Petite fable affable
Il n’est pire faussaires que les faux saints,
Faux culs de surcroit, habiles en la science
De jouer les directeurs de conscience,
Chez qui le malheur s’invite. En bon capucin,
L’un de ces faux dévots, un gros ours sans âge
Qui, lui, n’était en quête que de vrais repues
Pipait pigeons, blaireaux, faisans et grues,…
Beaux esprits d’un bois aux forts épais feuillages.
Quoiqu’il ne souffrît pas la contrariété,
Vint un renard, tartuffe d’un église neuve
Qui aurait aimé que celle existante fut veuve
De son prophète balourd et emprunté.
On en vint vite en ce breuil calme au tapage :
Les croyants, fidèles, aimant la nouveauté,
Délaissèrent, pour Goupil, l’autre empoté,
Chacun lui portant son bouquet, son hommage,…
L’idole vermoulue voulut lors poignarder
Le roué qui dénonçait magouilles et ficelles
Du rival, non sans en user avec celles
Et ceux qui, las, l’adulaient sans barguigner.
Un loriot s’en agace et, un matin, devise :
« Laissez donc ces butors entre eux babouiner !
On ne peut plus causer ou colombiner
Sans que leurs faits et dires ne nous divisent…
Puisqu’ils veulent chacun leur statue, amassez
Donc des pierres pour chasser ces deux malsains.
C’est ainsi quand on connaît ces sorte de saints,
Qu’on les honore, bande d’esprits bâtés ! »
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