincts,
Des franges de glaces pendent aux maisons.
Au gré d’un miroir d’eau éteint, sans tain,
Les roseaux figés se givrant à déraison.
Les buissons, il y a peu saupoudrés,
Sont désormais noyés comme les chemins
Qu’on ne devine même plus, encombrés,
Attendant comme nous qu’il soit demain
Dans la solitude où le temps a sombré…
Le ciel opalin devenu lointain
A tissé les dentelles alambiquées
Aux branches alourdies des arbres éteints.
Mais ce spectacle n’a pas fait abdiquer
La joie… d’être bloqués depuis ce matin.
À la fenêtre, flocons flottants dans l’air
Hésitant à se poser, divin cadeau
D’un hiver tard venu qui se veut disert
Tels ceux d’antan, à l’immaculé fardeau.
Cette poussière virginale coud
De fils blancs un décor qu’elle ensevelit
Sous un silence poudroyant, beaucoup
Plus lourd qu’un linceul sur le grand lit
De nos jours à qui elle donne un autre coût.
Loin de ces liliales frondaisons,
Aux contours épaissis et presque indistincts,
Des franges de glaces pendent aux maisons.
Au gré d’un miroir d’eau éteint, sans tain,
Les roseaux figés se givrant à déraison.
Les buissons, il y a peu saupoudrés,
Sont désormais noyés comme les chemins
Qu’on ne devine même plus, encombrés,
Attendant comme nous qu’il soit demain
Dans la solitude où le temps a sombré…
Le ciel opalin devenu lointain
A tissé les dentelles alambiquées
Aux branches alourdies des arbres éteints.
Mais ce spectacle n’a pas fait abdiquer
La joie… d’être bloqués depuis ce matin.
jeudi 10 octobre 2019
mercredi 9 octobre 2019
PAROLES DE PALAIS
Petite fable affable
d’après Le singe et le perroquet d’A.Allais
Dans un palais des Mille et Une Nuits,
Un singe et un perroquet crevant d’ennui,
Avaient conçu, entre eux, comme un éternel rite
De mesurer tout haut leurs personnels mérites.
« Moi, disait le singe, je fais mille grimaces
Comme l’homme, et pareil à lui me déplace
Sur mes postérieures et gesticule fort.
Et, plus, j’ai mains qui me font adroit sans efforts
À l’image de mon maître à qui tant je ressemble.
- Moi, faisait le perroquet, à ce qu’il me semble
Je n’ai pas cette sotte prétention-là !
Mais je possède de l’homme, grâce à Allah,
Ce qui lui donne tout droit sur l’animal,
Son seul apanage : la parole. Et sans mal
Je puis dire des vers et chanter en musique.
- Je peux jouer la pantomime avec mes mimiques !
Riposta le singe piqué… Et costumée !
- La pantomime ? ricanait l’autre emplumé
C’est un art inférieur pour cabots aphones !
- Un art inférieur ! s’indignait Fagotin.
C’est mère du théâtre, espèce de crétin,
Et du cinéma que tant prisent tous les Hommes. »
Dès lors, le singe tenant pour le Geste, en somme,
Et le perroquet pour le Verbe, comme un Saint
Livre, on disserta fort pour savoir, à dessein,
Lequel des deux était supérieur à l’autre
Et, de l’Humanité, le plus proche apôtre.
Hélas, la querelle prit des proportions
Démesurées et nos bêtes par leur passion
Furent bien près d’en venir des mots aux… pattes,
Nos deux plaideurs étant devenus névropathes.
« Vous grimacez ! Peuh !… Moi, je parle ! répétait
Le perroquet buté, perché sur son étai,
Encore et encor’, sans plus creuser ses méninges.
- Tu parles, tu parles,… opina enfin le singe ;
Et qu’est-ce que je fais, espèce de dément,
Depuis une heure planté comme une sphinge,
À discuter ainsi, avec toi, bêtement ? »
mardi 8 octobre 2019
lundi 7 octobre 2019
LES TONTONS BLAGUEURS
Hommage à Michel Audiard
« Je savais qu’on pataug’rait dans la béchamelle
Mon Raoul, avec cette mouflette, une armelle
Qui, à pas vingt piges, te joue jà les nanas
« Émancipées » com’ si j’l’avait mise au cad’nas !
- Ouais : y’a des coups de latte qui se perdent !
En attendant, la donzell’, nous fout dans la m…
Et, en deux deux, elle va nous rendre tous branques
Avec son gars, caïd con à braquer des banques !
J’vais lui montrer qui c’est le taulier ici
Tout vioque qu’elle me prenne la Sissi !
- J’te dis pas le suif qu’j’me fais : deux plombes
Qu’ell’ jaspin’ qu’ell’ va prendr’ son envol la palombe
Et qu’elle veut, sur le champ, faire ses valoches…
Je vais te la communier à la taloche,
Moi, comme quand récalcitrent trop mes tapins ;
Elles comprennent vite que ça sent le sapin,
J’te le dis. Elle a ses caps ou quoi, la donzelle ?
Faudrait pas qu’ell’ se croive tout permis, l’oiselle !
- J’en ai repassé pour moins que ça, Mon Raoul
Si elle veut se tailler j’la jouerai pas cool.
Qu’elle se barre j’en ai marre : j’ai la tronche
En carafe pire que quand les perdreaux bronchent
Au poste mais les Royco, ça, on peut toujours
Les embobiner, les faire lambiner un jour
Ou deux. Là, Macache ! Je te dis : j’ai la rage !
- Paraît qu’faut y aller mollo avec l’ado'
Mais elle flamb’ l’oseill’ comme si c’était un cadeau
Bonus. Celui que j’escroque péniblement aux caves
Les ceuss’ qu’ont le traczir de se faire flinguer
Ou de finir, à un coin de rue, défringués
Si j’défouraille au lieu d’jacter. Pouraves !
- Ouvre tes escalopes : vu comme il clope, le bout
D’chou manque de carbure et passe la nuit debout
Manquerait plus qu’il touche à la came, commac !
Ou que son truand de mec soit plutôt son maq’ !
Elle est capabl’ de canner si on le dessoude,
L’mariolle, y’a des sentiments qui les soudent !
- Le Mexicain va s’retourner le sombrero
Dans l’tombeau, si c’est ça ! C’est pas comme un héros
Qu’il a clamsé mais là on l’bute une seconde
Fois, si elle se fait relever les compteurs
Et marchande le bifteck, même en amateur.
- L’a bien fait de caner avant de connaître
Les joies d’êtr’ daron d’un’ pimbêch’ « en fac’ de lettres » !
Et nous on casque et on cause comm’ des manants…
- Et on boit !… Y’a d’la pomme. J’en suis sûr maintenant ! »
Mon Raoul, avec cette mouflette, une armelle
Qui, à pas vingt piges, te joue jà les nanas
« Émancipées » com’ si j’l’avait mise au cad’nas !
- Ouais : y’a des coups de latte qui se perdent !
En attendant, la donzell’, nous fout dans la m…
Et, en deux deux, elle va nous rendre tous branques
Avec son gars, caïd con à braquer des banques !
J’vais lui montrer qui c’est le taulier ici
Tout vioque qu’elle me prenne la Sissi !
- J’te dis pas le suif qu’j’me fais : deux plombes
Qu’ell’ jaspin’ qu’ell’ va prendr’ son envol la palombe
Et qu’elle veut, sur le champ, faire ses valoches…
Je vais te la communier à la taloche,
Moi, comme quand récalcitrent trop mes tapins ;
Elles comprennent vite que ça sent le sapin,
J’te le dis. Elle a ses caps ou quoi, la donzelle ?
Faudrait pas qu’ell’ se croive tout permis, l’oiselle !
- J’en ai repassé pour moins que ça, Mon Raoul
Si elle veut se tailler j’la jouerai pas cool.
Qu’elle se barre j’en ai marre : j’ai la tronche
En carafe pire que quand les perdreaux bronchent
Au poste mais les Royco, ça, on peut toujours
Les embobiner, les faire lambiner un jour
Ou deux. Là, Macache ! Je te dis : j’ai la rage !
- Paraît qu’faut y aller mollo avec l’ado'
Mais elle flamb’ l’oseill’ comme si c’était un cadeau
Bonus. Celui que j’escroque péniblement aux caves
Les ceuss’ qu’ont le traczir de se faire flinguer
Ou de finir, à un coin de rue, défringués
Si j’défouraille au lieu d’jacter. Pouraves !
- Ouvre tes escalopes : vu comme il clope, le bout
D’chou manque de carbure et passe la nuit debout
Manquerait plus qu’il touche à la came, commac !
Ou que son truand de mec soit plutôt son maq’ !
Elle est capabl’ de canner si on le dessoude,
L’mariolle, y’a des sentiments qui les soudent !
- Le Mexicain va s’retourner le sombrero
Dans l’tombeau, si c’est ça ! C’est pas comme un héros
Qu’il a clamsé mais là on l’bute une seconde
Fois, si elle se fait relever les compteurs
Et marchande le bifteck, même en amateur.
- L’a bien fait de caner avant de connaître
Les joies d’êtr’ daron d’un’ pimbêch’ « en fac’ de lettres » !
Et nous on casque et on cause comm’ des manants…
- Et on boit !… Y’a d’la pomme. J’en suis sûr maintenant ! »
dimanche 6 octobre 2019
samedi 5 octobre 2019
LES DEUX LOUTRES
Petite fable affable
Je ne suis pas un scribe à aimer les histoires
De Cornecul ni quelque censeur dérisoire,
De ceux qui sont un lynx avec tous leurs pareils
Et taupe envers eux, même en plus simple appareil.
Il me souvient donc qu’au clair de rivières,
Fort pillées pour leurs activités vivrières
Par des loutres, l’une un jour se plaignait tout haut
À une consoeur de n’avoir pas su, tantôt,
La prévenir, las, à temps qu’une renarde
Qui avait mené maints espoirs de ces flemmardes
En sépulture, la guettait d’un haut rocher,
Prête à lui sauter dessus ou à l’approcher.
L’incriminée qui voyait très peu mais, par chance,
Oyait bien lui répondit, et sans balance :
« Tu grondes comme un dogue à l’attache, ma sœur,
Et me gardes une mauvaise dent pour ta peur ?
- N’est-ce pas toi qui, là, à nos suretés veilles ?
Imagine un peu qu’en sursaut tu te réveilles
Avec ces deux yeux de feu sur toi braqués ?
La malepeste soit de ta race raquée !
- Mais tu en es, ma sœur !… Et sans aller plus outre,
Toi qui vibrionnes non comme une vraie loutre
En colère mais comme un petit moucheron,
Sache, qu’adroit et matois, le dos déjà rond,
Son mâle allait s’en prendre à tes fils et tes filles
Au même instant. J’ai protégé donc ta famille.
Plutôt que toi. Ai-je mal agi ?… C’est à voir !
On ne remet jamais en cause, sans savoir,
La sincérité de qui n’a pas pu promesse
Tenir… C’est pas toujours pour aller à kermesse ! »
vendredi 4 octobre 2019
jeudi 3 octobre 2019
NOUS
Chez nous,
On prône la diversité pour la forme,
Et même sans y aimer l’uniforme,
On adore que chacun soit conforme
À nous.
Pour nous,
Les différences tout esprit déforment,
Surtout, rendent le cœur et l'âme informes,
Et vous font aussi gênant que difforme
Hors nous…
En nous,
Les particularités on chloroforme,
Alors tous les marginaux on transforme
Et pour les indociles on les réforme
For nous…
mercredi 2 octobre 2019
HAÏKU NATURE
Je ne connais peut-être pas grand chose aux caractères de la bruyère mais j’en sais de sommes sur les mœurs des genets !
mardi 1 octobre 2019
POUR LE RAILLEUR & POUR LE SBIRE
Édito' pour RuedesFables (mars 2019)
Pour être à la page ou faire une bonne feuille, il faut avoir un nouveau-né et un bon nez. Les mots des fables naissent des épousailles de l’encre et du papier car écrire c’est enfanter un monde et forceps de constater que si cet accouchement ne se fait pas sans douleur(s), la smala de phrases qui en découle nous offre les tribulations d’une tribu de vieux feuillets, souvent insolents comme jeunes pages, parfois des plus intéressants. Tremblant comme une feuille, je vis au sein de pareille famille de lignes et de signes qui s’apparente parfois moins aux Atrides qu’aux Adams et fait bon ménage avec celles issues d’autres foyers qui ne se ménagent pas plus pour hâter la délivrance des accordailles entre sens et sons, idées et histoire,… afin d’en régaler l'aimable lecteur de nos bluettes même le moins engageant ou le plus exigeant. C’est donc un fabuleux mariage en blanc - et noir ! -, un sacrement qui n’a pas besoin d’être consacré ailleurs qu’en l’intimité du facteur d’apologues, moins fabulateur qu’observateur, lui permettant de faire une belle page, web ou pas, et surtout de pondre de la nouveauté avec des termes anciens, un peu durs de la feuille comme notre monde, et des idées guère plus nouvelles mais qui ne sont pourtant en rien tombantes feuilles mortes… Que ce soient des feuilles de paix, d’impressions, d’un pot, de Mal à dits,…
Engendrés non pas créés par les ineffables Muses en accord qui ensemencent le vent de leurs caprices, ainsi naissent nos petits amours de saynètes, historiettes et autres contes, authentiques enfants de poèmes, qui vont à leur tour marier l’écrit et l’oral, la plume du chantre et la voix du conteur. De ces couches-ci - et ils en tiennent de sacrées, ces oiseaux-là ! - naissent des images de « nous », filles et fils d’une Humanité pas toujours à la noce mais souvent prête à tuer père et mère, gendre brute et tendre bru. Comme le dit la page d’accueil, prétendant moins édifier qu’instruire, elles et ils ne sont jamais à court, dans ce qu’ils ont mis bas de mettre à bas, mais aussi de maux comme seule en compte notre Histoire, union de gnons alignés en rangs d’oignons, mélange de hauts faits à peine racontables et viles bassesses indicibles. Et si on tire à la ligne on le fait rarement au flanc (pour moi ce sera “chocolat”, et pour vous ?) !
Point d’infidélité dans ce couple aux oreilles en feuilles de chou mais sans pudique feuille de vigne. L’engagement du fabuliste est d’autant plus sacré qu’il est secret et l’alliance d’autant plus durable que chacun s’y réalise pleinement en cet hymen sans amen. Il n’est d’amadouage mieux assorti que cette feuille volante ni d’établissement plus solide que le produit de leurs nuits d’insomnies même si, au banquet des jours qui se suivent, la soupe à la grimace remplace parfois le brouet spartiate du quotidien car les mots, dont certains sont de vrais rabat-joies, sont parfois rétifs à naître de la combinaison sans bénédiction d’une dulcinée bavarde, l’encre noire, et d’un bien-aimé réservé, le papier blanc. Mais ensemble, à force de liaisons dangereuses et d’une communion sans faille à défaut d’être solennelle, sans rime ni raison, ils composent à chaque (pro)création un être de chair et de sang qui vivra, par votre regard, sa vie propre même cette production n’est pas destinée à la publication : seul le commerce avec autrui importe, compagnonnage de cœur et d’âme qui a le charme de la confidence et la simplicité de la familiarité. Et cela même si vous tournez la page… à condition que vous ne refermiez pas le livre (d’environ 500 g !). C’est ainsi que j’ai fait ce papier affable pas piqué des vers… sans pépier !
Fabuleusement vôtre…
Engendrés non pas créés par les ineffables Muses en accord qui ensemencent le vent de leurs caprices, ainsi naissent nos petits amours de saynètes, historiettes et autres contes, authentiques enfants de poèmes, qui vont à leur tour marier l’écrit et l’oral, la plume du chantre et la voix du conteur. De ces couches-ci - et ils en tiennent de sacrées, ces oiseaux-là ! - naissent des images de « nous », filles et fils d’une Humanité pas toujours à la noce mais souvent prête à tuer père et mère, gendre brute et tendre bru. Comme le dit la page d’accueil, prétendant moins édifier qu’instruire, elles et ils ne sont jamais à court, dans ce qu’ils ont mis bas de mettre à bas, mais aussi de maux comme seule en compte notre Histoire, union de gnons alignés en rangs d’oignons, mélange de hauts faits à peine racontables et viles bassesses indicibles. Et si on tire à la ligne on le fait rarement au flanc (pour moi ce sera “chocolat”, et pour vous ?) !
Point d’infidélité dans ce couple aux oreilles en feuilles de chou mais sans pudique feuille de vigne. L’engagement du fabuliste est d’autant plus sacré qu’il est secret et l’alliance d’autant plus durable que chacun s’y réalise pleinement en cet hymen sans amen. Il n’est d’amadouage mieux assorti que cette feuille volante ni d’établissement plus solide que le produit de leurs nuits d’insomnies même si, au banquet des jours qui se suivent, la soupe à la grimace remplace parfois le brouet spartiate du quotidien car les mots, dont certains sont de vrais rabat-joies, sont parfois rétifs à naître de la combinaison sans bénédiction d’une dulcinée bavarde, l’encre noire, et d’un bien-aimé réservé, le papier blanc. Mais ensemble, à force de liaisons dangereuses et d’une communion sans faille à défaut d’être solennelle, sans rime ni raison, ils composent à chaque (pro)création un être de chair et de sang qui vivra, par votre regard, sa vie propre même cette production n’est pas destinée à la publication : seul le commerce avec autrui importe, compagnonnage de cœur et d’âme qui a le charme de la confidence et la simplicité de la familiarité. Et cela même si vous tournez la page… à condition que vous ne refermiez pas le livre (d’environ 500 g !). C’est ainsi que j’ai fait ce papier affable pas piqué des vers… sans pépier !
Fabuleusement vôtre…
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